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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 15:20

 

Je viens de lire un texte très intéressant sur le CGB  qui s'interroge sur le peu de créativité de la production télévisuelle française. L'auteur se plaint de voir  les USA réussir à pondre quelques merveilles en terme de série télévisée pendant que la France patauge dans le médiocre malgré les énormes investissements  publics. Il cite pour cela la prochaine série de HBO basée sur la série culte de livres du Thrône de fer , grande épopée de la Dark fantasy anglo-saxonne ,et dont le premier épisode fait beaucoup de bruit. C'est un sujet intéressant parce qu'il soulève la question de la limite de la puissance publique en terme de relance de certaines activités. Il se trouve que l'on peut déverser des milliards d'euros  dans un secteur, s'il ne vont pas alimenter les bonnes personnes ces milliards seront perdus et ne serviront rigoureusement à rien. Dans la production cinématographique ou télévisuelle, on voit rapidement si l'argent est bien utilisé ou pas.

 

 Les 14 premières  minutes du Trône de fer la série:

 


 

Et ce n'est pas qu'une question d'argent ou de masse  critique du marché intérieur, les Anglais font par exemple bien mieux que nous dans ce secteur et la BBC est à un niveau nettement supérieur au service public français qui achète d'ailleurs beaucoup de documentaires à cette dernière. Sans parler des Japonais qui ont d'ailleurs adapté bon nombre d'oeuvres de la littérature française. Beaucoup de personnes de ma génération ont d'ailleurs découvert des oeuvres littéraires françaises sur le petit écran à travers des dessins animés japonais, ce qui est un comble. On pourrait citer le célèbre Rémi sans famille pour le plus connu.  Je parle là des années 80, mais cela s'est encore aggravé avec le temps. En réalité, la France championne de la culture semble incapable de produire dans les nouveaux médias ce qu'elle produisait jadis dans les anciens. Elle se moque du mercantilisme américain, mais fait bien pire en réalité et ce n'est pas "plus belle la vie" qui pourra améliorer ce constat. Et la télévision et le cinéma ne sont pas les seuls médias touchés.

 

  Dans le média montant du jeu vidéo, il serait  bien difficile aujourd'hui de trouver des oeuvres françaises qui ont réellement marqué leur époque. Il y en a eu, mais ce furent souvent les aventures d'un seul homme à l'image d'Éric Chahi le créateur du célébrissime  Another World. Les pionniers du jeu vidéo français étaient d'ailleurs souvent très créatifs, mais la France a manqué l'industrialisation du secteur. Le passage de l'artisanat à la superproduction a tué la créativité française du jeu vidéo. Ce secteur est devenu quasi monopolistique en France avec deux grands groupes Ubisoft et Atari (anciennement Infogrames) qui se contentent de faire des oeuvres optimales pour le marché... Les industries médiatiques françaises sont souvent puissantes, mais prennent encore moins de risques que leurs consoeurs américaines.   Tout se passe comme si une fois une certaine taille franchi la créativité s'évanouit c'est vrai bien évidemment ailleurs qu'en France, mais dans notre pays ce phénomène semble y prendre des proportions plus importantes qu'ailleurs. 

 

    

La France ne manque pourtant  pas de talents individuels, ces derniers s'exportent d'ailleurs beaucoup, mais il semble que notre organisation actuelle rende impossible la libération de ces talents au niveau collectif.  Il faut peut-être voir ici un problème lié justement aux structures familiales françaises qui rendent le travail collectif plus difficile qu'ailleurs. Il s'agit peut-être aussi d'un moment historique pour notre pays qui coïncide avec la prépondérance des préoccupations mercantiles face à toutes les autres. On ne cherche plus à bien faire, à créer ce qui nous plait, mais à optimiser les ventes suivant des doctrines marketing sans âme.  Et ce faisant on oublie que bien souvent c'est l'audace qui crée le marché surtout dans les industries culturelles. Un bon nombre d'oeuvres à succès n'ont pas été prévues. Les succès en la matière échappant lourdement à l'esprit de prévision. Peut-être l'esprit cartésien français qui veut tout maîtrisé interdit-il à nos compatriotes d'avoir l'audace nécessaire à la créativité, ils se brideraient essentiellement par peur de l'échec. Les chaines de télévision françaises préfèrent ainsi acheter des programmes faits ailleurs, essentiellement aux USA, pour éviter les surprises sur l'audimat. Cependant en faisant cela le système de production audiovisuel français se prive de la création de savoir-faire locaux qui auraient pu naître des erreurs tout comme des réussites locale. C'est en forgeant que l'on devient forgeron c'est la même chose dans le cinéma ou la télévision, et l'échec fait aussi parti de l'apprentissage. Une politique publique visant à promouvoir la création française doit donc bien prendre en compte cette mentalité locale qui étouffe la créativité du pays.

 
La culture mondaine et la culture populaire
 
 

  Mais il y a, en plus de la maladie dégénérative liée à l'implantation de l'esprit marketing, un autre facteur qui explique peut-être l'échec de la production culturelle française. En France la culture au sens large est souvent employée pour manifester son statut social, ce ne sont pas tant les oeuvres qui intéressent que leur potentialité en tant que marqueur social. Cette réalité a toujours existait en France et les nobles d'hier usaient d'un langage fleuri pour se distinguer de la masse et des gueux sur lesquels s'exerçait leur pouvoir. C'était vrai à la cour  de Louis XIV, mais ça l'est toujours aujourd'hui. La hausse des inégalités en France n'est probablement pas étrangère à la disparition de ce que nous appelions jadis la culture populaire qu'elle soit dans la chanson ou le cinéma. En France il y a la CULTURE la belle, la traditionnelle celle qui fait que l'on est chez les élites, et l'autre la gueuse celle qui viscéralement inférieure à la première.  Alors pour se donner bonne conscience nos élites ont essayé de faire croire que ces sous-cultures faisaient partie de la CULTURE en général, c'est dans cette optique que l'on a eu des ministres délirants comme Jack Lang qui nous vendaient le RAP comme un grand mode d'expression. Mais en fait nos élites n'y ont jamais vraiment cru, et d'ailleurs la culture traditionnelle elles  la gardent jalousement pour elles et leurs progénitures.  

   
 

  Maintenant loin de moi l'idée qu'il n'y a pas une hiérarchie dans la production culturelle. Un livre sera toujours un média supérieur à un film ou à un documentaire même très bien réalisé. Le livre nécessite du temps, mais transmet des réflexions et fait appel aux fonctions les plus intelligentes de l'esprit humain. Les films, les séries ou la musique font eux plus appel à l'émotion aux réactions les plus animales de l'être humain. Cependant on peut aussi concevoir la culture sous un autre aspect que celui de l'instruction en tant que telle. Si l'on sort de la culture comme moyen d'ascension sociale et que l'on voit cette dernière comme un moyen de créer un langage commun à tous alors il est clairement dommage que la France soit incapable de produire ce langage. La culture de masse est certes critiquable par certains de ses côtés, mais elle est nécessaire. Elle donne une identité collective à un peuple. Le problème identitaire français que certains soulèvent à l'encontre des immigrés   provient pourtant plus surement de la destruction de la culture et de la façon de vivre française par l'importation des codes américains à travers ces produits culturels.  L'abandon par la France de la culture populaire au profit de l'importation de la culture populaire US est l'un des drames qui expliquent la perte d'identité de notre pays. Elle explique aussi en partie les importations des problèmes américains à l'image du modèle communautariste nos immigrés connaissant mieux souvent la société américaine qu'il voient à la télé que la société française. Ce n'est pas un hasard si aujourd'hui la France a des chaines de télé pour les "Blacks", ou des rayons de la fnac réservés aux "Gays" comme si ces derniers avaient des goûts culturels qui puissent les distinguer de la masse des Français. On aime taper sur l'extrême droite et son prétendu racisme, mais l'on oublie ces méthodes marketing de segmentation de la population en segment constitué bien souvent par des préjugés racistes ou autres. Tu es noir donc tu n'écoutes pas de la musique classique, mais du R'n'B ou du Jazz si tu es cultivé. C'est dans l'imagerie médiatique exporté par la sous-culture anglo-saxonne qu'est le racisme le plus répandu dans notre société. Nous importons ainsi des codes culturels qui segmentent la société en tribut appelé poliment des communautés dans lequel l'individu est piégé. Les problèmes actuels de la société française viennent donc aussi et surtout de l'importation sur notre sol d'une culture qui y est complètement étrangère. Et les Français ne savent plus qui ils sont, l'esprit français ayant disparu du petit écran comme du grand.

