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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 17:16

On en parle souvent sur ce blog, mais l’extrémisme écologiste a pris maintenant une ampleur invraisemblable . La venue de la pucelle du *svitjod mademoiselle Thunberg qui n'a aucune compétence particulière si ce n'est le fait d'être une fille de milieu aisé monté en épingle par une bulle médiatique très artificielle montre le niveau de bassesse auquel arrivent maintenant nos institutions. L'accélération du bruit médiatique autour du changement climatique anthropocentrique permettant toutes les politiques, justifiant tout et n'importe quoi. L'on voit déjà les idées les plus farfelues comme l'arrêt des centrales nucléaires en France alors qu'on n’a pas à l'heure actuelle d'alternative. La France finira par faire comme l'Allemagne à savoir construire quelques panneaux solaires et éoliennes aussi coûteuses qu’inefficaces puis elle importera et brûlera du charbon. L'histoire de l'arrivée de cette gamine au parlement français est tout de même extraordinairement démonstrative de l’irrationalité des acteurs en question puisqu'elle a coïncidé avec la signature de l'infâme traité du CETA qui condamne l’agriculture française à l'extinction. Il est tout de même rassurant de voir que bon nombre de Français semblent s'être posé la question de la cohérence entre l'objectif écologique affiché et les politiques qui nous mène en sens inverse.

 

En effet qui peut croire qu'un traité de libre-échange consistant à maximiser les échanges et donc les transports soit favorable à la diminution de la consommation énergétique ? La globalisation maximise les gaspillages sous toutes les formes. Le libre-échange n'optimise que la valeur des marchandises et ignore parfaitement les contraintes écologiques , sociales et même macro-économiques. Encore une fois, l'idée que l'on puisse réguler l'économie et la société uniquement par le truchement de la loi de l'offre et de la demande est une absurdité. Il ne faut donc guère s'étonner si ce grand marché mondial conduit à la pollution maximale et à la destruction de la plupart des sociétés humaines. On a donc ici un cynisme apparent tout à fait spectaculaire avec d'un côté une communication faite de pleurs sur la fin du monde et la destruction de notre environnement. Et de l'autre côté, une marche inéluctable vers des politiques économiques qui détruisent ce même environnement tout en détruisant notre tissu économique. On ne saurait mieux mieux illustrer ici la fameuse phrase de Bossuet « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » . Mais ce serait croire un instant que nos politiques s'inquiètent vraiment pour la planète, il n'en est rien pour la plupart. C'est juste de la communication, du vent de propagande dont le seul objet est de camoufler de plus en plus mal les intérêts économiques et politiques qu'ils défendent.

 

De fait comme on pouvait le présentir l'écologisme remplace petit à petit le discours libéral dans les justifications morales aux politiques économiques bourgeoises. Le coup de l'entrepreneur contraint par le méchant état et les impôts écrasant ça ne fait plus recette chez les jeunes donc on passe au discours sur l'entrepreneur écolo qui a besoin d'un coup de pousse pour sauver la planète. C'est plus cool et présentable. Mais à l'ère d'internet et de la communication ultrarapide cette nouvelle stratégie ne va-t-elle pas dissoudre le statut de l'écologie encore plus vite que ne l'a fait l'ancien discours libéral ? Parce que ce double discours consistant d'un côté à faire du bruit médiatique autour de l'écologie et des contraintes écologiques mis en parallèle avec des actions politiques contraires à l'écologie va nécessairement produire une désaffection à terme. Tout comme le discours européiste a fini par produire une désaffection vis-à-vis de l'Europe quand les gens ont compris que l'UE n'apporterait ni prospérité ni bonheur, mais que bien au contraire elle servait surtout de prétexte à des politiques de plus en plus libérales et à la justification de la destruction de notre État-providence.

 

À droite les déclinistes délirant, à gauche les écologistes de la fin du monde

 

