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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 20:20

euros_1644157c.jpgC'est un article du Telegraph qui nous apprends qu'une discussion aurait eu lieu entre la France et l'Allemagne sur une éventuelle coupure en deux de la zone euro. L'article décrit la création de deux euros, un euro du nord composé de l'Allemagne, des Pays-bas, de la France de l'Autriche et de la Finlande à minima, et un euro du sud composé des autres membres notamment l'Espagne, l'Italie ,la Grèce et le Portugal. Cet article est assez inquiétant, non pas sur le fait que la zone euro actuelle explosera, il s'agit là d'un mouvement quasi inéluctable puisque la seule possibilité pour sauver la zone euro telle qu'elle est serait d'établir des protections douanières régulatrice ce que les élites européennes se refusent à faire. Non ce qui est inquiétant c'est que la France continue dans cette optique à suivre la monnaie allemande et à devenir une espèce de satellite de la puissance germanique.

 

  J'ose espérer que les élites française ne sont pas à se point aveuglé par leurs dogme de monnaie forte et qu'ils  ne se jetterons pas dans ce traquenard germanique. Car si par malheur la France allez dans cette eurozone du nord,   il ne fait aucun doute, eu égard à ses membres, que la France serait la seule nations du groupe avec un déficit commercial extérieur. Une telle zone monétaire aurait des excédents commerciaux colossaux qui produiraient une réévaluation monétaire extrêmement forte, du genre un euro du nord vaudrait 1.5 euro actuel. Jusqu'à présent les pays du sud ont empêché, par leur déficits extérieurs, l'euro de trop s'apprécier. Sans cela notre situation serait encore plus grave sur le plan commercial qu'à l'heure actuelle. Si nous envisagions d'être membre d'une telle zone monétaire totalement germanique adieux la France. Pour ce qui est des Pays-bas ou de l'Autriche ce n'est pas un problème pour ces nations d'avoir la même monnaie que l'Allemagne puisqu'en réalité les Pays-bas sont un immense port allemand et l'Autriche un Lander qui n'est jamais entré dans la Bundesrepublik.

 

Est-il raisonnable de persévérer dans l'erreur?

 

L'échec de l'euro n'est pas uniquement du  à une mauvaise optimalité de la zone monétaire c'est une violation même du principe de souveraineté des peuples qui provoque sa chute. Créer des zones moins hétérogène sera bien sure une bonne chose mais la réalité c'est qu'il faut une monnaie par nation au moins. Il faut également tordre le cou à l'idée selon laquelle plus une monnaie est grosse mieux c'est. Rien n'interdit aux européens de fonctionner avec plusieurs monnaies. Une monnaies de réserves à l'échelle européenne qui pourrait d'ailleurs inclure toute l'Europe de l'atlantique à l'Oural, et même d'autres régions du monde, des monnaies nationales pour les échanges internationaux et pourquoi pas des monnaies régionales pour équilibrer les chances entre les régions faibles et fortes.  L'idée selon laquelle il faudrait un seule instrument monétaire est en soit ridicule, il vient probablement d'un esprit monothéiste hérité du Christianisme. Les US ont par exemple eu pendant longtemps des centaines de monnaies en circulation et ce jusqu'au début du 20ème siècle, ce fut pourtant la période la plus prospère de leur histoire.

 

D'ailleurs si les européens souhaitaient enfin se débarrasser de l'encombrant allié US et de leur monnaie pourrie le dollars, il serait interessant de faire de l'euro une simple monnaie de réserve. En étendant sont usage à d'autres régions du monde et notamment celles productrices de matières premières  nous saperions le seul mécanisme qui permet au dollars de se maintenir. Car c'est ce rôle de monnaie de réserve internationnal qui permet au dollars son maintient malgré une situation commerciale américaine catastrophique depuis trois décennies au moins. Les monnaies nationales européenne pouvant toujours se dévaluer si besoin, la nature de réserve de l'euro nous donnerait les avantages de la monnaie unique (protection contre la dollarisation) sans les effets pernicieux (découplage entre la valeur de la monnaie et la balance  des paiements des pays membres).

 

Quoiqu'il en soit si la zone euro doit être coupé en seulement deux morceaux, mieux vaudrait pour la France faire partie de l'euro du sud. Non seulement parce que les pays membres sont culturellement plus proche de nous, cela créerait l'union latine cher à certains blogueur. Mais surtout parce que la France bénéficierait pour un temps d'une monnaie probablement sous évaluée par rapport à son commerce extérieur, de quoi redresser un petit peu notre industrie. Bien sure il sera toujours nécessaire de faire du protectionnisme contre les régions asiatiques dont les avantages comparatifs sont trop grands pour être compensé par la seule dévaluation. Pour ce qui est de l'Allemagne et de sa zone monétaire elle bénéficiera enfin de sa super monnaie surévaluée puisque telle est son souhait. Nous ramasserons les miettes quand les délires d'excédents commerciaux auront poussé l'Allemagne à l'extinction totale.

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 20:07

     La question de la dette publique est redevenue d'actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n'ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers ,ont tout simplement transvaser les dettes bancaires vers la dette publique. Comme nous allons le voir ce n'est pas la première fois qu'une crise financière produit une monté des dettes publiques c'est même devenue une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites tout du moins en Europe, continent qui n'a pas la planche à billet universelle du dollars.  

 

André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l'évolution du solde budgétaire  français depuis 1973, c'est à dire depuis que l'émission monétaire a été privatisé. Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l'état et le cout des intérêts que nous payons chaque années à cause de l'emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l'on puisse dire c'est que ce graphique résume toute l'hypocrisie ou ignorance qui tourne autour de cette question.Car contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n'est pas le fruit d'une dépense excessive liée à une gabegie de l'état,  mais elle est plutôt le résultat  d'un surendettement volontairement provoqué.  En effet comment ne pas penser que ce surendettement n'a pas été le fruit d'une stratégie volontaire de la part d'une partie du personnel politique français. Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l'état providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l'usure sur le long terme. En produisant de la dette vous justifiez à postériori le démantèlement de l'état en oubliant de préciser d'où venait la dette et pourquoi l'on a volontairement privatisé l'instrument monétaire. Et les périodes de déficit budgétaire sont souvent venue dans des périodes où la droite était au pouvoir il suffit de regarder le graphique pour s'en convaincre.  Et la période actuelle est emblématique Sarkozy battant tout les records en matière de déséquilibre budgétaire.

 

dette-07062010-graphique1-m.png

 

      Le graphique est assez explicite en tout cas, et on peut également remarquer que les périodes de creusement de la dette publique sont les périodes où des crises monétaires se sont déclenchées. Ainsi l'attaque contre le Système monétaire européen en 1992 a produit une explosion des déficits. Je rappels qu'à l'époque Edouard Balladur et les élites françaises soutenaient le maintient du franc dans le SME. Ce fut la période dite de la politique du franc fort. Une politique qui provoqua une puissante montée du chômage et un fort déclin industriel dont nous payons toujours le prix aujourd'hui.  Le lien entre le déficit public et le le déclin industriel étant lié par la baisse des rentrées fiscales provoquées par la contraction de l'activité économique.

 

  Au final ce graphique très important montre que globalement sans les intérêts de la dette publique, les budgets auraient varié autour de l'équilibre dans la période 1973-2010. L'idée d'un état qui serait déficitaire uniquement à cause de  ses dépenses de fonctionnements et de ses fonctionnaires surpayés, relève donc de l'escroquerie intellectuelles. Il s'agit d'une propagande que  les néolibéraux n'ont cessé de répandre pour justifier des politiques de réorientation des flux monétaire vers les hauts revenues. Il faudrait d'ailleurs rappeler que les fonctionnaires consomment et payent des impôts comme tout le monde, qu'ils participent donc globalement à la demande intérieure et que bon nombre d'activités du secteur privé disparaitraient sans les méchants fonctionnaires. Sans parler de ces entreprises privées qui dépendent en grande partie des commandes publiques, il y a beaucoup d'hypocrisie dans ce genre de raisonnement de toute façon.

 

Comment réduire la dette?

 

  Le plus simple serait bien évidement de répudier la dette actuelle purement et simplement. Après tout celle-ci n'est elle pas le fruit d'une privatisation de l'instrument monétaire? N'est elle pas également le fruit de la construction de la monnaie unique qui par ses absurdités endogènes a produit des déséquilibres macro-économiques conduisant à creuser la dette publique? Le problème avec la répudiation est qu'elle entrainerait un défiance totale sur la possibilité de l'état d'emprunter à l'étranger, en effet qui voudraient prêter à un état qui ne respect pas ses dettes. Bien sure, sur le plan intérieur, le fait de ne pas pouvoir emprunter sur les marchés ne pose pas de problème. On reviendrait à la création monétaire nationale comme ce fut le cas pendant toute la période des trente glorieuses. Le problème est autrement plus épineux par rapport à l'étranger, en effet grâce aux efforts des néolibéraux la France est devenu une nation fortement dépendante de ses importations. Nous avons désormais un déficit commercial structurel construit par la conjonction d'une politique monétaire absurde celle de l'euro, et une politique de libre-échange autodestructeur de notre tissu industriel.

 

Il est donc important, à cause de cette dépendance des importations, de toujours garder la possibilité d'emprunt vis à vis de l'étranger.  Une rupture brutale de la confiance étrangère dans la dette française produirait une impossibilité d'emprunt qui contraindrait l'état à restreindre de façon trop abrupte les importations. Un gouvernement bien intentionné devra bien sure faire du retour à une plus grande indépendance industrielle sa priorité. Mais cette contrainte extérieure existe et ne doit pas être négligée sous peine de produire des catastrophes et des pénuries de certaines denrées dont nous sommes stupidement devenue importateurs. Une bonne politique économique doit orienter l'économie de façon douce et non brutale, le protectionnisme, les dévaluations et l'effacement des dettes doivent donc se faire progressivement de façon à réorienter petit à petit l'appareil productif, ou à le reconstruire le cas échéant.

 

La méthode d'effacement de la dette la plus raisonnable est donc celle qui consiste à monétiser progressivement celle-ci. Il faut oublier l'idée de l'effacer par la réduction des dépenses nous avons déjà vue que ce type d'action ne peut mener qu'à la déflation et à la dépression.  Et donc au final à l'aggravation de la dette publique. La méthode de André Jacques Holbecq  est la plus raisonnable, elle consiste à monétiser petit à petit, sur une longue période une partie de la dette publique pour en réduire la taille et les intérêts sans provoquer une contraction de la masse monétaire. Cette substitution ne produira pas d'inflation puisqu'en réalité elle n'augmente pas la masse monétaire en circulation, elle ne fait que changer une émission de monnaie privé, donc émise avec intérêt, par de la monnaie publique sans intérêt. Bien sure cela risque de démolir les arguments massues qui servent à légitimer les attaques contre les systèmes publiques, donc ce type de solution ne risque pas d'être plébiscité par les idéologues néolibéraux.

