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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 21:07

 

Je ne vais pas écrire longuement sur l'élection européenne. D'autres l'ont bien fait comme Jacques Sapir et de façon assez approfondie. Ou encore Michel Drac qui a fait une vidéo sur le sujet, il faudra moi-même que je pense un jour à faire des vidéos puisque le public ne lit pour ainsi dire plus ce qui explique probablement en partie l'évolution électorale française. Quoi qu'il en soit je me devais tout de même d'en parler même rapidement et avec peu d'inspiration je dois bien l'admettre. Le premier enseignement pour moi c'est bien que les Français perçoivent sans trop bien l'admettre ou le comprendre que les élections européennes sont essentiellement une supercherie. Les lecteurs de ce blog le savent déjà, le pouvoir du parlement européen est quasiment nul. La commission européenne ayant la totalité des pouvoirs ce qui fait de l'Union européenne une véritable dictature bureaucratique sans légitimité populaire comme base d'existence. La seule légitimité de cette structure étant celle que lui octroient de fait les états membres par l'intermédiaire des gouvernements. Cette structure politique étrange est à l'origine de l'absence d’engouement pour ces élections d'ailleurs . Et ce n'est pas la faible augmentation de la participation par rapport à la dernière édition qui y changera quelque chose.

 

L'élection n'encourage donc guère la participation. Jacques Sapir note cependant que le débat sur l'élection s'est rapidement transformé en vote pour ou contre Macron. Une espèce de référendum interne à travers les élections européennes. L'on peut effectivement y voir cela notamment à cause de la polarisation autour du vote RN – LREM . Il y a eu, semble-t-il, un vote utile dans ces deux partis politiques qui ressemble de plus en plus au couple Charybde et Scylla de la mythologie grecque tant les votants ont peu d’engouement pour ces derniers. Et pour cause Macron est le pire dirigeant que la France n'ait jamais eu et je pèse mes mots. Quant au RN il a fait campagne en disant littéralement le contraire de ce qu'il disait deux ans auparavant. Le simple fait d'ailleurs que les mêmes électeurs aient continué à voter pour RN alors qu'il a fait un virage à 180 ° sur le plan intellectuel est un contre sens logique. Cela signifie soit que les gens ne lisent pas les programmes à jour et ne se tiennent pas au courant des changements. C'est une hypothèse qui doit représenter malheureusement une bonne partie de l'électorat et ce n'est pas à négliger. Soit que les gens votent RN uniquement par rébellion anti-système. C'est une espèce de vote pas très sérieux dont le seul but est de dire qu'ils ne sont pas contents. On remarquera que dans la seconde hypothèse on peut tout à fait imaginer un effondrement du RN à la moindre apparition d'une réelle alternative un peu plus intéressante.

 

Cette polarisation est en réalité une fausse polarisation dans le sens où il s'agit en grande partie d'une supercherie. Le RN n'arrivera jamais au pouvoir. Il a fait le choix en 2017 après l'élection présidentielle de mettre fin à sa dédiabolisation afin justement de continuer ce petit jeu de dupe qui permet de nourrir les bouches du parti sans pour autant prendre le risque de réellement exercer le pouvoir. Pour moi très clairement le RN est un parti d'escroc purement et simplement. L'absence de cohérence intellectuelle et le choix d'une radicalisation anti-immigré obsessionnelle, couplé à un délire macro-économique néolibérale version extrêmement droite, rend ce parti dorénavant passablement grotesque et sans intérêt. Michel Drac dit lui même comprendre la stratégie, moi je ne crois pas du tout qu'ils aient une stratégie de redressement national ou de montée au pouvoir. Je suis persuadé qu'avec la ligne de 2017 celle d'une sortie de l'UE et de l'euro le parti aurait fait un score largement supérieur et je pense que les dirigeants du RN le savent pertinemment et que c'est pour ça qu'ils ont changé de tactique. Ils ont sciemment cassé leur dynamique qui était celle de la ligne Philippot. On assiste donc au retour du plafond de verre que le RN a décidé de reconstruire tout seul. Je n'aurais qu'une formule pour définir le RN actuel, c'est qu'ils sont plus racistes que patriotes.

 

La bonne nouvelle de l'élection est la mort de la France Insoumise. La ligne multiculturaliste délirante que Mélenchon a prise sous l'influence des groupuscules d'extrême gauche a fini par tuer son parti. Alors certes ils ne sont pas encore morts, mais ce n'est plus qu'une question de temps. Le rôle de pôle de protestation stérile étant prise par le RN, l'absence de cohérence programmatique et l'obsession pour les idéologies religieuses importée d'Amérique du Nord (Mouvement LGBT, Vegan, les nombreux courants communautaristes) a fini par tuer le dernier représentant d'une pseudo-gauche. L'abandon du discours social et l'incohérence européenne aura eu raison de FI. Quant au discours écologiste, le courant bourgeois de l'écologie a eu plus de succès. L'électorat des petits diplômés, ceux qui sont culturellement dans la classe dominante parce qu'ils ont des diplômes, mais qui n'ont pas les revenus qui vont avec, ont préféré les écolo-européïste. Tant qu'à choisir une secte, pour se donner bonne conscience autant prendre celle dont on peut parler avec les gens de notre milieu social proche. Le vote écologiste n'est évidemment pas représentatif d'une éventuelle élection nationale. Comme une partie de l'électorat vote sans intérêt aux Européennes, ils ont voté écolos un peu par hasard en quelque sorte. Le soufflé écolo retombera dès qu'une élection sérieuse se présentera.