Mais ce catastrophisme communicationnel n'est pas le seul en cour dans notre beau pays de moins en moins rationnel. De l'autre côté de l'échiquier politique aussi l'on voit de nombreux prophètes de la fin du monde. J'en lisais un récemment dans un article du Figaro. L’historien David Engels qui a vu qu'il y avait un gros filon à exploiter et que peut-être le marché francophone n'était pas encore saturé entre Éric Zemmour et Michel Onfray. Là on nous promet la fin de la civilisation occidentale, rien de moins. Il faut frapper fort après le livre « Décadence » de Michel Onfray. Bon l'auteur n'est pas très clair sur ce qu'il appelle la civilisation occidentale, mais on est habitué à ça. L'occident c'est un concept creux, pour ma part il n'y a pas de civilisation européenne, mais des civilisations européennes. Que ces peuples partagent une religion, voire une couleur de peau, ne fait pas d'eux un ensemble unique à l'image de la civilisation chinoise. Les nombreuses guerres et les horribles conflits sont là pour en témoigner, il y a toujours eu plusieurs civilisations en occident et certaines ont pris l'ascendant sur d'autres à différents moments de l'histoire et pour de multiples raisons. Et c'est ce qui a fait la richesse de l'Europe justement cette juxtaposition sur un territoire si exigu entre des peuples aux mœurs et à l’anthropologie si disparate. De la même manière, l'on pourrait voir les USA comme une nouvelle civilisation n'ayant pas grand-chose de commun avec celles qui ont façonné le continent européen. Une civilisation étrangère qui a soumis justement l'Europe à ses vues à travers une colonisation culturelle et intellectuelle de 74 ans maintenant . De ça monsieur David Engels n'en parle pas puisque pour lui l'occident est un bloc monolithique.

 

Je pourrais ici continuer la critique. La question démographique est traitée de façon ridicule de la même manière qu'un Zemour ou qu'un Onfray . L'important n'est pas la réalité, mais le récit et sa cohérence c'est exactement la même chose que pour nos amis écologistes extrémistes ou pour l'extrême gauche. La réalité et sa complexité n'ont pas d'importance. Ainsi l'on a encore cette idée que l'Europe serait presque la seule au monde à décliner démographiquement. L'islam est présenté comme un bloc homogène qui serait dynamique démographiquement contrairement à l'occident décadent. Sauf que la transition démographique touche aussi le monde musulman. Le pays musulman le plus peuplé du monde l’Indonésie a une natalité de 2 enfants par femme et elle décline vite alors que la très catholique Philippine voisine est encore à 3 enfants par femme. L'Iran fait moins d'enfants que la France et les dirigeants turcs s'inquiètent de la faible natalité des Turcs par rapport à celle des minorités kurdes notamment. Il est à parier d'ailleurs que l’agressivité de la Turquie vient de ses problèmes internes en plus de l'économie. À dire vrai à l'échelle mondiale, seule l'Afrique subsaharienne, qu'elle soit chrétienne, musulmane ou animiste, n'a pas fini la transition démographique. Ailleurs, tout le monde suit l'Europe. Alors si nous sommes décadents à cause de la démographie il faudrait élargir cette hypothèse à l'ensemble du monde.

 

La vérité c'est que l'unique responsable de cette situation est la maîtrise parfaite de la natalité grâce à la pilule et aux multiples moyens contraceptifs modernes. Aucune civilisation avant la nôtre n'avait eu à se demander comment relancer la natalité . Les états n'avaient pas à se préoccuper de ça tant que la population pouvait manger, se vêtir, et qu'il n'y avait pas trop de problèmes d'intendance, elle se reproduisait convenablement . C'est vraiment un problème nouveau. Que serait donc devenue la civilisation européenne de l'époque de la guerre de Trente Ans s'il y avait eu la pilule d'après vous ? Elle aurait eu bien du mal à récupérer de l'énorme gaspillage en vie humaine . D'ailleurs, les pays de l'Est comme la Pologne ou la Hongrie ont des taux de natalité encore plus faibles que ceux de l'Europe de l'Ouest. Preuve que l'attachement à la tradition ou à la religion n'ont pas vraiment de rapport avec la question démographique. Comme l'avait très bien écrit Pierre Chaunu dans un de ses derniers livres « Essai de prospective démographique » l'humanité est confrontée à quelque chose de totalement nouveau. Il faut créer les conditions sociales et économiques pour que les gens n'aient pas peur de fonder une famille et d'avoir des enfants. Tout ceci n'a aucun rapport avec une décadence, ou à la multiplication des homosexuels, comme le sous-entendent certain de ces néoréactionnaires. Mais il est plus simple de dire qu'il y a décadence et que tout est lié. Et puis c'est peut-être le résultat d'un complot qui sait. Tant que ça fait du bruit médiatique et que ça permet de vendre des livres. Peu importe que cela pollue le débat public en faisant passer le public à côté des vrais problèmes et de leur réalité, le but n'est pas de toute façon de les résoudre.

 

L'hyper-communication conduit à l'hyper-stupidité collective.

