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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 23:03

  J'ai déjà expliqué à plusieurs reprises le peu de cohérence qu'avait la monnaie unique. Sa structure de base, la façon dont elle a été construite ne pouvait que conduire à la catastrophe les états membres. Mais je trouve très étrange l'actuel emballement autour de la monnaie unique, surtout si que si l'on observe les grandes économies occidentales. Les USA et la GB n'ont par exemple rien à envier aux grecques en matière d'irresponsabilité macroéconomique.  Nous l'avons vue dans des textes précédent ces pays sont dans un état lamentable. Même en critiquant l'euro et en soutenant que sa nature même le conduit à la faillite on peut trouvé curieux l'incroyable attaque des marchés financiers sur des pays membre de la zone euro. On peut alors se demander à qui profite le crime?

 

Couler l'euro pour sauver momentanément le dollars?

 

    Tel est la question que soulève cet emballement grecque et maintenant espagnole. En effet alors que les USA voient leur dette publique exploser et que leur déficit commercial recommence à croitre, voila soudainement que la zone euro devient la cible de tout les spéculateurs de la planète, comme si les problèmes de l'euro venaient d'être subitement découvert par le saint marché. Et voilà les économistes américains, dont on connait les qualités prédictives, aucun d'entre eux n'ayant réellement prévu la crise, et dont les stars comme Stiglitz sont de fieffés schizophrènes puisqu'ils ne grattent que la surface de la crise sans en atteindre l'origine. Et pour cause, comment ne pas voir qu'une grande part de cette crise est liée au rôle du dollars en tant que monnaie internationale.  Ne comptez pas sur les économistes américains pour confondre la responsabilité américaine dans la déstructuration de l'économie planétaire. Par contre ils peuvent être de parfait supplétifs à la manipulation des marchés en vue de favoriser tel ou tel attitude de leur part. En effet attaquer la Grèce est un bon moyen d'affaiblir l'euro et donc éventuellement d'enlevé cette épine du pied de l'empire américain. Un effondrement de la monnaie unique aurait un effet bénéfique à court terme sur la valeur du dollars en produisant un effet de fuite de capitaux. La monnaie chinoise ou le yen ne pouvant encore servir de monnaie de réserve.

 

Mon collègue Laurent Pinsolle a présenté dans son dernier texte les propos de Stiglitz qui présente l'euro comme une monnaie condamnée, mais où diable était les économistes américains lorsque l'euro a été fabriqué? Pourquoi cet avis subitement ? On pourrait tout aussi bien dire que le dollars est condamné parce qu'il n'est pas diffusé dans une zone monétaire optimale. En se penchant cinq minutes sur la répartition des richesses aux USA on s'aperçoit vite du peu d'homogénéité territoriale en matière de niveau de vie. Quand à la mobilité elle est fortement limité par ces mêmes inégalités, quelques états concentrent la quasi totalité des richesses. Et l'on pourrait se demander s'il est bien de l'intérêt de la Louisiane, par exemple, de garder le dollars comme monnaie. La Louisiane n'aurait elle donc pas intérêt à dévaluer sa monnaie pour améliorer sa compétitivité ? Probablement que oui, mais cela ne semble guère intéresser Stiglitz et ses amis économistes américains et grands défenseurs de l'empire.

 

Car cet emballement médiatique soudain n'est pas un hasard, il ne s'agit pas soudain de défendre les peuples et les intérêts populaires des travailleurs, car il y aurait eu en tel cas une critique du libre-échange et une critique beaucoup plus virulente sur la création monétaire privatisée. Non, les USA ont besoin de maintenir leur monnaie à son niveau, alors que le déficit commerciale recommence à se creuser et que la Chine rechigne de plus en plus à acheter des bonds du trésor US, l'Amérique s'inquiète. Il faut impérativement que les USA attire des capitaux et le meilleur moyen pour cela est de déstabiliser des zones économiques capables de fournir ces capitaux en quantité suffisante.

 

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Produire un effondrement monétaire  en Europe pour provoquer une fuite de capitaux vers les USA.

 

Tel est doc mon hypothèse pour expliquer la concentration d'attaque étranges sur les pauvres grecques et maintenant les espagnoles. Et ce n'est pas une nouveauté, l'instabilité en Amérique du Sud a été pendant longtemps un moyen pour les USA d'attirer l'épargne de cette région du monde. Il en va de même pour l'Asie du sud lorsqu'elle fut frappé par une crise provoqué par des capitaux spéculatifs à court terme  en 1997. Il faut bien voir que toute cette organisation, ou plutôt désorganisation économique mondiale n'a qu'un seul but financer les USA et leur macro déficits.  Les asiatiques se sont protégés de l'impérialisme américain grâce à leur stratégie mercantiliste d'accumulation d'excédents, et les autres régions du monde sont trop pauvres pour donner les capitaux suffisant pour maintenir le dollars, il ne restait donc plus que l'Europe et sa monnaie stupide et si facilement attaquable.

 

Alors bien sure certain ici trouveront étrange le fait de vouloir maintenir la valeur du dollars. En effet une dévaluation n'est elle pas bénéfique aux entreprises US? C'est probablement la vision de Laurent, mais c'est oublier l'état de délabrement de l'économie américaine. Malgré une baisse très importante de la valeur du dollars entre 2002 et 2007 le déficits commercial n'a cessé de se creuser. Seule la contraction de la demande intérieure US en 2008 nourrit par l'explosion de la bulle des subprimes à momentanément réduit le déficit.  Mais en luttant pour faire redémarrer la croissance en faisant exploser les dépenses publiques et les déficits, Obama a réactivé la pompe à marchandises. On voit donc sur le graphique précédent un retour au creusement des déficits commerciaux. Il n'y a plus d'industrie US la baisse du dollars n'a donc aucun intérêt pour les USA, par contre cela renchérie les importations et nuit donc à la croissance complètement déséquilibré de l'Oncle Sam. C'est une fuite en avant et les américains feront tout pour retarder l'échéance du crash monétaire et économique qui  est maintenant une question de temps. L'Europe est donc la dernière vache à sacrifier au dieu dollars, il faut couler l'euro pour sauver, pendant encore quelques temps, le dollars, en attendant la domination chinoise.  Et qui sait l'euro a peut-être été créé pour çà finalement, après tout l'UE elle même ne fut-elle pas créée et favorisée par les USA ? Et l'UE a-t-elle jamais réellement servit les intérêts des peuples qui la constitue?

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 22:07

        La crise grecque est devenue le symbole de l'absurdité conceptuelle de la monnaie unique, et voir les européens traiter ainsi le peuple à l'origine de leur civilisation est clairement représentatif de la décadence continentale. En effet nous pourrions, fort bien, nous amuser à mesurer ce que doit l'Europe à la Grèce, et il est probable que les plus endetter ne serait pas ceux que nous croyons. Mais cette bataille de comptables aveugles n'a pas vraiment d'intérêt.  L'affaire grecque révèle aussi et surtout l'échec des politiques de subvention que l'UE n'a eu de cesse de pratiquer depuis trente ans, car oui il faut bien l'admettre, les subventions européennes n'ont servi à rien. Et il y a là matière à nourrir une réflexion sur les politiques de développement tel que nous l'entendons et sur le meilleur moyen de sortir un pays du sous-développement. L'échec en matière de développement subventionné est totale Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, ont à peu prés tous développé un secteur immobilier hypertrophié et créé une dépendance aux importations et aux déficits commerciaux. Il faut alors se poser la question de la pertinence des fonds européens puisque ces derniers n'ont pas permis de réelle développement économique mais juste alimentés une bulle immobilière monstrueuse qui éclate désormais.

 

  De quel manière doit-on aider un pays? Est-ce que fournir des subventions en permanence est une bonne chose? Autant de question qu'il va bien falloir se poser devant le désastre des Pigs. La question des subventions se pose d'ailleurs également pour les entreprises privées ou les secteurs à développer, la déformation produite par les subventions agricoles sont assez éloquentes seule les gros agriculteurs en bénéficie. La question des subventions doit donc être aborder par les néoprotectionnistes dont je fais parti et ne pas être laissé aux seuls adeptes du marché libre, qui ne veulent aucune intervention étatique ou aux obsédés de la subvention infinie qui pensent les deniers de l'état sans fin. Entre la peste libérale et le choléra du communisme étatiste il doit y avoir une bonne voie plus équilibrée et moins dogmatique.

 

1-Comparatif entre l'Espagne et la Corée du sud

 

  Nous commencerons par un petit comparatif entre deux nation l'Espagne et la Corée du Sud. Pourquoi ces deux pays me direz vous? Et bien en premier lieu parce qu'ils pèse à peut prés autant démographiquement et que comme par hasard leur développement se sont fait à des périodes similaires. Ces deux pays ont donc en commun une évolution historique similaire sorti de dictature puis démocratie. La différence s'est faite sur l'appartenance de l'un à l'union européenne et de l'indépendance monétaire économique totale de l'autre. Les graphiques qui suivent et dont les chiffres proviennent de l'OCDE et de l'OMC montre la profonde divergence qui s'est construite tout au long des années 80.

 

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Le graphique si dessous vous montre que l'évolution démographique des deux pays est comparable, il est d'ailleurs à noter que la Corée du Sud a aujourd'hui une natalité encore plus catastrophique que l'Espagne ou son voisin japonais.  Ces deux pays ont donc connu une transition démographique semblable le comparatif économique sera donc assez parlant.

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    La différence ici saute aux yeux la productivité du travail horaire à cru beaucoup plus vite en Corée qu'en Espagne  à partir du milieu des années 80 or je le rappels, aux cas où, l'Espagne est entrée dans la communauté européenne en 1986! Faut-il voir dans le ralentissement des gains de productivités les effets de  la préparation puis de l'entrée dans l'union européenne? Car avec son entrée l'Espagne va recevoir une manne financière tout à fait considérable des centaines de milliards d'euro vont être injectés dans l'économie espagnole, et ce, sans aucune contrepartie. Cela va d'ailleurs se voir dans l'évolution de la balance commerciale espagnole, comme nous allons le voir sur le graphique suivant:

BalanceCommercialeComparareEspCOre.png

  Il s'agit ici de l'évolution de la balance commerciale sur les biens, elle n'est pas en pourcentage du PIB malheureusement, mais cela reste parlant. On voit bien que le déficit commercial permanent commence en 1986, en comparaison la balance coréenne reste à peu prés à l'équilibre variant bien sure jusqu'à la crise de 1997 où ce pays va décider de faire une politique mercantiliste comme l'a très bien analysé Jacques Sapir dans un de ses textes. En effets les pays asiatiques vont se prémunir des crises monétaires par l'accumulation déraisonnable de réserves de devises, ce qui a produit la crise actuelle, mais c'est un autre sujet.  Quoiqu'il en soit on voit bien que le problème espagnol de déficit commercial a commencé bien avant l'euro. A noter que le réajustement de la balance commerciale espagnole en 1992 fut le fruit d'une forte dévaluation de la peseta. L'Espagne rompant alors avec le SME (système monétaire européen) qui avait préfiguré l'euro. Il est vrai que dans ces conditions il est difficile de voir quel est le facteur déterminant dans l'évolution macro-économqiue du pays. Est-ce les subventions qui ont provoqué l'afflux de consommation et perturbés ainsi l'équilibre économique espagnole, ou bien juste la monnaie et l'impossibilité de dévaluer. La suite de l'histoire montre que la monnaie est un facteur déterminant ,cependant il y a bien un déficit commerciale permanent que seule les subventions européens ont pu pérenniser.  Et l'apparition du déficit dès 1986 est trop cohérent pour être une simple coïncidence.  Ci-dessous vous pouvez voir l'évolution du taux de change entre la peseta et le dollars entre 1990 et 2010 bien sure après 1999 il s'agit de l'euro, je n'ai malheureusement pas trouvé les taux plus anciens cela serait intéressant de voir l'évolution de la monnaie espagnole durant les années 80. Nous voyons bien ici l'amélioration de la balance commerciale espagnol à chaque dévaluation face au dollars et la dégringolade lorsque le dollars se dévalue comme s'est le cas depuis 2002 .

 

 

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      Sinon nous avons là une bonne comparaison entre un pays qui s'est trompé l'Espagne et un pays qui a fait des choix judicieux la Corée du Sud. L'un développant le tourisme et l'immobilier, l'autre l'industrie à long terme, il n'y a pas photo la Corée est bien plus forte économiquement, elle a aujourd'hui des groupes industriels capable de rivaliser à l'échelle international comme Samsung ou Hyundai. Elle est un leader dans l'innovation scientifique et technique alors que l'Espagne est lanterne rouge en matière d'investissement en recherche et développement dans l'UE.  Et pourtant la Corée du Sud n'a bénéficié d'aucune aide contrairement à l'Espagne, c'est un point très important à noter. Alors l'Espagne a fait des choix certes, ces choix sont peut-être les fruits d'une élites moins inspiré que celle de Corée, sans doute, mais on peut également y voir les contraintes et les effets néfastes des politiques européennes. Les subvention ont mal orienté l'économie espagnole et ont gonflé les prix de l'immobilier. Si l'on devait faire un comparatif a faire a avec le plan Marshall, ce dernier fut de courte durée et c'est cette durée qui  a probablement obligé les états européens, en bénéficiant, d'en faire un usage raisonnable. Les espagnols comme les grecque, les irlandais, ou les portugais ont petit à petit, prit ce qui devait être momentané comme un intrant permanent dans leurs budgets publiques.  Les conséquences furent bonnes, à court terme, produisant croissance et dynamisme apparent, mais rendant l'industrie et le travail de ces pays trop cher, empêchant également les efforts en matière de productivité du travail, le graphique comparant l'évolution coréenne et espagnole étant suffisamment parlant sur la faiblesse hispanique.

