Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 17:43

  100126_angela_merkel_ap_392_regular.jpg

Comme cela était prévisible les tension politiques au sein de la zone euro commencent à devenir importante. La chancelière allemande vient par exemple de remettre au gout du jour le racisme antilatin de son pays avec des propos tout à fait provocants à leur encontre. En effet pour Angela Merkel :«Il faudrait que dans des pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal on ne parte pas à la retraite plus tôt qu'en Allemagne, que tous fassent un peu les mêmes efforts, c'est important», c'est ce que nous apprend cette dépêche AFP. En version plus crue, cela donne "faut aller bosser bande de fainiasses", j'espère que d'éventuels germanophones pourront traduire ça en allemand. Ce commentaire est d'une gravité extrême, il émane tout de même d'une représentante de la plus haute fonction politique allemande. Dans les pays latins excédés par un chômage qui flambe et des salaires qui s'effondrent, on va surement apprécier ce type de discours complètement à côté de la plaque. Mais le plus étonnant c'est que les élites allemandes semblent sincèrement croire qu'elles n'y sont pour rien dans la situation actuelle des pays latins. Pourtant comme nous l'avions vu, hier les chiffres parlent d'eux même, c'est bien l'excédent allemand le problème numéro un de la zone euro, la surévaluation arrivant en seconde position.

 

 

      La réaction des élites allemandes à la crise semble souligner un esprit d'innocence totale en regard des problèmes que produisent leurs propres politiques commerciales. On dirait presque un état d'esprit à l'américaine, je fais des choses pour moi même sans me soucier des conséquences chez les autres et je feins d'être surpris de ces mêmes conséquences.   Alors est-ce de la mauvaise foi, ou un mélange d'idiotie ou d'ignorance, je n'en sais rien, il n'empêche que les propos d'Angela Merkel sont particulièrement déplacés. Cela confirme aussi mon hypothèse d'une révolte contre l'euro et l'Europe produit par l'égoïsme de certains rentiers d'âge élevé ce qui est le cas d'une bonne partie de la population allemande. Cela peut paraître paradoxal puisque c'est justement l'euro qui permet à l'Allemagne de produire ses excédents, mais c'est sans compter sur les croyances diverses et variées.

 

 

  Les familles souches croient en la hiérarchie entre les hommes, entre les organisations et donc entre les peuples, même si effectivement à cause du passé de l'Allemagne les gens ont tendance à cacher ou à maquiller ces croyances. Cela ressort de temps en temps, et les crises sont des moments propices pour voir ce type de comportement ressortir. Les Allemands pensent leurs sociétés mieux organisées et pense que naturellement les autres devraient les imiter, bien que si cela se produisait les avantages allemands fondraient comme la neige au soleil. Si tout le monde cherchait l'excédent, il n'y aurait plus de clients nulle part. C'est un fait rationnel, mais il est plus grisant et plus euphorisant pour un esprit de famille souche de penser être au sommet de la hiérarchie européenne. Nous avons affaire à un sentiment de supériorité plus qu'à autre chose. À l'inverse chez les pays latins on croit à l'égalité, les propos de Merkel vont donc heurter de plein fouet cette croyance et les Latins vont eux accuser, à juste titre d'ailleurs, l'Allemagne d'égoïsme ou d'être responsable de la situation. Mais comme les mentalités divergent, il y a peu  de chance qu'un tel imbroglio puisse être résolu autrement que par un divorce. Cependant dans ce cas ce n'est pas la victime  de maltraitance qui demandera le divorce, mais l'agresseur en l'occurrence l'Allemagne. Car dans la tête des Allemands il est inimaginable de payer pour des fainéants ou des incapables latins.

 

Une Espagne en pleine crise sociale

 

 

    L'autre grande nouvelle sur le plan de l'instabilité politique en Europe c'est l'apparition de mouvements populaires contre la paupérisation généralisée provoquer par la crise et surtout par les pseudoremèdes à la crise économique espagnole. C'est ce que nous apprend par exemple cet article. Comme je l'avais dit il n'y a pas longtemps, le chômage des jeunes espagnoles dépasse les 50%, un taux de pays du tiers-monde à forte natalité ce qui n'est pas le cas de l'Espagne qui est un pays qui vieillit rapidement. Il est étonnant d'ailleurs que la population espagnole n'ait pas réagi plus tôt et avec plus de violence tant les politiques menées ont été cruelles et stupides.