 
La culture populaire un moyen pour créer un sentiment national et élever le citoyen
 

Les Français ne savent plus transmettre le désir et la passion. Nos amis japonais qui ont réussi leur modernisation culturelle n'ont pas eu l'effet d'américanisation que nous avons connu. Les jeunes japonais se passionnent pour l'histoire de leur propre pays, mais ce désir et cet esprit sont aussi alimentés par la culture populaire locale. Au Japon la culture n'est pas dans les musées et le manga ou l'animation, les jeux vidéos ou les films sont devenus de puissant transmetteur de la civilisation nippone chose que pourtant néglige les élites culturelles françaises. On peut donner envie aux jeunes de lire le classique grâce à d'autre médium, mais cela la France mondaine s'y refuse. La France a mis la culture sous cloche pensant ainsi la préserver alors qu'en réalité une culture n'est vivante que si les gens s'identifient à elle. Ce n'est pas en finançant des musés que nous défendrons la civilisation française, pas plus qu'en  idolâtrant les auteurs du passé. Il faut oser moderniser ces oeuvres, les remettre au gout du jour et en produire de nouvelles.   Ce n'est qu'à ce prix que notre culture renaîtra.    

 
Que peut faire l'état?
 

      La mort de la production culturelle française tout du moins dans les nouveaux médias, ceux qui comptent le plus dans la formation culturelle de la jeunesse, est un fait. Maintenant comment peut-on y remédier? Les subventions ont montré leurs limites, du moins sous leur forme actuelle. Il semble qu'elles soient essentiellement aspirées par une toute petite tranche de producteurs culturels pour qui la notion de succès est un terme étranger. Il ne s'agit pas ici bien évidemment de tout réduire à la question du succès quantitatif,  mais une culture vivante est en partie une culture qui  plait aux jeunes. Aujourd'hui les jeunes Français regardent surtout des oeuvres américaines ou japonaises, la culture française se résume à quelques livres qui prennent la poussière.  J'avais donné quelques pistes dans ce texte. Je continue de penser que notre salut viendra d'en bas et du renouvellement de la production par l'intermédiaire des  nouveaux média. L'état devrait se contenter de favoriser ce renouvellement en baissant les coûts de production et en améliorant les capacités artistiques de la jeunesse dans la création musicale, le dessin, l'animation, etc.. Il faut également donner des garanties au producteur, et créer des mécanismes qui combattent le pessimisme français naturel en mettant des sortes de parachute économique permettant à un producteur de s'en sortir si par malheur sont projet à échouer. Dans un pays où la prise de risque est minimale celle-ci peut-être encouragé par des aides de soutien de secours. Il ne faut pas subventionner en amont de la production, mais plutôt en aval.

 

Le renouvellement de la télévision se fera également grâce aux nouvelles technologies comme la télévision par ADSL dont j'avais parlé ici. Il s'avère d'ailleurs qu'il y a déjà des surprises comme la petite chaine nolife. Cette chaine consacrée aux Geeks et aux Otaku vient de faire du bruit, car elle se  place en terme d'audimat au niveau de certaines  chaines plus anciennes et beaucoup plus grosses en terme de budget. Cette chaine a été créée en 2007 avec un budget ridicule et avec un petit groupe de personnes motivées pour sa création. Elle fait montre de beaucoup d'originalité dans ses programmes et qui diffuse d'ailleurs en ce moment la superbe série d'animation de Satoshi Kon " Paranoïa Agent". Elle marque peut-être l'avènement d'un renouveau culturel pour la jeunesse française qui s'identifie à une nouvelle façon de faire de la télévision. Sur internet les créateurs peuvent également se soustraire à la lourdeur des distributeurs, l'état devrait favoriser les créateurs autonomes plutôt que les grosses maisons d'édition souvent embourbées dans leurs contraintes logistiques qui leur interdit la prise de risque. En ce sens je soutiendrai ici Dupont Aignan qui avait favorisé l'idée de la création d'un  système de licence globale  bien plus intelligent que cette stupide loi Hadopi.

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 21:00

        Mon titre est un poncif classique de l'analyse marxiste et de ses multiples dérivés que l'on retrouve  partout sur le net, entre des discours sur  des complots ourdis par tel ou tel groupe d'intérêt, ou quelque analyse limitant l'action des médias à un but de manipulation des esprits. Cette image d'épinal qui colle aux médias va jusqu'à alimenter l'imaginaire de certains sur les prétendus  complots juifs. Des groupuscules s'en sont même fait une spécialité en transformant le terme juif en sioniste, ils surfent sur l'antisémitisme nouvelle version qui grimpe chez nos minorités musulmanes pour recycler le viel antisémitisme français qui n'avait plus la côte. Mais si il est évident pour n'importe qui, que le fait que les médias appartiennent à de grands groupes financier agit nécessairement sur le comportement de ces derniers. Est-ce que pour autant le comportement des médias peut-être expliqué par cette unique raison? La réponse est clairement non, et l'on pourrait même ajouter qu'en réalité le fait que les médias soient aux ordres du capital n'explique en fait pas grand-chose de leur comportement en général.

 

   Si je parle de ça, c'est qu'en regardant la page Facebook de l'UPR je suis tombé sur une drôle de vidéo de l'émission de Frédéric Taddeï où la question des médias était abordée. Ce qui est étrange c'est qu'en partant de la téléréalité et de sa nocivité les invités, en l'occurrence le sympathique, mais souvent excessif Francis Lalanne, en arrivent à une espèce de vision d'un complot visant à abrutir la jeunesse. Le début de ses propos étaient pourtant intéressants et pas du tout dénué d'intérêt, que l'on apprécie ou pas le personnage d'ailleurs.

 

        Ces propos qui visent à trouver une raison de manipulation dans l'étrange effondrement moral auquel fait face la télévision française sont un discours récurent à gauche comme à droite d'ailleurs. L'on retrouvera ici bizarrement les réactionnaires en accord avec les penseurs d'extrêmesgauche.  C'est assez symptomatique d'un mouvement qui vise à vouloir chercher un mal raisonné dans l'origine des problèmes  de nos sociétés, c'est-à-dire ici, à chercher une motivation au grand délabrement que connaissent les médias français. La plupart des théories du complot fonctionnent comme cela, elles font une construction à postériori en amalgamant des choix fait avec leurs résultats. En cherchant une motivation dans les conséquences négatives, on construit un raisonnement explicatif qui est  quelque part rassurant parce que relativement simple. Il y a quelqu'un qui bénéficie de ces choix, c'est donc qu'il est coupable, tel est le raisonnement d'un complotiste moyen. N'importe qui peut tomber dans ce piège, moi y compris d'ailleurs. Mais la réalité n'est pas ainsi faite que les mauvaises politiques ou actions sont forcement intentionnées, ou proviennent d'un calcul volontaire. La dégradation de la télévision française n'est pas plus le résultat d'un complot rationnel que la crise économique n'est le fait d'un complot visant à assurer un nouvel ordre mondial comme le prétendent certains hurluberlus d'extrême droite. Dans les deux cas il s'agit plutôt d'un mouvement provenant de choix souvent irrationnels à court terme, mais n'ayant aucune stratégie de long terme.  Et ces ces choix sont le plus souvent guidsé par des croyances approximatives sur le fonctionnement du réel. C'est la célèbre phrase de Jésus "Père, pardonne-leur car Ils ne savent pas ce qu'ils font". Je sais que c'est dur à croire dans notre société en apparence rationelle, mais objectivement la plupart des catastrophes politiques, économiques, ou autres, sont le résultat de ce type de comportement, plus que de complots. 
   
    Pour ce qui est du sujet des médias et de la téléréalité en particulier, il y a une explication beaucoup plus rationnelle  et simple que la recherche d'un complot ou d'une volonté d'abrutissement des masses. En réalité le seul moteur de la télévision c'est l'audimat, et surtout l'image qu'ont les dirigeants des chaines de télévision de ce qui fait monter cet audimat. J'insiste sur ce point. Car il y a en réalité une grande différence entre ce qui fait objectivement monter l'audimat et le processus de choix des dirigeants des grandes chaines de télévision. La preuve c'est que les échecs commerciaux sont monnaie courante dans le domaine, y compris sur TF1 grande reine de la télévision française. Si l'on veut une comparaison simple, les grandes chaines de télévision ont une image de leurs téléspectateurs qui est équivalente à l'image que se fait Nicolas Sarkozy de ses propres électeurs.  Ils sont tous cons et ils regarderont n'importe quoi pour peu qu'on y mette du sexe et de la violence. Et je caricature à peine si vous voulez  mon humble avis.     
 