 

La mort des souverainistes est elle une non-surprise. Alors je ne m'étendrais pas sur les scores ridicules que ce soit de l'UPR ou des patriotes. Que l'un surpasse l'autre n'a guère d'intérêt vu le score. Mais cette situation nous met devant une évidence crasse. La question de la sortie de l'euro ou de l'UE n’atteint même pas l'esprit de 2 % des électeurs. Alors probablement une partie a préféré voter RN pour faire barrage au fascisme de Macron. Oui j'aime bien inverser cet argumentaire puisqu'en un sens notre gouvernement correspond bien mieux à la définition du fascisme. Quoi qu'il en soit il est effectivement tant de se poser la question de la stratégie. Faut-il encore se représenter sur des listes électorales ou alors ne vaut-il pas mieux travailler dans l'ombre en faisant de l'éducation populaire. Je n'ai pas de solution toute faite, mais on ne peut pas continuer ainsi.

 

 

La dépolitisation massive comme phase terminale de la civilisation marchande ?

 

Au final, ce que nous apprend cette élection c'est surtout l'état de délabrement de la politique en France. L'on savait déjà que le personnel politique français avait atteint un niveau de nullité sans précédent. Le simple fait qu'un type comme Macron ait pu monter au pouvoir en est la preuve. On savait également que la corruption et le clientélisme étaient monnaie courante. On sait maintenant que les politiciens ne sont en fait que le reflet d'une évolution générale en France qui touche toute la population. L'homoéconomicus n'a pas de temps à consacrer à la politique puisqu'il n'est pas payé pour ça. Je vois dans cette évolution le résultat naturel de l'idéologie libérale. Puisque tout tourne autour du marché, puisqu'il n'y a d'activité que lorsqu’il y a marchandisation de la relation humaine et de l'activité alors la politique elle-même devient un marché où l'on fait ses courses. Chaque couche sociale chaque individu s'invente des priorités en fonction de ses propres croyances et va chercher sur le marché politique ce qui correspondra le mieux à son intérêt ou à ce qu'il croit être son intérêt. La question de la citoyenneté, de l'action collective, l’abnégation, le patriotisme et les vertus qui sont nécessaires au bon fonctionnement d'une démocratie ne sont pas viables dans une société libérale fondée sur le vice et l'obsession de l'enrichissement personnel.

 

Nous arrivons donc aux limites du libéralisme économique. Pendant longtemps on a cru, ou on a fait semblant de croire que le libéralisme était un tout. Que la liberté du marché, des individus, de la politique  marchaient ensemble. Il faut dire que pendant longtemps le libéralisme économique a côtoyait les anciennes structures de la société héritée du passé. La religion, l'état, la culture anthropologique, les diverses formes de socialisation non marchande ont longtemps continué d'exister malgré les coups de plus en plus forts que la civilisation marchande leurs données. Mais il semble que la France et les divers pays d'occident en soient arrivés à la phase terminale. La politique est morte. Après la religion, après la structure familiale, après la socialisation gratuite d'autrefois, c'est maintenant le fait politique lui-même qui disparaît dans les méandres de l'intérêt individuel. Mais là il y a un énorme problème pour la civilisation libérale qui pointe. En mettant au pouvoir des gens de moins en moins intéressés par la chose publique. En ayant une population de moins en moins encline à s’intéresser à la chose publique et à l'intérêt public. Vers quelle direction tendent naturellement l'état et la structure politique ? Vers la tyrannie tout simplement. La négation du collectif, la négation de la politique et de la vie sociale ne peuvent mener que vers une tyrannie . Le libéralisme économique a tué le libéralisme politique alors que l'on pensait que c'était complémentaire.

 

Il n'y a malheureusement aucune raison d'être optimiste pour l'avenir. Tout porte à croire que les problèmes vont s'accumuler jusqu'à rendre la situation intenable. L'histoire française se fait ailleurs dans les nombreux accidents qui risquent d'arriver à cause des contradictions fondamentales de la globalisation, de l'euro et de l'Union européenne. L'histoire n'est pas terminée tant s'en faut. Mais il va falloir admettre que celle-ci s'écrit ailleurs. L'on peut toujours espérer que l'euro éclate par l'action d'une autre nation. On parle de l'Italie par exemple qui aurait un plan de sortie de l'euro. Je penche personnellement toujours pour une fin de partie organisée par l'Allemagne sous l'influence de sa propre hubris. Quoi qu'il en soit ce n'est probablement pas des électeurs français que viendra la solution et c'est bien dommage.

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 17:20

L'on s'en doutait avant les élections, mais la victoire du FN est aujourd'hui acquise. Une victoire qui ne tient pas tant d'ailleurs de la qualité des élites de ce parti que de la désaffection totale des partis classiques dont l'européisme délirant conduit à la plus parfaite coupure d'avec une partie croissante de la population . L'argumentation morale n'est plus à même de stopper la colère accumulée dans les basses couches sociales de la population. Chômage endémique, déflation salariale, désindustrialisation accélérée et absence totale de projet à long terme pour le pays ont fini par faire un cocktail mortel pour les élites au pouvoir. La culture libérale qui fait le socle de la haute bourgeoisie française l’empêche cependant de prendre conscience du problème. À partir du moment où les acteurs politiques n'agissent qu'en fonction de leurs propres intérêts toute compréhension et action collective devient impossible. Ils apparaissent aujourd'hui pour ce qu'ils sont, des individus esseulés qui ne sont probablement pas à leur place, mais qui continuent comme si de rien n'était à vouloir paraître responsables à coup de campagne de communication.

