Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 22:40

TrouNoir1_defaultbody.jpgL'heure est grave, même les chantres de la mondialisation heureuse commencent, à voir le gouffre dans lequel l'humanité est entrée. Mais ne rêvons pas. Les libéraux, bien loin de comprendre la nature de ce gouffre, ne vont pas cesser de l'élargir avec leurs remèdes empoisonnés. Les statistiques sont maintenant formelles, les pays excédentaires, derniers illusions d'un modèle qui fonctionnerait tombent à leur tour dans la crise. Même l'immense Chine connaît un ralentissement économique important ce qui ne semble pas atteindre le cerveau de cette pauvre Angela Merkel qui croit sauver l'Allemagne en laissant périr ses voisins et en développant ses exportations dans le chimérique marché chinois. À quoi ressemblera donc ce marché lorsque les USA et l'Europe seront en récessions ? Cependant si cette crise qui ne devrait pas exister selon les théories pseudo-scientifiques du libéralisme produit des effets dévastateurs sur l'économie de nos nations, et si le discrédit des économistes est aujourd'hui total dans la population, le fait est que leurs idées malsaines continuent d'étendre inlassablement leurs effets pervers. Paralysant toujours les élites et les populations en les empêchant de faire la nécessaire rupture copernicienne d'avec l'Ancien Monde. En cette fin d'été 2012, les pensées sont paralysées, tétanisées face à l'ampleur du désastre que quelques jeux et diversions parviennent  tant bien que mal à cacher à l'opinion publique. En France même la vie est paisible, les médias sont aux anges depuis l'élection du saint socialiste qui va tous nous sauver. Et pourtant le chômage monte malgré les efforts désespérés des statisticiens pour camoufler le niveau de chômage réel du pays qui est au moins de double du taux officiel.

 

Allons-nous tous mourir pour sauver le libéralisme?

 

La crise actuelle est maintenant politique, bien avant d'être purement économique. Car les blocages des politiques sur le mode libéralisme sont plus le fait de lourdeurs politiques que d'une victoire intellectuelle d'un libéralisme agonisant. Cette rentrée scolaire va être redoutable et l'année 2013 qui arrive est porteuse de lourdes difficultés pour les élites occidentales et françaises en particulier. J'aimerai vous dire à la manière d'un Jacques Sapir qui voit la fin de l'euro à tous les coins de rue que cette monnaie absurde va disparaître et ainsi soulager momentanément l'économie française. Je pense malheureusement que l'euro se maintiendra ou plutôt que les élites le maintiendrons quel qu'en soit le prix. Face au chaos mondial qui pointe, nos élites ne sont pas prêtes à lâcher la seule bouée intellectuelle qui leur semble flotter. Même si celle-ci, nous le savons, est imprégnée de plomb. Nous allons donc au-devant d'une aggravation permanente de la crise et vers un renforcement démultiplié des politiques de réduction de la demande. Il va sembler à la majorité des nations du monde, non sans quelques raisons, que l'Europe devient le trou noir de l'économie mondiale. D'ores et déjà les effets de la réduction de la demande européenne font sentir leurs effets en Asie et particulièrement en Chine.



Mais le plus drôle dans cette histoire c'est que ce seront les systèmes sociaux et les politiques plus égalitaristes en Europe qui seront pointées du doigt comme étant la cause de l'aggravation de la crise. De sorte que l'on présentera ces politiques comme néfastes et que la crise sera l'occasion rêvée pour les rentiers et les multinationales de mettre fin à l'exception européenne. Ainsi l'on peut décrire la crise du libéralisme comme folie collective fonctionnant à la manière d'un emballement thermique ou d'une avalanche. Chaque décision prise par le système de pensée libéral aggrave la crise et autojustifie l'amplification des mesures libérales pour cause d'aggravation de la crise. Tout ceci aura une fin que lorsqu'il n'y aura plus rien à détruire, plus rien à privatiser. C'est alors seulement que le libéralisme se mangera lui même et cessera d'être au centre des prises de décisions. En un sens le libéralisme est tout à fait semblable au communisme ou au nazisme. Ces doctrines sont évidemment très différentes quant à leurs visées et aux moyens qu'elles emploient. Cependant une chose les réunis l'acharnement et l'entêtement. Ils iront jusqu'au bout du délire, l'humanité dut-elle disparaître pour y parvenir. Si ce n'est pas de la foi religieuse, une nouvelle forme de croisade et de délire messianique. Qu’est-ce donc ?