 

  Finalement il eu probablement mieux valu que les espagnols restassent hors de l'UE. On pourrait d'ailleurs citer ici l'autre grand exemple de l'échec des politiques de subvention inter-étatique, celui de l'Allemagne de l'est. Car là aussi l'unification monétaire et le libre-échange ne furent pas compenser par la solidarité et les subventions pourtant très généreuses. L'exemple coréen montre qu'il est plus efficace d'avoir une monnaie indépendante et une politique commerciale propre, la Corée fut largement protectionniste pendant les années 80-90 contrairement à l'Espagne, que des subventions aussi fortes soient-elles. Il serait bon que nos nations regardent les choses en face en la matière. Il est vrai aussi que dire que l'on aide un pays en lui donnant de l'argent et des subventions fait plus de publicité et donne une meilleur image politique, sauf que cela n'aide absolument pas au développement.  Nos politiques feraient bien mieux de s'inspirer du vielle adage:"Si tu veux nourrir un homme un jour, donne-lui un poisson; si tu veux le nourrir tous les jours, apprends-lui à pêcher." 

 

2-Les subventions doivent êtres limités dans le temps

 

  Comme nous l'avons vue il ne faut pas que des politiques de subventions deviennent permanentes, il ne s'agit pas de prôner l'égoïsme, mais de prendre en compte le facteur temporel. Les aides doivent plutôt se faire sur de courtes périodes exactement comme le plan Marshall. Dans la crise des PIGS il y a donc beaucoup d'hypocrisie à faire porter toute les responsabilité sur les seuls pays qui ont bénéficié des aides car les créateurs de l'Europe la France et l'Allemagne sont tout aussi coupable. On ne peut qu'être d'accord avec l'économiste Norman Palma qui sur son blog dit que les responsabilités sont partagés.  Il s'agit de reconnaitre des erreurs collectives et non de chercher tel ou tel bouc émissaire, tel ou tel pays qui serait naturellement irresponsable. Il y a d'ailleurs des relents racistes et nauséabonds dans les propos que tiennent certains sur les économies grecques ou espagnoles, c'est d'ailleurs souvent les mêmes qui les adoraient hier qui les conspuent aujourd'hui.

 

Mais cet échec étatique souligne aussi les limites des politiques de subventions sous quelque forme que ce  soit. Nous savons en France par expérience qu'il ne ressort jamais rien de bon de subventions permanentes. Ainsi subventionnons nous le cinéma  en permanence ce qui a produit de vrais rentiers dans ce milieu sans produire de grands talents. On pourrait aussi parler des subventions permanentes dans les banlieues dont on cherche encore les résultats positifs. Ou encore ces artistes qui deviennent de véritables fonctionnaires puisqu'ils ne vivent que de l'argent publique, mais est-ce le rôle de l'état que de subventionner l'art? On peut se poser la question comme se l'était posé Malakine sur le sujet en 2008. L'argent publique n'a pas vocation à arroser tout les secteurs en difficulté sous n'importe quel condition. On ne devrait octroyer les aides que par compte goute et uniquement pour de courtes durées. Ce qui est valable pour les états vaut probablement aussi pour les secteurs industrielles et les entreprises. Je ne parle pas ici des secteurs publiques ces derniers découlant naturellement des monopoles, les secteurs naturellement monopolistique devant évidemment être nationalisé. Il est à noter d'ailleurs que les services publiques n'ont pas pour but le profit ce qui n'est pas le cas des secteurs subventionnés. Les politiques de subvention sont donc à mener avec précaution, il ne sert à rien d'arroser d'argent un secteur ou un pays, c'est au contraire dangereux pour lui comme viennent de s'en rendre compte les grecques et les espagnols. Les subventions permanentes peuvent créer du clientélisme de la corruption de  la dépendance étatique, la confusion entre l'esprit des entreprises privés qui cherche le profit et le système publique font un très mauvais mélange.

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 11:20

banner_royaume-uni_index.jpgAlors que la plupart des projecteurs médiatiques sont braqués sur la Grèce au dernières nouvelles les taux d'intérêts sur la dette de ce pays viennent d'ailleurs d'atteindre le chiffre délirant de 13%, la Grande-Bretagne vit une situation en tout point similaire, voir même plus grave. Mais étrangement point de panique sur la City dans nos médias, il est vrai qu'ils ne s'inquiètent guère non plus de la situation US, forcement meilleur puisque super Obama résout tout les problèmes. Les britanniques traversent également une crise politique qui rend le pays complètement ingouvernable, le déclin des travaillistes est certain, mais le pays possède trois grandes formations politiques capables de peser et le futur vote du 6 mai prochain risque de ne pas donner de majorité claire.  Ce qui devrait favoriser les petits partis extrémistes comme le BNP (British National Party) qui pourront jouer des alliances pour permettre aux grands partis de former une majorité, c'est d'ailleurs l'un des gros problèmes du vote à  la proportionnelle que cette situation souligne. L'autre petit parti qui pourrait peser étant l'UKPI dont j'aimerai qu'il y est l'équivalent en France car il réclame l'indépendance de la GB et la sortie pure et simple de l'union  Européenne, tout un programme auquel je ne peux qu'adhérer.  Bien sure ce parti est qualifié d'extrémiste par le système médiatique puisque l'UE est forcement notre avenir..

 

  Mais quelque soit le prochain parti au pouvoir, il va devoir affronter une situation économique particulièrement préoccupante. Les poumons de l'économie britannique ont tout simplement cessé de fonctionner, la dévaluation a certes arrangé les choses sur le déficit commercial, preuve que oui cela aide, mais le déclin du pétrole en mer du Nord et l'hypertrophie du secteur tertiaire et financier, tout comme  le déclin industriel ne prépare pas à l'optimisme.

 

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    Comme nous le voyons sur ces différents graphiques la Grande Bretagne a eu raison de dévaluer sa monnaie en 2008, le déficit sur sur les marchandises s'est notablement réduit permettant, si l'on ajoute les services, à la balance des paiements d'être proche de l'équilibre. Le choix stratégique de la Grande-Bretagne est depuis longtemps déjà de se spécialiser dans les services et notamment la finance. Grâce à la City ce pays ponctionne de gros revenue à travers la spéculation internationale, la finance représente près de 20% du PIB Britannique, mais cette stratégie est hautement risqué à long terme. En premier ce que cache en parti le modèle Britannique c'est que ce pays n'a pas eu besoin jusqu'à présent d'importer son énergie contrairement à la France ou à l'Allemagne, il s'agit là d'un avantage non négligeable et qui va fortement peser sur l'évolution économique du modèle britannique. La balance des paiements devrait à nouveau se dégrader avec l'arrivée du Pic pétrolier en mer du Nord, il faudra alors compenser quelque part cette dégradation, soit par une contraction de la demande, soit par une hausse du chômage, soit les deux.  Mais il est impossible pour économie qui s'est volontairement désindustrialisée de compenser par la hausse de ses exportations et c'est bien là la limite de la société post-industrielle pourtant vantée par certains.

 

  Ensuite les services financiers britanniques n'ont pas d'avenir, la crise a commencé à chambouler les conceptions économiques dominantes à l'échelle planétaire et le centre économique du monde est entrain de basculer vers l'Asie. Le système britannique est fondé sur le parasitisme économique des puissances européennes et américaines l'effondrement de ces puissances économiques ne pourra que faire perdre sa centralité au système financier britannique. Un parasite ne peut survivre à son hôte.  Or comme nous l'avons vue c'est la finance qui permet grossièrement à la Grande-Bretagne d'équilibrer ses comptes extérieures sans cela la dette ne cessera d'enflée elle est d'ailleurs déjà extrêmement forte. Ainsi la dette publique s'est accrue de 153 milliards de £ sur la seule année 2009 soit un accroissement représentant 10.87% du PIB et dire que l'on trouve la situation française dramatique. Cependant il s'agit ici de la dette publique or ce que beaucoup oublie c'est qu'en réalité c'est la dette extérieure qui compte sur l'évolution à terme de la valeur monétaire. C'est d'ailleurs une erreur que beaucoup répètent en comparant la situation grecque à la situation japonaise, alors que les japonais, fort d'une énorme épargne, s'empruntent à eux mêmes, ce qui n'était pas le cas des grecques. Dans le cas anglais il vaut donc mieux regarder l'évolution de la dette extérieures que celle de la dette publique à proprement parler, même si l'une peut nourrir l'autre suivant le taux d'épargne du pays concerné.

 

Or la dette extérieure de la Grande-Bretagne s'élève à 9088 milliards de $ en juin 2009 voir ce document libre de la cia classant les pays en fonction de leur dette extérieure.  Soit trois fois le PIB britannique comme quoi s'inquiéter uniquement du problème grecque c'est faire la politique de l'autruche et ce d'autant plus que si un pays de la taille de la Grande-Bretagne coule aucune nation ou organisation n'aura les reins assez solide pour éponger la dette, la Grande-Bretagne est "Too Big to save". On peut d'ailleurs en dire autant de la France ou de l'Espagne, en cas de rupture les britanniques seront obligés, soit de monétiser leur dette, soit de la répudier, croire qu'elle est encore remboursable à ce niveau  relève de l'absence totale de compétence en matière d'addition et de soustraction.

 

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    L'autre problème est le peu d'efficacité du modèle britannique, la croissance y a certes était  longtemps plus forte qu'en France, par exemple, mais les inégalités y ont explosé. Le coefficient de Gini de la Grande-Bretagne est aujourd'hui le plus haut d'Europe alors que pendant longtemps les Britanniques ont eu une société plus égalitaire que celle de la France, au risque de surprendre. La croissance par l'endettement et la spéculation financière a eu des conséquences désastreuses sur la structure sociale britannique et le pseudo-bas taux de chômage n'y change rien. En effet il est aujourd'hui bien connu que les statisticiens britanniques ont en grande partie caché le chômage  grâce à diverses astuces comptables, ainsi y a-t-il trois fois plus de handicapés en GB qu'en France, pour des pays équivalent en nombre d'habitants c'est assez curieux n'est-ce pas. Mais c'est vrai qu'un handicapé n'est pas un chômeur. Les américains ont leur système judiciaire avec 2.1 millions de prisonniers, les britanniques ont leurs handicapés, chacun son truc pourvu qu'on appel pas les chômeurs par leur vrai nom. Et puis la productivité du travail fait du surplace la faute à un niveau scolaire stagnant et à l'hypertrophie des services, en effet les secteurs du tertiaire sont souvent peu capables de fournir des gains de productivités, lorsqu'ils représentent 74% de l'emploi total, ils pèsent forcément sur les gains de productivités globaux du pays.

 

    Quand à la société du savoir tant chérie par les libéraux elle ne risque pas de naitre en Grande-Bretagne, ce pays fait encore moins d'efforts que la France en matière recherche et le niveau scolaire n'y est guère brillant le nombre de jeunes y faisant des études supérieurs ne dépassant guère les 35% bien loin des taux asiatiques. D'autant que les jeunes britanniques comme les jeunes français, malheureusement, se destinent surtout à la finance ou au marketing, pas aux sciences.  D'ailleurs comment leur en vouloir, le marché de l'emploi britannique ne fournissant que des emplois tertiaires. Là encore la spécialisation dans les services produit tendanciellement une perte au niveau de la capacité créative dans l'industrie, sans une base industrielle forte, il est impossible de maintenir la créativité dans ce secteur. Ceux qui pensent pouvoir découpler innovation industriel et taux d'industrialisation du pays en terme d'emploi se trompent complètement.

 

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Le modèle britannique mis en place par Margaret Thatcher et maintenue trente ans par le pétrole de la mer du nord et les travaillistes, arrive à la limite de se propres contradictions. Il n'est pas question ici de faire dans le pessimisme ou l'anglophobie, je pense d'ailleurs que la Grande-Bretagne est bien mieux placée que la France ou l'Allemagne pour se redresser. En effet les anglais ont été suffisamment sage pour ne pas se mettre dans le merdier de l'euro et il s'agit là d'un avantage tout à fait considérable. La dévaluation de 2008 a déjà allégé les problèmes macroéconomiques britanniques même s'il reste le fond à savoir une désindustrialisation excessive et dangereuse pour la prospérité du pays.  Et le pays peut compter sur un patriotisme toujours florissant, il est tout à fait plausible que l'on assiste à un revirement britannique sur la question du libre-échange avec la dégradation constante de la balance des paiements que le déclin de la finance et du pétrole ne peuvent que provoquer.

 

Bien sure la réaction de la population britannique ne sera pas motivé par l'explosion des inégalités, les anglais n'ayant aucune attraction pour l'égalité, ce sera plutôt l'effondrement de l'ordre néolibérale tel qu'ils l'ont connu et la disparition de l'empire américain qui devrait les réveiller. Car quelque part, le nationalisme britannique s'est contenté de vivre son envie de supériorité au travers l'impérium américain, la disparition de ce dernier sera un choc tout à fait considérable pour ce peuple. L'Amérique était vue comme la continuation de la domination anglaise, c'est tout le sens des special relationship entre la GB et les USA, il faisaient parti de la même famille. Les britanniques voudront-ils couler avec leur ancienne colonie? je ne le crois pas. En tout cas ils ne pourront pas maintenir leur système en l'état, le PIB a reculé de près de 5% en 2009 et ce malgré des interventions étatiques tout à fait considérables. Il faut que les britanniques se mettent à reconsidérer leur choix en matière économique, même s'ils leur faudra pour cela affronter la City et son poids économique très important. Quand à la dette une épuration progressive est souhaitable et à d'ailleurs en partie commencé la banque d'Angleterre n'hésitant pas à monétiser la dette comme la FED.