      Ce faisant, il n'y a pas dans la tête des directeurs de chaine le but d'abrutir la population, en réalité ils pensent que celle-ci est déjà complètement stupide. Ils donnent simplement à la population ce qu'ils pensent être attractif pour le spectateur moyen. En vérité la télévision ne nous donne pas une image de la population française, elle n'est pas non plus là pour abrutir la population à travers un complot diabolique visant la maitrise des consciences. Non, en réalité la télévision nous donne l'image qu'ont les élites de la population française en général.  Parce que les directeurs de chaine font partie de l'intelligentsia française, qu'ils côtoient tous les jours des politiques, des grands patrons, et des journalistes, ils sont donc représentatifs de leur milieu sociologique et des idées qui traversent ce microcosme. Si l'on regarde la dégradation qualitative  de la télévision sous cette perspective, on peut donc dire sans peine que la qualité de la télévision est  proportionnelle à l'image que se font les élites de la population. Dans notre société de moins en moins démocratique, où les élites s'enferment dans une tour de cristal, il n'est pas surprenant de voir une telle bassesse télévisuelle. A l'époque de l'ORTF lorsque la France était en relative symbiose avec ses élites, la télévision n'avait pas la même tête ni les mêmes objectifs. La qualité de la télévision d'alors traduisait le sentiment démocratique d'égalité qui parcourait la société et qui était présent dans la tête des élites.  
 
Il fallait alors faire monter le peuple au niveau des élites, la bonne image  dont bénéficier la population chez les dirigeants se traduisait par une élévation qualitative de la télévision et des programmes publics, y compris à l'éducation nationale. Aujourd'hui la prolophobie, comme Patrick Buisson  a très justement nommé le phénomène de rejet de la population française par ses élites, fait que l'on diminue la qualité des programmes à la télévision, comme on diminue les exigences vis à vis de l'école publique. A quoi bon faire un effort puisque ce sont tous des abrutis racistes qui ne méritent rien d'autre que Loftstory ou une école au rabais. Telle est en réalité l'origine de la dégradation de la télévision française, elle ne fait finalement que nous donner une image de notre démocratie et le moins que l'on puisse dire est que c'est une catastrophe. Il n'y a donc pas de complot derrière la médiocrité télévisuelle, mais plutôt le résultat d'un divorce entre un peuple et ses dirigeants.     

 

 

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 20:31

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    Le sondage Harris, qui a fait l'effet d'une bombe en donnant à Marine Le Pen le rôle d'outsider le plus dangereux pour Nicolas Sarkozy, a aussi réveillé les soupçons naturels quant aux manipulations possibles. Ce genre de manipulation sont effectivement tout à fait possible eu égard aux enjeux potentiels. Et c'est dans cette perspective que les pouvoir public ont récemment montrés une volonté de réglementer et de réguler la pratique des sondages politiques. Mais en définitive lorsque l'on remet en cause l'honnêteté ou la véracité de tel ou tel sondage, je crois que l'on passe en réalité à coté de l'essentiel. Le problème n'est pas tant la méthodologie employée par les sondeurs, ou leur indépendance, et leur impartialité. Le vrai problème c'est que l'opinion publique,  tout comme les hommes politiques ou les partis, sont influencés par ces sondages quels qu'ils soient. Et c'est cette influence en elle même qui est problématique, et non seulement l'intervention d'un sondage, favorisant tel parti ou homme politique.

 

Les sondages ne sont pas des instruments scientifiques

 

    Pour commencer il faut tout de même rappeler que la base des sondages en elle même est hautement problématique. En effet les sondeurs usent généralement d'abus de simplifications pour réaliser leurs sondages. Il faut d'ailleurs rappeler que les outils mathématiques stochastiques ont des définitions bien précises et que lorsque l'on sort de ces définitions les variables statistiques que l'on emploie n'ont plus aucune validité mathématique.  Ainsi la moyenne n'a de sens que si les évènements que l'on utilise pour la produire sont réalisés sous conditions identiques. Lorsqu'on lance un dé à six faces plusieurs fois, et que l'on calcul la moyenne de probabilité que  chaque face a de sortir, on réalise un vrai calcule statistique. Le dé ne change pas entre les expériences, c'est toujours le même dé qu'on lance c'est seulement dans un tel cas que l'on peut faire une moyenne au bout de plusieurs essais. Par contre lorsque l'on interroge des personnes elles sont toutes différentes, elles n'ont pas le même vécu ni les mêmes références, une même question peut être interprétée de manières différentes suivant la personne. On comprendra donc naturellement que la moyenne des réponses obtenues ne peut en aucun cas être traitée comme la moyenne d'un tirage de dé ou d'une moyenne comme on en pratique dans les sciences en générale. Il y a un problème de nature à user des statistiques mathématiques dans des conditions d'application qui ne sont manifestement pas respectées. L'emploi des outils statistiques n'est valide que si les évènements qui servent de base au calcul de probabilité  sont de même nature, ce n'est absolument pas vrai pour les statistiques fondée sur des questionnaires et des réponses d'individus. Les évènements ainsi mesurer n'entrent pas dans la définition des outils de la statistique.

 

    Comprenons nous bien, les outils mathématiques issues de la statistiques sont extrêmement importants et utiles, on les utilise souvent dans les domaines les plus pointus des sciences naturelles ou humaines. Je ne remets pas en cause les calculs de la variance, la loi normale ou la méthode de Monte-carlo, je remets juste en cause l'application qu'en font les sondeurs, nuance.  Lorsque l'on calcule par exemple la moyenne du poids des enfants français entre 10 et 15 ans, la moyenne a un sens statistique, du moins si on  calcul celle-ci sur suffisamment d'enfants pour que cette moyenne soit représentative. Par contre si l'on demande aux enfants de nous dire qu'elle est leur émission de télévision préférée, la validité de la moyenne n'est plus vrai, car elle introduit un élément subjectif qui n'a rien d'une mesure neutre. On pose une question et la réponse peut être modifiée en fonction de l'interlocuteur ou de divers facteurs non maîtrisés. Bien évidement dans le cas que je viens de montrer on aura peut-être des réponses assez proches des désirs réels des enfants, le sujet n''étant pas forcement problématique. Mais l'on comprendra bien évidement que dans d'autres cas les sondages peuvent être complètement à coté de la plaque, même avec des personnes interrogées totalement honnêtes.  Et c'est particulièrement vrai dans le cas des sondages politiques.

 

Le vrai danger des sondages

 

      Mais plus que leur invalidité scientifique, ou leur méthodologie discutable, c'est surtout leur influence potentielle qui pose le plus de problèmes sur le plan de la démocratie et de l'éthique. En effet les sondeurs ne semblent même pas se rendre compte qu'ils modifient les élections uniquement par leur existence, pas seulement à cause de leur éventuel volonté de modifier les votes, mais simplement par leurs annonces pseudo-prédictives. Il suffit pourtant pour le comprendre de ce poser ce type de question: "A quoi aurait pu ressembler l'élection de 2007 s'il n'y avait pas eu de sondage au préalable?". On voit très bien que Ségolène Royal par exemple n'aurait pas pu être la candidate du PS, ce sont bien les sondeurs qui ont en quelque sorte poussé le parti socialiste à choisir madame Royal. Car elle était, selon eux et leurs méthodes de mesure, la candidate la mieux placée pour remporter l'élection présidentielle, on connaît la suite. Il y a ici une analogie à faire avec la physique quantique, en effet dans ce domaine de la science, on sait que l'observateur peut modifier l'élément observé, c'est exactement la même chose avec les sondages politiques. En réalité si l'on voulait que les sondages politiques soient réellement scientifiques, non seulement  il faudrait palier aux tares dont nous avons parlé précédemment, mais en plus il faudrait que le résultat des sondages ne soit pas ébruité, si même annoncé. En clair se servir des sondages pour prévoir les élections et en faire les titres de journaux invalide ces mêmes sondages. Un peu comme si un homme remontait le temps pour annoncer une évènement qui finalement n'arrivera pas à cause de sa propre influence.