 

J'ai voulu rapprocher ici les discours de l’extrémisme écologiste et de celui d'une certaine droite décliniste pour montrer que nous avons affaire à un processus neutre sur le plan politique. Il est coutume aujourd'hui à droite, et chez les anti-systèmes, de voir la gauche, ou du moins une partie de la gauche, comme une machine à produire des discours irrationnels, faux et parfois même dangereux. Et c'est tout à fait vrai . Mais la gauche n'est pas la seule touchée. C'est le résultat d'un effondrement général de la qualité de la communication et du désordre produit par la rapidité de la communication qui fait fit de la retenue et de la prise de recul. C'est un phénomène ancien. L'on peut penser que si l'imprimerie permit à terme à la société de progresser, elle fut aussi responsable indirectement à court terme des guerres de religion et de bon nombre de malheurs. Il en va de même pour la télévision, internet et les médias rapides. Nous n'avons pas encore les mécanismes sociaux, les habitudes et l'organisation qui permettraient la prise de recul nécessaire à la recherche minimale de la vérité. S'en suit que toutes personnes ayant un peu de bagout, de culture et de sens de la communication, peut surfer sur l'information pour créer de toute pièce des problèmes qui n'existent pas. Ou pour en exagérer certains autres sans qu'à aucun moment un recul rationnel sur le problème en question ne puisse être pris.

 

Et les hommes politiques suivent le mouvement, le manipulent parfois quand ils ne sont pas eux-mêmes pris dans la spirale de la communication. S'il y a bien un phénomène de déclin, c'est bien ce rapport au réel dû à la communication moderne qui en est la cause bien plus qu'autre chose. Il est bien dommage que sur ces questions la simple réponse donnée par les pouvoirs publics fût d'encadrer le mensonge c'est-à-dire de faire en sorte non que la vérité puisse être véritablement défendu, mais au contraire de faire en sorte que la « vérité » gouvernementale soit autorisée à exister. La chasse aux fameuses fake news ne fut que ça, une opération de blanchiment des mensonges officiels. On attend encore qu'une solution réelle aux problèmes de la communication moderne soit trouvée. En attendant, les marchands de malheur vont pouvoir continuer à prospérer. Qui sait, ils finiront bien par la provoquer la fin du monde avec toutes leurs idioties.

 

*Ancien nom de la Suède à l'époque païenne. La glorification de gaïa de la part des écologistes ayant une proximité assez grande avec les anciens cultes animistes, je crois que la Suède devrait reprendre son ancien nom, car elle n'a plus grand-chose de chrétien avec ses multiples dérives sectaires.

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commentaires

Drineo 20/08/2019 01:22

La pauvre fille n'est pas assez mature pour s'emparer de tels sujets. On lui a pris une part de son insouciance a cause d'un discours ecolo peu constructif et basé sur les emotions. Elle est mise en avant à chaque fois que des personnes importantes veulent se donner bonne conscience.

La Gaule 17/08/2019 17:37

Ai oublié ce petit texte trouvé ce matin chez Bruno Bertez, que j'aime bien tant qu'il ne nous bassine pas avec sa conception très large du « bolchevisme » et celle, étroite à proportion, de la Liberté.
Il fait un très bon prologue aux propos très problématiques de Gaël Giraud.

''''Vous comprenez au passage l’utilité de l’idéologie du climat pour les élites globales; on a épuisé toutes les possibilités de produire du crédit, tout le monde est surendetté et on est dans l’impasse. On a épuisé le logement; la technologie; la finance sociale , il ne reste que le militaire et … le sauvetage de la planềte. Le partisans de la MMT, -la Modern Monetary Theory- c’est dire du crédit illimité ont trouvé la solution pour justifier le crédit illimité: il faut sauver la planète! En Grande Bretagne, Carney y est favorable. En Allemagne ou on est coincé par l »orthodoxie on parle de faire une entorse et de produire  du crédit public pour financer la reconversion, pour sauver le climat!
Ah les braves gens! ''''

La Gaule 21/08/2019 08:49

@ Yann

C'est à peu près ça, sauf que Bertez, en bon libéral crampon, a trop de fidélité derrière lui pour aller au bout de de ses analyses et lever le voile sur la nature de cette guerre.
Dire « le militaire » est déjà en soi une manière d'éluder le problème, car il est clair qu'une confrontation militaire directe entre grandes puissances n'est pas à l'ordre du jour, cela malgré le tam-tam médiatique qui en est fait -tout média confond- et qui correspond à l'air catastrophiste du temps.
Il y a suffisamment de zones conflictuelles de par le monde pour botter en touche et utiliser des états cibles pour la mener militairement à leur place -Vénézuela, Syrie, Afghanistan, Yemen et demain probablement Inde (l'Inde dont le blogueur Strategika51 a dit récemment qu'elle était la grande déception de ce début de siècle avec le Brésil -mais du fait d'une population bien moindre ce dernier est plus à même de résilience).