 

La contrainte extérieure elle sera évité car le processus sera relativement lent au yeux du marché et le marché oublie très vite pour peu que l'on soit assez discret.  Il ne faut pas avoir peur de ces mécaniques, elles ont déjà été employé après guerre et heureusement puisque sans cela les dettes de guerre auraient écrasé toute possibilité de reconstruction.  Quand à l'inflation il faut rappeler que si celle-ci est bien utilisée, elle peut permettre de réorienter les revenues du capital vers le travail ce qui ne serait pas une mauvaise chose si l'on en croit les évolutions de ces 20 dernières années de basse inflation.  C'est bien évidement la crainte absolue des rentiers et des actionnaires qui feront tout pour empêcher le retour de l'inflation et de la hausse des salaires et cela même si cela conduisait la civilisation à l'extinction.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 16:27

 depression070109a.jpg Comme nos dirigeants ont décidé de condamner l'Europe à la dépression économique, il me semble assez opportun d'expliquer ce qui va se produire et de définir avec vous ce que l'on nomme la déflation et la dépression. Voyez cette article comme un complément au texte sur la dette, l'inflation et la dévaluation. Après tout nous tournons autour des mêmes notions. Les dirigeants européens n'ont pas compris la situation du continent y compris en Allemagne et se contentent d'asperger le marché financier de liquidités sans résoudre le problème de fond, on peut d'ailleurs raisonnablement affirmer que c'est la même chose aux USA. L'incapacité à traiter la question du libre-échange et de la surévaluation monétaire conduit à la démolition systématique de la masse salariale induisant un défaut de demande intérieure constante . Mais la différence entre l'UE et les USA tient essentiellement au rôle du dollars comme monnaie de réserve internationale, une fois de plus les USA ont fait du demi-keynésianisme parce qu'ils peuvent se le permettre,enfin jusqu'à présent. L'effondrement prévisible de l'euro permettant à court terme de voir la valeur du dollars s'apprécier.

 

En effet grâce au  rôle de monnaie d'échange international de la monnaie américaine , les USA peuvent compter sur la nécessité pour le monde de posséder des dollars pour acheter des matières premières ou encore sur le fait que des états comme la Chine ne peuvent pas encore se débarrasser de leur bon du trésor américain sous peine de voir le dollars s'effondrer et les réserves monétaires des pays excédentaire avec.  Ainsi la crise de l'euro est elle en train de pousser à la redollarisation du monde c'est ce que décrit l'économiste  Norman Palma sur son blog. On peut donc affirmer l'échec de la stratégie de l'euro qui avait pour but de mettre fin à la domination du dollars américain. Cependant cette stratégie n'avait en réalité aucune chance de marcher, l'euro ne pouvait en aucun cas remplacer le dollars comme monnaie de réserve internationale, seul une action coordonnée de l'Europe de l'Asie et des pays producteurs de matières premières peut mettre fin à cette anomalie issu de la seconde guerre mondiale. Et seule une nouvelle convention internationale peut mettre fin à une pratique monétaire inscrite dans les usages depuis plus de 50 ans. Il faut donc cesser de croire que l'on mettra fin au dollars grâce à l'euro car avec cette monnaie c'est l'Europe qui souffre et non les USA qui peuvent toujours user de leur imprimante magique.

 

      La différence entre les USA et l'Europe est donc liée en grande partie au fait que nous ne jouons pas avec les mêmes cartes, si les USA peuvent à court terme ne pas se soucier de l'effet de leur déficit commercial ce n'est pas le cas de l'Europe. Mais cette contrainte extérieure n'est pas une fatalité en soit sauf si l'on s'obstine comme le font malheureusement les élites européennes à ne solutionner le déficit commercial que par la contraction de la demande intérieure. En effet il y a deux solutions aux déficits commerciaux : soit réduire les importations en augmentant le coût de celles-ci, c'est la solution de la dévaluation et du protectionnisme elle redirige la demande vers la production locale, soit on réduit les importations par la contraction de la demande intérieure, c'est malheureusement celle que nos dirigeants pratiquent depuis trente ans avec acharnement. Ils espèrent ainsi que la hausse hypothétique des exportations mettra fin un jour au manque de croissance qui résulte des politiques de déflation. En clair la politique de déflation que l'Europe met en place en ce moment consiste à mettre son destin entre les mains de puissances étrangères dont on attend une éventuelle augmentation des importations.

 

  C'est finalement très infantile et assez représentatif de l'évolution du continent européen depuis 50 ans. Nous avons cesser de penser par nous même et d'agir par nous même, nous attendons que les USA ou demain la Chine agissent pour ensuite les suivre. C'est un cas typique de servitude volontaire et l'Europe n'est pas le renouveau de l'indépendance du continent comme certain la vendaient, mais au contraire le parachèvement d'une Europe post-historique condamnée à l'extinction démographique et économique, futur terrain vague que possèderont des puissances étrangères. On peut tout de même espérer que les peuples d'Europe réagirons avant leur propre mort. D'autant que la déflation que nous prépare l'intelligentsia européenne ne pourra pas être courte comme dans le cas du Japon, elle ne pourra pas s'appuyer sur les exportations car nous ne sommes plus compétitifs, et ce même en divisant par deux les salaires. La déflation que prépare l'Europe ne se terminera pas comme celle des années 90 fruit du franc fort et des politique du SME(système monétaire européen), prédécesseur funeste de l'euro. Contrairement à l'époque l'Europe ne pourra pas,  cette fois tirer, son économie par ses exportations vers les USA, car ces derniers importeront surtout des produits chinois ou coréens. La déflation va donc se transformer petit à petit en dépression et voila comment.  

 

1-La déflation

 

    La déflation est un processus définit comme étant la diminution de la masse monétaire en circulation. Par extension on la définit aussi comme étant une baisse des prix ce qui n'est pas forcement vrai. Il y a, comme dans le cas de l'inflation, une confusion entre deux principes qui sont en partie lié mais dont  le lien n'est pas un phénomène  total de cause à effet. La diminution de la masse monétaire ne déclenche pas automatiquement une baisse des prix tout comme la hausse de la masse monétaire de déclenche pas forcement de l'inflation.  Quoi qu'il en soit la déflation consiste en une baisse généralisée de la monnaie en circulation. Cette déflation a bien évidement pour origine le sur-endettement des états, des ménages et des entreprises. En effet pendant un certain temps nos pays ont compensés leur manque de revenues à distribuer produit par la désindustrialisation et la baisse des revenues du travail par l'endettement des ménages et des états, créant ainsi artificiellement une demande qui n'était pas compensée par une production concomitante. Le résultat fut la production de déficits commerciaux, et la faible croissance comme en Allemagne, car une bonne part du miracle commercial Allemand tient surtout de la faible croissance que ce pays connait depuis dix ans et d'un chômage croissant couplé à un déclin démographique lui même puissant moteur de déflation. La déflation arrive lorsqu'il faut rembourser les dettes à ce moment là, l'effet de croissance artificiel qui s'était produit par l'endettement à court terme produit un multiplicateur keynésien inversé, produisant un contraction extrêmement puissant de l'économie qui tourne moins vite qu'elle ne le devrait s'il n y' avait pas de dette.

 

2-La dépression

 

    La dépression apparait lorsque la déflation s'est maintenue un  certain temps, elle consiste en un changement de vision du futur des acteurs économiques. Ces derniers anticipent une baisse des prix et agissent de en fonction de ces prévisions. Les ménages se mettent par exemple à reporter à plus tard des achats car ils savent que les prix se mettent à baisser, de la même manières les entreprises se mettent à réduire leurs investissements parce qu'elles prévoient une baisse de la demande qui leur sera adressée. Ces prévision pessimistes des acteurs économiques entrainent une mécanique négative de destruction de l'activité économique c'est ce que nous avions connus pendant les années 30 et c'est ce que l'Europe est sur le point de redécouvrir. Bien sure cette décroissance de l'économie accroit les dettes ce qui détruit encore plus la possibilité de retrouver un semblant de croissance. La dépression est donc une déflation qui s'auto-entretient et dont il est très difficile de sortir une fois qu'on y est rentrée.

 

Si l'Europe a évité depuis trente ans la dépression c'est uniquement grâce à l'Oncle Sam et à sa planche à billet magique, les stabilisateurs keynésiens comme l'assurance chômage ou les aides sociales ont aussi ralentit le processus. Mais comme je l'ai dit précédemment, il n'y aura plus de porte de sortie cette fois et l'euro aggrave considérablement la situation, ce dernier n'était pas là lors de la dernière grande crise européen de 1992-93. A l'époque certain pays était sortie du SME et avaient relancé leurs économies grâce aux dévaluations, et la relance américaine avait fini par produire une reprise de l'économie européenne grâce aux exportations. Rien de tout çà ne se produira cette fois, en 2002-03 quand les USA ont relancé leur croissance par l'endettement, c'est essentiellement l'Asie qui a absorbé la croissance de la demande, notre continent a végété pendant ces dix dernières années avec la croissance la plus faible du monde. Les USA ont remplacé leur producteurs Européens par les producteurs d'Asie l'empire monétaire US n'a plus besoin de nous il a trouvé moins cher ailleurs.

 

Mais ce n'était pas encore la dépression, les bulles immobilière en Espagne, en GB ou en France on maintenue une légère hausse de la demande sur le continent  pendant toute cette période, et c'est fini. C'est pourquoi cette politique de déflation que les élites européennes veulent mettre en place ne produira pas une relance à terme, le monde a changé et l'Europe est trop grosse pour être tiré par les exportations ce que ne semble pas comprendre nos amis allemands. C'est donc vers une dépression permanente que nous nous dirigeons à combien montera le chômage mystère. La grande élasticité des salaires introduite par les réformes néolibérales de ces vingts dernières années va probablement permettre au continent  de connaitre la douceur des taux de chômage à 30 ou 40%. Car contrairement à la légende libérale si les dépression ne s'aggrave pas indéfiniment c'est grâce à la non-élasticité salariale, plus les salaires peuvent varier avec la crise et plus la dépression peut être grave. J'attends avec impatience les effets collatéraux spectaculaires qu'une éventuelles suppression du SMIC produirait en France. Bien sure tout ceci ne prend pas en compte la réaction populaire qui par définition est imprévisible, souhaitons juste que la population ne réagissent pas trop tardivement. Elle seule peut maintenant mettre fin à ce délire mortifère de dépression volontaire.

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 21:36

    Voici un texte écrit par Keynes en 1931 qui plaide pour le protectionnisme commercial en vue du rétablissement du plein emploi. Ses propos sont étonnements d'actualité et le parallèle entre les deux époques est assez inquiétant, puisque nous somme à la veille de la monté des nazi en Allemagne, et qu'alors, comme aujourd'hui le monde était en proie à l'anxiété économique.  Comme vous allez le constater Keynes est toujours notre contemporain décrivant une situation en grande partie semblable. La politique de plein emploi est le résultat d'une volonté et la manière de relancer l'emploi doit prendre en compte la fameuse contrainte extérieure, mais celle-ci doit être éliminé par des moyens qui ne sont pas forcement compatibles avec la doctrine du libre-échange.  En cette période de grave crise en Grèce et en Europe, au moment ou notre continent comme dans les années trente s'enferme à nouveau dans la spirale de la déflation, il me semblait  opportun de mettre ce texte à lire.

 

 

Propositions en vue de l'établissement
d'un nouveau tarif douanier (7 mars 1931)
.

 

 

Ne trouvez-vous point paradoxal que nous puissions continuer à augmenter notre capital de richesse en accroissant nos placements à l'étranger ainsi que notre équipement national, que nous puissions continuer à vivre (la plupart d'entre nous) à peu près aussi bien qu'auparavant ou même mieux, et en même temps entretenir une foule de personnes à ne rien faire, en leur assurant une indemnité plus importante que le salaire normal d'un homme qui travaille dans toute autre partie du monde – tout ceci avec un quart de notre outillage industriel immobilisé et un quart de nos ouvriers en chômage ? Ce ne serait pas seulement un paradoxe mais une impossibilité, si notre capacité de produire de la richesse n'était pas beaucoup plus considérable qu'auparavant.