 

  Ensuite le principe de base de la démocratie électorale est de voter pour les représentants que l'on pense être les plus proches de nos propres idées. En théorie la démocratie devrait fonctionner ainsi, mais les sondages ont introduit la notion d'anticipation dans la tête des électeurs, anticipation qui pousse les citoyens à favoriser des votes de type barrage à l'extrême droite, ou vote utile. Les citoyens se sont mis à voter en fonction de ce que prévoient les sondage et plus en fonction des programmes présentés, c'est un changement de nature du vote. Nos représentant ne sont plus nos représentant, mais les représentants pressentis par les sondages devenus des sortes de prophétie auto-réalisatrices. La démocratie représentative a beaucoup de défauts pratiques qui lui nuisent, mais il semble que les sondages lui ont donné le coup de grâce. Les sondages politiques même s'ils sont honnêtes modifient en profondeur le fonctionnement du vote des citoyens, ils pervertissent par nature la fonction même du vote. Donc la question principale n'est pas de savoir quel sont les conditions de fabrications des sondages, ni même de savoir s'il y a des manipulations comme l'a fait récemment le président de l'UPR monsieur François Asselineau. Non, la vrai question à se poser c'est est-ce que nous ne devrions pas interdire purement et simplement les sondages, surtout dans le domaine politique?

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 20:09

taddei.jpgJe viens de lire un article qui concerne l'émission de Fredéric Taddei sur France 3, l'une des seules émissions de télévision qu'il m'arrive de regarder, surtout la rediffusion sur le net et en fonction des sujets, et bien il semblerait que la direction de France télévision veuille l'annuler ou au moins en réduire fortement le nombre de diffusion pour des raisons d'audience, officiellement. Cette information provenant du site de Morandini on la prendra avec des pincettes, mais si elle s'avère vraie je ne peux que regretter ce choix, sachant la contraction de plus en plus forte aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualitatif des émissions d'analyse et de débat politique à la télévision française. "Ce soir ou jamais" est une émission critiquable par bien des aspects notamment la durée trop courte des débats et le trop grand nombre d'invités qui empêche une entrée en profondeur des sujets. Mais l'émission de Taddei a l'immense mérite de la pluralité des débatteurs et de l'éclectisme des points de vue invités à s'y défendre. Il n'y a en  que dans cette émission que l'on retrouve les débats les plus proches des vrais clivages du pays, bien loin des fausses oppositions vue ailleurs sur le paf français. Et cela révèle une fois de plus l'inadéquation entre la mécanique marchande qui s'infiltre, même dans le service public, et la nécessité d'informer correctement la population, quitte à ce que seule une  poignée de citoyen veillant tard le soir le soit.  Cela pointe une fois de plus le doigt sur la situation calamiteuse de l'information en France. Des journalistes culs et chemises avec le pouvoir politique et économique, des informations massivement filtrées par l'idéologie du petit village parisien et une divergence sans cesse croissante entre l'opinion pulblique et l'opinion médiatique majoritaire. Le TCE avait eu cette effet révélateur de la discordance entre médias et population, mais les affaires médiatiques qui se suivent depuis n'ont fait que confirmer le divorce entre les français et leurs médias. Et ce n'est pas l'affaire Ockrent récente  qui va améliorer l'image du quatrième pouvoir.

 

  Nous vivons également une restructuration de l'influence médiatique qui se couple en France avec ce pourrissement du milieu journalistique. Les médias mainstreams sont en crise partout dans les pays développés à cause de l'arrivé d'internet et des médias alternatifs qui progressent, mais la France a en plus cette profonde crise de confiance produite par les liens incestueux entre pouvoir économique, politique et médiatique.  Des hommes politiques jouent d'ailleurs avec cette détestation, de Melenchon qui en a fait l'un de ses plans d'attaque pour faire parler de lui, à Marine Lepen qui s'emploie à devenir la cible des médias pour finalement se faire bien voir, non seulement de son propre camp, mais aussi pour gagner en popularité. Car on en est arrivé à un point tel de haine des médias classiques que toute victime du système médiatique se transforme en une espèce de Robin des bois des temps modernes.

 

  L'autre problème qui est inhérent à la nature même de la sphère médiatique moderne, construite toute entière autour de l'information télévisé, c'est qu'elle est complètement superficielle et omnibus. Elle est faite pour être facilement absorbée par toute la population, on remplit le temps télévisuel par des informations qui n'informent pas mais qui distraient le public.  C'est un point que Pierre Bourdieu avait déjà formidablement analysé dans son texte sur le journalisme et la télévision, mais dont on ne prend pas souvent la mesure. La télévision par son instantanéité, son caractère émotionnel, et son obsession de l'audimat condamne toute analyse faisant appel un tant soi peu à une réflexion rationnaliste, elle est naturellement anti-cartésienne. Ce faisant elle a un caractère mécaniquement tautologique, elle répète sans arrêt ce que tout le monde est censé savoir. Elle donne mécaniquement dans le consensus intellectuel parce qu'elle n'a pas le temps de réfléchir à ce qui n'est pas dans la grille de lecture de son consensus. Le prêt à mâcher intellectuel qui domine les médias français et la sphère politique, ne sont en fait que le résultat de la domination de la télévision dans l'espace médiatique. On peut donc dire que quelque part la télévision est au centre de la crise démocratique et peut-être de la crise de  civilisation que nous connaissons.  Car les médias font les politiques, ils leur imposent en quelques sorte l'agendat et c'est particulièrement vrai pour la génération télé qui dirige aujourd'hui le pays. Sarkozy est un enfant de la télé qui en use mais qui est aussi manipulé par elle. La télévision façonne le monde et en donne une image qui par la suite permettra à telle ou telle idée de monter au pouvoir. Les journaux qui sont l'ancien pouvoir médiatique n'ont eu qu'à plier face à elle dans les années 70-80, pour la France, alors que naguère c'était les journaux qui étaient les faiseurs d'opinion, aujourd'hui c'est la télévision mais plus pour trés longtemps.

 

Vers la nécessaire décentralisation médiatique 

 

  En regardant ce pouvoir de la télévision, on pourrait se dire que finalement la meilleur méthode pour réintroduire du temps, de l'intelligence,et de la réflexion, c'est d'agir sur le contenu et donc d'avoir un pôle public télévisuel fort, c'est à mon avis une erreur. D'abord parce que si la télévision a ce pouvoir, il est entrain de décliner fortement, les nouveaux médias produit par internet sont littéralement en court de saccage du pouvoir médiatique télévisuel. Les révélations de Wikileaks montrent d'ailleurs jour après jour  la différence profonde qu'il y a entre la réalité telle que la vendait la télévision et la réalité du monde sensible. On parle d'ailleurs déjà de cinquième pouvoir pour les médias d'internet. Or  la grosse différence entre les médias classiques et les médias issus du réseau c'est que le coût de la diffusion étant nul ou presque, les puissances économiques qui ont phagocyté la télévision et les journaux ne peuvent contenir la monté en puissance de ce nouveau média. Les puissances d'argent ne peuvent parfaitement maitriser l'information issue du web. La télévision et les journaux sont verticaux, internet est horizontal, il y a égalité entre le producteur et le consommateur et nous sommes tous à la fois consommateur et créateur d'information et d'analyse. Cette réalité produite par la nature même d'internet condamne imédiatement la volonté de concentration et de contrôle, internet restera décentralisée pour le meilleur et pour le pire.  L'autre arguement contre le renforcement d'un pôle public d'information télévisuel c'est qu'il entre lui aussi dans la course à l'audience. Alors même que les ressources de ce pôle public ne dépendent pas des rentrés prublicitaires les directions se montrent tout de même attentives à l'audimat. Nous sommes tellement habitués aux critères marchands dans lesquels la quantité prime sur la qualité que même si France télévision ne dépend pas des pubs elle continuera à fournir du temps de cerveau disponible comme sur TF1.

 

  Dans ce cadre on comprend bien que la télévision en tant que système centralisé d'information a fait son temps, seule une décentralisation de la production télévisuelle permettra de remédier au défaut de ce média.  J'en avais déjà parlé, l'avenir est à la réduction des coûts de production audiovisuel et à la production de télévisions citoyennes. La télévision sera un média d'information valable le jour où tout le monde participera à sa production. Et la télévision par ADSL est peut-être ce qui permettra à l'avenir de produire une telle évolution médiatique. En attendant il n'y a pas grand chose à faire pour sauver la télévision actuelle, elle s'enfonce et s'enfoncera toujours plus dans la médiocrité et la nullité, surtout en matière d'information toujours partielle et partiale.