 

 

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 12:35

industrie.jpg  On va ici aborder un thème classique de l'économie celui des rendements décroissants, j'en avais d'ailleurs déjà parler lors de mon texte sur la technique et la décroissance. Je vais ici aborder le thème d'une façon différente en liant plutôt ce problème avec l'explosion du cout de la technostructure dans certain secteurs. Ainsi vous apprendrez que les rendements décroissants sont à la base, par exemple, de l'inflation des couts médicaux ou encore que les rendements décroissant produisent l'effondrement de la puissance militaire des USA et de l'occident en général.

 

1-C'est quoi un rendement décroissant?

 

    Commençons par le commencement en expliquant rapidement ce que signifie concrètement ce terme. Il était utilisé autrefois surtout dans le domaine agricole, en effet les paysans ont remarqué depuis longtemps qu'il y avait une limite à ce que l'ont pouvait tirer d'un sol en le travaillant. Quand une nouvelle terre était utilisé par l'agriculteur il y a pendant un moment une augmentation des rendements agricoles proportionnelles à la quantité de travaille fournit par l'agriculteur. Pendant une certaine durée on peut ainsi augmenter les rendements du sol en le travaillant de plus en plus, plus vous travaillez le sol et plus ils produira de plante. Mais il arrive un moment où ce lien proportionnel se rompt et où le rendement ne progresse plus de façon proportionnel c'est ce que l'on nomme les rendements décroissants. D'un point de vue mathématique on peut représenter le lien entre la quantité de travail et les rendements comme un logarithme népérien.

 

  Ce phénomène est sommes toute assez naturelle, il y a après tout une limite à tout même à la vie de notre soleil, on voit mal pour quelle raison la productivité et des les rendements pourraient croitre indéfiniment. Ces mécanismes de rendements décroissant sont une constante qui n'est arrêté que par les ruptures scientifiques seules capables de véritablement entrainer, pendant une période donnée, des rendements croissants. J'en parlerai plus loin.  La mécanique des rendements décroissants ne touche pas seulement l'agriculture c'est un phénomène générale de saturation d'un processus technique et pratique.

 

2-L'impact sur l'économie

 

Ainsi l'exemple le plus parlant sera le transport par train. Le train est une des grandes inventions du 19ème siècle il a complètement remodelé la façon de voyager dans nos pays alors qu'il fallait des jours à cheval pour relier les grandes villes française, le train lui a permis de les relier en quelques heures. Les premiers trains à vapeur on constitué une rupture énorme avec le transport à cheval, le premier train à vapeur a été construit en 1804 en Grande-Bretagne et le premier chemin de fer en 1825. Les gains en vitesse furent dans un premier temps considérables et c'est ici que les rendements croissants apparaissent dans le passage du cheval au train, car  un investissement modéré permet de faire de grands gains de vitesse. On peut même dire en dépensant moins, puisque le coût d'entretien des chevaux étaient très important. Donc le passage du cheval au train va produire des rendements croissants, plus on investit dans la machine à vapeur et les chemins de fer plus l'on ira vite et plus on fera en fait d'économie. Le lien entre l'investissement et les gains en vitesse et en coût vont continuer avec le train à diesel, puis le train électrique. Mais on voit déjà que le coût de ces  deux derniers vont croitre plus rapidement que les gains en vitesse c'est l'apparition des rendements décroissants, le cout commence à augmenter plus vite que les gains en vitesses et en coût.

 

  C'est avec le TGV dernière évolution des trains en date que les rendements décroissants deviennent évident, le coût des lignes TGV est énorme et les gains en vitesses pas si énormes que cela, en tout cas bien moindre que l'explosion des coûts qu'elle engendre. Le résultat est que pour maintenir des lignes TGV la SNCF est obliger de faire des économies ailleurs et l'on voit que ce mécanisme des rendements décroissants obligent ici cette entreprises à se concentré sur les nouvelles techniques plus couteuses. Les rendements décroissants quand ils arrivent obligent à une concentration des dépenses, on pourrait ici émettre l'hypothèse que les rendements décroissants sont un puissant mécanisme d'accroissement des inégalités, en effet l'exemple du train est parlant pour maintenir les ligne TGV on est obliger de fermer des lignes plus petites et régionales, on se concentre sur les transports entre grandes agglomération au détriment du transport régionale. Il s'agit bien ici d'un processus technique produisant un phénomène de concentration des richesses.

 

  Autre exemple des rendements décroissants le système de santé. Il est de notoriété publique que le coût de la santé s'accroit bien plus rapidement que les richesses dans les pays développé. Les explications à ce phénomène sont nombreuses et souvent bardées de considérations idéologiques. Ainsi l'explication la plus courante et la moins discutable est l'effet du vieillissement, il est évident que le vieillissement moyen de la population va nécessairement faire croitre le cout médical puisque plus l'on vieillit et plus l'on est fragile physiquement. Mais est-ce que les coût augmentent réellement proportionnellement au vieillissement? La réponse est non, le vieillissement est un phénomène beaucoup plus ancien que l'augmentation des coût médicaux, ce phénomène n'arrange rien mais il n'est probablement pas la cause principale de l'augmentation du coût des soins.

 

    L'autre théorie très en vogue chez les idéologues libéraux est que le coût résulte de nos systèmes de protection sociales. Ici l'aberration du raisonnement est évidente, puisque c'est aux USA que les coûts sont les plus élevés alors même que le système d'assurance santé était, jusqu'à aujourd'hui, complètement privé et concurrentiel. Les américains cumulant à la fois le système de santé le plus mauvais en résultat et le plus couteux.  Cependant l'exemple américain montre, aussi dans sa nature fortement inégalitaire, que pour les riches il est possible que le système de santé américain soit l'un des plus performants au monde. Ne voit-on pas des riches français aller se faire soigner aux USA? Mais alors est-ce que cette inégalité, ce système de santé à deux vitesses et fort couteux ne serait pas, en partie, le résultat de la mécanique des rendements décroissants que nous avons vue dans le cas du train? En effet la plupart des médecins vous le dirons les meilleurs médicaments, les plus efficaces par rapport à leur coût sont déjà anciens. La pénicilline, ou l'aspirine n'ont pas trouvé de remplaçant aussi peu couteux et beaucoup plus efficace. En générale les nouveaux médicaments voient leurs coûts croitre bien plus rapidement que leur efficacité c'est typiquement une situation de rendement décroissant. Autres exemples les scanners, ces derniers voient leur coûts exploser avec l'imagerie 3D, mais est-ce que cette augmentation des coûts est proportionnelle à l'augmentation de l'efficacité dans le traitement et la visualisation des maladies? La réponse est non, et c'est tout le problème, c'est le cœur du problème de notre système de santé à l'heure actuelle, la médecine fait face à des rendements décroissants.

 

    Ces rendements décroissants entrainent une augmentation prodigieuse des coûts médicaux qui ne sont pas proportionnels à l'accroissement de la qualité des soins. Ce faisant comme les budgets consacrés à la santé ne peuvent pas suivre, le système de soin fait des économies ailleurs. Ce mécanisme comme dans le cas du train et du TGV est naturellement inégalitaire, il produit une concentration des dépenses vers les hauts revenus. Les USA sont probablement le pays le plus avancé dans cette situation car le plus anciennement touché par les rendements décroissants.  Aujourd'hui nous devons nous poser une question: Vaut-il mieux soigner extrêmement bien un individu richissime ou soigner un peu moins bien dix individus moins riches? C'est ce genre de question qu'il faut se poser si l'on veut véritablement arranger notre système de soin. Alors ici je n'ai pas parlé du système financier et du lien entre la rente boursière et le système pharmaceutique, ce n'est pas le but de ce texte. Mais il est possible que les liens incestueux entre la bourse et le système pharmaceutique soit lié au peu de découvertes scientifiques réalisées dans le domaine médicale, et soit à l'origine en partie des rendements décroissants que connait ce secteur.

 

  Dernier exemple l'armé, en effet si il y a bien un autre domaine où les rendements décroissants font leur lit c'est bien celui de l'armement. C'est d'ailleurs un domaine que Jacques Ellul avait étudié pour montrer le changement profond qui s'est produit depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L'exemple le plus criant et qui fait souvent la une de l'excellent site dedefensa c'est le célèbre avion JSF toujours plus couteux. Et on voit bien qu'aujourd'hui les puissances avancées ne sont plus capable de déplacer un grand nombre de soldats, les effectifs se réduisent car le prix des matériels militaires ne cessent de croitre. Pour quelle efficacité sur le terrain? Il n'y a qu'à voir en Afghanistan trop peu de soldats et la sophistication ne compense pas le manque d'homme. Et l'on peut se poser la même question que dans le domaine médicale: Vaut-il mieux avoir un avion super-sophistiqués ou dix un peu moins bons? Pour l'instant nos armés pensent toutes qu'il vaut mieux un seul avion très sophistiqué, la pratique nous dis qu'en fait non. Vaut-il mieux avoir sur le terrain dix milles hommes avec du matériel de pointe, ou 100000 un peu moins bien armés? C'est le genre de question qu'il va falloir se poser dans un proche avenir tant les puissances occidentales sont devenue militairement incapables de gagner.

 

  Dernier point sur l'impact des rendements décroissants dans l'économie, le lien avec la concurrence. La concurrence est souvent vue comme une mécanique qui permet de faire progresser la productivité et d'améliorer l'efficacité de l'économie en générale. J'avais expliqué dans ce texte ce que représente pour moi le principe de concurrence.  Il faut préciser cependant que la concurrence ne produit des bienfaits que si de gains de productivités sont possibles. Dans le cadre de notre analyse présente, celle des rendements décroissants, il semble que la concurrence devient un coût inutile. En effet s'il n'y a aucun gain possible, du fait de la stagnation technique, alors la concurrence se transforme en coût pur. Pour se différencier, les entreprises vont multiplier les dépenses en pub et autres mécanismes marketings qui vont globalement accroitre le coût des produits. Au finale en régime de stagnation technique on peut supposer de façon très vraisemblable que la concurrence devient un mécanisme néfaste et couteux. Encore une fois il y a un lien entre la technique et le système économique, mais il n'est pas celui que croient généralement les libéraux. C'est la technique qui impose l'efficacité du système économique et non l'inverse. Quand la technique stagne la concurrence devient néfaste, à l'inverse que les rendements soient croissant, que la technique progresse et alors là  la concurrence  est une bonne chose.

 

3-Seules les ruptures scientifiques produisent des rendements croissants

 

      Je rejoins donc dans ce texte l'analyse de Ellul, c'est bien le système technique qui impose au final le succès ou non d'un système économique et non l'inverse. Le système économique capitaliste et concurrentiel ne pourrait pas survivre à une stagnation technique, c'est d'ailleurs peut-être l'une des causes profondes de la crise actuelle. Les pays avancés ne connaissaient plus de gains de productivités physiques suffisants dans les années 70-80, ils ont alors créé la mondialisation pour continuer à croitre au travers un système de gains de productivités purement comptables qui traduisent en fait un esclavagisme d'un genre nouveau. En effet en délocalisant en Asie les occidentaux ont pu continuer à voir des gains de productivités au sens comptable, mais dont le moteur n'était plus le progrès technique mais la sous rémunération du travail.

 

  L'autre transformation est que les rendements décroissants produisent partout une concentration des richesses comme nous l'avons vue dans le cas du train ou du système de santé. Les techniques qui connaissent des rendements décroissants sont de plus en plus réservées à une élite. La seule façon de mettre fin à cette mécanique est de faire des ruptures scientifiques. Mais ces dernières ne sont pas automatiques, on ne sait absolument pas d'ailleurs s'il y en aura encore.  Si le système scientifique n'est plus capable de produire des ruptures alors il faudra nécessairement transformer notre organisation économique, car la stagnation technique  dans un cadre capitaliste et concurrentiel ne pourra qu'entrainer des conflits sociaux graves. C'est d'ailleurs ce que pensait Keynes le capitalisme est un système transitoire, il ne peut pas survivre à la transition technique, si les processus techniques stagnent le capitalisme est donc condamné. Mais le paradoxe c'est que c'est peut-être le capitalisme lui même qui  par la modification qu'il a entrainé dans les mentalités et les structures sociales, a mis fin au progrès scientifique. En effets une société comme la notre, toute obsédée par la consommation, est bien peu capable de produire les esprits qui permettraient justement de produire ces fameuses ruptures scientifiques. Le capitalisme aurait donc scié la branche sur laquelle il était assis sans le savoir.

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 07:42

Dans son denier texte Laurent Pinsolle s'attaque très justement à la question de la fraude fiscale. Il critique la position du Figaro sur le nombre d'évadés fiscaux et leur soit-disant explosion numéraire. Ses propos son très justes, mais je ne crois pas qu'il soit judicieux de s'attaquer à la question fiscale en essayant de minimiser le nombre d'évadés fiscaux. Tout comme il est improductif de s'attaquer aux paradis fiscaux, surtout lorsque l'on se présente gaulliste et donc attaché aux principes du droit des peuples à disposer d'eux même.