Chomage-espagnole.png

 

 

 

Cela ne va pas aller en s'arrangeant, car l'Espagne doit créer beaucoup d'emplois pour revenir à la situation antérieure à la crise. Même si cette situation n'était pas encore idéale le taux de chômage n'étant pas alors à zéro, mais à 8 ou 9 % ce qui était déjà trop. Le pays a tiré sa croissance sur une bulle immobilière qui a aujourd'hui éclaté. Un tel modèle n'était bien évidemment pas viable, non pas à cause de la montée des prix irrationnels de l'immobilier, mais à cause du déficit commercial que la surconsommation espagnole produisait. Il faut bien comprendre qu'un modèle économique est viable pour une nation, que si les comptes extérieurs sont équilibrés. C'est la seule véritable contrainte, tout le reste c'est du blabla savant sans intérêt. Qu'un pays ait un déficit public n'a aucune importance s'il n'y a pas de déficit extérieur, c'est juste un problème de répartition interne des richesses et d'impôts mal dosé. La crise espagnole était inscrite dans son déficit commercial, ce qui a permis à des économistes sérieux comme Jean Luc Gréau de prévoir la catastrophe.

 

balance-commerciale.png

 

 

L'Espagne doit reconstruire une industrie, seulement dans le cadre de l'euro on ne voit pas bien comment cela peut-être fait. L'appartenance à la zone euro condamne ce pays à produire des déficits commerciaux en permanence et la seule méthode qu'il ait pour équilibrer ses comptes est dans la hausse du chômage et la baisse du niveau de vie. Seulement comme nous en apercevons maintenant même les Espagnoles ont des limites. Le graphique suivant montre bien la paralysie engendrée par la monnaie unique sur la production industrielle espagnole, non ce n'est pas un hasard si celle-ci stagne à partir de 99. Les quelques années de croissance entre 2005 et 2007 étant surtout dues à l'emballement de la bulle spéculative immobilière comme l'atteste le déficit commercial de ces mêmes années.

 

Production-industrielle.png

 

 

 

En Ecosse  aussi çà chauffe

 

 

Autre effet des crises de l'Europe et du néolibéralisme, les indépendantismes régionaux sortent renforcés de l'incapacité des états européens à régler leurs problèmes économiques. Un référendum sur l'indépendance écossaise pourrait ainsi être bientôt organisé ce que réclame le dirigeant du parti indépendantiste écossais Alex Salmond. Il est aussi le premier indépendantiste à devenir le dirigeant du gouvernement autonome d'Écosse qui était remis en place à l'époque de Tony Blair. L'Écosse qui fait pourtant partie de la Grande-Bretagne depuis 1701 ne supporte plus sa dépendance à l'égard de l'état britannique et la crise a surement donné une certaine dynamique à ces courants indépendantistes. Je rappellerai à nos lecteurs férus de Todd, que l'Écosse est d'ailleurs un état où la famille souche est dominante, alors que la famille anglaise est de type nucléaire absolue. La famille souche est caractérisée par l'inégalité et l'autorité, la famille nucléaire absolue par l'individualisme et l'absence d'intérêt pour l'égalité . Cette différence se traduit probablement par une meilleure résistance de l'identité écossaise à la globalisation et à l'américanisation. Un peu comme l'Allemagne, grande nation de famille souche, résiste mieux à la mondialisation avec un certain nationalisme latent. Dans un système économique qui s'effondre comme c'est le cas de la GB, les gens se rattachent alors à ce qui les unit, mais le fort individualisme anglais empêche une telle évolution. Les habitants de l'Écosse se tournent donc naturellement vers leur identité résiduelle écossaise.  Avec tous ces problèmes, on pourrait se demande si finalement l'Union européenne ne va pas finir par produire plus d'états nation une fois que sa disparition, pratiquement inéluctable, se sera produite. L'Europe d'après l'UE pourrait être composée de plus d'états qu'au départ. Ce qui serait un paradoxe historique de plus puisque le but de l'UE était à l'origine de faire un état plus grand que les états nations membres.

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans politique
commenter cet article

commentaires

olaf 22/05/2011 23:07



Moi je suis là en DE, et je les trouve polis, ouverts, pas flicailleurs, reconnaissant les bonnes idées que je trouve, et ne m'en voulant aucunement pour ça, mais reconnaissant mes apports.


En France, dans plusieurs boites, j'ai connu l'enfer, l'humiliation, les menaces physiques, le licenciement pour faute grave, le harcèlement moral puis les procès que j'ai engagés pour me
défendre, voilà.