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:24

     Jean Luc Mélenchon s'est encore fait remarquer avec une agression verbale faite au journaliste star de France 2 David Pujadas. Ce dernier s'est fait traiter de larbin du pouvoir par notre grande gueule de gauche préférée. Certains pensent que Mélenchon a franchi la ligne jaune, qu'il va trop loin, et d'autres, bien sûr, soutiennent le politicien dans sa démarche de dénonciation des abus  journalistiques. Mais si l'on peut critiquer la méthode, un peu expéditive, de Mélenchon, surtout lorsque ce dernier s'est attaqué un peu brutalement à un apprenti journaliste. On ne peut pas à mon sens, lui en vouloir de tacler les gros apparatchiks du pouvoir médiatique français, et en l'occurrence monsieur Pujadas en fait parti. Car ils sont quand même collectivement responsables de l'étiolement spectaculaire de la démocratie française, par leur suivisme idéologique, leur logique de copinage, ils ont réduit à pas grand chose le choix idéologique offert aux spectateurs. En réalité un seul point de vue est sans arrêt exprimé, là où l'on pourrait allègrement les multiplier. La télévision a ainsi considérablement accru la mécanique déjà patente, avant elle, d'uniformisation des idées et des formes de pensés.

 

Voir ici le nouveau crime journalophobique de Mélenchon:

 

 

       Pauvre journaliste maltraité par un méchant populiste, oui c'est bien connu le populisme c'est le mal et tant pis si Roosvelt, De Gaulle ou Churchill étaient populistes. Grâce aux journalistes français adeptes du changement sémantique à tout va, populismes est aujourd'hui confondu avec démagogie. Tout comme hier le référendum sur la constitution européenne et son rejet était un signe de populisme, voir qui sait de fascisme rampant. On pourrait beaucoup écrire sur la façon dont les médias manipulent les mots, mais d'autres l'ont déjà brillamment fait sans que j'ai à y rajouter quoique ce soit.   Cependant la grande différence par rapport au passé, c'est la popularité que Mélenchon retire de ses embardés contre les médias. C'est tellement efficace comme mécanisme de buzz que des journalistes se mettent maintenant à le provoquer pour pourvoir exister médiatiquement. Comme dans cette affaire opposant Mélenchon à un certain  Jean Robin du site très à droite enquete-debat. Voila que Mélenchon sert désormais de source publicitaire pour les journalistes en mal de reconnaissance, il va apprécier le bougre.

 

A quoi servent encore les journalistes?

 

          Mais plutôt que de gloser sur les propos de Jean Luc Mélenchon ne devrions nous pas nous questionner sur le métier de journaliste lui même? Et notamment sur son rôle de pape de la démocratie, orientant les débats et les questions qui sont censées faire la une des agendas politiques. Car les journalistes n'ont pas toujours existé, qui plus est, ils ne sont pas aussi essentiels, qu'ils le croient eux mêmes, pour que la démocratie fonctionne. En réalité le journalisme est le produit d'une évolution technologique, l'imprimerie. C'est la nature même du caractère centralisé de la production de l'information qui a rendu nécessaire la création du métier de journaliste. En effet les coûts de production d'un journal de masse rendaient impossible la production de l'information pour la plupart des citoyens. Dés sa création l'imprimerie a introduit une asymétrie dans l'échange d'information entre les êtres humains, asymétrie qui par nature produit une inégalité de fait entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. Celui qui produit l'information peut choisir ce qu'il veut diffuser et donc orienter la nature de l'information disponible. Heureusement, pendant longtemps, les coûts de production, même élevés, n'empêchaient pas une certaine pluralité de la production informative. On avait des journaux de plusieurs tendances qui même s'ils ne pouvaient représenter tout le spectre des idées, parvenaient tout de même à maintenir la nécessaire contradiction argumentative si importante pour le débat démocratique.

 

  Après guerre le CNR a même voulu graver dans le marbre la pluralité journalistique en dénonçant les féodalités économiques qui voulaient contrôler les journaux et  déconcentrer la possession de ces derniers. Ainsi pouvait on lire dans le texte du programme du CNR:

 

" 4) Afin d’assurer : ...la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;..."

 

On remarquera au passage que sur les grandes ambitions provenant des propos de ce texte du CNR, il ne reste pas grand chose qui soit réellement appliqué en France. 

 

Car c'était sans compter sur un nouveau bouleversement médiatique la télévision hertzienne. Cette dernière a aggraver considérablement l'inégalité sous-jacent au système informatif permettant une concentration dans la production de l'information sans précédent. Et comme Pierre  Bourdieu l'avait bien analysé dans son célèbre texte sur la télévision, les autres sources d'informations classiques et moins concentrées comme les journaux papiers ont fini par s'aligner sur elle, à cause principalement de son poids grandissant dans l'audimat. En effet tout les journaux cumulés n'ont jamais pesé autant que le JT du 20h de TF1 en terme d'auditeur, c'est un fait. Du coup cet alignement sur le journalisme des plateaux télé a rendu de plus en plus inutile la presse écrit,e puisqu'elle n'était devenue qu'une version moins "fun" du discours télévisuel à quoi bon l'acheter.  La pensée unique s'est développé dans ce cadre, les grands penseurs de la crise du monde occidentale comme Emmanuel Todd qui lui parlait de pensé zéros, ont en générale négliger ce facteur central lié au médium télévisuel. Ce n'est pas un hasard si la crise de la démocratie s'est développé en même temps que périclitait la variété des sources d'informations.

 

  Mais si d'un seul coup les médias sont devenu la cible de vindicte populaire comme le montre différente études ou l'attitude du publique face à Jean Luc Mélenchon c'est tout  simplement parce que nous commençons à voir les effets des nouveaux médias internet, les blogs,  les télévisions numériques en plus grand nombre ou encore les journaux du net qui pullule couvrant tout le spectre idéologique. L'attitude de Mélenchon aurait était unanimement condamné il y a 15 ans seulement c'est bien l'éclatement du monopole d'information qui a casser l'argument d'autorité des journalistes. La méfiance à l'égard des médias n'est d'ailleurs pas uniquement française aux USA ou dans le reste de l'Europe les population se méfient de plus en plus d'une télévision perçue à juste titre comme monolithique et au service des pouvoirs économiques. Doucement les cerveaux embrumées se remettent à fonctionner mais aussi à produire des conflits c'est inhérent à la diversités intellectuelle, nous quittons petit à petit le monde tranquille de l'univers rassurant de TINA pour nous lancer sur le ring du combat démocratique et pluraliste.

 

Dans ce cadre les journalistes en tant que tel ne servent plus à rien. On aura plus besoin de journaliste pour transmettre le savoir et l'information puisque les nouvelles technologies permettent d'y accéder directement, nul besoin d'enquêtes de terrain, les personnes concernées s'expriment directement. De la même manière les spécialistes, les universitaires, les intellectuels n'ont plus besoin des journalistes pour exister médiatiquement, tout comme l'auteur sulfureux Marc Édouard Nabe s'est passé pour son dernier livre d'une maison d'éditeur, ce nouveau média met directement le producteur en face du consommateur.  Internet permet également une égalité dans la production d'information, l'asymétrie disparait naturellement, c'est un média réellement démocratique puisque permettant une expression pleinement égalitaire pour tout un chacun.  Sur internet on a besoin de gens qui savent, de gens qui pensent, de gens de métier, de vrai spécialistes, les journalistes en tant que tel n'ont donc plus de raison d'être. Vous voulez un avis d'économiste? Vous allez sur les blogs des économistes eux mêmes qui donnent chacun leur avis et vous vous faites votre point de vue suivant les arguments des uns et des autres. Même chose en science en philosophie en histoire etc... L'agenda politique lui même devrait être modifier et l'est déjà par internet, bon nombre d'affaire de buzz comme on dit sont le produit de ce nouveau média, montrant ainsi la perte d'influence de plus en plus grande de la télévision.

 

Alors si l'on se place sous cet angle d'analyse est-ce que Mélenchon a raison de s'attaquer comme il le fait au grands journalistes de la vielle époque? A cela  je répondrais qu'il n'est nul besoin de tirer sur une ambulance mais que parfois la justice et la vengeance cela fait un bien fou au moral. Alors vive Mélenchon sur ce point et que tout les hommes politiques ou toutes les personnes qui se sont fait maltraiter par les grands médias ces dernières années s'en donnent à cœur joie, parce qu'ils ne méritent vraiment pas autre chose.