Mais la politique étant devenue la continuation de la guerre par d'autres moyens, et l'économie étant essentiellement l'un des bras armés de la politique -vous savez mieux que moi que le terme prétentieux de « science économique » n'est qu'un euphémisme intéressé pour désigner l'ancienne et modeste économie politique- que faut-il en conclure logiquement ?

Que la guerre n'est pas une « option » puisque cela fait belle lurette qu'elle fait rage parmi nous, ici, en Europe et plus particulièrement en France. Souvenez-vous de la formule de Mitterrand : « La France est en guerre, une guerre à mort, mais elle ne le sait pas ».
Elle ne le sait pas parce que cette guerre ne laisse pas des villes entières brutalement dévastées avec ses cadavres mutilés plein les rues.
C'est une guerre plus économique menée à la mesure de la sidération des populations européennes, et peut-être plus efficace parce qu'elle désarme dans le temps sans besoin de combattre.
Je suis désolé mais quand je lis l'article que vous avez écrit dans la foulée sur le chômage, j'ai l'impression d'un compte rendu de campagne guerrière d'un nouveau genre. C'est bien Macron qui a dit : « Je réprime, je consolide et je repasse à l'attaque ». Non ? Et je vois plus ici de réalité pratique que de métaphore.

Les gens qui parlent d'Effondrement -pour cause d'énergie, de démographie, d'épidémie ou je ne sais quoi d'autre- me fatiguent désormais à l'avenant, car il y a de la consolation sémantique dans ce terme.
Comme si l'Effondrement, comme le Jugement Dernier, concernait tous les hommes égaux entre eux devant dieu.
Stalingrad en février 1943 n'était pas un Effondrement. C'était l'effondrement d'une armée contre une autre au terme d'une bataille planifiée, avec des vainqueurs et des vaincus.
A vous de voir en quels termes cela nous concerne aujourd'hui.

Yann 19/08/2019 19:54

C'est inquiétant . Cela veut dire que lorsque la bulle climatique aura échoué, il ne restera plus que la guerre c'est ça?

La Gaule 17/08/2019 17:27

LE CAS GAEL GIRAUD

En vrac tant la pensée du personnage elle-même a tendance à partir dans tous les sens.

1)
Analyse de la crise financière actuelle.

Ce qu'il y a de plus intéressant chez lui. GG rappelle une évidence qui échappe encore à majorité des français y compris les moins dociles. La crise de 2008 a été colossale, puisque ce n'est rien moins que 25 % des capitalisation boursières du moment qui sont partis en fumée.
Propagande médiatique aidant, les français ont encore un mal fou a faire le lien entre cette crise et le démantèlement en cours de l'état providence.
C'est pourtant bien parce que l'état a pris en charge le passif douteux des banques -pas loin de 500 Mds d'euros- que son endettement public a été alourdi d'autant, à charge de gérer le gouffre sur le dos du contribuable et le fameux « train de vie dispendieux de l'état »au sens large, très large.
Des relais politique supra-nationaux -l'Union européenne en l'occurrence- à motif présumé d'intérêt supérieur ont largement servi au tour de passe passe.
Corollaire politique, il n'y a rien à attendre à ce niveau des politiques qui tiennent l'état depuis dix ans. Ils défendront leur ami la finance et son église les banques par tout moyen et quoi qu'il en coûte aux français et au pays. Pas d'illusion à ce faire pour ceux qui en nourrissent encore.

Au chapitre de l'endettement, GG rappelle une autre évidence bien occultée. Le véritable problème de la France au sens de l'urgence n'est pas l'endettement public mais bien l'endettement privé, lequel représente 133 % du PIB pour le seul endettement des ménages et surtout des entreprises privées (pour celles-ci, il me semble avoir lu des chiffres bien plus importants, et il ne fait pas non plus la distinction plus significative entre entreprises financières et non financières ?).
Le moteur de cet endettement est bien sûr la faculté sans limite des banques d'accorder du crédit et les quelques bémols qui avaient été mis par les directives de Bâle III ont été largement contournées depuis pour reprendre l'enchaînement funeste de la spéculation.
Celui-ci se fait essentiellement aujourd'hui par le biais du « shadow banking », soit la création par les banques de structures spéculatives de complaisance -gérées généralement par de l'ancien personnel des banques concernées -qui peuvent siphonner du crédit auprès des mêmes banques afin d'opérer par effet de levier des opération de rachat / revente d'entreprises réelles.