 

L'Europe dans le trou noir libéral



La politique européenne de contrition salariale est d'autant plus grave que le moteur consumériste américain ne redémarre pas contrairement à ce qu'affirmait la propagande médiatique de ces derniers mois. Le chômage remonte et la croissance américaine déjà faible, ralentie. Le seul moteur de la demande mondiale est en panne et n'est pas près de repartir. Et de toute manière même s'il repartait les pays mercantilistes accumulateurs d'excédents commerciaux sont aujourd'hui trop nombreux et trop gros pour permettre à la seule demande américaine de tirer la croissance mondiale. La stupidité d'un système commercial asymétrique mis en place ces trente dernières années atteint maintenant son rythme de croisière poussant à la récession permanente et à la contrition salariale. Le placebo du crédit et de l'endettement ne permettant plus de cacher l'ampleur du désastre en occident. La demande inlassablement va devoir s'aligner sur la maigre production encore solvable qui reste en Europe et aux USA. Il ne peut plus y avoir de croissance en Europe et aux USA dans ce cadre libre-échangiste, cependant les tenant du pouvoir font encore semblant de ne pas l'avoir compris.

 

 Les pays exportateurs cherchent de la demande, mais ils ne la trouvent plus. Quant à l'idée que la chine devienne un marché solvable, c'est simplement une escroquerie intellectuelle. Le taux d'épargne reste énorme en chine. Qui plus est même en supposant que la chine prenne une direction plus égalitaire, ce qui est peu probable, il faut tenir compte de l'hyperspécialisation économique du pays vers l'exportation. Et même si la demande augmente en chine pourquoi importerait elle nos produits puisqu'elle cherche depuis des années à devenir autosuffisante dans tous les secteurs industriels ? Les pays qui font un pari sur le développement de la chine pour leur propre croissance à l'image de l'Allemagne ou du Japon vont rapidement s'en mordre les doigts. La croissance en Europe et aux USA ne peut revenir que si l'on recrée un lien entre production et consommation. Ce qui revient à relocaliser les activités économiques pour rendre aux politiques de régulation de la demande toute leur efficacité. Toutes les autres voies sont juste de la poudre de perlimpinpin. Seulement, nous le savons, pour des raisons de rapport de force sociologique et économique ces décisions ne seront jamais prises.



François Hollande le dernier des présidents socialistes?



Face à cette réalité, on préfère détourner l'attention, et faire semblant de résoudre les problèmes. Je l'avais exprimé assez durement sur ce blog le lendemain pratiquement de l'élection de François Hollande. Cela fait quelque temps déjà qu'il est au pouvoir et le fameux changement ses partisans l'attendent toujours. Arnaud Montebourg celui qui a semblé un instant ramener la raison au PS s'est autodétruit en devenant membre d'un gouvernement qui pratique le libéralisme rose bonbon. Notre ministre du redressement productif ne possédant aucun levier économique réel s'est mis à gesticuler comme les autres, mais lorsque l'on se rappelle de ses positions préélectorales on ne peut plus que le trouver pathétique. La rose est déjà fanée et le président socialiste pourrait bien devenir le champion toute catégoriel du désenchantement. Il a déjà battu Sarkozy sur le plan de la vitesse de dégringolade d'opinion favorable. Cette situation ne fait que confirmer en passant qu'Hollande n'a guère convaincu, il était juste là en face d'un énergumène que plus personne ne supportait. Un autre candidat socialiste aurait pu tout aussi bien être élu. Seulement voilà Hollande est désormais au pouvoir et sa faiblesse intellectuelle due à son libéralisme tranquille ne peut que le pousser à aggraver sans cesse les problèmes qu'il prêtant combattre.



On peut d'ailleurs se demander à quoi ressemblera le parti socialiste dans quatre ans quand le taux de chômage sera de 20 ou 30% et que la seule chose que l'on retiendra de ce parti politique est son incroyable tolérance vis-à-vis de l'appauvrissement du peuple français. Sarkozy faisait au moins semblant de s'y intéresser, le PS ne fait même plus cet effort. La population comprend que plus rien ne sera fait pour inverser la tendance. De toute façon, les seules manières d'inverser cette crise seraient de contredire toute la doxa eurolibérale de ces trente dernières années. C'est simplement impossible pour les membres du PS et de l'intelligentsia française dans son ensemble.