 

En effet attaquer des nations sous le prétexte qu'elles ont une fiscalité inférieure à la notre, revient à produire un discours impérialiste et attentatoire à la souveraineté des peuples. Et après tout un pays comme la Suisse, par exemple, n'a jamais eu de forte fiscalité. Le problème doit donc être regardé d'une autre façon, une façon  qui puisse réaliser en pratique notre objectif, à savoir rendre à notre propre pays son indépendance en matière fiscale, c'est à dire faire en sorte que le taux de fiscalité français ne soit plus imposé par la concurrence fiscale. Il s'agit de rendre aux nations la liberté de faire la fiscalité quel souhaite sans qu'elles aient à regarder le taux de fiscalité du voisin.

 

  La concurrence fiscale fut une invention géniale des néolibéraux pour contraindre au démantèlement de la redistribution par l'impôt. En imposant la libre-circulation des capitaux les néolibéraux savaient parfaitement que le pays avec la fiscalité la plus faible imposerait sans le vouloir sa propre politique d'imposition. Il fallait être particulièrement naïf pour croire qu'en ouvrant les frontières à ce niveau les riches et les grandes entreprises n'allaient pas en profiter pour optimiser leur taux d'imposition en allant s'installer là où elle est la plus faible. Et de la même manière que la libre-circulation des biens et des personnes entraine un nivellement par le bas des rémunérations des salariés, la libre circulation des capitaux entraine un nivellement par le bas de la fiscalité.

 

    Vouloir, pour remédier à ce problème, contrôler les paradis fiscaux est illusoire, voir même malhonnête, car on ne voit pas comment faire en pratique. En effet à moins d'envoyer l'armé pour obliger certains états à agir, ils leurs sera toujours possible de faire leur petites affaires en douce. On voit où ce type de raisonnement peut mener. Qui plus est certain paradis fiscaux sont des grandes puissances. Je rappels au passage que le plus grand paradis fiscale sur terre c'est Londres et pas la Suisse ou le Liechtenstein ! Et que ce soit Londres est en soit un retour à l'histoire avec un grand H puisque Londres fut aussi le cœur de l'empire Britannique qui fut fondé par des actes de pirateries, et qu'est ce qu'un paradis fiscale à part un état pirate qui vie en ponctionnant des revenues de l'extérieur? 

 

Les paradis fiscaux une forme de piraterie moderne?

 

    Il est assez cocasse de représenter la fuite fiscale et  la concurrence dans ce domaine comme une nouvelle forme de piraterie et pourtant elles en a toutes les caractéristiques. Grâce à des fiscalités avantageuses certains pays ponctionnent des revenues produits par le travail d'autrui. Il n'est guère étonnant de retrouver des anglo-saxons au centre d'un nouveau commerce de piratage. Je rappellerai au passage que la Grande-Bretagne fit souvent appel à la piraterie pour concurrencer ses adversaires et ponctionner des revenues à l'étranger. La reine Élisabeth 1ère,  elle même, finança ce type de pratique et le fameux pirate Francis Drake. Les conséquences de ces pratiques furent assez positives pour la Grande-Bretagne comme nous l'apprend ce passage d'un texte de Keynes " Perspectives économiques pour nos petits enfants":

 

"Car je fais remonter les premiers placements étrangers de la Grande- Bretagne au trésor que Drake vola à l'Espagne en 1580. Cette année-là, il revint en Angleterre, chargé des trophées prodigieux de la Toison d'Or. La reine Élisabeth était une des principales actionnaires du consortium qui finança l'expédition. Avec ses bénéfices, elle remboursa toute la dette étrangère de l'Angleterre, rétablit l'équilibre budgétaire, et se trouva encore en possession de £ 40.000. Elle plaça celles-ci dans la Compagnie du Levant qui fit des affaires florissantes. Avec les bénéfices de la Compagnie du Levant, on fonda la Compagnie des Indes Orientales, et ce sont les bénéfices de cette magnifique entreprise qui constituèrent la base des placements anglais à l'étranger. Or, il se trouve que £ 40.000 placées à 3% d'intérêts composés, correspondent environ au volume des placements de l'Angleterre à l'étranger de nos jours et à des dates différentes; elles équivaudraient aujourd'hui à une somme de £ 4.000.000.000, ce qui, je l'ai déjà indiqué, est le montant actuel du total de nos placements à l'étranger. Ainsi, chaque livre rapportée par Drake en 1580 est devenue aujourd'hui 100.000 livres. Telle est la puissance des intérêts composés."

 

    Voila qui donne un sens nouveau à la glorieuse montée de la Grande-Bretagne non? La compagnie des Indes orientales fut le moteur de l'empire britannique au 19ème siècle, elle fut à l'origine de la domination britannique en Inde, permit de fonder Hong-kong et Singapour, elle provoqua aussi la fameuse guerre de l'opium. Alors aujourd'hui bien sure, on attaque plus les navires, ce serait couteux et inefficace. Non, l'essentiel est de ponctionner les revenues liées à l'énorme circulation des capitaux créée par la mondialisation financière, elle même fruit de la domination anglo-saxonne. La finance représente une part écrasante du PIB US et Britannique, on comprend mieux leur peu d'enthousiasme à l'idée de mettre fin à la libre-circulation des capitaux, tant ils en sont dépendant. Autant demander à un mafieux de devenir honnête ou à un trafiquant de drogue de faire de la prévention contre les stupéfiants.

 

  Bien sure officiellement ces pays vont faire semblant d'arrêter la piraterie... je veux dire la fuite fiscale, mais ils ne peuvent pas en pratique le faire ce serait scier la branche sur laquelle ils sont assis. C'est aux pays spoliés comme ceux d'Europe ou même d'Asie de mettre fin à cette escroquerie planétaire d'un genre nouveau. Il ne font plus s'attacher uniquement à condamner les paradis fiscaux, ou s'épuiser à punir les fraudeurs, tache herculéenne au demeurant, non, il faut s'attaquer au cœur du problème qui se trouve dans la libre circulation des capitaux et rien d'autre.  Il est également illusoire de vouloir trouver un consensus international ou même européen en là matière. Et de toute manière ce consensus est inutile, il suffit simplement que les états qui le souhaitent, réaffirment la primauté du politique et le contrôle de leurs frontières pour mettre fin à ces pratiques hautement dommageable.

 

  On estime en effet que près d'un tiers du PIB mondial est planqué dans les paradis fiscaux, autant  d'impôts en moins pour équilibrer les revenue ou stimuler la demande intérieure. La libre circulation des capitaux ne sert, de plus, en rien à la dynamique économique, sauf pour les pays parasitaires, la France comme je l'avais déjà écris est largement exportateur de capitaux et ce depuis longtemps. Notre épargne ne sert pas à financer notre économie mais celle des anglo-saxons par le truchement de la finance et de la bourse. Pendant ce temps notre état s'endette dans une monnaie qui n'est pas la sienne en empruntant majoritairement à des étrangers. Combien de temps la France va-t-elle encore accepter la piratage financier anglo-saxon d'un coté et industriel coté asiatique? Un petit pays comme la Malaisie n'a pas hésité à mettre des barrières aux capitaux lors de la crise de 1997 et cela leur a largement réussi. Un pays bien plus gros comme la France pourrait très bien faire de même. Quand à ceux qui ont peur des sanctions européennes qu'ils se demandent quel est le pouvoir réel de l'UE. Celle-ci n'a ni armée, ni pouvoir de contrainte physique, et la France est le deuxième contributeur net de l'UE. Nous n'avons en réalité strictement rien à craindre de l'Europe si ce n'est quelques vociférations débiles des bureaucrates bruxellois toujours si promptes à défendre l'intérêt des multinationales plutôt que celui des citoyens européens. 

 

 

 

 

 

 

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 14:01

  Elle semble tellement naturelle quelle est de loin la "loi" économique la plus connue. Répétée indéfiniment par tout adepte du marché libre et non-faussée, elle est le socle de la pensée concurrentielle, elle en est même en  partie le fondement de base justificatrice.  En effet puisque les prix varient en fonction de ce que demande les consommateurs et de se que peuvent produire les fabriquant, il faut laisser le marché libre et sans entrave déployer sa formidable capacité de calcul fondée sur l'offre et la demande.

 

Si vous produisez plus de véhicule qu'il n'en faut leur prix vont baisser, à l'inverse si vous n'en produisez pas assez les prix vont augmenter. Ainsi donc nos amis libéraux et leur patron originale avaient-ils cru avoir trouvé la pierre philosophale de l'économie celle qui permettrait de fabriquer le meilleur des mondes celui de la rationalité pure et parfaite où il n'y aurait plus d'arbitraire et d'injustice, car la raison ne  sauraient être injuste.  Cette obsession de la lutte contre l'arbitraire, contre l'humain et ses mauvaises manies, nous en avions déjà parlé lors de mon texte sur le libéralisme. Il s'agit d'une noble cause en vérité, mais il serait bon de se demander, sous le regard critique de la science véritable et de l'esprit positif, celui qui  mesure la vérité d'une théorie par l'expérimentation pratique, si cette loi et ses conséquences mènent bien à l'objectif désiré. Car si la loi de l'offre et de la demande ne fonctionne pas, il devient peu évident que la concurrence et le marché soient bien capables d'apporter la raison dans les affaires humaines. Au contraire on peut même penser qu'en tel cas la raison apparente se mettrait à servir les plus grandes lubies et fantasmes cachés derrière l'apparente rationalité du marché. Nos amis libéraux sans le savoir, auraient alors permis aux plus grandes horreurs de l'esprit humain de s'implanter dans la société sans jamais être vue pour ce quelles étaient.En cachant les rapports de force sociaux derrière la loi de l'offre et de la demande,  les libéraux économiques n'auraient pas vaincu l'arbitraire, mais juste changé sa justification d'existence.

 

1-Exemples de non-fonctionnement de la loi de l'offre et de la demande

 

  Il faut nous appuyer sur la mesure pratique pour voir si l'idéale libérale est fonctionnel ou juste une croyance.  On va prendre l'exemple de la variation à long terme d'une matière première essentielle le cuivre. On va examiner l'offre et la demande, ainsi que le cours du cuivre historique sur une longue période et voir si effectivement l'offre et la demande font varier les prix de la façon attendue par les libéraux. Je parle du cours du cuivre parce que l'on peut facilement trouver les variations historiques sur ce site  consacré aux minéraux, cela facilité grandement le travail.

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Les deux graphiques précédents sont assez explicites sans qu'il soit besoin de trop en rajouter. Les variations des prix ne peuvent en aucun cas être entièrement expliqué par l'offre et la demande. On peut d'ailleurs bien dégager deux périodes celle qui précède la dérégulation mondiale où les prix sont à peu près stable tout comme l'évolution offre/demande, et une deuxième période qui commence dans les années 70 où les fameux cycle commencent à apparaitre la dernière période montrant un découplage complet entre l'évolution de l'offre et la demande d'une part et les prix d'autre part. La différence est bien sure largement lié à l'explosion de la spéculation sur les matières premières.

 

Car certes les prix augmentent quand la production est insuffisante, ce qui n'est quand même pas arrivé souvent ces 50 dernières années (voir la courbe verte quand elle est négative c'est que la production est insuffisante), mais les réactions du marché jadis mesurées, sont devenue littéralement disproportionnelles, c'est le moins que l'on puisse dire. On remarque d'ailleurs que le retour à l'équilibre offre-demande en 2006 n'a pas pour autant provoqué de baisse des prix en 2007 au contraire la hausse déjà énorme a continué. Est-ce du à l'inondation de dollars à travers le système de décrochage du dollars et de l'or en 71 qui a provoqué ces déséquilibres? Ou encore est-ce la dérégulation totale prôné par les néolibéraux? Quoiqu'il en soit il faut être bien malhonnête pour donner au marché une rationalité en matière de production de prix, du moins au marché dérégulé tel qu'il est pratiqué de nos jours.

 

  On peut prendre un autre exemple de non fonctionnement dans le marché qui a le plus stimulé l'économie virtuelle occidentale ces 15 dernières années, à savoir le prix du logement.  S'il y a bien un domaine où la loi de l'offre et de la demande est dysfonctionel c'est bien celui de l'immobilier. Je ne vais pas faire un long commentaire à ce sujet il existe des blogs spécialisé dans l'immobilier qui en dise bien plus comme celui de Patrick Reymond, ancien blogueur du blog immobilier et qui raconte de long en large la bêtise de la croyance en l'enrichissement grâce à la hausse de prix du logement. Le crack actuel aux USA, celui des fameux subprime qui aujourd'hui s'étant à l'ensemble de l'immobilier commerciale suffit à invalider l'hypothèse d'une autorégulation grâce à l'offre et à la demande. D'aucun diront que les crack sont une forme de régulation en plaisantant mais nous serions alors bien avisé de chercher des mode de régulation moins brutaux.

 

En pleine bulle immobilière en France on notait des millions de logement vide. Les propriétaires préféraient ne pas louer plutôt que de baisser les prix, le résultat de la dérégulation dans la sphère de l'habitation est impitoyable comme nous l'apprend ce texte issu du Credoc par contreinfo.