 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 21:32

 evangelion-end-ofeva-aff.jpg Les lecteurs habitués à se blog ou me connaissant de longue date par mes commentaires sur le blog horizons savent que je suis un farouche partisan de l'intervention publique dans l'économie. Je prône régulièrement des politiques protectionnistes, des politiques de relance,  une véritable politique industrielle ou encore une politique plus vigoureuse dans la recherche scientifique. Mais contrairement à certaines personnes à gauche, je connais aussi les limites des politiques publiques et notamment les risques encourus lorsque l'on fait des politiques de subvention. Venant de lire ce texte sur le relèvement de TVA auquel a échappé Canal+, je n'ai pu m'empêcher de me poser quelques questions au sujet du financement publique de chaine de télé ou du cinéma.

 

    Je vais être direct à mon humble avis la production  télévisuelle et cinématographique française sont nulles. Je sais, c'est probablement un avis trop tranché ou quelque peu caricatural, mais il semble bien que le publique lui non plus ne s'y retrouve pas. On parle souvent en France de la bonne santé du cinéma national, c'est oublier un peu vite qu'il est totalement dominé par le cinéma américain à un point qu'on a du mal à comprendre. La France n'est pas le seul pays à être dans cette situation. Et c'est malheureusement parce que les chiffres français sont un peu moins mauvais que ceux des autres, que l'on y trouve un argument pour justifier les subventions et la curieuse politique tarifaire qui voit le cinéma américain subventionner le cinéma français par transfère. Mais il est vrai le cinéma français est encore dans un état excellent si on le compare à la télévision, là c'est la catastrophe et c'est peu de le dire. Les séries US ont tout envahi et les émissions nationales qui pèsent dans le PAF sont des ersatz des productions anglo-saxonnes type télé-réalité trash. La sous-cultures US a toujours été présente à la télévision et cela n'a rien de nouveau, on se rappellera des séries ultra-chiantes mais qui ont marquées leur époque de Dallas à la Croisière s'amuse, en passant par les Simpsons ou Ma sorcière bien aimée. La grosse différence c'est le poids et la proportion en regard de ce que l'on a pu connaitre, y compris dans les années 80. En un mot c'est l'overdose on a même plus un Derrick allemand pour nous changer un peu comme somnifère télévisuel.

 

Pourquoi un tel poids des productions américaines

 

    La réponse est assez simple, c'est le résultat de la fameuse économie d'échelle, la même qui détruit l'art culinaire et les différentiations locales dans l'architecture, la pensée et le reste des productions humaines. Grâce à la taille de leur marché intérieur les américains standardise des productions qui sont ensuite revendue moins cher à d'autres nations.  L'autre gros facteur est lié à la stratégie de commercialisation des productions culturelles, les séries américaines ou les films sont d'abord testées sur le marché US. Si elles marchent (ce qui ne signifie pas qu'elles soient bien) elles sont achetées par les télévisions étrangères. Économiquement il est donc plus rentable pour une chaine française d'acheter un produit testé que de se risquer à produire soit même des émissions qui risquent de faire un flop à l'audimat. L'Amérique domine donc les productions audiovisuelles pour ces deux raisons. Car le talent à Hollywood n'est plus ce qu'il était,quoiqu'on en pense. Le cinéma standardisé et les productions de séries uniformisées ont en grande partie tué le vrai cinéma américain, même s'il peut en rester quelques survivants à l'exemple de "La route" de John Hillcoat qui était malheureusement sortie en même temps que l'immonde bouse Avatar, navet le plus cher de l'histoire du cinéma.

 

  Ce processus est donc au cœur de la machinerie hollywodienne, elle pourrait tout de même s'enrayer en même temps que l'économie US. Car il en va du cinéma comme de la finance, l'Amérique a besoin de l'argent étranger pour produire sa camelote télévisuelle. C'est d'ailleurs un curieux paradoxe que de voir le monde entier financer le cinéma américain au lieu que chaque nation produise son propre cinéma. Mais quelle diversité nous aurions si tout cet argent englouti dans la machine à rêve américaine était investi dans le cinéma allemand, anglais, italien, espagnole, tchèque, russe, brésilien ou chinois.  L'autre paradoxe c'est que les américains savent largement sous-traiter les talents étrangers pour produire leur cinéma, ainsi Guillermo Del Toro le mexicain, ou Peter Jackson le néozélandais font ils les beaux jours des studios US. On peut voir aussi, que des productions de culture américaines sont produites à l'étranger ainsi peut-être ne saviez-vous pas que les célèbres Simpsons sont en fait  fabriqués en Corée du Sud!!!

 

Que faire pour faire survivre une production françaises?

 

  C'est une question qu'il faut se poser de façon rationnelle et claire, les méthodes actuelles ne marchent pas. Nous subventionnons des chaines de télévisions publiques, des films, par l'intermédiaire du très couteux budget de la culture pour quel résultat? Et bien pas grand chose, à l'heure ou je vous parle au box office cinématographique on retrouve un seul film français parmi les dix premiers sur septembre. Regardez donc le box office 2009 par exemple, sur les 54 premiers films, 32 sont américains, sur les 10 premiers, ils sont 7.  Si encore c'était des films étrangers de différentes nationalités un japonais, un allemand, un italien, non, film étrangers égale film américain dans 90% des cas, que l'on ne parle pas de diversité culturelle ou d'ouverture sur l'étranger.  Nous sommes les mieux placés en Europe pourtant. Doit on en conclure que nous sommes nous condamné? Pas vraiment, il y a des pays qui font de la résistance et pas qu'un peu, le plus puissant étant le Japon il est là le vrai village gaulois. Et oui au pays du soleil levant les productions américaines ne cesse de décliner, ainsi en 2009 il n'y avait que trois films américains sur les dix premiers au box office et c'était une bonne année.  Quand à la télévision japonaise si elle produit elle aussi beaucoup de merdes commerciales, elle a le bon goût de produire sa merde elle même une merde de qualité locales si je puis dire. Mais elle produit pas mal de perles dans le tas contrairement à la télévision française.

 

    Le Japon est ainsi le seul pays anciennement industrialisé à avoir renvoyer la culture US chez elle, il serait peut-être intéressant de comprendre comment il fait non?  Plutôt que de nous gargariser avec nos médiocres résultats. Car en plus la culture japonaise est aussi devenu un produit d'exportation, notamment en France. Nous sommes le premier marché du manga au monde après le Japon. Ainsi voit-on en même temps une influence américaine et japonaise dans la jeunesse française au travers des comics et des mangas. A titre personnel je pense même que les japonais dominent sur les nouvelles générations quand on voit le succès de Naruto, de Bleach ou l'étonnante vague de jeune au moment de Japanexpo qui bat chaque année son record de visiteurs avec 182500 personnes cette année, on se dit que la culture américaine est quand même en perte de vitesse, malheureusement ce n'est pas la France qui en est à l'origine.  Quoique les japonais qui sont des personnes de bons goût, ils  font souvent redécouvrir nos propres classiques au travers des adaptations en manga ou en animés, on peut citer le récent Gankutsuo qui est une adaptation futuriste de notre  célèbre compte de Monte Cristo. Et c'est peut-être là le talent des japonais qui savent transmettre la culture ancienne et livresque à travers les nouveaux médias ce que les  français n'arrivent pas à faire. Il est triste de voir que ce sont des étrangers qui arrivent le mieux à mettre en valeur des œuvres de notre propre patrimoine culturelle donnant envi aux plus jeune d'aller peut-être plus loin que le simple dessin animé ou manga. Autre exemple de la maitrise japonaise des nouveau média, il ont réussit grâce à des mangas et à des animés à relancer l'intérêt du jeu de go au Japon. Ce jeu multi-milénaire était en perte de vitesse depuis des décennies,  en 1998 un manga est apparu Hikaru no go, manga se passant dans le milieu du jeu de go, une série animée télévisée a rapidement été produite et bien grâce à çà les jeunes japonnais se sont rués dans les clubs de jeu de go. Cette vielle tradition japonaise a donc été restauré grâce des œuvres issues des médias modernes. De quoi faire réfléchir la France qui peine à transmettre ses valeurs aux jeunes générations vous ne croyez pas?   Il y avait eu une telle tentative réussi avec la série des "il était une fois" grand succès en France dans les années 80, il est dommage de ne pas avoir creusé dans cette voie plus avant. Peut-être faudrait-il demander aux japonais de nous produire une série sur la laïcité qui sait ils arriverait peut-être à faire rentrer quelques principes républicains dans certaines tête creuses.