Il n'y a plus vraiment d'espoir pour notre continent



Mon pessimisme latent peut certainement rendre mon discours noir. Cependant, il faut se rendre à l'évidence, cette crise va durer. En réalité, elle dure déjà depuis trente ans, mais elle était jusqu'à présent cachée par divers mécanismes. Je vois bien poindre ici ou là de multiples discours sur une révolution, sur une révolte des peuples, mais je crois qu'il est vain d'espérer cela. Nous nous dirigeons vers un pourrissement de longue haleine. À dire vrai sur une longue période historique je crois que c'est la période des trente glorieuses qui apparaîtra comme une anomalie historique. L'Europe va devenir une extension du tiers-monde, c'est maintenant inéluctable et c'est ce qu'elle a choisi. Il n'y aura ni révolte, ni mouvement d'aucune sorte. La vraie question est l'effet qu'aura cette crise ailleurs qu'en Europe, ce continent étant d'ores et déjà mort. À l'image de la Grèce du Portugal ou de l'Espagne, où il n'y a rien qui se passe malgré la violence de la crise. Cette région du monde se laisse porter par l'histoire, elle a cessé de l'écrire, et s'est suicidée. La chine pourra-t-elle survivre à la fin de son modèle exportateur ? Les états d’Amérique du Sud pourront-ils continuer à s'extirper de la mondialisation autodestructrice ? Quel sera l'effet géopolitique mondiale de la fin de l'empire américain ? Autant de questions véritablement importantes pour l'avenir. Je crois que je vais laisser l'Europe agoniser en silence cette année de blogue.

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans économie
commenter cet article

commentaires

Robert 13/03/2013 01:26


C'est trop pessimiste ,autant s'enterrer vivant.


Pour se réjouir , pensons aux lendemains qui chantent de la décroissance volontaire , du  retour à la terre , à l'usine , et aux bureau du lundi 45 fois par an.


Le tarif commuanutaire , à perte (merci les allemands), pour relancer le moteur ,une baisse des prix ça dégonfle et puis Europacorp , notre fer .Un ami me disait que le cinéma représentait le
2ème revenu des U.S. à l'exportation .


J'ai lu précédemment un autre de vos article  sur l'Islance, le contenu donnait à voir une perspective plus positive de la situation malgré les sacrifices à consentir.


Ne nous laissons pas abattre par le mauvais vent , l'europe recèle beaucoup d'atouts et des fondations politiques souples ,une monnaie encore lourde mais vigoureuse et des siècles de répétition.

Defter 21/02/2013 18:20


Bonjour
à tous, 


Je ne
poste que très rarement sur des sites mais la mon intérrogation est tellement grande qu'elle nécessite un éclairage approfondi. Elle peut se résumer en une question simple :


En quoi
la France est elle "Liberale" ?


 


Faisons
déjà un rapide bilan de notre président actuel...


En
sept mois, mis à part l’extraordinaire avancée sociale du mariage homosexuel dont on peine à deviner comment il va diminuer le nombre de chômeurs, réduire les coûts des salaires ou dégraisser
l’Etat-mammouth, on a bien du mal à lister les chantiers d’envergure que les ministres auraient entamés pou redresser la situation économique. Des taxes, des impôts, des ponctions nouvelles, ça,
oui, on en trouve en brouettées bien fournies ; mais une volonté de réformer autre chose que les horaires de classe, on n’en voit point.


Ainsi,
dans la plus parfaite opacité mentale que la tradition de mathématiques socialistes emploie depuis déjà un moment, d’un côté, l’État ponctionne le moutontribuable pour pouvoir ensuite
distribuer des allocations familiales. Notez qu’il se sert au passage. De l’autre, l’État commence à envisager de taxer ces allocations. Notez qu’il n’a pas été envisagé de diminuer ces
allocations, mais simplement de les intégrer au revenu, et par voie de conséquence, de les fiscaliser. Une partie de l’argent distribué, sur lequel avait déjà été prélevé une dîme de passage, va
donc repartir dans l’autre sens, et subir une nouvelle dîme. Bon, ok, il se murmure dans les couloirs de Bercy que Moscovici, le patron du Trou, aurait tiqué à l’idée proposée par
Migaud, mais rassurez-vous : c’est une nouvelle taxe, elle verra donc le jour.