 

On s'indigne, on s'insurge, on paraît outré, mais tout cela n'est guère vraisemblable et n’apparaît plus comme vraisemblable aux yeux d'une population qui souffre de la misère croissante et de l'absence d'un projet pour l'avenir de ses enfants. Tout n'est devenu que veine ambition personnelle. Et même leur apparat de pleurnicheur républicain face à la montée du FN en devient ridicule. Le PS et l'UMP sont les premiers à avoir décousu la république, l'on ne peut que s'étonner de les voir se plaindre d'une atteinte aux valeurs de la république. Valeurs qu'ils ne comprennent probablement pas d'ailleurs. Quoi qu'il en soit les faits sont là. Le FN est maintenant le premier parti politique de France. Et l'on peut toujours se rassurer en sortant la thèse du plafond de verre à géométrie variable, comme mon collègue blogueur Laurent Pinsolle, cela ne change rien au Schmilblick. Cependant si beaucoup annoncent l'effondrement du PS un regard détaillé sur les chiffres, comme l'a fait Jacques Sapir sur son blog, montre que la défaite du PS est relative. Certes, le PS recule, mais son score de 2009 n'était déjà pas très élevé. L'on constate plutôt l'effondrement de EELV et de l'UMP. On peut ainsi couper en trois variantes les orientations politiques, avec un groupe eurosceptique (FN, DLR , FG), un groupe europhile et fédéraliste (EELV, Modem / UDI) et un groupe dominant que l'on pourrait appeler europassiviste, qui accepte l'UE plus par intérêt politique à court terme que par réelle conviction et qui regroupe l'UMP et le PS.

 

comparaison-2009-2014.png

Source : blog de Jaques Sapir

 

 

Si l'on regarde l'évolution entre 2009 et 2014 les eurofédéralistes perdent 6,1 points. Les europassivistes perdent 9,4 points, et les eurosceptiques gagnent eux 20,8 par rapport à 2009 (DLR a gagné 2 points sur la période). Je n'ai pas compté ici les divers groupes présents à l'élection. Peut-on par exemple dire du groupe de Pierre Larrouturou, Nouvelle Donne, qu'il est eurosceptique ? Pas vraiment. Mais il n'est pas non plus europhile au sens où son projet est en fait totalement opposé au système actuel, même si à mon sens il est irréaliste. On constate donc une poussée vraiment importante des eurosceptiques même si bien évidemment c'est le FN qui fait l'essentiel de la progression en volume. Les europhiles eux sont désavoués, mais c'est vraiment les partis sans projets et sans objectifs qui coulent le plus dans cette élection. En un sens, c'est plutôt rassurant, les Français veulent passer à autre chose même si cette autre chose n'est pas encore bien déterminée. Ce qui est clair par contre c'est que les Français veulent de moins en moins d'un avenir européen. Et même si pour l'instant les partisans de l'Europe restent majoritaires la dynamique est à leur déclin rapide. On pourra rajouter ici, qu'il y a peu de chance que cette dynamique s'arrête, étant donné toutes les contraintes macroéconomiques qui s'imposent à l'UE et à sa construction bancale. L'Europe sera la première touchée par l'inéluctable reprise de la crise économique mondiale découlant de l'affaissement de la demande mondiale produite par le libre-échange. Que la crise parte cette fois d'Asie ou d'ailleurs, l'on sait que la fragilité de la zone euro en fera la première victime. La dynamique anti-européenne pourrait alors trouver une nouvelle accélération.

 

La France coupée en deux pour l'instant...

 

Nous sommes en fait au milieu du guet historique. Un mouvement historique particulièrement lent si l'on prend la peine de s'en rendre compte. En effet, la crise actuelle n'est que la continuation du système mis en place dans les années 70 et qui se conclut par la destruction totale de toute forme de solidarité nationale. Le libre-échange et la liberté de circulation des capitaux portent en eux les nuages du chaos, de l'instabilité et de l'inégalité, mais l'incroyable conservatisme social a permis en Europe de ralentir les effets de ces politiques. L'on pourrait associer à cela l'endettement généralisé aux USA et en Europe qui a permis de maintenir des demandes artificiellement, et de faire gonfler des bulles sur les marches financières et les marchés immobiliers, pendant que nos pays perdaient leurs substances industrielles et agricoles. Cette histoire a maintenant quarante ans, et l'on ne voit pas poindre encore sa fin à court terme. L'on constate juste un accroissement progressif des tensions sociales.

 

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Source : Blog de Bernard Conte

 

 

La polarisation se voit sur le graphique ci-dessus qui provient du blog de Bernard Conte. L'on distingue très bien qu'une partie importante de la population française bénéficie encore des effets du libre-échange. Ou plutôt qu'elle ne subit pas encore directement les effets délétères du libre-échange. Nous sommes encore loin de la situation américaine où les 1 % ponctionnent la quasi-totalité de la croissance pendant que les 50 % les moins riches s'appauvrissent. Le graphique montre une France coupée en deux démographiquement. L'une qui perd l'autre qui gagne. On remarquera également que si les pertes sont équitablement réparties chez les perdants, les haussent, elles, sont inégalitaires puisque plus votre revenu est élevé plus vous gagnez. L'on peut voir ici les effets des restes de l'état providence français qui régule l'extrême pauvreté des 20 % les plus pauvres, mais ne s'occupe pas du reste de la population. L'on peut souligner ici comme Bernard conte le fait que ce simple graphique rend ridicule la baisse d'impôt. Ce n'est clairement pas la population de la classe moyenne aisée qui a le plus souffert dans la crise. Mais il est vrai qu'elle pèse très lourd électoralement. Ce simple graphique nous explique également pourquoi malgré les difficultés le pays continue les mêmes politiques. Une bonne moitié de la population ne connaît pas encore directement les souffrances induites par la crise et le libre-échange.

