Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
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Vous avez probablement remarqué que je n'ai pas encore abordé la question du conflit israélo-palestinien qui pourtant remplit les rubriques journalistes depuis quelques semaines. Ce blog ne suit pas forcément l'actualité immédiate d'une part. Je vise surtout à donner une profondeur à mes réflexions et j'évite donc le plus possible de réagir à chaud à tel ou tel problème. Comme le disait Pierre Bourdieu, on ne pense pas rapidement, ou alors c'est qu'on pense mal ou qu'on régurgite des idées reçues. La pensée nécessite de l'observation, de la réflexion et donc du temps. Du reste, je ne suis guère au fait de tous les tenants et aboutissants de la situation dans cette partie du monde, et je dois le dire ce qui se passe en Europe et surtout en France est plus important à mes yeux et plus prioritaire. Cependant, les apprentis sorciers de l’immigration et du clientélisme électoral ont malheureusement entraîné la population française dans ces conflits malgré elle, simplement par l'importation massive depuis quarante ans de population originaire de contrées musulmanes et moyen-orientales. Faisant par la même de la France un terrain de jeu pour les différents acteurs de ce conflit pourtant lointain.
Le conflit israélo-palestinien
Si je ne compte pas prendre position pour un côté comme de l'autre, car je considère dans cette affaire tous les côtés problématiques. Israël, quoiqu'en disent certains, étant un pays colonial qui a installé une population sur une terre qui avait déjà des habitants, en l’occurrence les Palestiniens même si les générations actuelles ne sont pas responsables de cette situation. Comme le disait le général de Gaulle, le processus même de la création d'Israël était destiné à une histoire violente. De l'autre côté, si l'on peut tout à fait adhérer à la colère des Palestiniens l'on ne saurait non plus excuser les comportements barbares consistants à attaquer surtout des civiles. À ce problème, il n'y a logiquement que cinq solutions théoriques. En premier, la fin d'Israël et le retour d'une grande Palestine, c'est probablement le souhait du Hamas et d'une très grande majorité de la population des régions environnante. Cela signifie que les populations israéliennes changeraient de nationalité, mais serait dominé par les Palestiniens. Chose qui leur est probablement inacceptable d'autant que les états musulmans du coin ont quand même pas mal pratiqué l'épuration ethnicoreligieuse ces cinquante dernières années.
La seconde solution est la solution d'un seul état israélien où les Palestiniens accepteraient de devenir israéliens et d'être sous domination juive même si Israël est théoriquement un état laïc. Mais pour les Palestiniens, c'est inacceptable, et cela, se comprendre, puisqu'ils considèrent à juste titre que ces terres sont les leurs. De plus, étant donné la disparité de la natalité, les Palestiniens seraient rapidement très majoritaires dans la population, ce qui dans une démocratie reviendrait à leur donner les pouvoirs. À moins d'imaginer une solution où les Palestiniens seraient des citoyens de seconde zone n'ayant pas le droit de vote. On le voit, cette solution serait en fait inacceptable d'un côté comme pour l'autre.
Il y a aussi les deux solutions extrémistes violentes qui consistent simplement à faire disparaître l'autre et qui malheureusement inspirent probablement le fonds de commerce des dirigeants du Hamas comme celui de l'extrême droite israélienne. D'un côté l’expulsion des juifs et la destruction d'Israël. Il faut être honnête, je pense qu'il s'agit malheureusement d'une envie assez répandue dans le monde musulman, et pas seulement en Palestine et chez le Hamas. De l'autre côté l'envie de trouver une solution « finale » au problème palestinien existe aussi dans l'aile extrémiste de la droite israélienne. Et avouons-le aussi, il est probable que cette solution extrême soit dans la tête de beaucoup chez les Israéliens. Rappelons d'ailleurs au sujet d'Israël qu'il y a aujourd’hui de vraie tension entre les laïcs et les juifs orthodoxes plus extrémistes. Juste avant le déclenchement du conflit par le Hamas, on avait pu admirer des extrémistes juifs cracher sur une procession chrétienne, montrant un visage d’extrémisme tout à fait inacceptable pour un état moderne. On a même u droit à des déclarations de rabbin traitant presque les laïcs israéliens de sous-homme. On le voit, le caractère fortement communautariste et inégalitaire d'Israël conduit à des problèmes, y compris au sein de l'état israélien. Par exemple, les juifs orthodoxes sont par exemptés de service militaire qui dure pourtant trois ans pour les hommes. Ces gens font beaucoup plus d'enfants que les laïcs et pèsent donc de plus en plus lourd électoralement. Or leur ligne de conduite est tout à fait comparable à celles des extrémistes musulmans par bien des aspects, l'intolérance aux autres populations n'ayant rien à envier aux islamistes les plus extrémistes. Et si ce conflit avec le Hamas est dramatique, il sert aussi de liant social à une société israélienne dont on peut sérieusement se demander si son unité pourrait survivre à quelques décennies de paix absolue. Le conflit externe servant à expulser la violence et les conflits internes de la société. Un mécanisme bien connu et René Girard avaient si bien décrit en son temps.