 

Mais l'accroissement de cette capacité est un fait. Il tient essentiellement à trois causes :

 

1° Le rendement sans cesse croissant de notre industrie dû à des perfectionnements techniques (j'estime que la production par tête est de 10 %, supérieure à celle de 1924 seulement);

 

2° la part considérable des femmes dans la production et l'accroissement de cette part de la population qui est en état de travailler;

 

3° la baisse de nos importations par rapport à nos exportations. Le résultat, c'est qu'avec les trois quarts de notre potentiel industriel, nous pouvons à présent produire autant de richesses que nous le pouvions avec le tout il y a quelques années. Mais comme nous serions riches, si seulement nous parvenions à employer les quatre quarts de notre potentiel actuel !

 

La crise vient donc, non pas d'un manque de moyens matériels susceptibles d'assurer à chacun l'abondance et de faciles conditions d'existence, mais d'une rupture du système et du mécanisme qui commandent nos ventes et nos achats réciproques. Il y a deux attitudes à prendre en présence de pareille rupture. Nous adoptons l'une ou l'autre selon notre tempérament. L'une s'inspire de la volonté de maintenir au même niveau les conditions de l'existence et cherche à récupérer les forces inemployées – c'est-à-dire à se développer en faisant abstraction de tout sentiment de crainte et même parfois de prudence. L'autre repose sur une psychologie de la peur et se traduit par une tendance à se restreindre. Jusqu'à quel point est-il sage d'avoir peur?

 

Nous vivons dans une société où l'activité de la production est conditionnée par les bénéfices normaux qu'escompte l'homme d'affaires, ou tout au moins par son désir d'éviter toute perte. La marge nécessaire pour l'inciter à  produire ne constitue qu'une toute petite fraction de la valeur totale du produit. Mais qu'elle vienne à disparaître, toute la production s'écroule, c'est cela  malheureusement qui est arrivé. Les prix trop faibles par rapport au coût de la  production et l'effet moral désastreux de contributions trop élevées a fait  disparaître le stimulant indispensable à toute production. Voilà ce qui est à la  base du désordre actuel. Il est donc peut-être imprudent de tourmenter ou d'effrayer l'homme d'affaires davantage. Une politique par trop hardie courrait ce risque. Car raisonnant par fausse analogie en tenant compte de ce que la  prudence commande à un individu qui découvre tout à coup qu'il vit au delà  de ses moyens, le commerçant, lorsque ses nerfs ont été éprouvés, devient  généralement partisan de restrictions nationales qui, à la longue, ne peuvent s'exercer qu'à son désavantage et à ses dépens.   (Ici Keynes met le doigt sur la contradiction entre raisonnement individuel et collectif, la sommes des intérêts individuels n'est pas égale à l'intérêt collectif)


Il y encore une raison de s'alarmer. Nous souffrons d'une instabilité internationale. Nos exportations sont manifestement ralenties, et ne peuvent lutter que plus difficilement avec la concurrence, du fait du niveau trop élevé du 

  prix de la vie. Tandis que l'absence de bénéfices suffisants sur le marché intérieur, incite le spéculateur, à placer son argent à l'étranger, les impôts élevés viennent renforcer cette tendance néfaste. Par-dessus tout, la difficulté qu'éprouvent les autres pays créanciers à accorder de nouveaux prêts (source de toute cette débâcle) charge Londres d'un trop lourd fardeau financier. Ainsi  apparaissent d'autres arguments évidents s'opposant à une politique trop  hardie : car un surcroît d'activité à l'intérieur, provenant d'une main-d'œuvre plus nombreuse, augmentera l'excès de nos importations, et un emprunt de la part de l'État pourrait dans leur disposition actuelle, effrayer les spéculateurs. Ainsi les conséquences directes d'une politique expansionniste seraient  d'obliger le Gouvernement à emprunter, de grever le budget, et d'accroître l'excès de nos importations. C'est pourquoi de toute façon – soulignent les  adversaires de cette politique – elle ne peut qu'aggraver le manque de confiance, le volume des impôts, et l'instabilité internationale, qui, déclarent-ils,est à la base de nos maux actuels. (On voit tout de suite la ressemblance avec la situation actuelle la contrainte extérieure empêche toute politique de relance, il faut d'abord s'attaquer à la contrainte extérieure pour pouvoir relancer la machine)  

 

Ceci dit, les adversaires de l'expansion se divisent en deux groupes : ceux qui estiment qu'il ne faut pas seulement renoncer pour l'instant à toute idée de développement mais qu'il faut encore opérer des restrictions, ils entendent par  là une réduction des salaires, et d'importantes économies sur les dépenses actuellement prévues au Budget, et ceux qui, tel Mr. Snowden, voient d'un aussi mauvais œil tout projet de restriction dans le sens que je viens d'indiquer et tout projet d'expansion.Mais une politique purement négative est en réalité ce qu'il y a de plus  dangereux. Car il devient de plus en plus douteux, au fur et à mesure que le temps s'écoule, que nous puissions maintenir notre niveau de vie. Nous le pouvons sûrement avec 1 million de chômeurs; nous le pouvons probablement  avec 2 millions de chômeurs; avec 3 millions de chômeurs. nous ne le pourrons probablement plus. Ainsi une politique négative qui permet au chômage de s'accroître progressivement, mène infailliblement, à un abaissement du niveau de la vie qui n'est plus tolérable de nos jours. Si l'on reste trop longtemps sans rien faire, il n'y aura finalement plus rien à faire.

 

Le chômage provient – il faut que je le répète – du fait que l'employeur a  été privé de bénéfice. L'absence de bénéfices peut avoir des causes multiples.Mais à moins de passer au Communisme, il n'y a pas d'autre remède au chômage que de rétablir une marge suffisante pour laisser un bénéfice aux employeurs. On peut s'y prendre de deux façons – ou accroître les demandes,c'est la méthode expansionniste, ou réduire le coût de la production, c'est la méthode de restrictions. Les deux essayent de résoudre la difficulté.

 

À  laquelle doit-on donner la préférence?

 

  Diminuer le coût de la production en réduisant les salaires et réaliser des économies sur certains chapitres budgétaires, peut provoquer de plus larges achats de nos produits par l'étranger (à moins, ce qui est également possible,  que pareil exemple soit suivi par lès autres pays) mais entraînerait vraisemblablement une diminution des achats à l'intérieur. Les avantages que retireraient les employeurs d'une réduction générale des salaires ne sont donc pas aussi importants qu'ils en ont l'air. Chaque chef d'entreprise voit les avantages qu'il tirera d'une réduction des salaires qu'il paye lui-même, mais néglige les conséquences de la diminution des revenus de ses clients et de la réduction des salaires dont bénéficient aussi ses concurrents.  De toute façon, il y aurait là une injustice sociale qui provoquerait de sérieuses résistances, étant  donné que ce serait avantager certaines classes de revenus aux dépens d'autres classes. Il semble donc qu'une politique de restriction suffisamment sévère pour être suivie d'effets, soit impraticable. (C'est une attaque imparable de la politique de déflation salariale que pourtant l'europe est en train de mettre en place, en voulant généraliser le "modèle" Allemand l'UE va provoquer une contraction massive à l'échelle du continent qui mettra à genou même l'Allemagne.)  

 

Cependant les reproches adressés au remède expansionniste, instabilité de notre situation au point de vue international, état du budget et manque de confiance, ne peuvent être écartés si facilement. Il y a deux ans, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter; aujourd'hui c'est une autre affaire. Il ne serait pas intelligent  l'effaroucher les pingouins et de laisser ces froides créatures polaires s'envoler avec leurs œufs d'or loin de nos rivages. Une politique d'expansion suffisamment ferme pour être efficace nous obligerait peut-être à abandonner l'étalon-or. De plus, il y a deux ans, le problème était presque entièrement un problème anglais, aujourd'hui il est essentiellement international. Aucun remède intérieur ne peut aujourd'hui suffire à lui tout seul. Un remède international s'impose, et la façon la plus sûre d'écarter une débâcle internationale serait pour la Grande-Bretagne de prendre une initiative. Mais pour que la Grande-Bretagne se mette à la tête du mouvement, il faut qu'elle soit forte et qu'on la croie forte. Il est donc de la plus haute importance de donner confiance au marché de Londres, je ne crois pas que cela soit bien difficile; car la véritable puissance de Londres a été sous-estimée par l'opinion étrangère et nous sommes sur le point d'assister à ce sujet à un brusque revirement de sentiment.

 

C'est pour ces raisons que moi qui étais hostile à un retour à l'étalon-or, et puis malheureusement prétendre que mes prédictions de Cassandre se sont partiellement réalisées, j'estime que nous devrions aujourd'hui défendre de toutes nos forces le change de notre monnaie afin de reprendre – et c'est là l'essentiel – la tête du marché financier mondial. Aucun autre État ne peut en effet prétendre occuper avec autant d'expérience et de sens des affaires publiques ce rôle, si nous nous y présentons à nouveau avec une puissance reconnue et non avec  faiblesse.

 

Avant de préconiser une politique d'expansion afin de remédier au chômage, il faut y réfléchir à deux fois. J'y ai réfléchi à deux fois : et voici quelles sont mes conclusions.

 

  Je suis d'avis qu'une politique d'expansion, bien que désirable, ne peut être appliquée aujourd'hui avec sécurité, si elle ne s'accompagne pas d'autres mesures qui en neutralisent les dangers. Permettez-moi de vous rappeler en quoi consistent ces dangers. Ils consistent à alourdir d'un nouveau fardeau notre balance commerciale, d'un nouveau fardeau notre Budget et à porter  atteinte à la confiance. Si la politique d'expansion se justifiait un jour par un  accroissement marqué du taux des bénéfices, et par une reprise de la main d'œuvre, elle finirait par exercer une influence favorable, peut-être même des plus favorables, sur le Budget et la confiance. Mais tels ne seraient pas ses premiers effets. ( Ce paragraphe est à méditer pour les tartuffes de la dépense sans réflexion, et que l'on ne me dise plus que Keynes était pour les déficits infinies)

 

Quelles sont donc les mesures que l'on peut prendre pour neutraliser les dangers que j'ai indiqués?

 

Corriger les graves abus auxquels donnent lieu les indemnités de chômage et écarter actuellement toutes dépenses sociales nouvelles dans le Budget, afin de consacrer toutes les ressources disponibles à une reprise de la main-d'œuvre, cela est fort bien et je ne puis que le conseiller. Mais la principale décision qui selon moi s'impose aujourd'hui à tout sage Chancelier de l'Échiquier, quelles que soient ses idées sur le protectionnisme, est l'introduction d'un sérieux tarif douanier. Il est certain qu'il n'y a pas d'autre mesure qui puisse, avoir à la fois autant de conséquences immédiates avantageuses et pratiques.

 

Le tarif auquel je songe ne comporterait pas de droits protecteurs distincts mais s'appliquerait à des catégories de marchandises aussi vastes que possible,  qu'il frapperait selon un taux uniforme ou peut-être deux taux. Des abattements seraient prévus, pour les matières d'importations rentrant dans la fabrication des exportations; et certaines matières premières. qui figurent pour  une large part dans les chiffres de nos exportations, telles que la laine et le coton, seraient exemptées de tout droit. Le revenu des droits devrait s'élever à un minimum de £ 50.000.000 et si possible atteindre £ 75.000.000. On  pourrait par exemple appliquer un droit de 15 % sur tout produit manufacturé ou à demi manufacturé sans exemption, et un droit de 5 % sur tous produits alimentaires et sur certaines matières premières, d'autres de celles-ci demeurant exemptes de tout droit

 

Je prétends que les répercussions de pareils droits sur le coût de la vie, seraient insignifiantes et pas plus sensibles que les fluctuations qui se produisent actuellement d'un mois à l'autre sur le marché.  De plus, n'importe quel remède contre le chômage ne peut qu'entraîner une hausse des prix. D'autre part, les répercussions de ce même tarif sur le coût de nos produits d'exportation, si l'on tient compte des abattements calculés sur une base très simple et très large, seraient minimes. Les partis fidèles au libre échange qui se rallieraient à ce plan, devraient s'engager à supprimer ces droits au cas où les prix mondiaux atteindraient à nouveau le niveau de 1929.

