Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 20:48

  Demain nous fêterons le 40 ème anniversaire de la disparition du plus grand dirigeant de l'histoire de France, comme le dit mon collègue Laurent Pinsolle sur son blog, celle du Général De Gaulle. On ne peut qu'être d'accord sur le rôle éminemment important de De Gaulle dans l'histoire de France, il a pour ainsi dire sauvé la France malgré elle. Il lui a rendu son indépendance et sa capacité à écrire son propre destin. Malheureusement cet anniversaire nous rappel combien l'héritage gaulliste n'est plus aujourd'hui qu'un lointain souvenir. Alors que notre pitoyable président vient de vendre les derniers morceaux de notre indépendance aux britanniques, celle du nucléaire, et à leur maitre américain, ce denier nous fera certainement une de ces commémorations hypocrites dont les gaullistes du verbes, de Chirac à Sarkozy en passant par De Villepin, ont toujours fait usage.  On prend des postures, on fait de grands discours mais en pratique on suit le court de l'histoire sans l'anticiper, on fait comme tout le monde pour plaire aux médias, bref on fait tout sauf du gaullisme. En vérité la seule chose qu'il faut véritablement garder de De Gaulle, le fondement des ses analyses fut toujours l'indépendance nationale. Concept en contradiction totale avec la pseudo-modernité mondaine des clubs de réflexion parisiens.

 

  De Gaulle avait parfaitement analysé son temps, mais il avait aussi prévu largement à l'avance, l'effondrement de l'URSS et des USA. Il était persuadé que le monde de demain ne pourrait en aucun cas être dominé comme l'avait été depuis la seconde guerre mondiale par seulement deux puissances. En vérité le Général grand connaisseur de l'histoire, avait compris que les deux superpuissances l'étaient devenues essentiellement par la grâce d'un accident historique que furent les deux guerres mondiales. Le monde a en fait toujours été multipolaire, si l'on y regarde bien, et même à sa glorieuse époque, l'empire britannique n'était pas aussi puissant que  les USA ou l'URSS après guerre, il devait négocier avec des puissances locales tout à fait importantes.  De la même manière l'on constate que c'est l'évolution technique qui permit à de petits pays européens de peser sur tant de peuples à travers la planète. Avec la diffusion des savoirs à l'échelle planétaire et la multiplication des nations industrielles, une telle domination n'est plus possible à notre époque. Même l'immense Chine ne pourra jamais peser comme les USA ont pu peser par le passer. Le monde retourne petit à petit au monde d'avant la révolution industrielle sur le plan géopolitique, une époque où l'Europe n'était pas plus riche que l'Asie et où en définitive chaque région s'occupait  d'abord ses propres problèmes. De Gaulle avait finalement pressenti ce que nous vivons à l'heure actuelle, la désaméricanisation du monde et la déglobalisation pour reprendre le terme de Jacques Sapir.  Chaque région va s'organiser de façon plus autonome et le rêve fantasmatique d'un monde unique parlant l'anglais et construit autour de l'american way of life ne sera bientôt qu'une lointain souvenir. Les nations les plus autonomes seront celle qui seront les mieux à même de prendre ce virage historique.

 

