Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
/image%2F1492474%2F20251110%2Fob_298959_macron.jpg)
L'état de la France inquiète nos concitoyens, et à juste titre. La poussée du chômage dans un pays qui en réalité n'avait jamais récupéré de la crise de 2008 est un phénomène dramatique. Tout comme l'explosion de la dette publique ou la croissance rachitique que notre nation a depuis des décennies. Le macronisme a fonctionné depuis sa mise en place comme un immense mensonge marketing. Je pense que ce mouvement politique et Emmanuel Macron lui-même resteront essentiellement comme la victoire de la communication sur la réalité. Et aujourd'hui, la réalité du monde et de l'état du pays ressurgit, pas dans son entièreté, mais par vague de révélation. Il n'y a jamais eu de plein emploi sous Macron par exemple. Le chômage n'a que très faiblement baissé et le niveau d'emploi est resté largement en dessous du niveau des années d'avant la crise de 2008.
/image%2F1492474%2F20251110%2Fob_10d31b_chomeur-toutes-categories-france.png)
Ce sont essentiellement les médias qui ont colporté l'idée que le chômage aurait réellement reculé sous Macron. La diminution de la catégorie A étant en réalité largement compensée par l'augmentation énorme des autres catégories de chômeurs. Le mensonge était gros, mais il a duré et dure encore à l'heure actuelle. Il était pourtant facile de voir que tout ceci était de l'esbroufe, les comptes sociaux ne se sont jamais améliorés. La dernière fois que la France réellement connut une baisse de chômage, ce fut juste avant la mise en place de l'euro. Une époque où le deutsche mark fut massivement dévalué comme le franc était collée à la monnaie allemande, le pays connut pour la première fois depuis des années une amélioration de sa situation commerciale et économique. C'était la fameuse période 1997-2001, une période nourrit aussi par la bulle internet. À l'époque le chômage avait fortement baissé et les comptes sociaux passèrent tous au vert. Rien de tout cela ne s'est produit sous Macron. La France n'ayant pas été plus dynamique que sous Sarkozy ou Hollande.
Le mensonge ne s'est pas arrêté au chômage, bien évidemment. Tout le monde se souvient des discours volontaristes sur la réindustrialisation en marche. En particulier pendant la crise du Covid qui avait montré assez largement les dangers qu'il y ait à trop dépendre des importations pour tout et n'importe quoi. Nous allions donc voir ce que l'on allait voir. Macron multiplia les annonces et la communication sur la réindustrialisation. Et le résultat fut nul, rien, nada, que dalle. La production industrielle française à l'heure actuelle est toujours très en dessous de son niveau de 2008, il y a 17 ans déjà. On peut dire qu'en matière de production, la France a perdu une génération. Ne nous plaignons pas, c'est pire chez Meloni et les Italiens, elle aussi fait du macronisme communicant sur ces sujets d'ailleurs.
Le passivisme structurel des élites
Alors pourquoi tant de discours lénifiants sur l'interventionnisme de l'état alors que visiblement l'état ne fait strictement rien. Je vois d'ici les discours libéraux qui m'expliqueront que l'état est impuissant, mais lorsque l'on regarde la Chine, les USA, la Russie, ou le petit Salvador pour ce qui est le la lutte contre la drogue, on voit bien que cette impuissance n'est valable qu'en Europe et en France en particulier. C'est qu'en réalité nous sommes toujours enfermés dans le cadre libéral qui est la clef de voûte qui explique les comportements des élites françaises. Elles ne croient pas à l'intervention étatique, et aux politiques macroéconomiques. Et le problème n'est pas uniquement Macron, c'est toute la philosophie intellectuelle qui sert de cadre de pensée de nos élites qui les empêche de penser autrement. La passivité n'est pas le fruit d'un accident et c'est bien ça le problème. Car on peut tout à fait penser que le remplacement de Macron par un autre énergumène même venant du RN n'apportera probablement aucun changement.
C'est que le passivisme n'est pas seulement le produit d'une idéologie de la passivité publique et du laissez-faire propre au libéralisme. C'est aussi bien pratique dans une société hédoniste où les gens ne pensent plus qu'à leur confort personnel. Le consumérisme que beaucoup critiquent à juste titre, les citoyens n'étant plus vraiment des citoyens, mais surtout des consommateurs passifs, touche aussi ce qui nous sert d'élite. Penser par soi-même en dehors des clous c'est difficile, cela demande une certaine ascèse et ce n'est pas forcément très rentable, c'est le moins que l'on puisse dire. C'est pourtant la condition minimale pour comprendre réellement la complexité des problèmes et tenter de les résoudre. Or pour bon nombre de nos élites, le pouvoir s'arrête simplement à l'attrait qu'il procure. On ne veut pas le pouvoir pour l'utiliser, mais simplement pour les bénéfices personnels qu'il apporte. Les élites sont malheureusement aussi en partie à l'image de la population en générale, très dégradées moralement, très individualistes et peu enclines à l'action collective.
De fait, le laissez-faire n'est donc pas seulement le trait d'une idéologie, le produit d'une croyance, c'est aussi le confort du pouvoir sans l'action, de l'action sans la pensée, de la « démocratie » sans la politique. C'est en quelque sorte la marque de l'avachissement de l'homo economicus tout orienté dans son action pour ses propres intérêts et son propre plaisir. Mais bien évidemment tout redressement collectif ne peut se faire réellement que par la rupture avec cette passivité structurelle. On ne résout pas des problèmes par des discours, mais par de réelles décisions. Et la première étape est bien évidemment de reprendre le contrôle de notre état et de notre pays par la sortie de l'UE et de l'euro. L'UE est en effet bien pratique pour continuer à faire semblant de diriger sans rien faire en réalité.
La réindustrialisation, la baisse de la délinquance ou l'arrêt de l'immigration de masse ne sont pas impossibles. Je pense même que c'est assez simple à faire, encore faut-il réellement s'en donner les moyens, ce qui n'a jamais été le cas des élites qui font semblant de diriger. Le retournement de veste d'Emmanuel Macron sur la question des accords sur le libre-échange avec le Mercosur n'est qu'une nouvelle preuve de la trahison systématique de ce qui nous sert d'élite. Ils communiquent sur l'action de l'état sachant pertinemment qu'ils ne font strictement rien simplement parce qu'ils savent que la population française est encore attachée même après des décennies de propagande libérale à l'état régalien. Pour nos dirigeants, la France n'existe plus, l'état non plus d'ailleurs. La société n'est qu'un agglomérat d'individus sans véritable lien entre eux. C'était déjà dans le discours de Margaret Thatcher qui avait au moins la qualité d'annoncer la couleur de son idéologie contrairement aux élites françaises. À ce stade de nihilisme, il ne reste que deux hypothèses pour l'avenir. Soit les Français suivent leurs élites et le pays se disloque. On vendra les morceaux à d'autres, j'avais déjà établi une telle hypothèse dans un autre texte. Soit il y a enfin un sursaut, mais qui sera inéluctablement accompagné d'une purge chez les élites. Car il n'y a véritablement rien à attendre de l'actuelle élite française que ce soit chez les politiques ou les hauts fonctionnaires.