L'affaire DSK ne m'étonne pas trop, les français et leurs classes politiques sont trop complaisantes. Plus même aucune rigueur, un laxisme destructeur.


Pour vivre, il faut s'astreindre à un minimum de discipline personnelle et éthique.


Ne pas faire n'importe quoi, se poser des questions et agir de façon un peu responsable.


C'est pas négociable.


Et quand on m'a agressé, j'ai cogné le plus dur possible. Je n'aime pas me battre, mais si il faut le faire, alors j'y mets toute mon énergie. Parfois ça a fait très mal, j'étais vaincu jusqu'à
ce qu'à la dernière seconde, j'ai renversé la situation.


Et l'adversaire je l'ai terrassé, démonté.


 


 



yann 22/05/2011 20:40



@Olaf


Oui certes, mais les élites allemandes ont quand même un comportement dégueulasse avec les états du sud. De toute façon c'est la structure même de l'union qui nous conduit à l'affrontement, c'est
el coté tragique de la situation. L'europe ce n'est pas la paix c'ets la guerre de tous contre tous. Chaque état tire la couverture de plus en plus petite vers lui.  L'Allemagne joue son jeu
on ne peut pas lui en vouloir pour cela. Cependant les autres nations ne peuvent aps non plus accepter sans arrêt de plier. C'est bien pour cela que l'Europe telle qu'elle est construite devra
forcement éclater demain dans cinq ou plus , ej n'en sais rien mais elle éclatera.


@red2


Merci de me défendre.


Je ne crois pas du tout à une réaction violente en cas de départ de l'écosse. MAsi les élites britanniques sont prises à leur propre jeux. C'est elles qui ont vendu le mutliculturalisme à toute
les sauce à tel point qu'on pourrait voir un jour un Londonistant indépendant et parlant pakistanais.  Elles ne pourront pas s'opposé à un courant qu'elles ont elles mêmes créer. Le
parlement ecossé date de seuelement 1999. En France ou même en Espagne là cela pourrait effectivement mal se passer notre universalisme latent nous interdisant d'accepter les différentialismes
locaux.


 


Pour ce qui est de l'oligarchie déclenchant une guerre, en Europe je vois mal quel prétexte pourrait éventuellement servir à ce genre choc. Et puis j'ai trop peu d'estime pour nos élites actuelle
pour les croire capable de stratégies de grande envergure. Il faut une croyance collective pour cela à l'image des nazi incendiant le reichtag dans le but déliminer leurs concurents.


 


@Europa


Vous faites fort en caricature. Il n'y a aps de haine dans mes propos comme vous le dit Red2 il y a juste des constations empiriques. Les élites allemandes ont choisi une stratégie mercantiliste
en faisant stagner les salaires et en compriment leur demande intérieure. Moi je réclame des hausses de salaires en Allemagne vous pensez sérieusement que ce type de proposition est germanophobe?
Quand au caractère communiste de mes idées vous n'avez jamsi dû lire les propositions d'un communiste pour dire cela. Les communistes par exmple sont d'accord avec leur cousins libéraux sur la
nécessité de l'absence de frontière, su rle libre-échange ou sur la libre-circulation des personnes. Ce n'est pas mon cas. Et Keynes que je cites fut le premier penseur à avoir vuecaractère
profondemment mystique et religieu du communisme. Il en fit même une forte critique dans un texte publié en 1925 intilué "Un aperçu de la Russie". Essayez d'étayer vos propos et arrêtez de penser
avec des catégories préfabriquées. Ce n'est pas parce que l'on critique la politique de l'Allemagne que l'on déteste l'Allemagne ou les allemands. Et ce n'est pas parce que l'on est pour la
hausse des salaires qu'on est communiste.



olaf 21/05/2011 00:14



Yann


Zut alors, mon com n'est pas passé. J'ai fait une fausse manip.


Je disais, en résumé qu'il faut se méfier des clichés concernant l'Allemagne.


Que je constate, comme mes amis travaillant ou ayant travaillé en Allemagne, que le management est bien moins autoritaire qu'en France. Que la concertation avec les supérieurs hiérarchiques
existe vraiment comme avec les syndicats.


Qu'en France l'autoritarisme est très présent dans les boites et les partis politiques, l'affaire DSK semble montrer l'impunité des puissants bénéficiant de l'indulgence due à leur rang.


Que les suicides et études concernant le climat dans les entreprises françaises montrent un gros problème.


Que l'Allemagne n'est pas si nationaliste, mais plutôt décentralisatrice avec ses Länder et son histoire pas si éloignée.