 

Comparée à toute autre alternative qui s'offre à nous, pareille mesure a l'avantage d'être la seule qui puisse à la fois soulager notre budget et restaurer  la confiance dans les affaires. Je ne pense pas qu'on puisse établir un budget sain et prudemment équilibré aujourd'hui sans avoir recours à un tarif douanier. Mais là n'est pas l'unique avantage. En substituant à des marchandises importées des marchandises fabriquées chez nous, on accroîtra le volume de la main-d'œuvre dans notre pays. En même temps, en favorisant notre balance commerciale, on créera une marge nécessaire pour couvrir les frais qu'occasionnent les importations nouvelles destinées à alimenter une politique d'expansion et les emprunts nouveaux qu'accordera l'Angleterre à des pays débiteurs paralysés. De la sorte, nous restituerons d'une main au reste du monde la puissance d'achat que nous lui enlevons de l'autre, en restreignant  nos importations. Certains fanatiques du Libre Échange soutiendront peut-être que l'effet des droits d'importations sur nos exportations, viendra en neutraliser les avantages; mais cela n'est pas vrai.

 

Les Libres Échangistes peuvent sans manquer à leur doctrine, considérer un tarif douanier comme un rideau de fer dont on ne doit se servir qu'en cas de danger. Le danger est venu. À l'abri du répit qui nous serait ainsi accordé et avec les forces financières disponibles, nous pourrions élaborer une politique et un plan à la fois intérieur et international, nous permettant de triompher de l'esprit de restriction et de la peur.

 

Si par contre, les Libres Échangistes repoussent ces conseils et renoncent à pareil expédient, le résultat certain sera d'entraîner la chute du Gouvernement,qui ne saurait être remplacé au milieu d'une crise de confiance et dans une telle confusion que par un Ministère lié d'avance à un programme purement protectionniste.

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 17:55

Je vais lancer un coup de gueule contre cette ânerie grotesque et cette peur affolante de la dévaluation monétaire parce qu'il semble que certains analystes, qui se pensent alternatifs, s'inquiètent de la baisse de l'euro. Je pense plus précisément à deux courants d'alternatifs relativement connu et qui ont en commun un égo assez sur-dimensionné du moins à mon sens. Je veux bien sure parler du fameux Laboratoire Européen d'Analyse Politique dont la lettre d'analyse LEAP2020 sort régulièrement  et du blog de monsieur Paul Jorion. Il ne s'agit pas ici d'un règlement de compte ou quoi que ce soit  de ce type, ni de jalousie de leur audimat, mais de voir les divergences profondes qui peuvent différencier mes propres analyses et celle de mes collègues avec ces deux sources de réflexion. Car la situation de l'Europe actuelle a clairement mis à nue les divergences qui peuvent exister entre les différents courants alternatifs. Je finirai d'ailleurs par une critique modéré des propos de monsieur Jacques Généreux dont j'apprécie globalement les réflexions mais qui possède à mon sens un point de divergence important qui souligne la différence entre la vision souveraine de la France celle d'un politique comme NDA, et la vision toujours internationaliste d'un homme comme Mélenchon. Car la rupture apparait dans la réaction global face à l'euro et personnellement je fais plutôt parti des euroseptiques de conviction et je n'ai jamais vraiment cru à l'UE et à l'euro.

 

Critique du dernier texte du LEAP2020  

 

  Je suis les analystes du LEAP depuis 2006 et ils ont toujours été très intéressant dans leur façon de penser. Iconoclastes on pourrait objecter qu'ils se sont quand même souvent planté annonçant toujours le pire ou en faisant des prédiction bien hasardeuses sur les cours monétaires. Je dirai tout de même que le principal reproche que l'on puisse faire à ce groupe dirigé par monsieur B est d'être des euro-béats. Aveuglé par leur raisonnement anti-anglo-saxon ils n'ont cessé depuis le début de valoriser l'Europe contre l'Amérique et la GB, l'une étant vertueuse les autres étant de dangeureux irresponsable. Et leur dernière lettre  d'analyse montre à quel point la haine peut les aveugler.

 

Ainsi d'après ce laboratoire d'analyse "inverses du discours dominant de ces derniers mois, sur le fait que non seulement l'Euro n' « exploserait pas » à cause du problème grec, mais qu'au contraire la zone Euro sortirait renforcée de cette étape de la crise " avec leur ton habituel de certitude gonflée aux hormones. Du reste l'inquiétude du LEAP face à la dévaluation de l'euro en dit long sur les intérêts qu'ils défendent ceux des possesseurs de capitaux.  Le plus drole c'est qu'ils affirment que le plan de 750 milliards d'euro est un signe positif de la reprise en main de l'économie financière par les états membres alors qu'ils affirmaient exactement l'inverse lorsque les USA injectait il n'y a pas si longtemps une somme semblable pour sauver leur système financier.  L'incohérence de la chose est assez démonstrative de leur idéologie européïste. Dans la suite du texte le LEAP nous affirme que l'Europe va sortir fortifiée de la crise, on ne voit pas bien comment, et le LEAP n'aborde pas l'eurodivergence des balances commerciales et monétaires. Mais ils sont à mon avis partisan d'une homogénéisation de l'Europe basé sur le fameux modèle Allemand qui n'a de modèle que le nom puisque son application à l'échelle européenne en annulerait les prétendus vertus.  Ils rêvent également tout bas d'une Europe impériale en remplacement  de l'Amérique l'euro remplaçant le dollars comme monnaie de réserve c'était aussi d'une certaine manière le rêve d'Emmanuel Todd dans "Aprés l'empire ". Rêve à mon sens dangereux puisque c'est l'internationalisation du dollars qui a été fatal à long terme à la puissance américaine,car en permettant à l'Amérique des déficits commerciaux permanent, il a rendu possible la totale destruction de l'appareil productif naguère le plus puissant du monde et de loin.  Une telle ambition pour l'Europe relève finalement du vieux mécanisme de la puissance, celle qui a permis les empire coloniaux dont nous payons toujours le prix historique, non le rêve de puissance ne nous mènera nul part ailleurs qu'au désastre.

 

Mais en dehors des USA la GB est leur deuxième cible. Puissance qui a eu l'outrecuidance de ne point rentrer dans l'euro celle-ci doit être puni par dieux... par le marché. Regarder ces pauvres anglais dont la monnaies s'est dévalué de 30% et dont le déficit publique devient abyssale et qui en plus est englué dans un problème d'instabilité politique.  IL parlent de crise historique pour la GB, je crois qu'ils oublie la période des années 70 et la période Thatcher. Enfin il oublie que le principale problème de la GB s'est la désindustrialisation et son corolaire le déficit commercial. Or j'ai fait un papier il n'y a pas si longtemps qui analysait la situation Britannique et les chiffres du commerce extérieur sont bon la balance des paiement est positive et le déficit de la balance commerciale s'est redressé. Voila qui est bien embêtant pour des partisans chevronné de l'euro alors ils n'en parle pas bien sure.   Je ne fais pas bien sure l'apologie de la GB on leur doit le néolibéralisme en Europe. Cependant le grand pragmatisme des anglais constitue un barrage certain aux délires technocratique issu du vieux continent et dont les gens du LEAP sont d'assez bon représentant.

 

Alors bien sure ils peuvent toujours dire: "En effet, même si leurs dirigeants se rendaient compte de la folie d'une stratégie consistant à isoler chaque jour un peu plus la Grande-Bretagne alors même que la crise mondiale passe à la vitesse supérieure, ils se heurteraient à cet euroscepticisme public qu'ils ont entretenu au cours des années passées." et nous pourrions leur répondre: " En effet, même si leurs dirigeants se rendaient compte de la folie d'une stratégie consistant à unifier chaque jour un peu plus la France à l'Europe alors même que la crise mondiale passe à la vitesse supérieure, ils se heurteraient à cet eurobéatitude publique qu'ils ont entretenu au cours des années passées." Quitte à faire du sophisme sans démonstration factuelle allons y n'est ce pas? En fait cette haine de la GB est bien compréhensible pour des européïstes qui voient leur château de carte s'effondrer, puisque l'Europe c'est un peu la raison de vivre de ce groupuscule. Passer sont temps à vomir sur le voisin est bien pratique pour éviter de voir les contradiction inhérente à l'euro et à la construction européenne. Et tout les grands discours ne changeront pas la fait que l'UE est l'homme malade de la planète se trainant avec des taux de croissance ridicule depuis plusieurs décennies et dont le taux de chômage était déjà proéminent avant la crise.  Et on peut rajouter cette constatation empirique, plus l'Europe s'unifie plus elle décline à l'échelle mondiale, étonnant non ?

 

Le blog de Paul Jorion la spéculation, toujours la spéculation, rien que la spéculation. 

 

  Je vais parler ici du blog de Paul Jorion, globalement et pas uniquement de monsieur Jorion car globalement les intervenants de ce site ont une grande proximité d'analyse et il faut bien dire que les propos discordant sont assez rare dans les commentaires. Je ne parlerais pas de la censure pratiqué sur ce blog, d'autres,  comme mon collègue RST en on fait leur cheval de bataille. Je constate par contre que certains sujet ne sont jamais abordé, des sujets qui sont quand même extrêmement important comme les balances commerciales  ou les problèmes de taux de change.

 

Le blog de Paul Jorion est uniquement consacré à la question de la spéculation  et l'analyse de monsieur Jorion se résume à attaquer cette dernière. Je parle ici bien sure de la question économique ne rentrant pas dans les prétentions scientifiques de certains textes présents sur ce blog. Pour Paul Jorion notre monde est uniquement malade de la finance et de sa cupidité, je n'est pas bien sure la volonté de dédouaner les financiers ils ont une partie de la responsabilité mais seulement une partie. Car Paul Jorion ne s'interroge pas sur l'origine du besoin latent de l'occident vis à vis de la dette, il ne s'attaque pas non plus aux problèmes des déficits commerciaux.  François Leclerc intervenant fréquent de ce blogue à tel point que l'on pourrait appelé ce blog de sont nom, n'a d'ailleurs jamais caché sont attachement au libre-échange. Et c'est là que le blog et les analyses de Jorion tombent par terre, il constate l'accroissement des inégalités, mais semble gêné dès qu'il s'agit d'en chercher l'origine. La spéculation est le résultat de la dérégulation mais aussi de l'accroissement des inégalité économiques. Les riches ayant des moyens de plus en plus grand tendent à ne pas savoir quoi faire de ces revenus, ils les jouent donc en bourse ou dans la spéculation immobilière.

 

Mais pourquoi une telle concentration de capitaux?  Les partisans d'économiste comme Jacques Sapir ou Jean Luc Gréau le savent pertinemment, c'est la libre-circulation des marchandises qui en est à l'origine. Faute de s'attaquer à çà il est illusoire de croire que l'interdiction des paris sur la fluctuation des prix ou quelque marotte marxiste que ce soit puissent régler le problème car les capitaux iront toujours à la recherche d'un moyen de s'auto-amplifier par la spéculation. La dernière prise de position d'Angela Merkel dont se réjoui Paul Jorion ne va faire que déplacer le problème, à la rigueur pourrait-il proposer le contrôle des capitaux à court terme mais il ne le fait pas.

