Blog parlant d'économie vue sous une orientation souverainiste et protectionniste.
/image%2F1492474%2F20240610%2Fob_d041c7_maxresdefault.jpg)
L'élection d'Emmanuel Macron en 2017 a été le commencement d'une phase de crise aiguë au royaume de France. Une crise qui a ses origines dans l'abandon progressif de la souveraineté nationale aux profits d'instance de plus en plus éloignée du pouvoir populaire et démocratique. On peut le dire sans se tromper, la construction européenne et le globalisme portent les crises tout comme les nuages apportent la pluie. Les deux sont intrinsèquement liés, même si les commentateurs de plateaux analysent la multiplication des crises comme autant de phénomènes locaux. La réalité est que ces mouvements de crise ont une source commune, la dépossession des peuples de leur pouvoir de décision sur leur propre destin. Les peuples cherchent par les urnes à retrouver un peu de leur souveraineté. Pour y arriver, ils utilisent tous les moyens même les partis les plus discutables. Malheureusement pour eux les pouvoirs ne sont plus dans les parlements ou dans les ministères, ni même au parlement européen, mais à la Commission européenne non élue et à la BCE de Francfort.
L'UE est un géant paralytique, incapable de s'adapter au monde qui l'entoure, et enfermé dans un système économique grotesque mélange d'ordolibéralisme allemand autoritaire et de néolibéralisme anglo-saxon financiarisé. L'UE est une construction non démocratique faite pour asseoir la politique économique idéale des petits livres saints du libéralisme qui sont aussi proche de la réalité que pouvait l'être la casuistique médiévale en son temps. La casuistique pouvait être des raisonnements complexes de haute tenue parfois, mais dont les fondements étaient faux amenant inévitablement à s'entêter dans l'erreur. C'est exactement la même chose pour l'UE, une erreur qui entraîne tout le continent dans les abîmes, mais que personne ne semble vouloir remettre en question par peur de finir pestiféré. L'européisme de nos élites les conduit inéluctablement à l'impossibilité pratique de répondre aux aspirations des peuples dont elles ont la charge. La construction européenne en un sens est un retour à la grande tradition européenne des grandes tragédies grecques.
L'épisode électoral que nous venons de connaître s'inscrit donc dans le cadre d'instabilité et d’impossibilité politique que produit la construction européenne. Le vote massif pour le Rassemblement National n'est en fait pas du tout une surprise. J'avais moi-même prévu cette situation avant le premier tour des présidentielles en 2017 où je présentais Emmanuel Macron comme le meilleur moyen de faire monter le RN au pouvoir. Cela n'a pas manqué, sa réélection approximative ayant été en partie produite par le conflit en Ukraine. Hélas il n'a pas compris lui même qu'il avait été mal élu et malgré son absence de majorité au parlement il a fait comme si de rien n'était. La crise politique produite par l'UE est ancienne, on peut même la dater de 1983 et du tournant de la rigueur, une époque où les socialistes au pouvoir ont préféré l'Europe aux chômeurs français. Depuis 1983 les alternances politiques sont devenues frauduleuses puisque tous les partis qui se sont succédé ont systématiquement trahi une fois au pouvoir au profit de la construction européenne.
Et en l'état, je vais vous faire un pronostic pas vraiment risqué, ce sera exactement la même chose avec le RN. Un parti qui ressemble de plus en plus au RPR de Jacques Chirac supermenteur en moins. Le RN l'a dit et redit pendant la campagne, il ne veut plus rompre avec l'UE et l'euro. La parenthèse Philippot s'est terminée en 2017 au RN et certain diront que c'est ce qui a permis au RN de monter depuis, ce je que ne crois absolument pas. Le RN aurait progressé de la même façon s'il était resté sur la ligne de 2017. C'est avant tout le rejet du pouvoir en place qui le fait monter bien plus que ses programmes ou ses idées. Malheureusement, c'est ce positionnement européiste qui va être fatal au RN dans les années qui viennent, mais bon pour l'instant ils ne l'entendront pas puisque c'est probablement plus les postes qui les intéressent que le redressement du pays. A titre personnel gagner une élection n'a aucun intérêt si l'on ne compte pas réellement changer la situation mais il est vrai que je ne brigue pas un mandat moi.