 

  Il va nous falloir copier sur le Japon, car ne nous y trompons pas, les simples mesures protectionnistes classiques ne suffirons pas à redresser la barre.  Sur ce point je ne suis pas d'accord avec les propositions faites par mon collègue Malakine dans texte sur "Comment lutter contre la décivilisation ? (1/2)". Texte où il proposait une limitation à 25% d'œuvres étrangères à l'Europe. Le fait est que nous ne produisons pas suffisamment d'œuvres nous même, le Japon n'a aucune forme de protection officielle, par contre il produit un grand nombre d'artistes et finance ses propres projets. Le plus important c'est de produire un  terreau de créateurs en grand nombre et de nouveaux talents. Les jeunes français ne sont pas vraiment incités à faire des métiers artistiques, la musique et les arts plastiques sont quand même les parents pauvres de l'éducation nationale, même s'ils sont de plus en plus rejoins par l'histoire  sur ce plan. Or comment avoir de bons cinéastes, de bons acteurs, de bons dessinateur, si l'on ne crée pas ces vocations chez les jeunes? On pourra protéger autant qu'on veut, sans artiste, sans créateur, cela ne servira à rien. C'est la grosse différence entre la Japon et la France, la-bas on apprend la musique en bas âge, tout comme le dessin, les arts y sont considérés comme des matières importantes. Et d'ailleurs on sait que le sens artistique aide en générale dans d'autres matières notamment en science et en math, former les jeunes à la musique et au dessin serait donc tout bénéfice. Il faut sortir de l'esprit éducatif purement basé sur le français, l'histoire et les maths les arts ont aussi leur importance.

 

    Il nous faut également compenser les avantages acquis par la production américaines. Ainsi comme je l'ai dit le fait est qu'il est plus économique d'acheter des séries ou des œuvres américaines que d'en produire soit même. Nous pourrions exonérer de charges fiscales les productions nationales pour en réduire les coûts. Ce serait préférable au système de subvention en vigueur qui coûte cher mais qui a,  comme toute subvention permanente, un gros problème de répartition. En effet qui dit subvention dit critère de subvention il faut choisir qui reçoit les subventions et là commence le copinage le renvoie d'ascenseur etc.. Cela explique la médiocrité actuelle du cinéma français et le fait que la quasi totalité des subventions sont absorbé par quelques copains malins, les fils et les filles  d'acteurs ou de réalisateurs recevant leur métier grâce à leurs relations personnelles, c'est la même chose à la télévision. La France a inventé les artistes par primogéniture, un moyen comme un autre de nous relier à notre passé aristocratique n'est ce pas?  Et le service publique télévisuel est ainsi devenu une vaste entreprise familiale. Dans un tel système où il y absence de méritocratie la qualité peine à apparaitre c'est un fait.  Donc vous l'aurez compris je suis pour la suppression pure et simple des subventions pour le cinéma ou la télévision, quand à France télévision autant privatiser au point où çà en est il sert plus à rien de maintenir ce truc vivant.

 

Parions plutôt sur les médias d'avenir, favorisons le renouvellement et la création de nouvelles chaines grâce à l'ADSL par exemple. Réduisons au maximum les coûts de diffusion créons des outils publiques de création pour les artistes grâce à la créations de logiciels libres publiques et opensource par exemple. En effet les logiciels de dessins professionnelles ou les outils des traitement de l'image, de la vidéo et du son sont souvent très onéreux du moins les produits professionnels, en favorisant les logiciels libres voir en en fiançant grâce à des appels d'offre publique, nous pourrions fournir des outils informatiques gratuitement pour tout le monde. Et ainsi favoriser la création. On peut également imaginer des centre de formations gratuit aux techniques de l'image pour former des candidats libre et des gens qui voudrait se lancer dans des initiatives de création. Je pense que ce genre d'interventions publiques seront nettement plus efficaces à long terme que les subventions géante et le copinage artistique tel qu'il est pratiqué à l'heure actuelle. La multiplication des blogs et de l'information sur le net qui bouleverse l'information classique montre d'ailleurs que les gens ont de  plus en plus envi de créer et non plus d'être seulement spectateur. Alors donnons leur les outils pour réussir et encourageons les, c'est de là que viendra le renouveau de la production et de la création française.

 

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:56

Malakine vient de sortir un texte sur les médias en réaction au coup de gueule violent que Jean Luc Melanchon a eu à l'encontre d'un apprentis journaliste de  Science Po. Et je voulais aborder ce sujet sous un angle différent en présentant deux vidéos qui orienteront la discussion, non pas sur le comment fonctionne les médias actuelles, ou sur le comment les transformer pour qu'ils reprennent le rôle qu'ils devraient avoir dans la société. Mais plutôt de montrer les évolutions futurs du monde médiatique et du monde de l'image et de la culture en générale. En effet la télévision et les média tels que ceux dont parle Malakine dans son texte, font déjà parti du passé. Le mode de production des idées et de la pensée vont petit à petit quitter le champs de la production de masse pour redevenir un champ d'interaction entre des individus apportant chacun leur propre vision des choses.

 

  C'est ce qu'explique ici dans cette première vidéo Bernard Stiegler dans une conférence qu'il a donné en décembre 2007 à l'INRIA. Nous vivons pour lui une transformation extrêmement puissante de la relation entre le producteur et le consommateur et c'est extrêmement vrai dans la sphère médiatique. Il n'y a plus d'un coté les producteurs et les manipulateurs de symboles et l'autre des spectateurs amorphes et impuissants. Il y a des gens qui parlent entre eux de plus en plus, l'évolution sur le net le montre, l'information n'a plus besoin des journalistes, les gens vont directement se renseigner chez les spécialistes qui eux ne passe plus par le filtre journalistique.

 

C'est ce qu'exprimait mon précédent texte sur l'ADSL et la télévision où je voulais montrer que la technique, qui a créé la télévision et les médias de masse, ces médias qui caractérisent tout le 20 ème siècle depuis le cinéma et la radio, jusqu'à la  télévision, est en train de les détruire par l'apparition d'une nouvelle forme de média. Ces nouveaux médias comme le dit très bien Stiegler dans cette vidéo, sont fondamentalement différents des processus de production qui se sont développés avec l'industrialisation et la massification. Ils entrainent, par leur faible coût, une situation où tout le monde peut devenir producteur et consommateur à la fois, une situation où il n'est plus besoin d'argent ou de capitaux pour s'exprimer et produire des idées puis pour les distribuer à grande échelle. C'est là une divergence profonde avec le monde que nous avons connu jusqu'à  présent.

 

      Pour Bernard Stigler ce phénomène devrait s'amplifier et toucher à peu près tout les modes de production.   Et il faut bien comprendre que ce que décrit Malakine dans son texte, la pensée unique et les mécanismes qui produisent l'effet médiatique et la course à l'audience, sont liées à la standardisation de la production culturelle et journalistique. La standardisation est à la base de la société industrielle moderne et elle s'est malheureusement étendue à la sphère culturelle. En uniformisant la demande vous maximiser les profits et les gains, mais pour uniformiser la demande, il faut uniformiser les désirs des individus. C'est tout le sens de la phrase de Henry Ford, tout le monde peut avoir une ford T dans n'importe quelle couleur, pourvu que ce soit le noir. Ce phénomène c'est produit à l'intérieure de la production journalistique et a ,de ce fait, condamné la pensée et la diversité intellectuelle. Et c'est ce modèle que Stiegler pense condamné avec les nouveaux médias.

 

  C'est ce qui explique le déclin de la presse écrite et la méfiance généralisée envers l'information que produit le système. D'ailleurs cette méfiance touche tout les pays anciennement industrialisée et pas seulement la France ce qui tend à montrer une évolution globale comme le suppose Stiegler. En retrouvant sa capacité à penser et à produire lui même l'information , l'individu ne peut plus se satisfaire d'une purée cérébrale uniforme et univoque. Il veut des choses qui correspondent plus à sa nouvelle culture plus individuel et moins normative. Ce faisant on devrait dans un avenir proche voir une explosion du nombre de lieu d'information avec une grande variété d'opinion c'est ce que l'on constate d'ailleurs déjà sur les blogs. Cette mécanique finira surement par toucher le média télévisuelle comme je l'ai déjà dit ou celui-ci finira par disparaitre ne correspondant plus à l'extrême variété de demande des spectateurs. 