 

Évidemment nous savons qu'il s'agit là d'une illusion. La crise monte petit à petit dans les couches sociales. Il y a vingt ans elle ne touchait que les 20 % d'en bas, maintenant elle touche les 50 % du bas. Il ne faudra pas longtemps avant qu'elle touche 80 % ou 90 % de la population. C'est cette réalité-là qui est sous-jacente à la montée du FN et des eurosceptiques dont je fais partie. Cependant, l'évolution est ralentie par la lourdeur de l'ancien système qui a bien résisté aux délires libéraux, mais qui en même temps a empêché la population de voir vers quel désastre le libéralisme total nous conduisait . Il n'y a pas eu pendant longtemps de lien intellectuel entre les libéralisations et la dégradation de la société parce que cette dégradation ne concernait qu'une partie de la population et que l'état providence, et l'endettement général permettaient un maintien d'une prospérité relative. Une grande partie de la population ne fait d'ailleurs toujours pas le lien avec le libre-échange. Pas plus qu'elle ne voit directement les effets de l'euro.

 

La France entre rebond démocratique et dérive totalitaire

 

La suite des événements est difficile à prédire. Le FN va certainement encore grimper tout comme les autres partis eurosceptiques . Il faut espérer que les autres groupes comme DLR pourront croître plus vite pour pouvoir peser face au FN et proposer une alternative plus acceptable pour l'ensemble de la population. Cependant, il reste la question de la réaction des couches sociales dominantes. C'est qu'elles sont tout de même nombreuses et non négligeables démographiquement comme pouvait l'être l'aristocratie au moment de la révolution. Cette caste des 20 % à 30 % d'en haut va-t-elle accepter sans broncher une révolte politique des 70 % du bas ? Il y a des régions du monde où ce type d'évolution s'est déjà produite récemment en Amérique du Sud par exemple. Un continent sévèrement touché par le néolibéralisme dans les années 80 et qui voit dans certains pays une lutte acharnée entre les 20 % du haut et le reste de la population. La faiblesse du patriotisme français pourrait être le terreau fertile d'une lutte de classe se transformant en guerre des classes. Imaginons Marine Lepen élue présidente en 2017 pensez vous que le système de domination français l'accepterait ? Ou bien peut-on imaginer une dérive totalitaire avec une annulation des élections et un appel aux grands alliés de la France pour défendre les valeurs de la république ? Nous verrions l'Oncle Sam déployer des troupes en France pour défendre la démocratie. Les USA et la GB n'ont ils pas soutenu hier Pinochet pour des raisons assez similaires ? Il y a des similarités fortes entre la situation de l'Europe actuelle et la situation des pays d'Amérique latine des années 80. Et des évolutions similaires pourraient s'y produire. On n'est pas à un cynisme près. Bien sûr, c'est un scénario impensable à l'heure actuelle. Mais étant donné la crispation en haut et la violence dogmatique, je n’exclus pas personnellement une dérive totalitaire dans le pays. Ils ont déjà annulé le référendum en 2005. Pourquoi'n’annuleraient-ils pas une élection présidentielle qui n'irait pas avec leurs intérêts ?

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 23:01

  Voilà, nous y sommes. L'élection qui ne sert à rien et qui est pourtant essentielle va se produire demain. Loin du tintamarre habituel des événements électoraux nationaux, l'on peut d'ores et déjà affirmer que le pouvoir en place à tout fait pour minimiser les débats. La propagande pro-européenne est d'ailleurs devenue grotesquement voyante tant sa démesure en temps d'antenne aura dépassé toutes les autres pensées. Même le plus aveugle des idéologues européistes ne sera pas resté impassible devant ce décalage entre la prétention démocratique du corps dominant de notre société et sa praxis totalitaire. Et pourtant comme en 2005 l'on sent une lourde colère monter qui pourra demain s'exprimer dans les urnes. Une expression qui se retrouvera tout autant dans le vote contestataire que dans le non-vote tout aussi contestataire d'ailleurs. Le fait est que la rupture entre les Français et plus généralement les peuples d'Europe et l'UE est aujourd'hui consommée. Même s'ils ne savent pas souvent exprimer pourquoi, les peuples mettent clairement en doute l'efficacité de l'UE pour résoudre leurs problèmes. C'est qu'ils la vivent eux la crise. Un chômage galopant, des pays en ruine et renvoyés dans le tiers-monde à l'image de la Grèce. Ils peuvent certes continuer à vouloir l'euro, mais c'est certainement plus par l'ignorance du fonctionnement monétaire et par la peur de l'inconnu que par adhésion réelle. Ainsi va la vie politique européenne qui se résume systématiquement par le choix du moins pire. L'on s'étonne de la morosité ambiante après çà.

 

L'abstention est une expression fictive

 

Le débat se réduit donc à la question de savoir s'il faut ou non voter demain. La question a d'ailleurs pris du gallon avec les interventions successives et contradictoires de deux penseurs de la pensée alternative et fortement eurosceptique. Je parle bien sûr ici d'Emmanuel Todd et de Jacques Sapir. Jacques Sapir a affirmé sur son blog qu'il irait bien voter même s'il garde pour lui même ses intentions de vote ce qui est tout à fait son droit. L'on imagine dans le cas contraire les récupérations et les colères stupides que provoquerait son alignement momentané à tel ou tel parti politique. Les partis n'ont en fait guère d'importance dans l'affaire, car ce qui compte c'est le mouvement global de rejet de l'UE et de l'euro. À l'inverse Emmanuel Todd a choisi l'abstention. Il m'est décidément bien difficile de parler en bien de Todd dès qu'il fait des choix politiques. Cela en devient même étrangement répétitif. Son vote « Oui au TCE» en 2005, son hollandisme révolutionnaire en 2012, et maintenant l'abstention aux Européennes. Faut-il être aveugle à la politique concrète pour faire des prévisions de long terme ? C'est la question que l'on pourrait se poser en voyant les accumulations d'erreurs d'Emmanuel Todd sur le sujet.