 

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On admire là encore l'extraordinaire capacité de régulation de la loi de l'offre et de la demande, comme dans le cas du cuivre ce principe permet surtout d'énormes transfères de richesse vers les rentes, quelles soient financières ou immobilière. Bien loin de lutter contre l'arbitraire force est de constater que la loi de l'offre et de la demande sert surtout à le favoriser.  Il aurait fallut mettre ici l'évolution salariale pour voir la déconnexion complète de variation du cout du logement pas rapport au niveau de vie réel des individus. On peut ne ici que soutenir l'hypothèse de Todd décrivant la hausse des loyers et des prix du logement comme une nouvelle forme d'inflation favorisant les riches et les rentiers.

 

Quand le néolibéralisme détruit la loi de l'offre et de la demande

 

  Nous pouvons donc rejoindre ici des économistes comme Paul Jorion qui voient dans le marché un déséquilibre si des spéculateurs de tout poil s'en mêlent. Seule ceux qui ont réellement besoin de cuivre ou de logement devraient pouvoir en acheter, sans quoi la fameuse loi de l'offre et de la demande devient inapplicable.  On peut ainsi dire que la loi de l'offre et de la demande est un idéal, mais quelle nécessite des conditions d'application pour être validé dans le monde réel. En dérégulant, les néolibéraux ont paradoxalement nui à leur théorie préférée.  L'absence de régulation optimise la non application de la loi de l'offre et  de la demande et c'est cela qu'il faut vraiment faire comprendre.

 

2-Le marxisme et la loi de l'offre et de la demande

 

    Maintenant que nous avons vue qu'en pratique la loi de l'offre et de la demande n'étaient pas toujours fonctionnelles, et quelles essayaient de cacher l'arbitraire plutôt que de l'empêcher, est-ce que pour autant il faut en nier l'existence? C'est le cas des théories marxistes qui finalement sont l'exacte inverse des thèses libérales classiques. En effet contrairement aux libéraux Marx avaient bien conscience de la réalité pratique de l'économie et du rapport de force sociale qui se cachait derrière la concurrence et la loi de l'offre et de la demande. Il introduisit même la notion de rapport sociale dans la formation du prix. Sa théorie de la valeur met en avant le partage de la valeur ajouté mettant clairement le doigt sur le fait que le possesseur de l'outil de production s'accaparait une part déraisonnable des gains produits par le travail salarié.  Ainsi pour Marx la valeur d'un produit dépend essentiellement du prix des matières premières nécessaires à sa fabrication, du coût salariale et du coût de la rente versée au possesseur de l'outil de production, le capitaliste.

 

   Cette vision des choses est comme celle des libéraux, partielle et partiale, car sans le savoir Marx ne fait pas de la science mais de la morale. En effet en disant que le cout d'un objet ne dépend que de la quantité de travail nécessaire à sa production, Marx ignore parfaitement la contrainte exercée par le besoin des consommateurs. En effet si vous produisez des choses dont personne n'a besoin vous travaillez en pure perte, si le marché à besoin de 10000 véhicule en produire 15000 ne pourra que nuire à vos marges. C'est un élément que Marx aurait du inclure dans son raisonnement au lieu de seulement parler du rapport sociale. Tout comme les libéraux auraient du inclure la chose sociale, et les rapports sociaux dans leur mode d'analyse du marché.

 

Les libéraux et les marxistes ont donc raison et tort à la fois, et ils ont en fait des théories qui se complètent. IL eut fallu que ces messieurs emploi un peu plus le conditionnel dans leur théories cela aurait probablement évité au politiques de faire de nombreuses erreurs de gestion.

 

On peut donc résumé la loi de l'offre et de la demande est un objectif à atteindre et non une mécanique naturelle au marché. Sans action collective de l'état pour réglementer et éviter que n'importe qui, achète n'importe quoi, n'importe quand cette loi est non valide pour décrire l'évolution du marché. Ce dernier devient producteur de bulle et favorise des mécanisme de rente. Ces rentes produisent mécaniquement une mauvaise répartition des richesses qui casse finalement la société ce qui finit par produire des éclatements de bulle pour rétablir l'équilibre.  D'un autre coté il est illusoire de vouloir créer un système entièrement planifié par l'état comme ce fut le cas chez les états communiste. Car les principes qui les a produits fabrique inexorablement une inadéquation entre l'offre et la demande. L'URSS avait des surproduction dans bon nombre de domaines et une sous-production dans d'autre. Quand il y a autant de secteur d'activité une planification totale devient illusoire et dangereuse, le marxisme n'est donc pas non plus la solution.

 

  La seule chose à faire n'est pas de mettre fin au marché, mais d'y remettre des lois organisatrices. Après guerre la plupart des marchés était libre mais contenu et séparé. En séparant au maximum les activités, les banques etc.., en faisant en sorte que seul ceux qui ont besoin de cuivre, par exemple, puissent en acheter, vous réduisez considérablement les déséquilibres tout en ayant pas besoin de tout centraliser et de créer des usines à gaz bureaucratiques. Le marché n'est pas naturellement rationnel c'est à la puissance publique de faire en sorte qu'il le soit. De la même manière si l'on veut rationaliser les marchés, il est important de réduire l'activité des agents de ces marchés de tel sortes que chacun soit à sa place. C'était par exemple tout le sens des séparations d'activités entre banques de dépôts et banques commerciales, il faudrait le faire dans tout les domaines d'activité économique.  Les prix de l'immobilier auraient-ils à ce point étaient déconnectés des salaires, si l'on avait limité, par exemple, la quantité de logements que peut posséder une famille. On aurait pu émettre une loi qui limite l'achat de logement à un usage personnel, usufruitier. Ce faisant vous empêchiez le logement de devenir une source de revenue et seul ceux désirant acheter un logement pour eux même et leur famille en auraient fait l'achat. Le logement étant un bien d'usage cela collerait d'ailleurs bien mieux à sa nature propre.

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 00:50
00PhotodiscAprès avoir analysé la situation allemande et montré en quoi cette nation n'était en aucun cas un modèle à imiter, il me sembla judicieux de voir quel est l'évolution de l'autre grande nation de famille souche et ultra-exportatrice, à savoir le Japon. La situation de ce pays préfigure d'ailleurs peut-être l'évolution futur de ses voisins proches que ce soit la Corée du Sud ou l'énorme Chine. Analyser le futur du Japon c'est aussi voir ce qu'il adviendra si nous persistons à vouloir croire à la société dite post-industriel, la fameuse société de la connaissance, car s'il y a bien une nation qui correspond au meilleurs critères qu'ils puissent y avoir pour créer cette fameuse société du savoir c'est bien le Japon.
 
En effet la nation nippone dispose d'un niveau scolaire tout à fait stupéfiant, la moitié de sa jeunesse fait des études supérieures, le Japon semble être la première nation à avoir une généralisation d'un haut niveau d'instruction. L'évolution à long terme nous montrera peut-être si ce fait conduit à une nouvelle cohésion démocratique, cohésion mis à mal par l'éclatement des niveaux scolaires comme l'a si bien montré Emmanuel Todd dans ses œuvres diverses. L'autre apprentissage que peut nous donnez le Japon c'est de savoir si effectivement il est possible de produire une société dites de la connaissance, car si le Japon avec son niveau scolaire moyen n'y arrive pas ce n'est pas la France ou les USA qui pourront y arriver. Est ce que l'économie japonaise si intelligente et si puissance en matière technologique arrive à résister au mastodonte chinois et à l'écrasement de la masse salariale qui découle du libre-échange avec de tel écarts de niveau de vie?
   
  On va donc faire un petit topo sur l'ex empire du soleil levant et essayer d'aborder tout ces sujets avec modestie et pertinence. On commence par l'une des questions essentielles la démographie.
   
1-La question démographique

  Le Japon a toujours été un pays fortement peuplé, il avait déjà une population de 29.9 millions d'habitants en 1800 soit une population supérieure à celle de la France de la même époque. Or à cette date la France était la nation la plus peuplé d'Europe, la japon est donc une puissance ancienne en terme de poids démographique. Elle a subit une évolution assez particulière par rapport aux autres puissances industrielles   surtout après la deuxième guerre mondiale. Alors que d'une manière assez générale la natalité dans le monde occidental va connaitre un petit boom, le fameux babyboom, le Japon va lui connaitre une stabilité et une descente constante jusqu'au seuil de reproduction. Mais comme tout les autres pays développé il va connaitre un passage sous ce seuil pendant les années 70 trois ans après l'Allemagne le Japon passe sous ce seuil pour lentement descendre jusqu'à atteindre un planché à 1.24 enfants par femme. 
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  Il y a depuis 2005 un léger rebond et la natalité est remonté à 1.34 enfants par femme en 2009 ce qui reste largement insuffisant pour renouveler les générations et stabiliser la démographie. Il faut d'ailleurs savoir que dans la ville de Tokyo la natalité est maintenant inférieure à 1. L'évolution japonaise ne fait malheureusement que préfigurer ce que sera l'ensemble de l'Asie émergente si dynamique aujourd'hui mais dont le dynamisme installe petit à petit une crise dramatique. Car ces pays vont vieillir encore plus vite que le Japon qui lui devrait d'après certaines études compter plus de 40% de 65 ans et plus en 2050. Et sa population ne sera alors inférieure à 100 millions d'habitants comme le montre la courbe suivante. Bien sure rien n'interdit de penser que les autorités japonaises feront tout pour inverser la tendance, mais pour les vingts prochaines années au moins il y a aura déclin de la population.  
pop 
Pas d'immigration au Japon

Curieusement il y a peu de débat sur les choix fait par le gouvernement japonais sur la question de l'immigration. Pourtant comme on l'a vue s'il y a bien un pays qui des problèmes démographique c'est bien le japon, il est le pays le plus vieux du monde et sa fécondité est encore plus basse que celle de l'Allemagne et pourtant le gouvernement japonais se refuse à faire de l'immigration de masse. Comme le montre cet article. C'est en étudiant les autres pays ayant pratiqué l'immigration que le gouvernement japonais à définitivement tranché sur la question, voila qui mériterait débat et qui semble aller dans le sens d'une Michelle Tribalat sur l'intérêt économique réel de l'immigration. 

2-l'économie

  L'économie japonaise est de tout les pays avancé celui qui eu l'évolution la plus fulgurante. Rendez vous compte que le Japon en 1860 était encore une nation féodale proche de ce que la France était en matière d'organisation avant la renaissance. L'autorité de l'état n'était même pas garantie car partagé entre l'empereur et les seigneurs féodaux les Shogun et les clans.  Pendant longtemps le japon a prôné une politique d'autarcie totale les premiers rapports entre le japon et les occidentaux furent d'ailleurs houleux. Les portugais furent les premiers à y mettre le pieds, mais le succès du christianisme apporté par  les missionnaires  fut considéré comme un danger pour la société nippone, il y eu un massacre et 300000 personne furent exécutés. Après cela il y eu fermeture,et  à partir de 1639 les seuls contacts entre le Japon et l'extérieur était sur l'ile de Dejima.  
 
Le renouveau des contacts entre le japon et l'occident fut des plus brutal puisque c'est un vulgaire commandant américain qui ouvrit les frontières japonaises avec les eussent et coutumes si cher aux anglo-saxon à savoir à coup de canonnière (1854). C'est le fameux commodore Matthew Calbraith Perry  qui reste un célèbre personnage de l'histoire japonaise.  C'est par cette entrée en fracas que les japonais découvrent avec stupeur l'avance technologique occidentale, et qu'ils vont se lancer comme un seul homme dans le rattrapage de l'occident pour éviter un destin aussi funeste que celui de la Chine et l'horrible guerre de l'opium.  Il y eu une guerre civile qui divisa le japon entre une partie visant le soutien de l'empereur et de l'empire et une autre qui visait à maintenir un équilibre des pouvoirs entre les seigneur et l'empereur. C'est d'ailleurs une histoire très intéressante que cette lutte puisque il y avait le Shogun Tokugawa qui défendait cette équilibre des pouvoirs et qui était soutenu par la France et de l'autre l'empereur soutenu par les anglo-saxon. Un film fut d'ailleurs tiré de cet épisode c'est le fameux Dernier Samouraï avec Tom Cruse dans le rôle d'un américain qui aidait le clan de Tokugawa, sauf que dans le monde réel c'était un français du nom de Jules Brunet qui aida le shogun.  
 
  Quoiqu'il en soit après cette période vint l'ère Meïji qui fut d'une rapidité incroyable les japonais envoyèrent des étudiants en occident et copièrent techniques et sciences, littérature, musique etc... Tant et si bien que le Japon fut la première nation non occidentale à battre militairement une  nation occidentale, la Russie qui fut battue en 1905. On connait mieux la suite, expansionnisme militaire le japon connaitra une folie impériale jusqu'aux deux bombe nucléaires américaines sur Hiroshima et Nagasaki.  Mais il est à noter que cette expansionnisme n'est pas étranger à la montée de l'Asie par la suite, non seulement parce que le japon va influencer ses voisins mais aussi parce qu'il a montré au monde entier que l'occident n'était pas invulnérable choc psychologique important.   
 
      Après la guerre les japonais vont connaitre une forte expansion, mais contrairement aux croyances rependues elle ne fut pas plus rapide que la moyenne. Les pays d'Europe du sud par exemple avaient jusqu'aux années 70 une croissance plus forte c'est une remarque très important qu'à fait Paul Bairoch à ce sujet. En effet à partir des années 70 le monde devient libre-échangiste, mais les japonais vont laisser leurs frontières fermées une décennie de plus en 1980 les produits importés étaient encore taxé à 10%. Alors que le Japon des années 60 était dans la moyenne des pays les moins avancés de l'ocde il va brusquement connaitre une croissance plus forte que les autres et ce jusqu'aux années 90. Comment ne pas y voir le fait du protectionnisme, au milieu d'un océan de libre-échange celui qui reste protectionniste gagne de le gros lot, du moins à court terme puisque évidemment cela va rapidement produire des effets négatifs sur les économies importatrices. Les deux graphiques suivants représentent la croissance économique japonaise  et son commerce extérieur.     
 