Tout
comme verront  le jour, soyez-en sûr, une taxe sur le numérique (histoire d’inciter les grands groupes de l’Internet à venir chez nous, je suppose), la taxe sur les
transactions financières (au niveau européen cette fois), la taxe « poids lourds »(exorbitante et qui coûte déjà de l’emploi), celle sur les hauts revenus, bientôt prête
les enfants ne vous impatientez pas, ou celle sur l’assurance-vie, gros bas de laine bien trop juteux pour être laissé tranquille. Il doit y en avoir quelques autres, plus énigmatiques, plus
finement ciselées, mais le rythme, comme on le voit, ne diminue pas.


Comme
Einstein le disait fort bien, « la folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. » Hollande, Ayrault et son gouvernement prouvent donc, à qui en
doutait encore, que nous n’avons pas à faire à des gens rationnels : leur obstination à vouloir résoudre le problème français par un accroissement de l’intervention de l’État, par une
augmentation des taxes et des impôts vire maintenant au trouble obsessionnel compulsif. Si les cons osent tout (c’est à ça qu’on les reconnaît), les fous gouvernementaux n’osent plus rien d’autre
que cette unique solution de la taxe, sans pouvoir s’arrêter, sans pouvoir imaginer autre chose.


Décidément,
qu’il est doux d’être socialiste en France, d’avoir toutes les grandes villes socialistes, une grande majorité des départements socialistes, une grande majorité des régions socialistes, la
majorité socialiste à l’Assemblée, la majorité socialiste au Sénat, des ministres socialistes, un président socialiste et des journalistes très majoritairement socialistes ! Au moins, cela permet
de faire du népotisme socialiste en plaçant son ex socialiste dans une structure socialiste sans que ça gêne personne.


Avec
tout ça, on oublierait presque que le pays est sous domination ultra-néolibérale, tiens.

alliet 03/11/2012 17:51


Je partage en tous points ce noir tableau. Il faut le dire clairement, ceux qui ont 20 ans aujourd'hui et un diplôme , ne doivent pas rester en Europe.Pour en sortir , il faut penser autrement
mais qui en vraiment capable ?

Roland 08/09/2012 22:42


"Bref, il n'y a rien à attendre des Européens sur le plan de leur volonté, mais il reste d'autres mécanismes pouvant
hypothétiquement sauver les Européens malgré eux. Si je puis dire."


 


2 remarques:


Il faut voir de quels européens on parle. Sociologiquement, les classes dirigeantes et leurs affidés ne sont qu'une
petite partie du "peuple européen". Partie dont les positions sont et seront de plus en plus insoutenables.


 


Par ailleurs, je pense que l'europe est un théatre périphérique et que le dénouement ultime ne dépend pas d'elle. C'est certes un
enjeu de taille pour l'empire agonisant, mais je vois mal les ricains venir foutre le feu par nos contrées autrement que par les laches méthodes du soft power.


Le reflux interviendra quand les principaux réseaux d'influence tomberont. Là, tous sera ouvert pendant une courte fenêtre. Dieu
seul sait ce qui se passera à ce moment et à quoi on aboutira. Nous vivons une période ou la prédiction de ce qui se passera lors de la vaporisation de l'influence américaine sur le monde relève
de la divination. Enterrer l'europe qui est quoi qu'on en dise le moteur intellectuel et en grande partie économique du monde depuis près de quatre siècles, c'est être un peu léger, je
trouve.


 


Qui vivra verra.

olaf 08/09/2012 18:55


On peut critiquer l'allemagne ou les us, mais en termes d'innovation, ils font partie des meilleurs. Ce ne sont pas que mes lectures économiques, mais aussi ma pratique quotidienne qui me le dit.
D'autres pays comme la Chine est en bonne voie.


La France a perdu son imagination, et ceux qui en ont foutent le camp.


Les dirigeants politiques et économiques francais ne savent plus rien produire de nouveau.