 

Mais il n'est malheureusement pas le seul à appeler à l'abstention chez les eurosceptiques. C'est une ligne courante à gauche en faite, puisque le MRC de Jean Pierre Chevènement a appelé lui aussi à l'abstention, l'on peut faire la même remarque du Mpep de Jacques Nikonoff. Il s'agit là probablement d'une réaction épidermique à l'absence de représentation eurosceptique qui soit de gauche sur le plan de l'étiquette politique. Les positions ambiguës du Parti de Gauche sur la question européenne ayant empêché les eurosceptiques de gauche de voter pour lui les yeux fermés. Les penseurs de gauches préfèrent partir pêcher plutôt que d'éventuellement voter pour un parti estampillé à droite, mais eurosceptique. Comme je l'ai déjà dit, l'homme de gauche, à défaut d'aimer les frontières nationales, garde bien volontiers celles de son idéologie, et avec des fusils si nécessaire. Vous pourriez avoir 99 % de programme en accord avec l'homme de gauche, il vous réfutera que le 1% justifie l'arrêt complet de toute discussion potentielle. On ne s'étonnera pas sous cet angle du fractionnement en de multiples clans alternatifs des partis de la gauche alternative. Transformant ainsi leur force de pensé en inaction collective congénitale.

 

 

 

 

Pour en revenir à Emmanuel Todd il s'est longuement expliqué sur la question de l'euro et de l'élection dans une réunion organisée justement par le parti de gauche. Une réunion avec trois personnalités à l'euroscepticisme légèrement différent. François Ruffin, Emmanuel Todd et Jacques Généreux ont ainsi pu débattre de la question européenne dans une intéressante discussion. Je noterai tout d'abord que Jacques Généreux, bien que critique vis-à-vis de l'UE, arrive tout de même à faire quelques oublis dans son analyse. Pour le peu que j'ai pu appréhender de sa pensée actuelle sur la question de l'euro, il met comme problème principal de la monnaie unique sa conformité avec l'idéologie néolibérale. À savoir que l'euro et l'UE sont des instruments qui ont favorisé les politiques antiétatiques propres à l'idéologie de Friedman, Hayek et compagnie. Il dit notamment que d'après lui l'euro ne joue que comme justificateur de ces politiques de contrition du secteur public. Les néolibéraux ont échoué à cadenasser totalement les politiques budgétaires des états puisque ces derniers ne respectent jamais les critères des traités. C'est en substance le propos principal de Jacques Généreux, qui est secrétaire national à l’économie du Parti de gauche. Je constate qu'il ne fait nulle part mention du vice fondamental de la monnaie unique qui se traduit par l'inéluctable divergence des balances paiements. Et je m'explique, du coup, des propos erronés récurrents de Jean Luc Mélenchon sur la question. Ce dernier a ainsi récemment déclaré : «  La Banque centrale européenne doit changer son statut. Si elle change et si on accepte cette idée qu’il faut une harmonisation sociale et fiscale, alors nous aurons un ensemble économique cohérent qu’il sera possible d’impulser et l’euro peut servir de circulation sanguine. Mais sinon, on ne va tout de même pas mourir pour une monnaie ! ».

 

On peut voir ici l'influence de Généreux sur Mélenchon quand à la question de la monnaie unique. En tout cas, les deux hommes partagent clairement une vision proche sur la question. Or comme je l'ai dit à de multiples reprises sur ce site, tout comme l'a démontré Jacques Sapir par le raisonnement et par des analyses chiffrées. L'euro ne fonctionne pas parce qu'il ne peut pas fonctionner ni pratiquement ni théoriquement. La question de l'uniformisation fiscale ou sociale est hors propos puisque même en réalisant, ce qui relèverait du nettoyage des écuries d'Augias, cela ne ferait nullement converger les taux d'inflation ou l'évolution démographique. La diversité culturelle et humaine de l'Europe lui interdit l'usage d'une seule monnaie comme moyen d'échange.  Et d'ailleurs même en supposant que cela soit éventuellement possible sous la force d'un super-état très violent et uniformisant, l'on peut se demander si c'est souhaitable. La force de l'Europe en tant que continent tient au génie de ses petits peuples si divers et si nombreux sur un territoire si exigu. Tenter de les uniformiser revient à détruire la biodiversité culturelle si nécessaire à la créativité à long terme. Vouloir faire l'Europe une super-France relève pour moi pratiquement du crime contre l'humanité.

