Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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S'il est une méthode de direction de nos sociétés qui a pris fortement son essor ces trente dernières années c'est bien celle de la peur. Non que la peur n'ait jamais été employée avant l'époque moderne. La peur de la guerre, la violence sont au cœur de l'histoire des peuples et des nations. Mais elles n'étaient pas permanentes et n'envahissaient pas les esprits comme le font les peurs modernes. Alors qu'autrefois il fallait séduire les foules, leur raconter parfois des mensonges pour leur plaire, afficher son patriotisme parfois. Aujourd'hui, il faut surtout faire peur, et alimenter les peurs. Qu'elles soient climatiques, écologiques, géopolitiques, économiques ou migratoires, la peur est toujours le point commun entre les différentes manières d'aborder un sujet. On sait que depuis l'avènement des médias de masse l’intelligence et la logique n'étaient plus vraiment au cœur de la communication politique. Nous avons longuement parlé des médias dans ce texte précédent, et je ne rajouterais pas grand-chose sur cette question. Il est évident que dans le cadre des médias la peur fait vendre. Que ce soit les magazines « scientifiques » ou la presse grand public, annoncer des catastrophes est toujours plus juteux d'un point de vue commercial que d'annoncer que finalement tout va bien.
Le problème c'est que cette vision commerciale des choses n'est pas restée dans le domaine de la pure vente des magazines et autres émissions de télévision. Elle est maintenant une pratique courante de toutes les personnes, et groupes d'influence, qui ont besoin de faire parler d'elles pour développer leur marché relationnel et leur pool d'auditeurs potentiels. J’insisterais ici sur le fait que l'utilisation de la peur comme mode de communication n'est pas propre à certains sujets, la nature même de ces derniers peut influer sur l'importance de cette peur. De la même manière, critiquer l'usage impropre et excessif de la peur ne signifie pas non plus qu'elle ne soit pas fondée parfois. L'usage veut que l'on parle de « jouer les Cassandre » lorsque quelqu'un alerte sur certains sujets graves, mais rappelons que Cassandre dans la mythologie grecque avait raison. Et tout le drame de ce personnage fictif fut justement de prévoir les catastrophes, mais de ne pas pouvoir les arrêter, car personne ne l'écoutait. Moi même sur ce modeste blog, je joue souvent les Cassandre, mais croyais moi ou pas, ce n'est guère par appât d'audience .
Il est donc important de juger le discours catastrophiste avec discernement et de ne pas passer d'une position rationnelle visant à réajuster l'ampleur d'un problème, à une attitude de chasse systématique des discours pessimistes ou inquiets. La peur n'est pas un drame, elle est même parfois tout à fait justifiée et elle est là aussi pour nous éviter des drames. Tout le problème est de faire taire l'émotion et de rallumer l'esprit de rationalité fondé sur l'observation des faits avec sagesse et recul. Pour démêler le vrai du faux, il faut donc du temps et de la patience, deux choses qui manquent profondément aux médias et aux citoyens modernes malheureusement.
Des effets catastrophiques sur le débat public
Au-delà de la question de comment aborder sereinement la question de la peur dans la communication moderne, on constatera tout de même les immenses dégâts déjà produits dans nos sociétés. Certains pensent que la peur est un outil uniquement utilisé pour faire passer n'importe quoi dans l'opinion publique. Il est certain que certains sujets sont utilisés de cette manière. On pensera à la question migratoire qui est toujours exagérée dans un sens ou dans un autre. De celle des faits divers de violence comme nous l'avons encore vu récemment ! Mais on pensera aussi au terrorisme qui a permis à nombre d'états à faire passer des lois souvent liberticides et dont l'objectif réel était souvent bien éloigné de l'objectif affiché. Cependant, n'oublions pas que la mécanique même de la communication moderne crée des emballements et que les différents acteurs ne contrôlent souvent pas grand-chose en fait. Certains utilisent ces vagues de communication, ils surfent dessus, mais n'en contrôle pas forcément ni la force ni la direction.