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  Il est tout de même assez drôle de voir à quel point  l'économie japonaise et allemande, ou même coréenne sont collés à la croissance américaine, on ne pourrait pas mieux montrer le rôle des USA comme moteur de la consommation mondiale. En effet grâce à ses exportations le Japon est devenu momentanément plus riche mais comme l'Allemagne il est en fait tombé dans un piège. Son obsession pour ses exportations lui a fait perdre en quelque sorte le vrai sens de la croissance économique, le Japon ne se voit plus que comme une nation visant à s'accaparer des marchés à l'extérieure en oubliant comme l'Allemagne son marché intérieur. Le changement dans les années 70 est d'ailleurs spectaculaire, comme on le voit avant 1971 la balance commerciale reste complètement à l'équilibre ce qui n'a pas empêché le japon de connaitre une forte croissance jusque là. Mais à partir du fameux décrochage de l'or et du dollars les choses commencent à se déséquilibrer, comme dans le cas de l'Allemagne. Le Japon va commencer à entrer dans la fameuse mondialisation, avec en plus un bon mur protectionniste pour aider son expansion impériale de type économique.  Et les choses vont aller vite la croissance de l'excédent commercial va même pousser les américains à menacer de protectionnisme le japon dans les années 80.   
 
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  Dans les années 90 le Japon va caler, il va entrer dans une période de faible croissance et de dépression économique. Une véritable déflation comme on en avait pas vue depuis l'entre deux guerre va s'installer. Cette déflation sera la conséquence de l'éclatement des bulle financières et immobilière, du moins est-ce l'explication officielle. Mais comme dans le cas de la crise mondiale actuelle ces bulles ont une origine celle du décrochage de plus en plus massif entre les gains de productivité et les revenus des salariés. D'autre part c'est bien le libre-échange qui a permis à ces bulles de se former, la demande américaine ne pouvant croitre indéfiniment en absorbant les exportations allemandes et japonaises, il est arrivé une cassure dans la demande intérieure US. Ce qui donna un coup fatal au modèle extraverti nipon, donnant ainsi  l'inverse de la fable de La fontaine puisque jusqu'à présent c'est bien les fourmis allemandes et japonaises qui se sont fait floué et qui continuent à l'être en accumulant des bouts de bonds du trésor américains sans intérêts à long terme.   
 
Pour contrer les effets de la déflation les japonais vont inonder le pays d'argent et il vont faire exploser la dette publique. Exactement ce que viennent de faire nos gouvernants avec la crise de 2007-10, à la différence près que les japonais s'empruntent à eux même jouissant d'une épargne monumentale. On pourrait d'ailleurs se demander si ce n'est pas le devenir de toute l'Asie, les consommateurs asiatiques rechignant à consommer et préférant épargner, les états sont obligés de se substituer aux consommateurs en créant une dette compensant le trop d'épargne nationale. 
 
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Explosion des inégalités

    Le Japon est peu connu pour ses inégalités et pour cause jusqu'au milieu des années 90 c'était l'un des pays les plus égalitaire au plan économique et ce sans une grande politique sociale. C'était le pays de l'emploi à vie propice à une société de grands savoir faire technique, car la stabilité de l'emploi est en réalité essentielle au maintient d'un haut niveau de productivité contrairement à la vulgate néolibérale. Or depuis la crise et en constante accélération depuis 2000, le Japon  connait une poussée énorme des inégalités. Le Japon est aujourd'hui le deuxième pays de l'OCDE après les USA en nombre de personne vivant sous le seuil de pauvreté. Le coefficient de Gini du Japon qui était  l'un des plus faible de l'OCDE est en passe de rattraper celui des USA passant de 0.278 à 0.32 (voir ici) depuis une quinzaine d'années. Comme dans le cas de l'Allemagne les excédents commerciaux se font de plus en plus au prix de la misère sociale et le Japon souffre de plus en plus de la concurrence coréenne et surtout chinoise.
 
On peut donc résumer, la situation du Japon est similaire à celle de l'Allemagne à la différence que le Japon n'a pas de voisins suffisamment riches pour absorber sa production tout en enflant sa dette extérieure momentanément. Le Japon nous montre l'Allemagne sans l'Europe et ce qu'elle deviendrait sans ses irresponsables voisins. Il est à noter également un chômage très faible contrairement à l'Europe mais comme nous l'avons vue les japonais ont une faible démographie et il ont choisi comme les américains de casser les salaires plutôt que de voir croitre le chômage comme en Europe, il y a donc plein d'emplois très mal payés.     
 
Et pourtant un très gros effort de R&D

  Et pourtant encore plus que l'Allemagne le Japon est une nation industrieuse et créative, elle se donne les moyens de réaliser la fameuse société de la connaissance que ce soit en matière d'investissement dans la recherche avec 3% du PIB investit dedans. Ou dans l'éducation les jeunes japonais jouissant d'un niveau scolaire renvoyant les pays d'Europe à être de vulgaire pays sous-développé.   
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  Vous remarquez que les pays qui parle le plus d'économie du savoir la GB et la France sont pourtant bien mal placés, si on les compare au Japon ou à la Corée, les uns parlent les autres agissent. Mais malgré ces investissements le Japon ne connait plus de croissance car le cœur du problème n'a jamais été l'innovation, mais bien la faiblesse des salaires et de la consommation intérieure, le tout aggravé par le déclin démographique. En cassant les USA et l'Europe les asiatiques ont condamné leur moteur économique, le Japon seul ne pouvait pas y arrivé, c'est l'entrée en jeu de la Chine qui a définitivement rendu caduc le modèle exportateur.   
 
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3-Conclusion

  On a fait un petit tour rapide de l'économie japonaise mais cela nous montre le peu de véracité qu'il y a à présenter comme solution à la crise une poussée dans la spécialisation hitech. C'est le choix fait par le Japon et il l'on bien fait, à la mesure de leur capacité organisatrice, mais où ce que cela les mènent? Déclin démographique, déclin économique, jeunesse désespérée avec un fort taux de suicide et un rejet parfois totale de la société dans laquelle ils vivent, voir le phénomène hikikomori.  Alors bien sure le libre-échange n'est pas responsable de tout les problèmes de la société japonaise, mais il y participe grandement. Le pays s'est en partie désindustrialisé, les jeunes trouvent surtout des emplois précaires et les services comme chez nous se sont développés de façon hypertrophié. Il reste bien sure les secteurs de pointe, mais ces derniers ne peuvent fournir l'emploi pour tous. Et les choses vont aller en s'aggravant étant donné la monté en gamme de la Chine. Même le secteur de l'animation japonaise aujourd'hui devenu le fer de lance de la japanculture est en grande partie fabriquée en Corée du Sud, privant la jeunesse japonaise d'emplois de base pourtant nécessaire à la découverte de nouveaux créateurs.   
 
  De plus l'évolution du japon le met en tête des nations au plan du niveau scolaire, si l'on se fit à la proportion de jeunes faisant des études supérieurs. Maintenant la majorité des japonais est probablement sur-diplômé par rapport aux emplois disponibles puisque la plupart des emplois industriels sont partis, et ceux restant ne sont accessibles qu'a  une petite élite hautement performante, ou réservés par copinage, un peu comme en France. Le résultat est probablement que le Japon doit ressembler à une véritable cocotte minute sociale. Alors il est vrai que la structure familiale japonaise de par son respect de l'autorité,  empêche fortement la population de réagir, mais l'histoire nippone montre qu'il peut y avoir des mouvements fort de contestation de l'autorité centrale. Après tout ce fut le cas à l'époque pas si lointaine de Tukugawa. Les dernières élections ressemblent d'ailleurs un peu à une révolution, le PLD qui dirigeait le pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale s'est fait jeter et remplacer par des progressistes du  PDJ qui ont comme principal caractéristique d'être fortement anti-américain. Mais ce nouveau gouvernement va avoir en face de lui de très gros problèmes, la dette publique qui semble trop forte et surtout la contradiction qu'il y a à vouloir relancer la demande intérieure sans protectionnisme.     
 
  En effet les japonais ne semble pas avoir compris que la faible demande intérieure est le fruit du libre-échange plus encore que celui de la démographie. Ils en constatent les effets avec des salaires qui stagnent voir régressent, mais ne font pas encore le lien avec une politiques commerciale qu'ils ont longtemps cru positive pour le japon. Pourtant lorsque l'on regarde l'évolution sur une longue période on voit vite que le libre-échange à plutôt était une mauvaise idée, créant des bulles et des cracks et alimentant probablement le pessimisme et l'effondrement de la natalité. Celle-ci ne passant sous le seuil de reproduction qu'après la libéralisation du commerce, alors qu'elle était stable jusque là. Il faudra un jour étudier de près les effets de l'économie sur le taux de fécondité. Quoiqu'il en soit le nouveau gouvernement japonais semble aller dans le même sens que le voisin chinois à savoir une politique de relance intérieure. Mais il n'aura pas à mon sens les moyens de le faire sans protectionnisme, il est possible à l'avenir que la balance commerciale niponne deviennent négative.   
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 20:13

carte-geographique-allemagne.jpgL'Allemagne se crispe de plus en plus sur la question grecque, la rigidité dont fait preuve l'Allemagne mais aussi sa confiance et son syndrome de supériorité apparent cachent-ils une réelle monté en puissance, l'Allemagne retrouvant son rôle de nation dominante du continent qu'elle a eu de Bismarck à la guerre de 39/45, où est-ce plutôt le signe d'une prise de conscience d'un déclin qui semble inéluctable?Comme dans le cas de l'empire tombant US, on ne peut qu'être frappé par  l'agressivité et le ton supérieure que la puissance Allemande emploie, notamment ses élites vis à  vis des autres nations d'Europe.

 

    Et ce n'est pas vraiment nouveau au moment de la mise en place de l'euro on se souvient que les critères aberrants de la monnaie unique furent le fruit des désirs de l'Allemagne. Il faut donc regarder de près l'évolution de la puissance germanique pour voir ce qui caractérise le comportement de ses élites, et pour comprendre en quoi le couple franco-allemand est condamné par les divergences de plus en plus grand qui se font jours entre les deux nations

 

 

 

 


1-L'économie Allemande

 

  L'économie Allemande est depuis longtemps la première d'Europe, la monté en puissance de l'Allemagne date de la deuxième moitié du 19ème siècle. Le niveau scolaire élevé de l'Allemagne lui a permis de rapidement rattraper son retard sur la puissance Britannique, sans parler d'une natalité vigoureuse qui lui permettra de voir sa population augmenter fortement lors de la transition démographique. Il faut aussi dire que l'Allemagne comme le reste de l'Europe va commencer à protéger certaine de ses industries par des protections douanières comme nous l'apprend Paul Bairoch. Ainsi  l'Allemagne commencera à se protéger par des droits de douanes à partir de 1885 et la croissance allemande passera de 1.3% par an en moyenne sur la décennie précédent le protectionnisme(1875-1885) à 3.1% sur la décennie suivante 1886-1896. A noter qu'a cette période la France et l'Italie passent aussi au protectionnisme en 1887 pour l'Italie et en 1892 pour la France dernier grand pays européen à s'y mettre.

 

    Tout le début du vingtième siècle n'est qu'une ascension, l'Allemagne culminant à tout les points de vue, la famille souche garantissant un haut niveau de performance scolaire grâce à son autoritarisme, ce pays produira les plus grands génie de ce siècle. La puissance Américaine doit d'ailleurs beaucoup à son pillage des cerveaux Allemands sans lesquels il n'y aurait eu ni industrie spatial (Wernher von Braun), ni industrie informatique (Von Neumann), ni nucléaire (Einstein), ni physique quantique (Niels Bohr), en clair l'industrie technologique américaine fut  construite par des allemands.  Cette puissance va produire un écart de développement entre l'Allemagne et ses voisins, ceux qui bien entendu nourrira des idées de grandeurs aux élites allemande et des peurs instinctives chez ses voisins français. Ces fantasmes nourrirent de part et d'autre du Rhin les deux conflits mondiaux qui seront fatales à l'Allemagne et dont elle ne s'est probablement jamais vraiment remise. Même si l'après guerre va permettre au pays de connaitre un véritable miracle la machine Allemande semble cassé, elle n'est plus le lieu ou se produiront les transformations techniques, ce sont les USA qui ont repris le flambeau en la matière.

 

  Reste que l'Allemagne va tout de même connaitre une forte croissance, mais inférieure à celle de la France et de l'Italie tout au long des trente glorieuses. Il est d'ailleurs à noter que la croissance allemande fut plus faible que celle de ses deux concurrentes continentales tout comme son inflation. L'idée saugrenue que l'inflation serait un ennemie du progrès technique et de la croissance est complètement fausse la France et l'Italie de 1950-1971 sont là pour le prouver. Malgré cette période de forte inflation, la France avait une inflation de 4.5% par an en moyenne encore plus en Italie, c'est justement à cette époque que ces deux pays semblaient rattraper l'Allemagne. Donc en fait la période d'après guerre fut une période dynamique pour l'Allemagne, mais une période de  déclin relatif si l'on regarde au niveau de son poids économique relatif en Europe.  Il faut aussi préciser que ce déclin relatif est en partie lié à l'évolution démographique du pays j'y reviendrait par la suite. Il y a une autre remarque à faire si la croissance du PIB allemand est plus lent que celle de la France, la croissance par tête est plus rapide pendant cette période, la croissance française fut plus quantitative et celle de l'Allemagne plus qualitative. C'est ce qui explique peut-être l'effet productivité et l'efficacité allemande plus grande au niveau des exportations. Les allemands ont moins d'enfants, ils peuvent donc leur consacrer plus d'investissements par tête ce qui globalement agit sur le niveau de productivité, on peut évidement faire le parallèle avec le Japon.