 

Quoi qu'il en soit en écoutant Généreux je comprends mieux l'étrange scepticisme que le parti de gauche produit chez les eurosceptiques. D'ailleurs, Ruffin soulève très bien la question du protectionnisme et l'étrange timidité de ce parti sur cette question essentielle. Comment en effet défendre demain publiquement ce que l'on défend uniquement du bout des lèvres en privé ? Cela soulève effectivement la nature de l'électorat du Front de gauche qui n'est pas un électorat ouvrier, mais plutôt un électorat de la moyenne bourgeoisie. On retrouve ici l'analyse limpide du blogueur Descartes partisan lucide du Front de Gauche qui connaît bien les limites de Jean Luc Mélenchon et de son parti. Pourrait-on tout de même dire que le Front de Gauche fait partie de l'opposition à l'UE et à l'euro? En l'état, je n'ai pas l'impression. Et les propos récurrents qui ressortent fréquemment de ses dirigeants m'incitent à l'exclure de l'opposition au système. L'on comprend mieux dès lors l'action de Todd. Incapable de voter à droite, il en vient à la conclusion qu'il faut s'abstenir quitte à justifier cela derrière une hypothétique déstabilisation de la légitimité de l'UE à travers l'abstention. Mais c'est un argument bien faible et je crois qu'il le sait pertinemment. Aux USA les élections attirent peu d'électeurs sans que le système soit remis en cause. L'on pourrait même objecter qu'étant donné l'évolution de la mentalité des élites, cela pourrait justifier à leurs yeux un retour au suffrage censitaire. Une évolution que beaucoup de dirigeants actuels doivent souhaiter ardemment.

 

Pour une stratégie de vote terre-à-terre

 

Là où je rejoins Todd cependant c'est sur le fait que ce sont les événements externes à la vie politique qui vont faire muter la situation. En ce sens il a raison, la politique à court terme en elle même n'a que peu d'intérêt. Qu'elle soit nationale ou Européenne d'ailleurs. Cependant, il faut bien comprendre que si les évènements qui nous feront sortir de l'euro ne sont probablement pas d'ordre démocratique, cela ne signifie pas pour autant qu'il ne faille rien faire. Il faut au contraire préparer l'après-effondrement. Et dans cette optique, plus il y aura de réflexions, de partis, d'intellectuels, de politiques, d'économistes, et de citoyens préparés à l'inéluctable, et plus vite nous pourrons repartir sur de bonnes bases une fois l'orage passé. C'est en ce sens qu'il faut voter demain, non pour un quelconque espoir de redressement pratique par l'importance de nos votes, mais par le soutien logistique que nos voix peuvent apporter aux partis et aux personnalités alternatives. Il faut planter les graines qui demain permettront de vastes récoltes. Il faut que des réseaux humains eurosceptiques et alternatifs se multiplient, qu'ils grignotent petit à petit le mieux de la pensée dominante. Pour que l'instant de la panique résultant de l'effondrement total de la civilisation néolibérale euro-atlantiste ne se transforme pas en catastrophe totale. Mécaniquement le public et le débat se tournera vers ceux qui auront pensé l'après-crise et non vers ceux qui n'auront rien fait. J'invite donc les quelques lecteurs de ce blog à voter demain pour le parti qu'ils veulent tant qu'il s'avère anti-européen ou au moins critique sur l'UE et l'euro. Pensez cela non comme un acte militant, ou idéologique, mais comme un pari sur l'avenir. Un soutien financier et matériel indirect aux idées alternatives pour qu'après demain l'on puisse enfin y voir clair.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 21:40

Le résultat est sans appel l'UMP est battu la magie Sarkozienne est définitivement cassé. Plus personne n'y croit et les gesticulation verbale n'y changeront rien la baudruche s'est dégonflée. Alors certes ce ne sont que des élections régionales, mais comme l'a dit Mélenchon  « Dans n’importe quelle démocratie, quand un pouvoir n’obtient que 10 % des suffrages, on convoque des élections générales».On ne peut que donner raison à ce dernier bien que d'un point de vue purement légal rien n'empêche le gouvernement de continuer à gouverner comme si de rien n'était.  


La gauche quand à elle ne devrait pas trop pavoiser elle bénéficie comme d'habitude du retour de balancier. De plus certain pourrait déduire de ces élections que les français ne donne le pouvoir à la gauche que lorsque ce dernier est en fait ridiculement faible. Les régions n'ayant pas vraiment beaucoup de poids que ce soit en terme de budget ou en terme d'importance globale sur la vie de nos concitoyens. Comme le faisait remarquer Malakine dans un texte lors des européennes le parti socialiste n'est plus qu'un conglomérat de notable, avoir le vrai pouvoir ils s'en fichent tant qu'ils peuvent continuer à garder leur petit lopin de terre. Non en vérité le vrai gagnant de ces élections c'est le FN. 

 

Le parti de Lepen est sans conteste le vrai gagnant de ce deuxième tours. Alors que la participation était en hausse le FN a fait un score très important, certes seulement 8.7 % au plan national en moyenne, mais 17.5 % dans les 12 régions où il était présent. Dans le Languedoc Roussillon malgré les discours souvent extrémiste de Frêche le FN arrive à faire un joli 19%.

 

Jacques Sapir semble avoir raison la crise et l'absence de discours et de politiques à la hauteur des enjeux actuels semblent pousser les français dans les bras de l'extrême droite. En s'attachant le seul discours cohérent vis à vis de l'UE de l'euro et du libre-échange parmi les grands partis politiques,  le FN semble pour beaucoup devenir la seule solution. Évidement il s'agit d'une erreur comme je l'ai dit précédemment le FN est incapable de rassembler donc de diriger le pays à moins d'imaginer un véritable conflit civile.

 

Au sortir de ces élections  la question est donc est ce qu'enfin les grands partis vont prendre enfin conscience de l'intérêt du retour à la raison en matière économique. Est-ce qu'ils vont s'employer à reprendre au FN les thématiques protectionnistes et eurosceptiques?  Et il n'est pas question ici de ne reprendre que les discours Sarkozy s'y est essayé avec Guaino, on voit qu'a force de tenir des discours et de faire le contraire en pratique, il a fini par s'aliéner l'électorat qu'il avait momentanément pompé au FN.