Cette question des effets de la peur n'a rien de nouveau comme je l'ai dit. Dans les années 50, la peur du communisme aux USA a conduit au maccarthysme une véritable chasse à l'homme organisé autour des idées. Si vous aviez le malheur de critiquer le capitalisme, c'est que vous étiez un agent de Moscou. Cette peur du Soviétique a permis à la ploutocratie américaine de se débarrasser d'idées dangereuses pour elle. Même encore de nos jours les critiques envers le capitalisme ou l'organisation économique des USA sont vite cataloguées dans le communisme et dans l'antiaméricanisme aux USA . Ce qui est absurde en réalité. Mais on ne peut pas dire que le gouvernement américain ait réellement créé cette peur à la base. Le développement de l'arme nucléaire en particulier a nourri en grande partie cette peur irrationnelle. Toujours aux USA, on se souviendra également de la peur des Japonais qui engendra une politique invraisemblable de discrimination contre les populations d'origine japonaise pendant la guerre. Il y a eu 120000 citoyens américains d'origine japonaise qui ont été internés juste après Pearl Harbor. Là encore, la peur avait pris le dessus sur la raison. On le voit encore aujourd'hui en Europe avec les mesures complètement stupides qui ont été prises à l'encontre des citoyens d'origine russe. Il est étonnant de voir à quelle vitesse les sociétés « libérales » oublient leurs principes dès qu'elles se sentent en danger. La guerre en Ukraine a réveillé la peur du slave en Allemagne, peur que l'on croyait éteinte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est d'autant plus irrationnelle que comme nous le savons le vrai danger pour ce pays et pour l'Europe se situe plutôt de l'autre côté de l'Atlantique, mais c'est un autre débat.
En matière de mauvaise influence, la peur a eu également d'autres effets notablement mauvais pour nos sociétés. Que penser aujourd'hui de ces étranges années COVID ? On commence à avoir du recul et même les plus apeurés à l'époque doivent quand même bien se poser des questions sur ce qu'il faut bien appelé un emballement médiatique totalement irrationnel. Alors j'entends ici les appels des gens qui pensent que tout était un complot. Mais en bon adepte du principe du rasoir d'Ockham, je pense qu'il n'y avait pas de complot pour le simple fait que c'eut été une entreprise trop complexe à mettre en œuvre. Nous avons eu comme je l'ai dit un phénomène d'emballement médiatique. Un emballement que certains groupes, peu scrupuleux, ont utilisé pour faire avancer leurs intérêts. On pense bien évidemment ici aux laboratoires pharmaceutiques, mais aussi aux médias et à diverses personnes plus ou moins bien avisées qui ont profité de la crise. En effet, n'oublions pas les nombreuses personnes qui ont profité de la crise pour se créer leur petit réseau de connaissances et de relations sans oublier les gains en termes de notoriété. Ce ne fut pas d'ailleurs forcément volontaire, certains étant juste au bon moment au bon endroit.
Le plus inquiétant dans cette affaire fut l'action des gouvernements politiques visiblement plus intéressés par leur image dans les médias que par l'efficacité réelle des politiques qu'ils ont pratiquées. Le passage d'un président de la République assez dubitatif au début de la crise COVID, invitant même les gens à continuer à sortir, et passant ensuite à un président en « guerre » à quelques mois d’intervalles fut symptomatique. Macron savait probablement pertinemment qu'il n'y avait rien d'aussi dramatique que ce que les médias disaient, mais il a fallu surenchérir parce que la panique croissait dans les médias. Au lieu de calmer le jeu et de prendre des mesures rationnelles, nous sommes tombés dans la démesure dont nous payons en grande partie des frais aujourd'hui entre la dette et l'inflation produite par l'arrêt généralisé de l'économie du pays à l'époque. Et le plus drôle c'est que les gouvernements, loin de prendre des mesures en fonction de vrais conseils scientifiques, ont passé leur temps à faire un concours à celui qui prendrait les mesures les plus strictes. Le pompon revenant à la Chine, dont on peut se demander ici s'il n'y avait effectivement pas une stratégie vis-à-vis de problèmes politiques internes tant les mesures y furent disproportionnées.