 

Depuis 1971

 

  La structure économique mondiale a profondément changer en 1971 et l'Allemagne va elle aussi transformer son économie pour s'adapter à sa façon aux nouvelles conditions économiques. En décrochant le dollars de l'or les américains vont créer le système de change flottants, système dont nous ne sommes toujours pas sortie. Les effets vont être dévastateur pour bon nombre de régions, la crise  mexicaine de 1982 est un cas d'école. Mais les nations européennes plus grosses vont relativement résister à la déflagration monétaire mondiale, même si la croissance économique va se casser définitivement à partir de cette période. Avec la libéralisation du commerce et des capitaux l'Allemagne va transformer son économie en machine à produire des excédents commerciaux. Il faut préciser que la croissance allemande va ralentir comme celle des autres pays comme le montre les graphiques suivant les excédents ne se traduisent pas par une plus forte croissance contrairement à la vulgate libéro-mercantiliste des néolibéraux.

 

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BMHistoComplexe

 

Comme on peut le voir en comparant la croissance économique allemande et sa balance commerciale l'excédent n'a véritablement aucun effet sur le dynamisme du pays, bien au contraire les excédents enregistrés ces dernières années coïncident avec une croissance faible. La croissance Allemande était bien plus forte lorsque sa balance était à l'équilibre contrairement à ce que semble penser les dirigeants allemands, à moins bien sure que la croissance ne soit plus désirable puisque celle-ci est toujours accompagnée d'une inflation comme on le voit dans le graphique suivant:

 

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    Ici il faut tordre le cou à une idée reçue même si l'Allemagne n'a pas connu de pic d'inflation aussi fort que la France ou l'Italie, elle avait quand même de jolies 7% et 5% bien loin des taux actuels, et même pendant les trente glorieuses l'inflation était présente. Il n'y a pas eu grande rigueur allemande ou je ne sais quel résistance à l'inflation, il s'agit là d'arguments visant à légitimer des politiques anti-inflationniste dont on voit bien ici qu'elles sont également anti-croissance.   En cassant les économies de ses voisins par ses excédents l'Allemagne a cassé la demande voisine en même temps. Cependant cette croissance par les excédents a permis momentanément à l'Allemagne d'avoir de la croissance sans hausser ses salaires, ces politiques d'excédents commerciaux ont donc pour base un rapport de force sociale à l'intérieur même de l'Allemagne. Cette préférence pour la faible croissance et la non inflation  à donc surement comme explication majeure le changement massif qu'a connu ce pays ces trente dernières années à savoir un profond effondrement de la natalité et un changement de rapport de force entre la rente et le travail qui découle du vieillissement démographique.

 

2-La démographie Allemande


La démographie allemande a surpassé celle de la France pendant tout le 19ème siècle. Cette période est d'ailleurs caractérisée par un long déclin démographique relatif au niveau français. En effet la France va  faire un véritable surplace pendant que le reste de l'Europe va croitre. Ainsi en 1800 l'Allemagne comptait 21 millions d'habitants et la France 29 millions, en 1900 la France est à 40 millions contre 56 millions pour l'Allemagne, en un siècle la population allemande a été multiplié par 2.6 celle de la France par 1.9. La prise de poids de l'Allemagne a donc était normale d'autant que le niveau d'éducation était en faveur de l'Allemagne ce qui aggrava encore le déséquilibre, on comprend ainsi mieux les inquiétudes de la France de l'époque vis à vis de l'Allemagne. 


Mais les choses changent au 20ème siècle, à partir des années 20 la natalité allemande passe en dessous de la natalité française celle-ci connait un petit rebond qui a un gros effet quand on y ajoute la baisse de la mortalité enfantine. Ainsi en 1930 la natalité allemande est à 2.18 enfants par femme contre 2.68 pour la France les évolutions démographiques qui allaient survenir après guerre étaient donc en germe avant la boucherie de 39-45. Les délires nazi n'ont d'ailleurs eu aucun effet sur la natalité allemande bien que ces derniers furent largement nataliste. Mais la natalité allemande va tout de même se maintenir au seuil de reproduction jusqu'a la crise des années 70. 


Il est en effet visible que la natalité non seulement allemande, mais européenne va connaitre une inflexion marqué à partir de la crise économique des années 70.  Ce ne peut pas être un hasard si de telle variations se produisent en même temps dans différentes latitudes c'est d'ailleurs la même chose aux USA et au Japon. La pilule n'y est pour rien puisque celle-ci est commercialisé dès 1960 bien avant la chute de la natalité. Ou plutôt elle va transformer le pessimisme économique en pessimisme des berceaux alors que les crises économiques d'autrefois n'influençaient pas la natalité celle-ci va pour la première fois casser la reproduction des états développés. Il faut croire que la pilule a créé un lien entre l'évolution économique et la démographie, il faut maintenant désirer un enfant pour en avoir ce n'est plus le fruit du hasard, on a pas fini de payer ce changement radical au niveau collectif. Les pays de l'est sont d'ailleurs là pour en témoigner. 

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Mais revenons à l'Allemagne, on voit sur le graphique ci-dessus la chute et la stabilisation autour de 1.4 enfants par femme contre une remonté à presque deux pour la France et à 1.8 pour la Grande-Bretagne. Ces chiffres s'ils restent ainsi, vont provoquer un déclin démographique prononcé dans les décennies qui viennent comme indiqué ci-dessous:


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Comme nous le voyons ici, si la natalité se maintient telle quel l'Allemagne sera dépassé par la France vers 2050. Et même avant en réalité, puisque ce qui compte pour une nation ce n'est pas tant sa population globale que sa population d'actif, or la proportion de personne en age de travaillé en 2050 sera nettement plus forte et plus jeune que celle de l'Allemagne. Le vieillissement déjà bien avancé en Allemagne a déjà un impact sur les politiques publics la haine de l'inflation est un signe de l'arriver d'une majorité de vieux au pouvoir. L'inflation est l'ennemie absolue de la rente, en effet impossible de maintenir des rentes avec des salaires et des prix qui augmentent plus vite que les taux d'intérêts.


D'où les orientations déflationnistes et exportatrices des politiques économiques allemandes, c'est d'ailleurs un piège pour la démocratie que ce vieillissement, car l'intérêt de la majorité des habitants du pays devient contraire à l'intérêt réel de la nation à long terme. Bien sure on peut prôner l'immigration comme solution mais nous savons qu'il n'est guère possible de redresser une pyramide des ages pareils avec une immigration même massive, sans oublier les graves conflits que cela produirait. D'autant qu'un pays vieillissant aura du mal à fournir suffisamment de jeunes pour participer à l'intégration des nouveaux venus. 

 

3-Un déclin de longue duré


Les prévisions démographiques montrent la direction probable de l'Allemagne au moins pour les vingts prochaines années. Il est tout de même à souhaiter que les Allemands réagissent même si ce déclin à pour effet de remettre la France au centre de l'Europe, il n'est pas bon d'avoir une nation mourante à ses portes d'autant que l'Allemagne n'est pas la seule dans ce cas.


Mais les français doivent prendre conscience que l'Allemagne a désormais des intérêts divergents des notre, son attachement au dogmatisme monétaire n'est plus seulement un reste des mauvaises expériences du passé, mais un intérêts de classe sociales âgés et rentières, aujourd'hui dominantes en Allemagne. La France ne peut pas subir le même traitement macro-économique que l'Allemagne à cause de sa population plus jeune. C'était déjà vrai dans les années 80-90 cela le sera de plus en plus dans les années qui viennent. La paix et l'équilibre précaire qui prévalait en Europe depuis la fin de la guerre est terminer le continent est entrain de renouer avec des déséquilibres ce qui implique des changements de stratégie pour éviter que de graves conflits ne reviennent en Europe. 

 

4-L'éclatement de l'euro et de l'UE


Le déclin Allemand annonce donc la fin de l'équilibre des puissances tel que nous l'avons connu en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Or il faut bien comprendre que c'est cet équilibre qui est probablement à l'origine de la stabilité du continent, en tout cas, il s'agit d'un facteur aussi important, si ce n'est plus, que celui de la présence de puissances extérieures comme les USA ou l'URSS. Le poids du continent va nécessairement décliner dans les décennies qui viennent à cause de cela, comme la France déclina de 1800 à 1900 en terme relatif je l'ai déjà longuement expliqué ici. Mais il faut prendre conscience de cela pour tenter d'éviter les catastrophes.


La monnaie unique doit être éliminer pour laisser chaque nation trouver ses propres équilibres en fonction de sa propre évolution démographique. L'union économique et monétaire est d'ailleurs un poison pour l'Allemagne elle même. Non pas pour les raisons que les néolibéraux s'évertuent à donner, à savoir que la sage Allemagne serait escroqué par les PIGS par exemple, l'une étant vertueuse avec ses excédents et les autres d'affreux voleurs déficitaires et irresponsables, la vrai raison c'est qu'en facilitant son modèle exportateur l'Allemagne n'a pas à faire face à sa propre évolution économique et démographique. Si les allemands étaient obligé à équilibrer leur balance commercial ils seraient forcé un jour ou l'autre d'affronter leurs déséquilibres  et leur manque de demande intérieures. En favorisant ses excès les autres nations d'Europe et surtout la France ont joué un rôle de mauvais génie comme le disait déjà Todd dans l'Illusion économique. 


Mais de toute façon les états européens n'auront pas le choix, à moins de devoir supporter des crises sociales et politiques majeurs que le continent à déjà connu à de multiples moments. Ceux qui présentent l'Allemagne comme une quasi-superpuissance avec ses excédents commerciaux se trompent largement, l'intransigeance allemande n'est  rien d'autre que le fruit de son propre déclin, sa rectitude est une le symbole du fait que la vieillesse est un naufrage surtout pour une nation. Donner un grand coup de poing politique et économique à l'Allemagne ne pourra que lui faire du bien, le protectionnisme et le retour au monnaies nationales ne pourra que sortir cette nation de sa torpeur. Ce qui pensent que l'éclatement de l'Europe produira des conflits se trompent c'est en fait l'inverse, la continuation du pourrissement de notre continent c'est çà qui produit la peur, la haine et l'anxiété, et au final la guerre. 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 18:06

finaref.jpgC'est une question qui peu paraitre étrange au première abords, voir excessive, mais guère plus que Frédéric Lordon qui réclame la fermeture définitive de la bourse. Quitte a s'attaquer à des tabous autant le faire complètement. Car il existe de nombreuses raisons pouvant justifier la suppression de cet instrument économique qui a prit sont élan pendant les trente glorieuses.

 

1-L'intérêt du crédit à la consommation

 

 Avant d'entamer sa critique il faut quand même donner les arguments en sa faveur. Le crédit à la consommation a permis pendant la période de l'après guerre une grande stabilité de la demande adressée aux entreprises. En effet grâce à lui les biens de consommations nécessitant un cout élevé pouvait être acheté sans épargne préalable. L'effet macroéconomique fut d'augmenter la fameuse propension à consommer, et de réduire la mécanique de thésaurisation excessive qui fut la marque de l'entre-deux guerre et de la grande dépression.

 

  Qui plus est grâce à ces facilités de crédit les entreprises purent mieux contrôler la demande qui leur était adressée. Pour de grandes firmes pouvoir prévoir le volume des ventes est primordiale, il faut anticiper pour pouvoir réduire les couts toujours croissants des chaines de productions tout en limitant le stock. Tout comme les grandes entreprises ont favorisé la publicité et le marketing pour homogénéiser la demande, le crédit a participé à la fortification du système d'économie d'échelle, peu de choix mais prix réduit.

 

    Bien sure cette réussite momentanée du crédit à la consommation est aussi le fruit des changements massif de la vision du futur de la population. Avec les politiques de régulation économique et les politiques de plein emploi d'après guerre, peu de gens pouvaient se retrouver au chômage. L'avenir étant vue comme stable user du crédit à la consommation pouvait ne pas paraitre déraisonnable alors. Il en fut de même pour les emprunts à long terme pour devenir propriétaire, la stabilité salariale permettait de prendre au final plus de risque sur l'avenir. Au contraire de la croyance néolibérale on ne prend des risques que lorsqu'il ne sont pas mortels, dans une société anémiées et en sous-emploi chronique les gens prennent moins de risques lorsqu'ils ont un emploi à peu près stable. C'est ce qui explique la course à l'emploi de fonctionnaire dans un cadre de chômage de masse, c'est très humain et il ne faut jamais  avoir manqué de rien pour ne pas le comprendre.

 

    Donc on peut dire que d'un point de vue collectif, et pendant la période dite des trente glorieuses on pouvait éventuellement justifier le crédit à la consommation. Cependant il y a tout de même des problèmes de principe au prêt à intérêt qui pouvaient être objecté à cette pratique même à la grande époque de la croissance sans fin.