 

 

 

   L'interdit qui frappe le blog de Paul Jorion sur la question des limites et des frontières est à mon avis caractéristiques des intervenants majoritaires de ce blog. Ils sont d'obédience marxiste et dont définitivement ennemis des nations, ils n'aiment pas les frontières et considère les solution nationales comme des non solutions. Car les marxistes s'ils ont bien des point de divergences avec les libéraux qu'ils conspuent ont aussi bon nombres de croyances en commun et celle de la fin des frontières et d'une humanité unifié en est un gros point. Les marxiste bien conscients des problèmes engendré par la mondialisation essaient donc de trouver des solution qui rentre toujours dans le même cadre post-national et ils font face, il me semble, à une butté infranchissable puisque c'est la mondialisation et la surpression des frontières elle même qui sont la cause de la crise, n'en déplaise à Paul Jorion. Il pourra inventé tout ce qu'il veux comme astuce pour règlementer la spéculation çà ne fonctionnera pas parce que la spéculation est en grande partie une conséquence et non la cause des problèmes. Il y a là une vrai divergence entre les alternatifs qui se retrouve d'ailleurs dans la sphère politique puisque le Front de Gauche et Debout la République qui sont deux partis alternatifs au partis classique s'oppose justement sur la question du fait national.

 

On échappera pas à une confrontation, il ne suffit pas de vouloir changer les choses encore faut-il savoir comment, et c'est bien les moyens qui font divergence. Je constat au passage que monsieur Jorion se réjoui de la remonté de l'euro comme dans le cas du LEAP on peut se demandé pour qui il roule. Pour ma part je pense que seule une forte dévaluation pourrait sauver l'euro à l'inverse de monsieur Paul Jorion, mais il est vrai que ce qui m'intéresse c'est la situation de l'industrie française et non celle des actifs financiers.

 

 

Jacques Généreux

 

 

 

La vidéo de Jacques Généreux fait partie de ces analyses pédagogiques et rationalistes telles qu'on aimerait en voir plus à la télévision. Bien qu'ayant de gros points de divergences avec les solutions de Généreux  cela fait toujours plaisir d'entendre un intellectuel construire une argumentation à l'ancienne avec des Si des Mais des Parce Que et des Donc et un bon vieux plan thèse, antithèse, synthèse,  conclusion. Il faut bien dire que le pays de Descartes semble atteint de pourrissement cérébrale surtout à la télévision où personne ne prend le temps d'écouter personne et où la politique se résume à des slogans publicitaires.

 

  L'intervention de Généreux si elle décrit très bien l'origine de la crise, sa genèse financière du moins, tout comme elle exprime les difficultés de la zone euro, révèle aussi un point d'achoppement avec les thèses que je défend et les hypothèses de sortie de l'euro. Car on voit bien à la fin de l'interview que la sortie de l'euro ne fait pas partie des solutions pour Jacques Généreux. Et vue le poids intellectuel de Généreux sur le Front de Gauche, je présume que sa position est également celle de son parti, les éventuels lecteurs appartenant au FG qui seraient en désaccords avec cette hypothèse peuvent bien sure le dire en guise de commentaire. Après tout Généreux peut très bien appartenir à un parti et avoir sa propre opinion sur la crise qui ne soit pas totalement en accords avec la ligne que son parti défend, ce serait étonnant mais pourquoi pas.

 

    Quoiqu'il en soit Généreux rejoint ici ce que je nommes les financiaristes à la suite de Paul Jorion, des gens pour qui la crise est essentiellement du à la finance et aux structures du  capital. Cela relève encore une fois plus du marxisme que du keynésianisme même si grâce à la propagande libérale bon nombre de personne confondent maintenant  les deux courants de pensés.   Je ferais donc les même remarques que pour Paul Jorion que fait donc Généreux avec l'eurodivergence? Comment faire pour établir la balance commerciale à l'intérieur de la zone euro, comment réagir à la stratégie individualiste de l'Allemagne? On brule des cierges et on prit en direction d'Angela Merkel?

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 19:45

En ces temps de crise et de grands discours sans fondement, il est bon, il me semble, de rappeler quelques notions et de les clarifier. Ceci afin de ne pas penser de travers, comme c'est malheureusement trop souvent le cas dans nos médias. Il est temps également de rappeler les justifications des dettes et de montrer qu'une bonne part des problèmes que connaissent l'Europe et la France sont le fruit des politiques absurdes qui furent imposées à partir des années 70.

 

 

 

Dette intérieure, dette extérieure.

 

 

 

Tout le monde aujourd'hui semble s'inquiéter de la dette globale des pays développés et l'on voit des confusions qui sont à mon sens dramatiques pour la compréhension réelle des problèmes de dette. Ainsi avec la crise grecque a-t-on entendu bon nombre de personnes dire, à juste titre, que d'autres pays avaient des niveaux de dette comparable. C'est tout à fait exact, mais le problème n'est pas uniquement le niveau de la dette d'un pays, mais aussi la nature de cette dette. Comparer la dette d'un pays comme le Japon avec la dette grec n'a tout simplement aucun sens, car les Japonais s'empruntent essentiellement à eux même. La vérité c'est que les risques de faillite d'un pays ou plutôt les risques de ruptures de la dette, puisqu'un pays ne peut pas vraiment faire faillite, sont surtout liés à la dette extérieure d'un état et d'une nation plus qu'à la dette intérieure. Bien sûr par le truchement comptable, il peut y avoir un lien direct ou indirect entre la dette extérieure et la dette intérieure, mais ce lien n'est pas automatique.

 

 

 

Quand un pays a une épargne en grande quantité comme c'est le cas du Japon la dette intérieure peut-être recouverte par cette même épargne. On peut donc imaginer un niveau de dette infinie, si cette épargne suit. On peut trouver ça étrange, mais les Japonais ont préféré endetter leur état plutôt que d'augmenter les impôts. La dette contractée est purement intérieure dans leur cas, il est donc possible que cette étrange organisation se perpétue. Bien sûr cela cache des rapports de force à l'intérieur de la société japonaise, puisque les détenteurs de titres de dette sont plutôt âgés et comme le Japon est le pays le plus vieux du monde, on voit tout de suite pourquoi les gouvernements japonais agissent comme ils le font.

 

 

 

La dette extérieure, elle, apparait dans deux cas:

 

 

 

Premier cas, un pays consomme des produits étrangers de façon déséquilibrée, et par conséquent il importe plus qu'il n'exporte. Ce faisant, il apparait un trou dans la balance des paiements du pays en question, trou qui doit être compensé par un endettement en monnaie étrangère. C'est le cas classique d'un endettement extérieur. Et nos amis grecs ont un problème de ce type, puisque leur balance des paiements, qui inclut les services, l'industrie et le tourisme, est largement déficitaire. Cela produit un accroissement constant de la dette extérieure. Si les Grecques avaient gardé la drachme, leur monnaie se serait dépréciée augmentant le prix des importations et réduisant le prix de leurs exportations, ce genre de mécanisme aidant au rétablissement de la balance des paiements, c'est d'ailleurs le fondement théorique du système des changes flottants. Bien sûr, ils sont malheureusement dans la zone euro ce qui élimine cette possibilité de rétablissement de la balance des paiements, c'est ce point qui est essentiel pour comprendre la position des souverainistes sur la question de la monnaie unique.

 

 

 

Le deuxième cas, qui peut d'ailleurs se produire en même temps que le premier, c'est l'absence d'une épargne suffisante pour subvenir aux besoins de l'économie. En effet dans la mondialisation actuelle les capitaux circulent librement et un pays qui manque d'épargne va pouvoir emprunter à l'étranger cette épargne pour ses investissements intérieurs. On peut noter qu'un pays peut très bien, théoriquement, avoir une balance commerciale excédentaire et en même temps importer des capitaux pour cause de manque d'épargne. Et inversement la France, par exemple, exporte des capitaux alors qu'elle a un déficit commercial et une dette extérieure qui s'accroit. Maintenant on peut se poser la question de savoir pourquoi un pays productif, capable de produire ce qu'il consomme, devrait emprunter sur le marché international des capitaux alors qu'il pourrait émettre ces capitaux en les créant ex nihilo par sa banque centrale. S'il manque juste d'épargne il peut créer ces capitaux qui une fois dans la circulation de l'économie produiront une épargne à postériori c'est un point sur lequel nous allons réfléchir dans la justification de la dette.

 

 

 

Pourquoi la dette?

 

 

 

Maintenant que nous avons distingué, dette intérieure et extérieure, on va pouvoir réfléchir au pourquoi de la dette. La dette extérieure celle qui résulte d'une dépendance à l'égard de produits extérieurs peut aisément être accepté. La justification première et celle du développement les pays d'Europe ont pendant longtemps eu une dette vis-à-vis des USA après guerre, l'avance technologique et industrielle américaine rendait les pays européens dépendants. Ils contractaient donc des dettes extérieures pour acheter des machines-outils, et des moyens de production. Ces derniers permettaient aux Européens de produire des biens dont certains étaient exportés vers les USA. Pendant un certain temps, les Européens ont de l’exporter un peu plus vers les USA pour rembourser cette dette. On voit dans cet exemple l'utilité d'une dette extérieure et certains pays d'Asie ont longtemps eu des déficits commerciaux et des dettes extérieures correspondant à cette nécessité le Japon et la Corée du Sud surtout, car les autres ont eu de la chance. En effet dans le cas des tigres asiatiques et de la Chine la mondialisation néolibérale a fortement facilité l'industrialisation, car il s'est avéré que les Occidentaux, par des raisonnements à très court terme, se sont mis à déplacer leurs industries vers les pays d'Asie pour des questions de coût du travail. La Chine, la Malaisie et les tigres asiatiques ont donc pu s'industrialiser sans en payer vraiment le prix en terme d'inflation ou de dette extérieure, ils se sont industrialisés gratuitement. Pour l'occident il s'agit d'une stupidité probablement sans précédent dans l'histoire humaine, du moins avec une telle ampleur. Nos régions produisent maintenant des déficits commerciaux permanents sur des biens que jadis elles produisaient elles-mêmes. Se rendant dépendantes d'une Asie qui n'avait rien demandé. Les historiens du futur rigoleront en regardant ce phénomène, mais ils resteront à mon avis dubitatifs devant un suicide économique d'une telle magnitude.

 

 

 

Mais revenons à la question de la dette. La dette intérieure a elle aussi une justification pratique, car elle régule l'économie. Comme nous l'avons vue précédemment un pays peut très bien avoir un déséquilibre entre ses besoins en investissement et l'épargne disponible. Il s'agit là d'une remarque qui va à l'encontre d'une théorie complètement fausse, mais toujours répandue. Celle de l'égalité entre l'épargne et l'investissement, thèse inventée par le théoricien libéral Jean Batiste Say. La théorie de ce monsieur ,qui sera démoli par Keynes pendant la crise de 29, consiste à se faciliter la tâche, d'analyser le réel, en présentant cette égalité. Car de cette égalité,de l'épargne et de l'investissement, va découler la célèbre théorie de l'offre qui crée sa propre demande. Et le théorème de Schmidt découle presque naturellement de ça. On peut même dire que toutes les théories libérales de l'économie sont fondées sur la même erreur, celle de partir d'un équilibre jugé comme naturel et d'en déduire par la logique mathématique toutes les conséquences macroéconomiques. Or comme le montre Keynes dans sa théorie générale, l'équilibre est en fait un cas particulier et non un cas général, en réalité le marché n'est jamais naturellement à l'équilibre. Les libéraux dépeignent en fait un cas idéal celui qu'il faut atteindre, mais pour l'atteindre il ne faut en réalité pas du tout compter sur les mécanismes du marché.