Le monde de demain étant multipolaire l'intérêt de la puissance en temps que telle va en fait aller en décroissant, les pays les plus influents ne seront pas les plus gros mais ceux capables de fédérer le plus d'entités nationales derrière eux pour tel ou tel objectif. La France du Général De Gaulle était bien placée dans ce sens, mais ses successeurs amoureux éternelles du parti de l'étranger et apeurés par la petitesse de la France ont préféré détruire ces atouts.  En enchainant la France dans l'Europe les européïstes ont profondément affaibli notre nation qui n'a même plus les attributs minimaux pour être qualifié de nation. Et c'est ce qu'explique très bien  Marie-France GARAUD dans cet interview donné sur france3 et parlant de son nouveau livre  "Impostures politiques". La grande dame du gaullisme exprime ici en peu de temps le saccage perpétré par Giscard, Miterrand, Chirac et maintenant Sarkozy, avec une monté crescendo du degrés de trahison des intérêts de la nation française. La souveraineté française, son indépendance reste la seule et unique question du gaullisme et les politiques qui veulent se référer au Général, doivent toujours se poser cette question "Est-ce que la politique menée conduit le pays à plus d'indépendance". Est ce que notre commerce asymétrique avec la Chine nous permet une plus grande indépendance ? Est-ce que les accords nucléaires avec la GB nous permettent une plus grande indépendance? Est-ce que l'UE nous permet une plus grande indépendance? Vous qui suivez ce blog vous comprendrez bien que je réponds par la négative à chacune de ces questions. Mais pour pouvoir être indépendant encore faut-il être une nation et à en croire Marie France Garaud à cause de nos élites la France actuelle n'en a plus les attributs. Il restera donc aux génération futur le dure labeur de reconstruire une nation française et un état aujourd'hui en lambeau:

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans politique
commenter cet article

commentaires

AMEN 26/01/2011 22:55



On peut toujours débattre;;;il est clair que la FRANCE est devenue peu à peu le trou à merde de la planète.Immigration de peuplement, traffics en tous genre, drogues à tous les coins de rue,
insécurité pharaonique, chômage titanesque, pauvreté et précarité grandissante, fraudes gigantesques et j'en passe.Il n'y a plus qu'à attendre que le feu d'artifice final.



simplet 11/11/2010 21:06



Vanter les mérites d'une femme comme Garaud, c'est un peu osé!


De Gauule, c'était l'homme pragamatique dans un moment qu'il avait parfaitement compris, comme Richelieu, comme Bonaparte.


Son avantage sur ces deux-là, c'était son intégrité et sa non compromission.


Il reste que le Général dont je suis un fervent admirateur à titre personnel et par ma filiation d'un ancien d'Angleterre, n'est plus et qu'il est malhonnête de le faire intervenir dans le débat
en lui faisant référence et d'agir en son nom.


Nous avons déjà vécu pendant trente ans sur son héritage qui est maintenant épuisé.


D'autres idées et d'autres projets doivent être érigés.


La difficulté sera de trouver un visionnaire de cette qualité.


Quant au Président actuel, je suis assez d'accord avec l'article que lui a consacré Allègre dans le Point.


Vu l'état de l'appareil et du personnel politique, qui d'autre?


Il doit aussi pédaler durement pour rattraper 26 ans de présidence immobile. L'état de la France n'est dû qu'à cela. Cela ne lui donnera pas plus d'estime dans les sondages.


J'ajouterai que mon reproche essentiel et que ne lui fait pas Allègre, c'est d'avoir écarter le non du référendum sur l'Europe, source de beaucoup de problèmes et ce à cause de ceux qui la
composent.


De même, il vait promis l'usage de référendum et n'en a organisé aucun.


C'est dommage. Mais vu l'opposition et l'attitude médiatique, il se serait exposé  inutilement.



Sancelrien 11/11/2010 19:35



La France n'est déjà plus un Etat souverain, c'est malheureusement vrai. Mais cela va devenir de plus en plus difficile à cacher. A mon avis la première bombe va éclater au printemps prochain,
quand notre brillant Parlement, si soucieux de ses prérogatives, va être obligé de constater qu'il n'est plus qu'une chambre d'enregistrement pour des budgets décidés à Bruxelles. Cela va se
terminer par une révolution c'est-à-dire par une guerre civile, c'est bien évident.



René Jacquot 10/11/2010 11:25



@ Yann


Suis-je décliniste? Probablement... je n'ai pas la même vision des 30 glorieuses qui font figure pour moi de "parenthèse enchantée", "d'accident de l'histoire". De Gaulle a pu bénéficier d'une
époque où tout était à faire et à reconstruire, le renouvellement d'une partie des élites ayant été salutaire.