 

Et c'est bien de la droite que le protectionnisme viendra, car c'est bien l'UMP qui est condamné par la présence du FN. Présence qui risque de durer longtemps, l'effet Sarkozy ne pourra pas être réutilisé, le mensonge est un fusil à un coup, quand les gens comprennent  la supercherie plus personne n'y croit. Le seul moyen pour un parti de droite de remonter au pouvoir sera d'articuler des propositions visant à agir réellement sur les causes du déglinguement macroéconomique français. Quand à la gauche la présence du FN lui permettra de revenir au pouvoir sans se remettre en cause. Bien sure, il y a le risque de la poussé du Front de Gauche mais tant que le parti de Melenchon reste à 6% il ne représente pas une menace suffisante pour peser sur l'avenir du PS.

 

Nous risquons donc de retrouver la structure politique de l'époque où le PS dominait avec le FN comme fauteur de trouble et anesthésient de la droite. La configuration est même pire pour l'UMP car ce dernier à littéralement démolie toute les divergences qui permettaient de bien représenter les différentes aspirations du peuple de droite Gaulliste, libéraux, centriste etc. Le résultat est un appauvrissement globale du nombre d'électeurs potentiels tant il est vrai que l'UMP est surtout libérale-atlantiste. Il y a là une fenêtre de tire pour les petits partis comme DLR,en effet le ras le bol général pourrait donner des ailes à ceux qui  ont montré une certaine cohérence entre leurs actes et leurs actions. NDA a été l'un des premiers à droite à prévenir du danger Sarkozy pour la république et ses équilibres. Il a même été jusqu'à se représenter contre le futur maitre de l'Élysée autant d'arguments qui présentent NDA comme un visionnaire, il a donc un boulevard face à lui. En tout cas pour rassembler les déçus du sarkozysme et les rescapés du gaullisme. Il pourrait aussi compter sur l'électorat centriste qui se rend compte de l'échec de Bayrou et de l'impossibilité pour ce dernier de se représenter comme alternative crédible.

 

  Plus que deux ans à tenir avant les élections présidentielles et tout porte à croire que la situation du pays sera alors extrêmement difficile. Rien n'interdit une explosion de l'euro d'ici là et la crise planétaire aura alors donné toute son ampleur quand la majorité de la population mondiale aura compris qu'il n'y aurait pas de reprise à l'ancienne car la mondialisation est cassé par ses déséquilibres. Une guerre économique se met déjà en place entre les USA et la Chine mais aussi entre l'Allemagne et ses voisins européens. Autant dire que 2 ans dans ce contexte c'est une éternité, nous vivons un basculement de l'histoire, reste à espérer que certains politiques français seront suffisamment habiles pour s'en servir, dans l'intérêt de notre peuple.

 

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 13:42

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  Bon je ne vais pas faire un long texte sur ces régionales, je n'ai pas l'intention de voter à ce second tours. Je ne tiens pas à légitimer les partis en présence dans ma région et je ne considère pas le FN, l'UMP ou la liste de Frêche comme étant susceptible d'apporter quoique ce soit de positif au Languedoc.

 

  D'autre part le vote blanc n'est pas comptabilisé, mais vous êtes compté comme votant donc comme quelqu'un qui soutien en quelque sorte ces partis de notables qui font semblant de s'intéresser à la chose public, alors que dans le meilleurs des cas ils ne voient dans l'élection qu'un moyen de subsistance.  Donc pour moi ce dimanche c'est pêche à la ligne, ou jeux vidéo, enfin il y a bien des jeux de pêche à la ligne virtuelle histoire de faire les deux en même temps. Alors maintenant vous pourriez me dire pourquoi certes Frêche et l'UMP ne donnent pas envie de voter mais il y a le FN. Pourquoi ne vote tu pas FN toi qui est protectionniste?

 

Pourquoi en tant que protectionniste je ne soutiens pas le FN:

 

Le Front National est en effet l'un des seuls partis à promulguer le protectionnisme comme mécanisme de régulation du commerce. On pourrait également dire que le FN prévient depuis longtemps des dangers de l'UE ou de l'euro, ou encore du danger qu'il y a à faire une  immigration inconsidéré. C'est le point de vue de certain, même mon collègue blogueur Malakine défend l'option FN comme possible.

 

  Cependant pendant longtemps le Fn était anti-étatiste, et l'on retrouve souvent des attaques contre la fonction public et les gaspillages. Sans parler de la critique des aides sociales non pas parce qu'elle seraient mauvaise pour la compétitivité, propos que pourraient tenir des libertariens comme Pascal Salin, mais parce que ces aides sociales seraient massivement employés par les étrangers.  En clair c'est bien le racisme quoiqu'on en dise qui est le fondement du FN et de son " patriotisme". La France du FN ce n'est pas ma France et ce n'est pas parce que l'on est d'accord avec certaines proposition FN que l'on doit oublier tout le reste. C'est valable également pour l'extrême gauche. Les extrémistes posent souvent de bon diagnostique et soulèvent les tabous, il sont dans un sens essentiels à la vitalité démocratique. Cependant leurs solutions sont souvent conflictuels et dangereusement irrationnelle

 

Il faut en finir avec le FN

 

Le Fn est en grande partie responsable de la diabolisation du protectionnisme et du patriotisme. Pour paraphraser monsieur Alain Soral, jadis grand défenseur du FN, qui disait de l'extrême gauche qu'elle était l'idiot utile du capitalisme, et bien le FN et l'idiot utile des mondialistes. Grâce au FN il a été pendant longtemps interdit de débattre du protectionnisme et encore aujourd'hui on peut admirer des propos tels que "Quoi tu es protectionniste alors t'es un facho qui vote FN". Dans une société comme la notre où l'on ne raisonne pas et ou l'émotionnel et l'image l'emporte, le collage du mot FN avec nation et protectionnisme a été fatal à la république française.