 

 

 

Pour en revenir à notre dette intérieure si l'on part du principe que l'investissement et l'épargne ne sont jamais vraiment égaux, on voit que la dette publique peut servir de correcteur, de moyen de réajustement entre l'épargne et l'investissement. Lorsque l'on manque d'épargne pour investir on compense avec la dette publique. Maintenant cette dette peut-être émise, comme nous l'avons vu, par la banque centrale d'un pays, et ce sans intérêts. Il n'y a aucune raison pour qu'un état s'endette à l'étranger pour financer une dette intérieure. La seule raison pour laquelle les pays d'Europe le font est d'ordre idéologique. Si nous avons de quoi produire et si nous avons des besoins que nous pouvons remplir par l'effort purement national quelle est donc la justification de l'endettement vis-à-vis de l'étranger? Si ce n'est pour imposer des politiques qui sont démocratiquement irréalisables.

 

 

 

Inflation et dévaluation

 

 

 

Deuxième point important l'inflation et la déflation. À l'origine l'inflation et la déflation sont des termes qui concernent uniquement l'évolution de la masse monétaire. Quand la masse monétaire croit, il y a inflation. Quand elle décroit, il y a déflation. Les économistes ont fait un lien entre l'inflation monétaire et la hausse des prix et le langage courant a fini par confondre inflation avec hausse des prix et déflation avec baisse des prix, mais accepter cela c'est admettre la véracité de la théorie quantitative de la monnaie. Je rappelle que la masse monétaire en Europe a augmenté depuis 2000 largement plus vite que les prix, et à l'inverse on constate aujourd'hui une contraction de la masse monétaire en Europe sans enregistrer de baisse des prix. Il faut donc prendre avec des pincettes la théorie qui veut qu’automatiquement les prix montent lorsque la masse monétaire croit et inversement. Les prix peuvent varier pour des raisons totalement différentes rapport de force social, manque de concurrence, raréfaction d'un bien ou d'une matière première, spéculation, etc. Les paranoïaques de l'inflation n'ont réussi à tuer celle-ci dans les années 80 qu'en détruisant les économies développées. On ne sait pas si les politiques de contraction de la masse monétaire ont réellement été à l'origine de la baisse de l'inflation ou si c'est simplement un phénomène lié à la désindustrialisation et à la casse de la demande intérieure.

 

 

 

D'ailleurs si l'on regarde l'inflation en France depuis 1955 on constate une rupture en 1973, rupture justifiée alors par la hausse du prix du pétrole, sauf que le prix du pétrole est ensuite retombé sans que les prix ralentissent, on constate un lien avec la privatisation de l'émission monétaire. En effet il se trouve que c'est en 1973 que l'état n'a plus émis sa propre dette, mais a commencé à emprunter la dette sur les marchés comme le dénotent les livres de André-Jacques_Holbecq. Cette privatisation de l'émission monétaire est justifiée par certains comme étant un moyen d'empêcher les états de trop émettre de monnaie. Car ces deniers sont toujours vus comme irresponsables. Ils pourraient pour des causes électoralistes appuyer sur le bouton marche de l'imprimante à billet causant ainsi de l'inflation du moins d'après la théorie quantitative de la monnaie. Or un simple regard sur le graphique ci-dessous invalide complètement cette hypothèse, l'inflation est arrivée après la privatisation de la monnaie et non pas avant. Alors est-ce dû à cette privatisation ou aux effets de l'exportation de l'inflation américaine dus à la guerre du Vietnam par le décrochage du dollar et de l'or. On n’en sait rien en fait. Mais dire que les états étaient irresponsables, c'est se foutre de la gueule du monde. Pendant les trente glorieuses, l'inflation était tout à fait raisonnable et pourtant c'était bien l'état en France qui émettait sa propre dette sans intérêt. Il faut d'ailleurs noter que la croissance était bien plus forte lorsqu'il y avait de l'inflation çà par contre c'est une certitude.

 

graph1955.gif

 

La dévaluation 

 

  Nous terminerons par la dévaluation qui est  présentée sans arrêt comme une monstruosité dans nos médias ce qui montre bien quels intérêts ces derniers servent. Car la dévaluation n'est en aucun cas une catastrophe, il s'agit juste d'un moyen de transvaser les richesses à l'intérieure d'une même région monétaire.  En effet quand vous dévaluez une monnaie par rapport à une autre que se passe-t-il en réalité? Les produits qui sont fabriqués sur place ne vont pas varier. Leur prix ne va pas augmenter à cause de cette dévaluation, car ils sont produits dans la zone monétaire dans laquelle ils sont vendus. À l'inverse les produits qui sont importés vont couter plus cher. Si vous dévaluez une monnaie de 10% cela revient à faire augmenter les prix des produits importés de 10%. À l'inverse, les prix à l'exportation vers l'autre zone monétaire vont diminuer de 10%.

 

  En clair, une dévaluation de 10% correspond à des droits de douanes de 10% et à une subvention à l'export de 10%, on voit bien ici qu'un monde régi par les changes flottants est en réalité un monde ultra-protectionniste, mais le protectionnisme moderne passe par la monnaie et non par les douanes.  D'où le débat complètement caduc sur le risque du retour du protectionnisme. Celui-ci n'ayant jamais disparu, il est stupide de craindre son retour. Et bien sûr la zone euro étant la seule à ne pas jouer sur les taux de changes pour des raisons dogmatiques elle est l'agneau au milieu d'un troupeau de loups.

 

  Mais revenons à mon premier propos qui disait que la dévaluation transvase en réalité les richesses à l'intérieur d'une région monétaire. En effet si l'on se place du point de vue des rapports de forces économiques, on voit bien qu'il y a un intérêt de classe à tel ou telle position vis-à-vis de la dévaluation. Les entreprises qui gagnent de l'argent en importants des produits fait à l'extérieure de la zone monétaire n'ont aucun intérêt à la dévaluation.  De même que les rentiers. Ces derniers ayant tout au contraire intérêt à une surélévation monétaire qui leur permet d'acheter des biens à l'étranger. Aux USA Wal-Mart n'ira jamais prôner la baisse du dollar, pas plus que les financiers de Wall Street . À l'inverse les producteurs locaux ,ceux qui produisent des biens, des marchandises ont intérêt à la dévaluation. Donc la dévaluation permet de transvaser des revenus d'une classe sociale qui vit d'un revenu provenant d'un rapport de force avantageux vis-à-vis de nations étrangères, vers une classe sociale qui vit d'un travail directement productif. Non content d'être économiquement efficace, la dévaluation est en plus morale tout comme le protectionnisme. Bien sûr la dévaluation n'est souhaitable que pour équilibrer les balances commerciales, elle devient injustifiable lorsqu'elle vise à produire un excédent commercial. Car toutes les nations du monde ne peuvent être en excédent en même temps cela va de soi.

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 23:13

  Luiqudation-copie-1.gifL'union européen vient de suivre les USA dans le suicide économique, les élites européennes ne comprenant rien au problème de fond, à savoir le creusement des déficits commerciaux, et les dégâts de plus en plus grands que les exportations chinoises et asiatiques produisent sur notre propre tissu industriel, elles ont décidé de continuer la perfusion par la dette. Une dépense totale de 750 milliards d'euro partagées entre le FMI et les états membres de l'UE. Est-ce pour financer la recherche et les alternatives au pétrole, ou pour développer des activités nouvelles susceptibles de permettre à l'Europe de rembourser cette nouvelle dette? Non c'est juste pour renflouer d'autres dettes.  Au  si seulement les européens dépensaient cette somme pour le développement humain, l'industrie et la recherche, il y aurait des retombées économiques réelles, mais pensez vous vraiment que nos élites y ont réfléchit? Non, toute dépense doit être fortement inutile et en plus si elle est inefficace et qu'elle creuse les inégalités c'est encore mieux.

 

    Donc pendant que l'on ressert une nouvelle fois de quoi gaver le marché financier et les banques, on va continuer à détruire l'économie réelle, celle qui permettrait justement de rembourser ces nouvelles dettes. Ainsi l'Europe toujours aussi chrétienne se contente de flagellation et de contrition et va prier le dieu marché de bien vouloir lui pardonner ses blasphèmes et son affreux système sociale. Promis on va détruire le système sociale et on va punir tout ces  méchants salariés européens qui sont tous d'affreux assistés surpayés. Sus au bolchévisme!

 

  Le plus drôle dans cette affaire c'est que nos pauvres politiciens pensent avoir sauvé l'euro en redressant sa valeur de façon artificielle. Or c'est exactement l'inverse qu'il eu fallu faire.  Car c'est la baisse de l'euro qui aurait permis à la monnaie unique de se maintenir car c'est bien à sa trop grande valeur depuis dix ans qui a conduit aux déficits commerciaux la majorité des états membre.  Et l'Allemagne ne fait pas exception car contrairement aux idées reçues cette dernière est tout autant plombée que les autres par l'euro, l'Allemagne est déficitaire face à la Chine elle ne compense qu'en plumant ses voisins.

 

 EuroDiv

Eurostat Graph tec00044

  Comme nous le voyons sur les graphiques précédents, qui concernent les échanges de marchandises, les divergences entre les états européens ne cessent de croitre. Et si l'on regarde la balance des marchandises de la zone euro elle n'est pas excédentaire, loin de là même, et ce, malgré la croissance la plus faible du monde sur les dix dernières années et une basse inflation. L'Europe est le grand perdant de la mondialisation et pour cause elle est la seule région à ne rien faire et à pratiquer le laisser-faire dont on voit jours après jour la grande efficacité. Les états européens ne sont pas encore dans l'état de délabrement des USA, ils ont encore des industries et des savoir-faire mais le temps les rattrapent et cette dernière fantaisie de gaspillage et de maintient d'une monnaie inefficace risque d'être fatale à notre continent.

 

L'Eurozone une nouveau japon?

 

  Un scénario à la japonaise semble en partie se dessiner pour le vieux continent avec une régression de la demande intérieure suite aux nombreux plans de rigueurs qui vont se mettre en œuvre, et une déflation des prix qui va résulter des choix monétaires. Je rappels que la déflation condamne toute possibilité de remboursement des dettes celle-ci croissant toujours plus vite que le PIB qui lui stagne ou régresse.  L'exemple japonais est parlant les dettes n'ont pas cesser d'enfler sans possibilité de retour à l'équilibre malgré le régime sec de l'état nippon et des salaire qui ont fait du surplace.

 

  Mais il y a une grosse différence entre le japon des années 1990-2000 et l'eurozone actuelle, le japon exportait et continu d'exporter, il a tiré sa croissance ou plutôt à la stabiliser et évité la récession permanente par le truchement des exportations. L'eurozone n'est pas dans cette situation, comme le montre notre graphique. Même lors du pic de croissance mondiale réalisé grâce à l'endettement américain, l'Eurozone n'arrivait déjà pas à avoir une balance positive susceptible de tirer sa croissance. Le marché mondial appartient maintenant à la Chine et personne ne pourra la concurrencer dans les dix ans qui viennent, la croissance européenne ne pourra donc pas être titré par l'exportation. Alors d'où viendra la croissance si d'un coté on est obligé de réduire le train de vie de la population et de l'état, et de l'autre si l'on ne peut compter sur l'export, et en qu'en plus les chinois font un massacre sur notre propre territoire. Contrairement aux japonais les européens vont être contraint de réfléchir sur la nature de leur modèle économique. Il pourront pas rester dans la situation actuelle consistant à ne rien faire et à engloutir des sommes publiques délirantes dans le système bancaire.

 

Le choix se protéger ou périr

 

  Les imbéciles qui veulent germaniser l'Europe en appliquant le modèle de ce pays au continent tout entier ne se rendent pas compte de l'absurdité de la chose. L'Allemagne équilibre sa balance des paiements en maltraitants les autres pays d'Europe par sa propre déflation salariale. Si les autres pays du continents se mettent à faire de même, tout ce qui se passera c'est une récession continentale, et l'expérience allemande montre que même en gelant les salaires sur dix ans on ne peut pas concurrencer l'ogre chinois.  Et pour cause qui conque à le sens du chiffre sait bien que les salaire en Chine ou en Inde sont bien trop faible pour que l'on puisse compenser par un simple gèle salariale ou par des baisse de charges ou d'impôt.