Il en résulte que la situation financière des banques est plus catastrophique que jamais, avec une absence totale de perspective puisque, en cas de nouvelle crise, les états seront cette fois bien en mal d'éponger l'ardoise. Tous les « stress tests » et autres ratios tarabiscotés ne sont que de l'enfumage pour masquer cette évidence.
Le seul ratio significatif sur la santé des banques reste le basique Volume des crédits utilisés / Montant des fonds propres. Le reste n'est que littérature et il s'agirait plutôt ici d'un roman noir.

Enfin, GG souligne bien que la financialisation est bien la grande cause de la dérive inégalitaire de nos sociétés, ces dernières tendant à détruire le lien social et la cohésion de l'ensemble.
La fameuse théorie du « ruissellement » qui voudrait que l'augmentation des riches amènerait mécaniquement une multiplication exponentielle des emplois n'est qu'une fiction grotesque tant la sécession et la bunkérisation des élites tend à devenir la règle générale du capitalisme moderne.

Yann 19/08/2019 19:40

"La crise de 2008 a été colossale, puisque ce n'est rien moins que 25 % des capitalisation boursières du moment qui sont partis en fumée."

Oui et c'est quelques chose dont les français n'ont vraiment pas compris. On a doubler la dette publique pour sauver les banques. Or vous remarquerez que les médias présentent toujours la dette comme le résultat des dépenses publiques ce qui est une escroquerie intellectuelle totale. C'est là où l'on voit bien que la propagande ça marche.

La Gaule 17/08/2019 17:25

LE CAS GAEL GIRAUD
2)
Considérations psycho-sociologiques sur le monde la finance.

GG nous aide à comprendre que le cœur du système actuel est la finance et, plus loin encore, que la rigidité absolue de ce monde si particulier tient à la psychologie que tendent à développer les acteurs qui y travaillent.
Il parle en connaissance de cause puisqu'il a été lui-même « qwant » -mathématicien financier- au sein de ce milieu (je sais que tous les chemins mènent à Rome mais je m'interroge quand même sur les motivations profondes d'un tel parcours !?).

On pourrait évoquer dans une certaine mesure le mécanisme de la banalité du mal d'Hannah Arendt, qui voit des gens assumer rationnellement jusqu'à la schizophrénie les exigences de leur fonction avant toute autre considération.
Avec à la clé dans notre cas les attributs absolus du pouvoir et surtout de sa légitimation que sont l'argent et le sexe. Tautologie classique : le pouvoir m'a donné l'argent et le sexe et je mérite le pouvoir parce que j'ai l'argent et le sexe -dans ce cercle infernal les Epstein ne sont que les VRP des Clinton.
On comprend alors pourquoi, tout en sachant très bien ce qu'ils font, ils ne renonceront jamais à leur place dans un système qui les a fait roi et ils le défendront bec et ongles jusqu'au bout.

Pourquoi en particulier ils sont tellement suspicieux sur la réorientation possible (fallacieuse, j'y reviendrai plus loin) du capitalisme actuel vers un capitalisme présumé « vert ».
Parce que cela pourrait remettre en cause ce sur quoi ils ont travaillé sciemment avec acharnement depuis quarante ans et ouvrir une boîte de pandore contraire à leurs intérêts :
La capture des régulateurs de la puissance publique
Le démantèlement de l'état providence
L'indépendance des banques centrale
La privatisation des profits et la socialisation des pertes.

Concernant l'écologie, il semble que soit répandu dans ce milieu l'idée que, de toute façon, « les chinois feront le boulot ».
Idée point sotte en soi du point de vue de l'écologie statistique - si l'on tient compte du faible poids désormais de l'empreinte écologique des européens par rapport aux chinois- mais là encore schizophrène si l'on estime le coût qu'aura fatalement ce « boulot chinois » dans la mondialisation des échanges.
Ultime solution, la tentation du bunker sur l’île déserte, la robinsonnade dont il semble qu'elle soit la BAD (base de développement durable) adaptée au monde des hyper-rupins, soit le fantasme le mieux partagé en ces temps incertains.
Quant à l'avenir d'une telle illusion dans un environnement où la violence privée redeviendrait la mesure de toute chose...