 

  Il faut désfniser les mots protectionnisme, patrie ou souverainisme, il faut nettoyer les esprits des préjugés que trente ans de FN et de slogans médiatiques ont produit dans l'imagerie populaire. Que ceux qui pensent qu'avec le FN nos idées sont défendues sachent qu'ils se trompent énormément, jamais le FN ne sera réhabilité quand bien même serait il honnête dans sa volonté de réhabilitation. Et jamais il ne montera au pouvoir. Si nous voulons que la patrie, la nation, le protectionnisme ou la souveraineté ne soient plus des gros mots, il faut mettre fin aux liaisons mentales construites entre ces termes et le FN. C'est dans les partis classiques ou dans les petits partis naissant que ces idées auront une chance d'un jour monter au pouvoir, pas en en soutenant le parti qui a servi de mécanisme de dé-légitimation à la nation et au protectionnisme.

 

Ce soir

 

J'essayerais de faire un commentaire ce soir au sujet des élections, en espérant des commentaires à chaud et votre opinion sur la question. Les régions en tant que telles, ne sont pas importantes, c'est surtout sur les éventuelles impactes sur le pouvoir en place que ces élections sont intéressante. Rien que d'imaginer les propos des défenseurs de l'UMP sur leur défaites après leurs prestations de sophistes dimanche dernier qui vont valoir leur pesant de cacahuètes. J'imagine déjà de quoi passer une bonne soirée en riant à défaut de faire faire des projets politiques sérieux.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 19:23

Blason Languedoc RoussillonEn manque d'inspiration momentané me voilà soudain prit d'une question fascinante. Pour qui voter ce dimanche? Figurez vous que je suis plutôt sympathisant DLR, mais que je n'habite pas les trois régions chanceuses d'avoir cette représentation politique. Pire j'habite dans la région de l'insubmersible Frêche, si vous habitez Languedoc Roussillon vous êtes destiné à choix d'une médiocrité effarante rendez vous compte:

 

 

 

Tête de liste                                            liste

 

Georges Frêche            DVG - PRG - MRC - PS dissidents  
Richard Roudier                                       BI  
Jean-Claude Martinez                           PDF  
Hélène Mandroux                                  PS  
René Revol                     FG - NPA - Alternatifs - FASE - M'PEP - OC  
Raymond Couderc                   Majorité présidentielle  
Patrice Drevet                                         AEI
Christian Jeanjean       CNI - France Bonapartiste - PLD - DVD  
France Jamet                                          FN  
Liberto Plana                                           LO  
Jean-Louis Roumégas                EÉ - Cap21


Au faite si vous ne connaissez pas toutes les listes de votre région il y a la page wikipedia où vous pourrait facilement les trouver.

 

Pour revenir à ma région très franchement j'ai beaucoup de mal à choisir. Il faut dire que la politique régionale n'est pas vraiment ma tasse de thé étant donné que les problèmes principaux du pays se jouent essentiellement au niveau national. Au fait dans la liste on admire au passage la "Majorité présidentielle", faut-il croire par là que le terme UMP est déjà considéré comme un boulet trop lourd à porter? A leur place je mettrai parti au pouvoir post-Sarkoziste, ou majorité entrante, ou encore minorité dominante ce qui, vous en conviendrez, correspondrait mieux à leur poids électoral réel.

 

Sinon parler de médiocrité est un peu abusif de ma part, ne connaissant pas toute les propositions des candidats et des listes en question. Il faut dire que les électeurs n'ont toujours pas reçus les habituelles affiches et listes de programme. Je croyais être le seul mais mes connaissances non plus n'ont rien reçus. Je ne suis pas paranoïaque mais en générale on reçoit les listes bien avant le vote, du moins pas un ou deux jours avant. Y aurait il quelqu'un ayant intérêt à l'abstention?

 

Sinon pour mon vote je pensais vaguement voter pour un parti assez proche de DLR sur certain sujets à savoir le front de gauche, mais je viens de faire la désagréable découverte de son alliance avec le NPA local. Bien sure il ne faut pas nécessairement confondre le Besancenot avec ses représentants locaux. Mais je trouve très étrange après les multiples affaires du NPA, dont le coup peu laïc de la candidate voilée pour s'attirer les électeurs en mal de communautarisme, une alliance avec un parti qui se prétend républicain. A trop vouloir faire des arrangements locaux les partis ne font que brouiller les esprits des électeurs.

 

Alors un peu déçu je me suis rabattu sur l'hypothèse MRC et là pas de chance ces derniers théoriquement républicains (c'est même dans leur titre)  on fait leur tambouille avec le vieux Frêche.... Décidément les principes ne restent pas très longtemps en place lorsque les élections arrivent.

 

Il ne me reste plus qu'a me renseigner sur ce qui reste étant donné que Frêche UMP PS FN PDF sont hors de question pour moi. Donc si vous avez des conseils je suis toujours preneur. Sinon racontez moi vos élections régionales à vous histoire d'en rire en attendant l'effondrement du pays. Oui parce que pendant que nos élus s'affrontent pour les élections régionales à coup de passé judiciaire et de blabla sans intérêt,  la dette de la France pourrait se voir dégrader par les agences de notations. Et après on se demande pourquoi les gens ne vont plus voter?

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