Je persiste à croire que De Gaulle nous a vendu un rêve qui a parlé au peuple, celui-ci d'une France trop grande pour les français et redemptrice des péchés de la Seconde Guerre Mondiale. Les
nations avaient toute leur place durant la Guerre froide et De Gaulle a fait preuve d'un sens géopolitique certain!


Concernant les métropoles insérées dans l'économie-monde, je maintiens... Les villes "cosmopolites" où migrants et nouvelle bourgeoisie mondiale se cotoyent sans jamais se parler sont l'archétype
de la nouvelle mondialisation: il est plus facile de faire Paris/New-York que Paris/Clermont-Ferrand ou Paris/Perpignan! Guilluy montre bien dans son dernier ouvrage cette césure entre
Mégapole/Ultrapériphérie.


Les centre-urbains se vident de leurs habitant? Ce n'est pas exactement ça, on assiste à un exode urbain des classes populaires et moyennes et à un processus de substitution de population par les
"bobos" et les "primo-arrivants". Soit un phénomène de gentrification et d'ethnicisation de ces quartiers.


Les mégopoles jouent leur propre carte dans la mondialisation, Paris est une ville aux multiples nationalités, aux sièges sociaux étrangers très bien insérée dans l'économie de la connaissance
mondiale et doit lutter avec d'autres villes comme Londres, Berlin, Barcelone...


Un retour des nations est-il possible? Le traitement de la crise peut amener une réponse positive à condition que les villes mégopoles jouent le jeu de la cohésion nationale et de la solidarité!



yann 09/11/2010 19:37



@Perceval


C'est un point de vue, en tout cas en matière d'impact positif je ne suis pas sûr que les personnages que vous citez dépasse De Gaulle. A titre personnel j'ai une certaine aversion pour Napoléon
et je ne crois pas que son action fusse vraiment positive à long terme.


 


@René


Deviendrais tu un fataliste maintenant?  J'aime beaucoup Régi Debray mais là je crois qu'il se plante largement le Général a fait plus qu'illusion il a eu une vrai politique de redressement
démographique économique et scientifique. Les trente glorieuses ne furent pas une illusion mais au contraire un vrai redressement. Le problème c'est qu'il n'a pas préparé sa succession. Il
fallait tuer les partis politiques et la bourgeoisie parisienne pour l'empêcher de nuire à long terme. Le problème est à mon sens lié à la question de l'élection des représentants qui favorise
trop le clientélisme et le copinage. J'en ai déjà parlé mais il faudra un jour songer à introduire le tirage au sort pour éliminer définitivement cet inconvénient majeur de la démocratie
représentative.


Sinon l'idée de ville indépendantes des états et devenant des mégapoles autonome n'a aucun sens. En fait les mégapoles sont intrinsèquement liées au développement national. Sans la France et
l'action collective française Paris mourra, à l'image des grandes villes américaines qui commencent à dépérir avec le déclin économique et industriel US. Regarde Detroit Las Vegas et bientôt New
York ou San Francisco. A l'inverse dans un pays comme la Chine où l'état est fort et maintient une politique de développement on voit de grandes agglomérations se développer comme Shanghai. En
fait il s'agit du résultat de la spécialisation territoriale à l'intérieure d'une nation. Quand la nation se disloque les grandes métropoles déclines, Paris perd des habitants et il ne fera pas
bon vivre dans Paris dans 10 ans si la situation continue de se dégrader. L'avenir appartient aux nations et à rien d'autre, les peuples qui auront renoncé à ce concept disparaitront de
l'histoire et seront remplacé par d'autres. Il n'y aura jamais de monde uni peuplé de mégapole autonome c'est un fantasme Attalien rien d'autre.


 


@RST


On ne peut pas garder du Général une politique précise et l'appliquer immédiatement pour résoudre nos problèmes actuels. Mais il est clair que sa démarche ses objectifs n'ont rien perdu de leurs
pertinences. Et à mon sens l'indépendance c'est vraiment quelque chose d'irréductible chez De Gaulle.