/image%2F1492474%2F20240610%2Fob_abcfe5_vote-pour-les-principales-listes-selon.jpg)
Accroissement des tensions et l’inéluctable échec du RN
L'élection d'hier a donc été fatale à la majorité présidentielle. Si le RN progresse, on voit bien par contre qu'en réalité le bloc bourgeois est toujours là . En effet, on peut largement additionner les voix de la liste Hayer à celle de Gluksmann et d'EELV ce qui nous donne environ 34% des voix. C'est le socle européiste en France qui pour l'instant ne se réduit pas. Dans ces élections européennes, on a donc pu voir un transfert des voix macroniste vers un macronisme nouvelle formule avec la liste Gluksmann. C'est avant tout cette division électorale qui a donné ce résultat catastrophique pour la majorité actuelle. Le bloc bourgeois ne pouvant plus se payer le luxe d'avoir plusieurs représentants comme à la grande époque du faux duel RPR-PS. Le problème également c'est que le RN arrive désormais à focaliser les mécontentements et à devenir le seul alternatif à pouvoir monter au pouvoir. Hélas, comme je l'ai déjà dit, sa « normalisation européiste» le conduira à l'échec. En effet, aucune politique ne peut être faite contre les traités européens inamovibles. À la limite la seule chose qu'ils pourraient faire une fois au pouvoir serait de sortir du marché européen de l'énergie pour arrêter les prix absurdes actuels. Ce serait déjà une bonne chose, me direz-vous? Mais c'est bien la seule chose d'utile qu'ils pourraient obtenir. Sur tout le reste et notamment la réindustrialisation ou l'immigration, ils seront obligés de faire exactement la même chose que Macron.
Alors quel est le but de la dissolution d'Emmanuel Macron ? Mettre le RN au pouvoir et prouver son inaptitude ? Peut-être, mais rien ne dit que cela favoriserait les partis européistes bien au contraire. Avec l'arrivée d'un parti dit « nationaliste » au pouvoir qui ne pourra rien faire à cause de l'UE et de l'euro on aura bien une démonstration, mais pas celle qu'attend Macron. Il espère que cela jettera les Français dans les bras centristes par la suite, mais au contraire cela nourrira dans un premier temps un immense désespoir, mais aussi la cause souverainiste. Le RN va prouver en pratique que dans l'UE et l'euro il est tout simplement impossible de faire autre chose que les politiques du laissez-faire. On pourrait y voir une démonstration claire et limpide de la nocivité de l'UE pour notre nation et pour la démocratie en général. Il est certain cependant qu'à court terme on ira vers des tensions exacerbées et une multiplication des jacqueries dans tout le pays.
Le calcul très courtermiste d'Emmanuel Macron en prévision de la prochaine présidentielle est un calcul politicien très bas de gamme. Il prouve ici encore une fois qu'il n'a aucun sens de l'intérêt général et il est prêt au chaos pour arriver à ses fins. S'il avait été responsable il aurait démissionné et organiser des présidentielles et des législatives pour la rentrée. Mais encore une fois, ce caractère a son utilité, car il peut mettre fin au RN et au souverainisme mou européiste en même temps qu'il met le chaos dans le pays. Tout comme il a détruit l'alternance centriste de ces 40 dernières années, cet agent du chaos qu'est notre président pourrait aussi détruire le dernier reste de l'époque Mitterrand, le RN devenue un parti paralysant les vraies alternatives du pays. Ajoutons à cela que dans le reste de l'Europe les vrais antieuropéens montent notamment en Allemagne. L'AFD qui est l'extrême droite allemande avec qui le RN a rompu parce qu'ils sont anti-européens fait un bon score à près de 16%, mais l'autre surprise est le nouveau parti de gauche très eurosceptique le BSW qui fait 6,2%. Les Allemands semblent avoir moins de scrupules pour rompre avec l'UE même à gauche. J'imagine très bien l'Allemagne mettre fin à l'UE et à l'euro elle-même, ce qui en quelque sorte pourrait aussi nous arranger.
Quoiqu'il en soit, les années qui viennent seront chaotiques. Les européistes ont cru mettre fin à la démocratie en silence grâce à leur grande machine juridico-économiciste, mais ils ont oublié comment la démocratie est née. La démocratie n'est pas apparue par la volonté des monarques. Elle fut une lutte de longue haleine pour sortir de l'ancien régime où les peuples n'étaient que des sujets. Le nouveau Saint Empire Germanique qu'est la construction européenne se retrouve exactement avec les mêmes problèmes que les vieux régimes monarchiques du 18e et 19e siècle. Des pouvoirs qui n'ont plus de légitimité, mais qui continuent à donner des ordres contraires aux intérêts des populations ne peuvent que conduire à de violents conflits. Il est quand même incroyable que l'UE ait réussi l'exploit de ramener l'Europe à l'époque des révolutions sur un continent qui était pacifié, mais qui en en plus est extrêmement vieillissant. C'est dire la brutalité du régime et sa stupidité. Si le chaos s'installe pour longtemps la seule chose que l'on peut dire, c'est qu'il ne prendra fin que lorsque le dernier des empereurs européens aura abdiqué et que la liberté des peuples et des nations sera de retour, pas avant.