Pour en finir avec les effets néfastes de la peur sur les politiques récentes, comment ne pas parler de la nouvelle peur de l'an mille avec l'écologisme délirant ? Comme je l'ai déjà dit, il y a de vraies questions écologiques comme l'épuisement des ressources, la gestion des déchets, la destruction de la biodiversité, etc.. La question n'est pas là. Le vrai problème est la prise d'importance complètement disproportionnée de la question du réchauffement climatique anthropocentrique. Quitte à passer pour un infâme négationniste, je n'y crois guère pour tout vous dire. Et j'ai déjà expliqué à la longue reprise que de toute manière cette question cache le vrai problème qu'est l'épuisement des ressources en hydrocarbure, ressources dont nous sommes d'ailleurs très mal pourvus même si l'on a découvert des ressources d'hydrogène blanc récemment en Lorraine. Cependant, il ne s'agit pas ici d'hydrocarbure à proprement parler.
Le fait est que cette question a pris une importance incroyable, éclipsant totalement le reste et c'est en soi bien étrange. En effet, la question du plastique par exemple est à mon sens beaucoup plus immédiate et catastrophique. Une géologue a par exemple découvert il y a peu de temps des roches de plastique. L'impact de ce matériau est aujourd’hui tel qu'on le retrouve en grande quantité, y compris dans la nourriture humaine sous forme de microplastiques. Le danger est là et il y a un vrai risque de santé publique en plus du danger pour la faune et la flore. Et sur les plastiques nous pourrions réellement agir à l'échelle mondiale, car des alternatives existent déjà que ce soit par de nouvelles pratiques ou par des remplacements technologiques. Mais voilà, lutter contre les plastiques n'attire probablement pas les industriels et les lobbys. Là où la lutter contre le CO2 nourri par une ribambelle de producteurs et d'industriels.
Sans tomber dans le complotisme, il y a probablement un lien important entre le poids qu'un sujet écologique prend dans les médias et son importance économique. Et la question des lobbys a pris toute son importance avec la question du nucléaire. Alors que la France est de loin le grand pays qui produit le moins de CO2, nous avons pourtant été condamnés par l'UE pour inaction contre le réchauffement climatique. On voit bien ici que la question de fond n'était donc pas le CO2 ou le climat, que ce gaz participe beaucoup ou non au réchauffement climatique. Le but était de favoriser certaines technologies et donc certains producteurs en l’occurrence les producteurs de panneaux solaires et d'éoliennes au détriment de la technologie nucléaire. On peut également voir la main de l'Allemagne derrière ça . En effet, l'Allemagne cherche à casser leur seul avantage dont bénéficie la France, son parc nucléaire qui lui permet d'avoir une énergie électrique moins chère et stable. L'on pourrait se demander ici pourquoi ce pays n'a pas cherché plutôt à se doter lui-même d'un bon parc nucléaire. Il semble qu'il y est en Allemagne une vraie aversion à cette technologie,une aversion dont je ne parlerai pas ici ce serait trop long. Quoiqu'il en soit, il me semble maintenant clair depuis cette affaire que les mouvements écologistes français ont été des pions de puissances étrangères pour nuire à la production française. Et l'on voit bien ici que la peur disproportionnée distillée depuis longtemps dans les médias et par certains mouvements n'avait pas pour but de sauver le climat comme ils le claironnent, mais bien de favoriser certains intérêts économiques. On le voit ici, la peur a bien été mauvaise conseillère et a poussé notre pays dans une impasse. Heureusement, la situation semble changer et l'explosion de la facture d'électricité semble avoir eu comme effet de réveiller un peu nos citoyens et nos dirigeants sur cette question énergétique si importante.