 

 

2-Peut-on justifier le prêt à intérêt

 

Mon intention n'est pas ici de faire de la morale et d'entrer dans les vieux combats qui ont d'ailleurs déchirer protestants et catholiques. En effet pour bon nombre de religions le prêt à intérêt est amoral, et effectivement si l'on imagine les richesses constantes comme ces religions le faisaient,  il est évident que l'intérêt ne peut que produire à long terme une concentration de richesse mortelle pour l'équilibre de la société, finissant souvent par des guerre intestines. C'est bien parce que nous ne sommes pas dans un système où les richesses sont stable, mais dans lequel elles s'accroissent que l'intérêt et les rentes quels produisent sont soutenables pour la société. En clair si l'on ne veut pas que la part du gâteau de ceux qui détiennent le capital finisse par être la totalité du gâteau, il faut que la taille du gâteau augmente plus vite que cette part.

 

  Le prêt à intérêt a donc une justification qui peut naitre de l'idée que ce prêt va permettre à celui qui emprunte d'augmenter sa richesse. Non pas parce que cela augmente momentanément sa capacité à consommer, mais parce que grâce à cet argent il va pouvoir investir dans des choses qui lui permettront de faire des gains de productivité ou des économies. Cet accroissement de richesse lui permettra de rembourser ce prêt avec les intérêts. On voit ici que le prêt à intérêt peu accélérer la vitesse de circulation de la monnaie, l'argent que certain ont épargné permettant théoriquement de financer les projets de ceux qui n'ont pas d'argent. L'intérêt étant un mécanisme fondé sur la vénalité du prêteur qui compte bien voir ce surplus s'accumuler dans ses caisses. (  J'exclus volontairement ici le fait que les banques prêtent en fait de l'argent qu'elles n'ont pas c'est un autre débat qui n'a pas d'intérêt pour la justification de l'intérêt à proprement parlé. Même si l'idée que les banques puissent gagner de l'argent avec des intérêts sur des prêt d'argents qu'elles ne possèdent pas, puisse heurter les sensibilités )

 

C'est d'ailleurs en parti le fait que la base du système soit la vénalité qui fait que le prêt à intérêt est un péché aux yeux des catholiques ou des musulmans. Mais si le prêt permet d'augmenter l'investissement et d'améliorer la richesse globale grâce à une plus grande vitesse de circulation de l'argent, alors il n'est pas si amoral que çà au final. Mais il faut que le prêt est réellement comme conséquence cette accroissement de richesse si l'on veut que la justification du prêt soit valable. Et c'est là que le prêt à la consommation montre toute son absurdité.

 

3-Le prêt à la consommation est illogique

 

  Je pense qu'arrivait ici il faut faire la distinction sur les buts des prêts que l'on octroie, en effet on va les diviser en deux parties bien distinctes l'une de l'autre. D'un coté les prêts qui ont pour but l'investissement, ce sont les prêts qui vont permettre à un individu, ou a une entreprise, soit d'accroitre leur création de richesse par l'innovation, par la création d'un activité économique, soit par des économies réalisées grâce à l'amélioration du matériel utilitaire par exemple. Ainsi passer du chauffage électrique à la pompe à chaleur vous fera-t-il économiser de l'argent qui pourra vous permettre au final de bien rembourser votre prêt, intérêts compris. Dans ce cadre le prêteur et l'emprunteur peuvent être tout deux considéré comme  gagnant le gâteau à augmenté tout le monde est content c'est la justification logique de l'intérêt.

 

Mais il y a une autre forme de prêt celle qui consiste à un prêt à la consommation direct à caractère compulsif ou ostentatoire.  Il s'agit d'un prêt qui n'aura pas comme conséquence un accroissement des richesses globale du couple prêteur-emprunteur mais juste une ponction de revenu sous la forme de l'intérêt vers le prêteur. Et là le prêt n'entre plus dans le cadre justificatif que nous avons donné précédemment à l'intérêt.

 

  Les libéraux ou les néolibéraux, objecteront alors leur traditionnel argument, celui qui partant de l'homo-économicus justifie à peu près tout et n'importe quoi. L'argument massue classique est que chacun est "libre" de faire ou non un prêt à la consommation, si les gens sont assez bête pour se faire plumer et bien c'est la sélection naturelle des intelligences qui triera le bon grain de l'ivraie. Il s'agit bien sure d'un argument extrêmement simpliste qui est d'ailleurs faux sur sa base même. En effet il présuppose que les individus sont toujours rationnel, et qu'ils sont toujours conduit uniquement leur rationalité supposé. C'est complètement faux et des gens très intelligent peuvent être conduit par des pulsion qui n'ont guère de lien avec la raison il suffit de demander au psychiatre la réalité des pulsions humaines pour voir que la raison ne pèse guère dans la majorité de nos décisions.

 

  Mais au delà de ces bases erronés un simple raisonnement comptable montre l'absurdité de la chose. Faire des prêts tels que décrit précédemment conduit inexorablement à la faillite de personne ou de foyer. Or la faillite entraine une annulation des dettes, qui de toute manière ne pourraient être remboursé. L'idée saugrenue de prêter n'importe comment sous n'importe qu'elle condition dans des buts de pure oniomanie conduit inexorablement vers la banqueroute des personnes concernés. Et quand ces banqueroutes sont massive même les gros prêteurs ne sont plus apte à se sauver de la faillite, la crise des subprime aux USA en est un exemple retentissant.

 

Donc pour ces deux raison il est grotesque de faire appel à la rationalité des individus dans tout les cas il n'est pas rationnel d'emprunter pour consommer, un stock ne doit pas servir de flux car un jour ou l'autre il s'épuise, et qu'en plus dans le cas du crédit à la consommation il entraine des sorties plus importantes. Ensuite l'idée que les individus sont libres ou non de prendre ces crédits ne prennent pas en compte le contexte.

 

  D'une part les campagnes publicitaires et le marketing massif font pression, qu'on le veuille ou non, sur notre comportement des consommateurs. Les publicitaires savent bien que leurs outils sont efficaces, sans quoi cela fait bien longtemps que les entreprises auraient fermé les budgets publicitaires. Comme le disait John Kenneth Galbraith c'est bien le système marchand qui impose ses désirs au consommateur et non l'inverse. Bien loin des vues de l'esprit de nos amis libéraux. Sans parler de la consommation chez les enfants et les jeunes adultes, cible préféré du marketing car encore plus manipulable. Donc les individus ne sont pas réellement libre de consommer ou pas, tout dépend de leur contexte sociale, de leur éducation, et la grande majorité d'entre eux sont dominés par la marchandise devenu source de la reconnaissance sociale.

 

  L'idée que nous sommes libre de consommer, ou pas, était peut-être vrai à une époque où la socialisation se faisait en grande partie dans un espace non marchand, mais de nos jours la marchandise a envahi la totalité de l'espace, y compris les écoles. C'est d'ailleurs le résultat du libéralisme, il a fini par détruire ce qui permettait justement le bon fonctionnement de la société libérale. Impossible d'avoir des relations sociales sans consommer, il n'y a donc pas de liberté possible de consommer ou pas à moins d'être un ermite asocial, un peu comme votre hôte blogueur . Donc cette pression sociale pousse les gens à consommer et le crédit à la consommation est un palliatif à court terme qui permet de passer pour un temps l'effet de manque, bien sure comme dans le cas de la drogue les effets secondaires se font vite ressentir.

 

  C'est un palliatif d'autant plus utiliser que le crédit à la consommation s'est substitué au revenue comme l'a très bien montré Jean Luc Gréau dans "L'avenir du capitalisme". En situation de revenue stagnant ou déclinant le crédit a permis l'illusion de la hausse du niveau de vie, la gueule de bois est maintenant violente.

 

  A tout ces arguments, il faut rajouter les taux souvent très proche de l'usure qui sont pratiqué dans les prêts à la consommation courante. L'image qui m'a servi d'illustration montre des prêts à 21% chez Finaref et ce n'est qu'un exemple parmi d'autre. On est très proche des taux d'usure comme le montre le graphique ci-dessous, on pourrait d'ailleurs se demander si ces taux officiels d'usure ne sont pas légèrement excessifs, il faudrait se poser la question de la justesse de ces valeurs. D'autre part une bonne part des prêts ne sont plus octroyé par des banques mais par des organismes qui ne font que du crédit. Déjà que l'on peut trouver anormal les prêts bancaires ex nihilo le fait que ce soit réalisé par des entreprises quelconques à quelque chose d'assez concasse et de dangereux. Pourquoi ne pas autoriser tout le monde à faire des prêts sans réserve de précaution tant qu'on y est, et vive les bulles et les cracks qui vont avec.

 

Seuil usure france 2002 2009

 

 

  Tout ceci montre donc l'irresponsabilité collective qu'il y a à autoriser les prêts à la consommation. Un prêt n'a de sens que s'il sert à l'accroissement globale des richesses et des revenues, sans cela il n'est qu'un transfère de richesse vers le prêteur. La crise actuelle aurait du entrainer une remise en cause de ce modèle, mais il est vrai qu'en l'absence des bulles de crédit, il n'y aurait plus de croissance économique possible, du moins  dans le cadre actuel de l'économie mondialisée. Et oui sans crédit plus de mondialisation possible, puisque les salaires et les revenues du travail font du surplace, sans parler du chômage de masse. Il n'est donc pas étonnant qu'il n'y est pas de remis en cause, tout comme il n'y a pas de remise en cause réelle des intérêts financiers, même les timides avancées européenne sur les  Hedge funds  viennent d'être rejetées sur la demande de Londres. Donc on ne soulève pas non plus l'absurdité du crédit à la consommation, car il faudrait alors remettre en cause la structure des revenues dans la pyramide sociale. Les non dits nous en apprennent finalement beaucoup plus que les faux débats télévisuels sur la réalité des intérêts dominant nos sociétés pseudo-démocratiques.

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 15:55

Dans mon texte sur le multiplicateur d'investissement de Keynes j'avais expliqué en quoi le libre-échange entrainait une contrainte croissante sur son efficacité. En effet en multipliant les importations vous réduisez mécaniquement les échanges locaux et vous créez des fuites du flux monétaire en dehors de votre zone monétaire. Ce qui fait que les plans de relance produisent des effets de plus en plus faible au furent et à mesure que vos citoyens consomment des denrées étrangères.

 

Or si vous augmentez de 100$ votre dette nationale, mais que le PIB augmente lui de 300$ grâce à cette dette, vous pouvez facilement rembourser la dette nouvellement acquise. C'est très exactement les conditions qui rendent faisable des politiques keynésiennes. En revanche si  pour 100$ de dette vous ne créez plus que 80$ d'accroissement du PIB vous avez un problème, la dette enfle et le cout de cette dette devient rapidement intenable. C'est ce que nos amis socialistes ont connu en 1983, se refusant à faire du protectionnisme et à dévaluer la monnaie, ils ont du renoncer aux politiques de relance et par là même au plein emploi.

 

Je vous parle de cela car une nouvelle vient de titiller ma curiosité le site nakedcapitalism.com vient de donner un tableau très intéressant sur l'évolution de l'efficacité du crédit aux USA. Ce graphique montre bien la dégradation continu de l'efficacité du multiplicateur de crédit:

 

 

MULT_Max_630_378.png

 

 

Vous avez bien vue aujourd'hui 1$ de crédit supplémentaire produit seulement 0.786$ de richesse supplémentaire. Vous pouvez lire toute l'analyse de nakedcapitalism sur cette page. C'est une preuve supplémentaire du suicide que représente le libre-échange, il est désormais impossible aux USA de tirer leur croissance en ignorant comme il l'ont fait jusqu'à présent les effets sur leur commerce extérieur. Le choix qui leur reste est entre le retour à la raison au travers une politique de protection raisonnable, comme le suggère maintenant certains économistes de l'establishment Krugman notamment. Ou alors faire un suicide à l'européenne  ou  à la japonaise en laissant le chômage filer vers le haut et les salaires vers le bas alignant à terme le niveau de vie occidental sur ceux des pays émergents.

 

Évidement une telle évolution condamnerait la croissance mondiale à l'effondrement, les pays asiatiques comme la Chine ne pesant pas encore assez gros pour absorber leur propre production, ils subiraient une dépression massive. La Chine par exemple n'a que 20% de sa croissance provenant de sa demande intérieure autant dire rien du tout. Et rétablir sa croissance par une demande endogène posera de nombreux problème comme on là vue dans ce texte.  D'ailleurs les manipulations de crédit massive faite récemment par la Chine pour compenser l'enfondrement des exportation risque d'entrainer des phénomènes extrêmement brutaux. Ainsi le M2 chinois a-t-il grimpé de 25.5% en moyenne annuelle sur le mois de février après un énorme 26% en janvier voir ici ce n'est plus une surchauffe, mais une explosion, il y a surement des bulles en formation car les salaires en Chine ne grimpent certainement pas à ce rythme.

 

Mais on peut conclure que c'est bien des USA que viendra l'éventuel retour au protectionnisme, parce  que c'est bien là-bas que les contradictions inhérentes au modèle libre-échangiste atteignent leur paroxysme. On peut aussi voir dans l'absence de protection sociale et la brutalité des rapports sociaux un argument de plus à une plus grande réactivité populaire. En effet on agit plus vite quand on a faim, l'assurance chômage et les protections sociales en Europe on peut-être en partie anesthésiées la population sur le plan démocratique, même si elles ont en pratique réduit l'impact de la crise. Quoique cet  effet est largement compensé par l'absurdité de la monnaie unique.

 

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