Que les germains ont été déjà soucieux de la liberté en résistant à Rome.


Et que Hegel disait que l'Allemagne est le pays de la liberté.


Que l'Allemagne résiste à l'UE en mettant en avant sa constitution.


Que Merkel ne représente pas l'avis de tous les allemands et qu'elle est contestée largement ici.


 


 


 


 


 


 



red2 20/05/2011 22:57



Super article, j’aurais simplement une remarque sur ta boutade finale sur l’Ecosse et l’UE qui prôneraient la division. L’UE ? Combien de divisions justement comme dirais l’autres ?
Parce que si Écosse fait parti du RU, la catalogne de l’Espagne ou même Alsace de la France c’est principalement du fait de rapport de puissances et le résultat de guerres et d’occupations
sanglantes. Même problématique pour les dettes si certains pensent pouvoir refuser de payer sans que l'oligarchie réagisse (on a fait la guerre pour moins que ça….) De ce fait c’est plutôt vers
des tensions géopolitiques que l’on va de mon point de vu plutôt que vers des ruptures pacifique en un éparpillement de petite nations. En clair comment vont réagir les 50 000 000
d’anglais si les 6-7 millions écossais réclament l’indépendance ?


 


@Europa


 


On voit que vous avez tout compris vous… et vous avez lus les 2 derniers articles de Yann avant de débiter de telles énormités ? C’est pourtant clair… pour vous donner des indices :


-         
l’euro est complètement surévalué pour des économies comme le Portugal, l’Espagne ou la Grèce (et pas qu'un peu, de l'ordre d'un facteur 2...)


-         
Les taux directeurs des années 2000 on été beaucoup trop bas pour l’Espagne ou l’Irlande d’où la bulle immobilière, l’Espagne était en excédents budgétaires avant la crise… (on fait comment avec
l’euro SVP pour déterminer un taux qui convient a tous ?)


-         
On fait comment dans un système a somme nulle pour avoir tous dans les  150 000 000 000 € d’excédent commercial ?


Et je pourrais continuer pendant des heures… Pour finir que l’Allemagne soit plus efficace économiquement que la France ou l’Espagne personne ne le nie (lire ou écouter Todd sur le sujet) mais
que sa politique mercantiliste soit complètement égoïste et inadaptée, c’est clair ! Et si les latins n’en on encore pas pris conscience ça viendra et alors ca risque de faire mal… On doit
pouvoir se protéger sinon on court à la ruine et l’Allemagne avec nous quand on ne pourra plus se payer ses produits: 28 milliard de déficit vis-à-vis de l’Allemagne pour la France c’est
plus que notre déficit avec la Chine…  


Pour conclure, ou vous voyez de la haine dans ces simples observations ? par contre si la politique de certains continue elle va en générer de la haine et une révolution on sait comment ça
commence, moins comment ça se termine alors si on pouvait éviter...



Europa 20/05/2011 19:33



Mais il est monomaniaque le monsieurs en plus d'être communiste.


Utiliser un impératif morale kantien pour réguler l'économie est synonyme de dictature et de mort, mais plus encore d'incapacité aux sciences économique. Quant aux délcarations de Merkel, on ne
voit pas bien en quoi elles sont racistes, même quand vous extrapolez. Mais quand on a tort et qu'on a plus que la haine pour se " défendre ", il est effectivement utile de surfer des logomachies
suspectent bien populistes.


 Personne dans ces manifestations n'accuse l' Allemagne de quoi que ce soit. Les accusations, en Espagne, vise un gouvernement socialiste ( qu'ils ont élus ) lamentable.


On vit en occident pas dans vos délires Staliniens et Franchouillard jusqu'à la mort. Le pognon des autres n'est pas le vôtre et la culture occidentale garantie aux personnes et aux entités
morales, l'usus et l'abusus.


  Au demeurant des populations Allemandes sont très bien acceptées en Espagne et cela depuis plus de dix ans. Ils n'ont relevé ni menaces, ni accusations, ni ségrégation. Créez un faux
compte Facebook Allemand, chercher des Espagnoles et des Grecs, pas un seul ne vous insultera ou ne vous reprochera quelque chose.


On sent là peur dans cette article, la peur c'est la haine de l'autre, c'est pas beau....


ps: les Allemands ne vendent absolument pas leur modèle ce serait sucidaire, elle refuse simplement de payer pour une mauvise gestion. Jusqu'à preuve du contraire, ils gèrent bien dans de mutiple
domaine.