 

  Il ne reste donc que deux outils pour rendre la possibilité de croissance en Europe nous en avons déjà parlé sur ce blog. La dévaluation et le protectionnisme. Et vue les écarts avec le reste de la planète les deux seront nécessaires pour rendre à nouveau possible la croissance continentale. Si les élites européennes avaient un peu de cervelle, elles auraient accéléré la chute de l'euro et mis les 440 milliards dans l'investissement productif plutôt que dans les banques. Une dévaluation couplée à une politique de relance aurait d'ailleurs probablement rassuré les marchés car les perspectives de croissance auraient alors permis aux états les plus faible du continent de croitre et ainsi de pouvoir rembourser leurs fameuses dettes. Les états européens n'auront plus le choix maintenant il faudra rompre avec l'euro, les meilleurs ennemis de la monnaies uniques sont bien ceux qui paradoxalement se disent pro-euro c'est assez drôle finalement. Cela rejoint le vote de 2005 où finalement ce sont les pro-TCE qui ont fait le plus de mal à la construction européenne. Il est d'ailleurs à noter que les atlantistes comme Pierre Lellouche se réjouissent de la décision de la BCE tout comme Barack Obama, ne serait-ce pas parce qu'ils souhaitent ardemment un effondrement de la monnaie unique et une fuite de capitaux vers l'empire désœuvré d'Amérique? Les solution de monnaie commune ou de la dévaluation qui étaient les seules portes de sortie étant définitivement écartés par le stupidité dogmatique de nos élites, les européens, dans la panique du futur effondrement monétaire, irons se jeter dans les bras de la FED tout heureuse d'accueillir quantité de capitaux européens au moment où les chinois font défaut. Maintenant ainsi encore pour quelque temps l'illusion du roi dollars.

 

PS: Je tiens à signaler la sortie d'un texte conjoins d'Emmanuel Todd et d'Hakim El Karoui sur la crise actuelle. Il rejoint bien sure mes propos parlant du besoin de lutter contre la déflation salariale par le protectionnisme européen et la nécessité de faire des projets de relance pour l'Europe. Je suis par contre moins adepte de la théorie du bouc émissaire que ces deux intellectuels collent aux relations de la France avec ses minorités musulmanes. Que la tactique du bouc émissaire soit employé par nos élites ne signifie pas pour autant que le problème d'intégration soit marginale ou infinitésimal.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 14:29

 

    Je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire en ce moment, mais en cette semaine de l'arrivée d'une pétition sur la sortie de l'euro, il me semblait intéressant de fouiller l'INA pour trouver les perles des partisans de l'Europe de Maastricht, histoire de remettre les pendules à l'heure. Il est temps que le grand publique retrouve la mémoire et le média internet a une grande faculté mémorielle contrairement à l'instantanéité télévisuelle. Il permet de retrouver les discours de l'époque et d'en analyser le contenu sous le regard de l'histoire c'est ce que l'on va faire tout de suite. Et je dois dire que l'on prend un plaisir fou à réécouter ce clown de Delors nous vantant les mérites du traité de Maastricht et de la monnaie unique ou encore à écouter les prophéties de Jean Pierre Chevènement qui se sont malheureusement bien produites.

 

  Dans la première vidéo nous retrouvons l'un des papes de l'Europe actuelle et qui fait semblant aujourd'hui de ne pas en être responsable, à croire que l'UE tel qu'elle est, s'est faite à l'insu de son plein grès. Je veux bien sure parler de Jacques Delors, il fait parti avec Giscard et Mitterand des grands responsables des malheurs économiques de notre pays et de notre continent et l'histoire les jugera comme tel en tout cas.

 

 

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    Ensuite comme une réponse à l'analyse de Delors on peut prendre les prévisions de Jean Pierre Chevènement sur la question de l'euro. Il fait bien la distinction entre la monnaie unique et la monnaie commune et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il avait entièrement raison. Il montre ici avec ça phrase "Est-ce que l'objectif à long terme que nous nous sommes donnés (la monnaie unique) ne conditionne pas depuis déjà des années une politique dont on voit les résultats". Par cette phrase Chevènement se montre nettement plus clairvoyant que ses contemporains. Aujourd'hui nous pouvons admirer les résultats de Maastricht et  de la monnaie unique, un véritable fiasco et il faudra bien un jour condamner les politiques coupable de cette absurdité.  Il est bon également de rappeler que c'est bien lorsque les politiques dites de rigueurs sont appliquées que la dette publique augmente le plus. Et dois-je d'ailleurs rappeler que Balladur et Juppé ont plus fait pour faire grimper la dette publique que les socialistes. Et que le dernier rejeton du néolibéralisme soit disant vertueux, notre despote Sarkozy, est en train de battre les records de ses prédécesseurs enfonçant la France dans la dette.

 

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  La réaction de François Mitterrand à l'annonce des résultats du référendum de  Maastricht. Grâce à l'euro l'Europe va pouvoir  faire jeu égale avec les USA pensait l'ancien président de la république, on applaudit face  à cette erreur monumentale d'un point de vue historique. Le retour de la violence sociale en Europe dont les prémisses apparaissent en Grèce vont aussi faire mentir ce pauvre Mitterrand sur le rôle de l'UE dans la construction de la paix sur notre continent, car au train ou vont les choses on pourra bientôt affirmer l'Europe c'est la guerre.

 

 

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    On continu avec une vidéo de notre seule premier ministre féminin Madame Edith Cresson qui en 1996 nous pond les habituels poncifs sur l'Europe on note ici les propos d'Alain Duhamel qui cite Philippe Seguin traitant le traité européen de stupidité historique on ne saurait mieux dire.  On notera également la mauvaise foi patente d'Edith Cresson stipulant que l'unification monétaire n'avait aucun lien avec la cure d'austérité générale qui frappe le continent depuis longtemps. Il faut rappeler au passage que les problèmes monétaires de l'Europe ne date pas de l'euro, mais de la création même du SME (système monétaire européen). Les européens après le décrochage du dollars et de l'or en 1971 ont sans cesse recherché un moyen de revenir à un système de parité fixe tel qu'il était depuis la mise en place du système de Brettons-Woods en 1944. Le problème, bien évidement, c'est que dans un système de parité fixe il faut que tout les participants économiques jouent le jeu de cette parité, si il y a une zone monétaire de parité fixe au milieu d'un océan de pays pratiquant des parités flottantes la zone à parité fixe est condamnée, à moins que la zone en question cesse de commercer avec les zones à parité flottante.  Et c'est bien le problème actuelle l'Europe est la seule zone à parité fixe de la planète, toute les autres régions du monde voient leur monnaie variée au fil du temps. Il n'y aucun mécanisme pour réajuster les balances des paiements des pays de la zone euro. Mais c'était déjà le cas en 1992-93 lorsque le système du SME fut attaqué par les marchés financiers, les pays qui sont alors sortis du SME ont vite retrouvé des couleurs (la GB et l'Italie ayant alors retrouvé momentanément des taux de croissance importants), les autres ont eu un ralentissement économique féroce, et cela devenait évident lorsque cette interview de madame Cresson fut réalisé en 1996.  Dernier argument bateau de Cresson, les fonds structurels européens dont bénéficiaient les français, oubliant au passage que puisque la France est un contributeur nette et qu'elle donne beaucoup plus qu'elle ne reçoit de l'UE, il eu été beaucoup plus économique pour la France de verser directement ces fonds sans passer par l'étage européen.

 

 

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    On finit avec un débat entre Chevènement, toujours lui, et l'énarque le plus représentatif de sa génération Alain Juppé . Ce débat est très intéressant sous plusieurs aspects , il soulève des questions toujours d'actualité sauf qu'aujourd'hui l'expérience historique est là pour juger. Ainsi la thèse qui voulait que grâce à l'euro nos pays retrouveraient l'indépendance monétaire s'est avérée complètement fausse, à cela s'ajoute les divergences des taux d'intérêts qui aujourd'hui font exploser la monnaie unique. Ensuite Alain Juppé soutenait, alors, que grâce à la monnaie unique nous éviterions une Europe allemande, or c'est exactement l'inverse qui s'est produit et cela confirme la grande vision qu'a eu Chevènement sur cette question des rapports de force macroéconomique en Europe. Enfin il est drôle de voir que personne ne soulève la question de l'origine de la dette et de l'emprunt extérieure, en effet peut-on se poser la question des taux d'emprunt sur le marché des capitaux internationaux, sans se poser la question de la nature de la dette publique et surtout sans se poser la question de savoir pourquoi l'état doit emprunter à l'étranger plutôt qu'à sa banque centrale. En effet en tel cas la question des taux d'emprunts disparait et la contrainte monétaire disparaissait avec, il est curieux que ce sujet ne fut pas abordé au moment de Maastricht.  Tous semble chercher l'indépendance de la France sans se poser la question de savoir pourquoi celle-ci aurait besoin d'emprunter à l'étranger alors que le pays équilibrait ces comptes extérieurs c'est assez étrange je dois dire.

 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 23:03

  J'ai déjà expliqué à plusieurs reprises le peu de cohérence qu'avait la monnaie unique. Sa structure de base, la façon dont elle a été construite ne pouvait que conduire à la catastrophe les états membres. Mais je trouve très étrange l'actuel emballement autour de la monnaie unique, surtout si que si l'on observe les grandes économies occidentales. Les USA et la GB n'ont par exemple rien à envier aux grecques en matière d'irresponsabilité macroéconomique.  Nous l'avons vue dans des textes précédent ces pays sont dans un état lamentable. Même en critiquant l'euro et en soutenant que sa nature même le conduit à la faillite on peut trouvé curieux l'incroyable attaque des marchés financiers sur des pays membre de la zone euro. On peut alors se demander à qui profite le crime?

 

Couler l'euro pour sauver momentanément le dollars?

 

    Tel est la question que soulève cet emballement grecque et maintenant espagnole. En effet alors que les USA voient leur dette publique exploser et que leur déficit commercial recommence à croitre, voila soudainement que la zone euro devient la cible de tout les spéculateurs de la planète, comme si les problèmes de l'euro venaient d'être subitement découvert par le saint marché. Et voilà les économistes américains, dont on connait les qualités prédictives, aucun d'entre eux n'ayant réellement prévu la crise, et dont les stars comme Stiglitz sont de fieffés schizophrènes puisqu'ils ne grattent que la surface de la crise sans en atteindre l'origine. Et pour cause, comment ne pas voir qu'une grande part de cette crise est liée au rôle du dollars en tant que monnaie internationale.  Ne comptez pas sur les économistes américains pour confondre la responsabilité américaine dans la déstructuration de l'économie planétaire. Par contre ils peuvent être de parfait supplétifs à la manipulation des marchés en vue de favoriser tel ou tel attitude de leur part. En effet attaquer la Grèce est un bon moyen d'affaiblir l'euro et donc éventuellement d'enlevé cette épine du pied de l'empire américain. Un effondrement de la monnaie unique aurait un effet bénéfique à court terme sur la valeur du dollars en produisant un effet de fuite de capitaux. La monnaie chinoise ou le yen ne pouvant encore servir de monnaie de réserve.