Nous parlerons brièvement de la dernière solution qui est en fait la seule à mes yeux, car l'application des quatre autres pose d'immenses problèmes, surtout les deux dernières qui sont proprement inhumaines et finiraient par un génocide d'un côté comme de l'autre. La dernière est la position française historique , elle est aussi celle que la Chine propose à l'heure actuelle c'est-à-dire la solution par la création de deux états. Et quand on parle de la création de deux états, il s'agit de deux états viables, ce qui signifie l'arrêt de la colonisation de la Cisjordanie et le recule en partie des frontières d'Israël ainsi que le déplacement de population. Il s'agirait de faire dans cette région ce qui a été fait après la seconde guerre mondiale entre la Pologne et l'Allemagne, même si à cette époque c'est l'Allemagne qui a le plus perdu pour des raisons historiques évidentes. On le voit dans ce conflit, seule la construction de frontières acceptées par tous et séparant les populations est susceptible de ramener la paix à long terme comme ce fut le cas dans l'Europe de l'Ouest d’après guerre.
La frontière source de paix et d'ordre
Il faut le dire haut et fort comme l'avait magistralement montré le livre de Régis Debray « Éloge des frontières », loin de créer de la violence et de la destruction, les frontières créent la possibilité de la paix et du développement. Les frontières permettent la souveraineté, et la souveraineté permet l'application réelle de la démocratie et de la liberté nationale. L'on a souvent moqué par le passé la frontière, surtout depuis la Seconde Guerre mondiale, les penseurs d'après-guerre s'étant souvent trompé sur le sujet en attribuant en Europe l'existence des frontières comme ayant été la source des deux grands conflits qui ont détruit l'Europe. Ce fut d'ailleurs l'origine du projet européiste dont on voit aujourd’hui les effets particulièrement néfastes sur le continent. En réalité, c'est l'esprit impérialiste et les frontières mal tracées qui ont conduit aux conflits. Ce sont les restes des empires du passé qui ont nourri tous les conflits en Europe pendant le vingtième siècle ainsi que le mélange des populations qui en a résulté. Les Balkans sont ainsi toujours à la merci des restes de conflits produits par l'effondrement de l'Empire austro-hongrois ou de l'Empire ottoman. Si les nations pluriethniques, culturelles et religieuses peuvent exister à l'image de la Suisse. Il s'agit plus souvent d'exceptions que de règles. Même l'expérience belge est un échec relatif, les deux populations wallonnes et flamandes vivant presque séparément dans le même pays théorique.
J'ai longuement parlé des effets de la globalisation libérale sur les nations. Le libre-échange et la libre circulation des capitaux ayant rendu impossible la gestion économique de nos pays. Là aussi, les frontières rendent possibles les politiques économiques et donc la démocratie sous le cadre de la souveraineté nationale. Il y a un lien mécanique entre l'augmentation de la violence dans nos sociétés et la disparition du cadre national que ce soit à cause de l'immigration ou de la perte de souveraineté économique. Sur le plan économique, l'absence de frontière interdit les politiques fiscales redistributives, car les plus aisés peuvent faire partir leurs capitaux du territoire. Les importations rendent également impossible une meilleure rémunération des salariés et détruisent le lien très important entre la hausse de la productivité du travail et la hausse des rémunérations qui permettent la hausse de la consommation et donc la croissance économique et la création d'emploi. L'immigration quant à elle produit des conflits culturels entre les anciens habitants et les nouveaux de plus en plus nombreux qui colonisent littéralement le pays qui y fait appel. L’imbrication de population aux mœurs complètement différentes rendant l'état impuissant à imposer les us et coutumes locales. Le communautarisme électoral finissant par détricoter toute forme de rationalité collective et préparant des conflits interreligieux et interethniques pour demain.
De fait, l'absence de frontières crée mécaniquement de la violence et nourrit par la même occasion le retour des frontières internes. L'être humain ne pouvant vivre sans sécurité, il essaie de reconstruire à plus petite échelle la sécurité que le globalisme lui a retirée depuis plus de quarante ans. Les gens les plus aisés se construisant des petites forteresses grâce à leur argent qui exclut les nouveaux venus inassimilables. Malheur aux autochtones moins bien lotis financièrement, cible de la violence communautaire croissante et dont la descendance minoritaire dans les écoles doit maintenant choisir entre le rasage des murs, ou la conversion aux cultes et aux mœurs des colonisateurs. Bon nombre d'entre eux se cherchant des origines lointaines, pour ne pas être qualifiés de français, la pire des insultes. Les réseaux personnels deviennent la première source d'emploi plutôt que de se confronter à l'incertitude du marché de plus en plus restrictif et ouvert aux quatre vents de la globalisation et de l'immigration. En réalité, loin d'avoir ouvert les hommes aux idées d'ailleurs, et à l'autre, la globalisation a créé des individus étriqués enfermés à double tour dans leur milieu social protégé. Un peu comme les Israéliens et les Palestiniens intriqués dans un conflit interminable lié à l'absence de frontières claires, la globalisation fait petit à petit du monde entier un gigantesque Moyen-Orient compliqué. Qu'on se rassure pour une fois la France est à la pointe de l'évolution mondiale.