La Gaule 17/08/2019 17:24

LE CAS GAEL GIRAUD
3)
Considérations prospectives sur la nature du capitalisme (ici, on commence à rentrer dans le hautement contestable).

Dans la genèse du capitalisme tel qu'il le pense, GG distingue quatre niveaux :
Ce qui relève de la propriété privée, dont la forme moderne aurait été consacrée en France à la révolution française sur le modèle établi par la pensée libérale anglaise.
Ce qui relève de l'état
Ce qui relève de ce qu'il désigne par « le tribal » (?)
Ce qui relève de ce qu'il appelle « le commun » soit tout ce qui serait par principe à la libre disposition de tous tel l'air que l'on respire.

Pour lui le néolibéralisme -forme contemporaine du capitalisme- serait donc l'appropriation de l'état par le domaine privé. Soit.
Il fait au passage une sorte d'apologie du capitalisme qui serait selon lui une donnée historique fondamentale de l’humanité et je pense qu'il n'a pas compris la distinction que faisait Braudel entre l'économie de marché, d'apparition immémoriale, et le « visiteur du soir », ce capitalisme qui en est essentiellement différent en ce qu'il tend à plier l'ensemble de la société sous la loi d'airain du capital, et du capital financier sous sa forme ultime.

Le fascisme aurait été l'appropriation du privé par l'état. Premier contresens qui correspondrait à la rigueur à la Russie soviétique sous Staline mais ni à l'Allemagne nazie ni à l'Italie de Mussolini, pays dans lesquels l'industrie a été mise au service de l'état dans le cadre d'une économie de guerre tout en gardant sa pleine autonomie de gestion et de profit.

Le tribal, c'est la référence identitaire purement ethnique telle qu'elle existait en Europe avant la réforme grégorienne.
Autre énormité, il considère le populisme européen comme un retour au tribal alors qu'il s'agit du phénomène exactement inverse, soit un appel du peuple à l'état pour réaffirmer fermement les principes de la citoyenneté face à la communautarisation de la société et l'invasion migratoire étrangère.
GG devrait relire Guilluy pour comprendre qu'il n'y a plus d'autre sentiment identitaire en France (par exemple) que d'ordre sociologique et forcément géographique. Il devrait se demander aussi si l'identité de « la Gauche » ne répondrait plus elle aussi qu'aux mêmes critères, d'où son déclin irrémédiable face à une France périphérique qui explose.

Pour faire respecter le droit de tous au commun, GG propose une réforme du droit qui accorderait dans la propriété privée une primauté au droit d'usage (l'usus par rapport à l'abusus et au fructus).
Le problème est que l'évolution du droit dans le cadre mondial et en particulier européen va dans le sens exactement inverse depuis des décennies, sous les coups de boutoir du droit anglo-saxon qui tend à accorder une prime absolue à la privatisation de toute chose (voir les travaux de Valérie Bugault à ce sujet).
Et je ne vois pas quels autres moyens que ceux d'un état souverain en pleine puissance pourraient enrayer la marche de ce rouleau compresseur.
Je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas dans la réflexion de GG un appel implicite à « la société civile » pour gérer au mieux ce fameux commun. Tarte à la crème qui a été ce que l'on a fait de mieux depuis des décennies pour retirer précisément à l'état sa gestion du commun pour la confier à des intérêts privés.
L'exemple qu'il donne du Brésil est très mal venu. Le fait que l'état brésilien laisse massacrer la forêt amazonienne et ses habitants indique simplement que cet état est complètement à la botte d'intérêts privés.
Je crains que dans ce domaine comme dans d'autres GG soit dans la fiction d'une « autre » Europe possible.

Yann 19/08/2019 19:47

Je crois surtout que comme tout chrétien il chérit l'idée d'unité du monde chrétien. Ce n'est pas un hasard si le pape tape sur le nationalisme immonde et prône l'Europe unie. Les plus fervents défenseurs de l'UE était membre de l'UDF comme vous le savez à commencer par cet idiot corrompu de Giscard. Et l’église a souvent affronté les pouvoir locaux provoquant d'ailleurs les fameuse réformes protestantes qui n'était en un sens qu'un point de départ du début du sentiment national. L'on voulait s'éloigner d'un pouvoir jugé lointain celui de Rome et de la papauté pour avoir un pouvoir local et national à l'image de l'église anglicane.

Après il est dur de juger Giraud uniquement sur cet interview. Il faut lire ses livres. Après il est quand même nettement plus intéressant comme écolo que la folle venue de Suède.