 

 

 
  Dans la deuxième vidéo qui suit, j'ai voulu montrer comme un véritable débat devrait fonctionner à la télévision pour être véritablement démocratique et sérieux.   Il s'agit d'un débat tiré de la chaine scientifique de la cité des sciences et de l'industrie dont je vous ai déjà parlé. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les scientifiques font de bien meilleurs journaliste que les étudiant de science po. On peut le voir dans la façon dont est organisé le débat:

1-Il n'y a que deux invités

2-Il n'y a pas de journaliste occupant le centre de l'émission et se mettant en avant au détriment des débatteurs. Ces derniers subissant la dictature de l'autorité journalistique sur l'orientation du débat.

3-Les deux invités sont des spécialistes reconnus de leur domaine. Ce ne sont pas des spécialistes de la télévision mais des spécialistes s'exprimant à la télévision. Ils n'ont pas besoin d'elle pour exister, c'est un élément très important pour une bonne qualité de débat

4-Ils ont le temps d'étaler leurs arguments et de démontrer leur position. 
 
      Au final on se retrouve avec un débat réel, conçut autour d'une argumentation rationnelle et articulé autour de propositions factuelles et démonstratives. Contrairement aux débats habituels remplit de poncifs et de contradictions sophistes,  dont certains spécialistes de la télévision (BHL, Baverez, etc..) font un usage abusif.  Alors le débat en question n'est pas forcément en adéquation avec les sujets habituels de mon blog. Il s'agit des limites des ressources halieutiques, mais j'ai eu la surprise de voir à la fin une critique du commerce mondial grandement responsable de l'épuisement des ressources marines.
Il y a  là une confirmation pratique de l'intuition protectionniste concernant les effets désastreux du libre-échange sur l'écosystème. Il y a aussi dans le débat une mise en perspective de l'aberration actuelle de la formation des prix, qui voit les pêcheurs être mal rémunérés pendant que les prix de vente dans les poissonneries ou les supermarchés explosent.  Poussant ainsi les pêcheur à la sur-pêche dommageable pour les ressources à long terme. 
 
   Donc ce débat est intéressant à double titre, puisqu'il permet de montrer, d'une part, comment on doit organiser un véritable débat à la télévision. Et secondement il est un argument supplémentaire à rajouter aux nombreux inconvénient que produit le libre-échange.   
 
 

 

 

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 22:03

vlcsnap-603903  La télévision par ADSL a fait son apparition en 2003 avec la première Box signé free, à l'époque il s'agissait d'un gadget et nul ne pensait vraiment que ce nouveau format d'émission télévisuel pourrait passer devant le satellite par exemple. Or le poids de la diffusion par ADSL n'a cessé de croitre pour aujourd'hui peser autant que le satellite. Ce mouvement s'est d'ailleurs accompagné de l'arrivé de la fameuse TNT qui d'ailleurs deviendra la seul en 2011, le hertzien classique étant abandonné au furent et à mesure.

 

  Il y a aujourd'hui 11.7 millions de personnes  recevant la télévision par ADSL contre environ 12 millions pour le satellite. Mais ce nouveau poids lourd de la diffusion n'avait pas encore sa part de marché proportionnelle à son poids,et ce  à cause de la non mesure de l'audimat. Or depuis ce 1er Mars Médiamétrie a commencé à étudier la répartition des auditeurs sur ce nouveau format. Les vielles chaines comme TF1 ou M6 ont de quoi s'inquiéter d'autant que le marché publicitaire n'était déjà pas dans un état brillant. Ils va leur falloir désormais partager le gâteau décroissant de la pub avec les myriades de chaines que ce nouveau format permet de déployer.

 

    De plus contrairement à la télévision TNT ou satellite qui nécessite de gros investissements pour la diffusion,  l'ADSL permet de diffuser des chaines de télé à un prix défiant toute concurrence. Cette réduction considérable des couts de diffusion vont mécaniquement entrainer à la télévision,ce que l'arrivée d'internet  à entrainer pour les journaux écris et télévisuels, elle va permettre une certaine démocratisation. Fini la télévision où quelques chaines se partagent la totalité de l'audimat.

 

    On a cru avec la TNT que la télévision française pourrait enfin connaitre une plus grande pluralité, mais c'était sans compter avec les couts important que cette technologie impliquait. Or la nullité actuel du Paf télévisuel français sa faible créativité et son comportement moutonnier sont surtout du au fait que le ticket d'entrée est prohibitif ne permettant qu'a quelques groupes et individus riche de produire la télévision. C'est ce cout qui entraine le peu de prise de risque, il faut que les émissions plaisent à maximum de gens, qu'elles soient omnibus et facilement compréhensible pour maximiser l'audimat et plaire à un maximum de personne.

 

      Mais le principe même de la télévision va devoir changer, à cause des comportements des nouvelles générations passées par le truchement des jeux vidéo et d'internet. Les jeunes ne veulent plus être passif devant l'écran et ce dernier n'est plus le seul loisir visuel accessible, il est en concurrence direct avec les nouveaux médias du tchat sur le net, à Facebook en passant par les  jeux en ligne comme Wow. La domination de la télévision fait déjà partie du passé et son déclin va aller en s'aggravant, la seule façon de survivre pour elle sera de produire du contenu qui lui soit exclusif et qu'elle seule pourra produire. Mais pour se faire il faudra des chaines spécialisées pouvant plaire à un public averti, car seul ce publique sera prêt à payer ou à passer du temps à regarder les émissions.

 

Fini la télévision grand public devant toucher tout le monde en même temps. Fini même  les grands films à la télé, la Vod et les chaines cinéma sont déjà entrain de prendre la place. Fini également les grands moments de centralité des journaux de TF1 ou France 2, les chaines info remplissant peu à peu la place qu'occupait jadis ce rendez vous populaire.

 

    Avec l'ADSL de nouvelles chaines se créent avec des moyens très faibles et représentant de véritables niches, mais avec une forte adhésion de ceux qui les suivent. On peut citer par exemple la chaine Arrêt sur Image tv qui est le format télévisuel du célèbre site éponyme, cette chaine n'existe que sur l'ADSL. Tout comme l'étrange chaine nolife celle des geek et des otaku célébrant la culture niponne et Geek avec un ton vraiment original sur le paf français. Cet chaine est révélatrice d'ailleurs du peu de moyen nécessaire à la création d'une télé sur ADSL, les créateurs n'était que deux au départ, là encore la chaine n'aurait pas pu exister sans ce nouveau support. On peut noter aussi des projets comme la création d'une futur chaine scientifique soutenu par la cité des science et de l'industrie universciencetv. On voit donc qu'avec de petits moyens il est possible d'atteindre des téléspectateurs, les grands groupes et la pensée unique peuvent donc perdre le contrôle de l'image, avec tout ce que cela signifie sur la fabrique de l'opinion et le contrôle de l'information. L'impact pourrait à terme être plus puissant que celui de l'information alternative issu du net. L'ADSL pourrait au final relever le niveau global de la télévision, niveau qui n'a cesser de baisser depuis vingt ans au bas mot.

 

Pourquoi pas chaine d'info et d'analyse faite par des citoyens?

 

      On peut toujours rêver mais avec le faible cout de cette nouvelle diffusion c'est tout à fait envisageable. La création d'une chaine d'info alternative donnant des points de vue différents de ceux des médias sous contrôle et ne suivant pas forcement l'actualité tel qu'elle est vue par des chaines comme France24 ou BFM. On peut même imaginer des chaines d'analyse politique peuplées de longs interviews de qualité équivalent à ceux de Pascale Fourrier par exemple. Une chaine ou on laisserait les interviewés prendre le temps de s'exprimer longuement.   Tient une chaine de blogueurs politiques horizonstv, je plaisante bien sure, mais qui sait si ce genre de chose ne pourrait pas se produire à l'avenir. Avec l'informatique qui s'est généralisée et la facilité qu'il y a aujourd'hui à produire de l'image, des amateurs peuvent devenir rapidement des créateurs. C'est d'ailleurs peut-être la première étape de ce Bernard Stigler appel une nouvelle " vie de l'esprit " un mécanisme permettant de mettre fin au contrôle des désirs par les grands groupes financiers et les multinationales. Il s'agit pour le citoyen de se réapproprier son imaginaire. Ces technologies comme la télé par l'ADSL seraient alors des socles avec l'internet d'une nouvelle civilisation où la pensée et les idées ne seraient plus autant concentrées dans les mains d'une petite oligarchie.

 

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Published by Yann - dans Médias
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