 

Mon collègue Laurent Pinsolle a présenté dans son dernier texte les propos de Stiglitz qui présente l'euro comme une monnaie condamnée, mais où diable était les économistes américains lorsque l'euro a été fabriqué? Pourquoi cet avis subitement ? On pourrait tout aussi bien dire que le dollars est condamné parce qu'il n'est pas diffusé dans une zone monétaire optimale. En se penchant cinq minutes sur la répartition des richesses aux USA on s'aperçoit vite du peu d'homogénéité territoriale en matière de niveau de vie. Quand à la mobilité elle est fortement limité par ces mêmes inégalités, quelques états concentrent la quasi totalité des richesses. Et l'on pourrait se demander s'il est bien de l'intérêt de la Louisiane, par exemple, de garder le dollars comme monnaie. La Louisiane n'aurait elle donc pas intérêt à dévaluer sa monnaie pour améliorer sa compétitivité ? Probablement que oui, mais cela ne semble guère intéresser Stiglitz et ses amis économistes américains et grands défenseurs de l'empire.

 

Car cet emballement médiatique soudain n'est pas un hasard, il ne s'agit pas soudain de défendre les peuples et les intérêts populaires des travailleurs, car il y aurait eu en tel cas une critique du libre-échange et une critique beaucoup plus virulente sur la création monétaire privatisée. Non, les USA ont besoin de maintenir leur monnaie à son niveau, alors que le déficit commerciale recommence à se creuser et que la Chine rechigne de plus en plus à acheter des bonds du trésor US, l'Amérique s'inquiète. Il faut impérativement que les USA attire des capitaux et le meilleur moyen pour cela est de déstabiliser des zones économiques capables de fournir ces capitaux en quantité suffisante.

 

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Produire un effondrement monétaire  en Europe pour provoquer une fuite de capitaux vers les USA.

 

Tel est doc mon hypothèse pour expliquer la concentration d'attaque étranges sur les pauvres grecques et maintenant les espagnoles. Et ce n'est pas une nouveauté, l'instabilité en Amérique du Sud a été pendant longtemps un moyen pour les USA d'attirer l'épargne de cette région du monde. Il en va de même pour l'Asie du sud lorsqu'elle fut frappé par une crise provoqué par des capitaux spéculatifs à court terme  en 1997. Il faut bien voir que toute cette organisation, ou plutôt désorganisation économique mondiale n'a qu'un seul but financer les USA et leur macro déficits.  Les asiatiques se sont protégés de l'impérialisme américain grâce à leur stratégie mercantiliste d'accumulation d'excédents, et les autres régions du monde sont trop pauvres pour donner les capitaux suffisant pour maintenir le dollars, il ne restait donc plus que l'Europe et sa monnaie stupide et si facilement attaquable.

 

Alors bien sure certain ici trouveront étrange le fait de vouloir maintenir la valeur du dollars. En effet une dévaluation n'est elle pas bénéfique aux entreprises US? C'est probablement la vision de Laurent, mais c'est oublier l'état de délabrement de l'économie américaine. Malgré une baisse très importante de la valeur du dollars entre 2002 et 2007 le déficits commercial n'a cessé de se creuser. Seule la contraction de la demande intérieure US en 2008 nourrit par l'explosion de la bulle des subprimes à momentanément réduit le déficit.  Mais en luttant pour faire redémarrer la croissance en faisant exploser les dépenses publiques et les déficits, Obama a réactivé la pompe à marchandises. On voit donc sur le graphique précédent un retour au creusement des déficits commerciaux. Il n'y a plus d'industrie US la baisse du dollars n'a donc aucun intérêt pour les USA, par contre cela renchérie les importations et nuit donc à la croissance complètement déséquilibré de l'Oncle Sam. C'est une fuite en avant et les américains feront tout pour retarder l'échéance du crash monétaire et économique qui  est maintenant une question de temps. L'Europe est donc la dernière vache à sacrifier au dieu dollars, il faut couler l'euro pour sauver, pendant encore quelques temps, le dollars, en attendant la domination chinoise.  Et qui sait l'euro a peut-être été créé pour çà finalement, après tout l'UE elle même ne fut-elle pas créée et favorisée par les USA ? Et l'UE a-t-elle jamais réellement servit les intérêts des peuples qui la constitue?

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 22:07

        La crise grecque est devenue le symbole de l'absurdité conceptuelle de la monnaie unique, et voir les européens traiter ainsi le peuple à l'origine de leur civilisation est clairement représentatif de la décadence continentale. En effet nous pourrions, fort bien, nous amuser à mesurer ce que doit l'Europe à la Grèce, et il est probable que les plus endetter ne serait pas ceux que nous croyons. Mais cette bataille de comptables aveugles n'a pas vraiment d'intérêt.  L'affaire grecque révèle aussi et surtout l'échec des politiques de subvention que l'UE n'a eu de cesse de pratiquer depuis trente ans, car oui il faut bien l'admettre, les subventions européennes n'ont servi à rien. Et il y a là matière à nourrir une réflexion sur les politiques de développement tel que nous l'entendons et sur le meilleur moyen de sortir un pays du sous-développement. L'échec en matière de développement subventionné est totale Grèce, Portugal, Irlande, Espagne, ont à peu prés tous développé un secteur immobilier hypertrophié et créé une dépendance aux importations et aux déficits commerciaux. Il faut alors se poser la question de la pertinence des fonds européens puisque ces derniers n'ont pas permis de réelle développement économique mais juste alimentés une bulle immobilière monstrueuse qui éclate désormais.

 

  De quel manière doit-on aider un pays? Est-ce que fournir des subventions en permanence est une bonne chose? Autant de question qu'il va bien falloir se poser devant le désastre des Pigs. La question des subventions se pose d'ailleurs également pour les entreprises privées ou les secteurs à développer, la déformation produite par les subventions agricoles sont assez éloquentes seule les gros agriculteurs en bénéficie. La question des subventions doit donc être aborder par les néoprotectionnistes dont je fais parti et ne pas être laissé aux seuls adeptes du marché libre, qui ne veulent aucune intervention étatique ou aux obsédés de la subvention infinie qui pensent les deniers de l'état sans fin. Entre la peste libérale et le choléra du communisme étatiste il doit y avoir une bonne voie plus équilibrée et moins dogmatique.

 

1-Comparatif entre l'Espagne et la Corée du sud

 

  Nous commencerons par un petit comparatif entre deux nation l'Espagne et la Corée du Sud. Pourquoi ces deux pays me direz vous? Et bien en premier lieu parce qu'ils pèse à peut prés autant démographiquement et que comme par hasard leur développement se sont fait à des périodes similaires. Ces deux pays ont donc en commun une évolution historique similaire sorti de dictature puis démocratie. La différence s'est faite sur l'appartenance de l'un à l'union européenne et de l'indépendance monétaire économique totale de l'autre. Les graphiques qui suivent et dont les chiffres proviennent de l'OCDE et de l'OMC montre la profonde divergence qui s'est construite tout au long des années 80.

 

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Le graphique si dessous vous montre que l'évolution démographique des deux pays est comparable, il est d'ailleurs à noter que la Corée du Sud a aujourd'hui une natalité encore plus catastrophique que l'Espagne ou son voisin japonais.  Ces deux pays ont donc connu une transition démographique semblable le comparatif économique sera donc assez parlant.

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    La différence ici saute aux yeux la productivité du travail horaire à cru beaucoup plus vite en Corée qu'en Espagne  à partir du milieu des années 80 or je le rappels, aux cas où, l'Espagne est entrée dans la communauté européenne en 1986! Faut-il voir dans le ralentissement des gains de productivités les effets de  la préparation puis de l'entrée dans l'union européenne? Car avec son entrée l'Espagne va recevoir une manne financière tout à fait considérable des centaines de milliards d'euro vont être injectés dans l'économie espagnole, et ce, sans aucune contrepartie. Cela va d'ailleurs se voir dans l'évolution de la balance commerciale espagnole, comme nous allons le voir sur le graphique suivant:

BalanceCommercialeComparareEspCOre.png

  Il s'agit ici de l'évolution de la balance commerciale sur les biens, elle n'est pas en pourcentage du PIB malheureusement, mais cela reste parlant. On voit bien que le déficit commercial permanent commence en 1986, en comparaison la balance coréenne reste à peu prés à l'équilibre variant bien sure jusqu'à la crise de 1997 où ce pays va décider de faire une politique mercantiliste comme l'a très bien analysé Jacques Sapir dans un de ses textes. En effets les pays asiatiques vont se prémunir des crises monétaires par l'accumulation déraisonnable de réserves de devises, ce qui a produit la crise actuelle, mais c'est un autre sujet.  Quoiqu'il en soit on voit bien que le problème espagnol de déficit commercial a commencé bien avant l'euro. A noter que le réajustement de la balance commerciale espagnole en 1992 fut le fruit d'une forte dévaluation de la peseta. L'Espagne rompant alors avec le SME (système monétaire européen) qui avait préfiguré l'euro. Il est vrai que dans ces conditions il est difficile de voir quel est le facteur déterminant dans l'évolution macro-économqiue du pays. Est-ce les subventions qui ont provoqué l'afflux de consommation et perturbés ainsi l'équilibre économique espagnole, ou bien juste la monnaie et l'impossibilité de dévaluer. La suite de l'histoire montre que la monnaie est un facteur déterminant ,cependant il y a bien un déficit commerciale permanent que seule les subventions européens ont pu pérenniser.  Et l'apparition du déficit dès 1986 est trop cohérent pour être une simple coïncidence.  Ci-dessous vous pouvez voir l'évolution du taux de change entre la peseta et le dollars entre 1990 et 2010 bien sure après 1999 il s'agit de l'euro, je n'ai malheureusement pas trouvé les taux plus anciens cela serait intéressant de voir l'évolution de la monnaie espagnole durant les années 80. Nous voyons bien ici l'amélioration de la balance commerciale espagnol à chaque dévaluation face au dollars et la dégringolade lorsque le dollars se dévalue comme s'est le cas depuis 2002 .

 

 

Cours-Pesetas-copie-1.png

 

      Sinon nous avons là une bonne comparaison entre un pays qui s'est trompé l'Espagne et un pays qui a fait des choix judicieux la Corée du Sud. L'un développant le tourisme et l'immobilier, l'autre l'industrie à long terme, il n'y a pas photo la Corée est bien plus forte économiquement, elle a aujourd'hui des groupes industriels capable de rivaliser à l'échelle international comme Samsung ou Hyundai. Elle est un leader dans l'innovation scientifique et technique alors que l'Espagne est lanterne rouge en matière d'investissement en recherche et développement dans l'UE.  Et pourtant la Corée du Sud n'a bénéficié d'aucune aide contrairement à l'Espagne, c'est un point très important à noter. Alors l'Espagne a fait des choix certes, ces choix sont peut-être les fruits d'une élites moins inspiré que celle de Corée, sans doute, mais on peut également y voir les contraintes et les effets néfastes des politiques européennes. Les subvention ont mal orienté l'économie espagnole et ont gonflé les prix de l'immobilier. Si l'on devait faire un comparatif a faire a avec le plan Marshall, ce dernier fut de courte durée et c'est cette durée qui  a probablement obligé les états européens, en bénéficiant, d'en faire un usage raisonnable. Les espagnols comme les grecque, les irlandais, ou les portugais ont petit à petit, prit ce qui devait être momentané comme un intrant permanent dans leurs budgets publiques.  Les conséquences furent bonnes, à court terme, produisant croissance et dynamisme apparent, mais rendant l'industrie et le travail de ces pays trop cher, empêchant également les efforts en matière de productivité du travail, le graphique comparant l'évolution coréenne et espagnole étant suffisamment parlant sur la faiblesse hispanique.

 

  Finalement il eu probablement mieux valu que les espagnols restassent hors de l'UE. On pourrait d'ailleurs citer ici l'autre grand exemple de l'échec des politiques de subvention inter-étatique, celui de l'Allemagne de l'est. Car là aussi l'unification monétaire et le libre-échange ne furent pas compenser par la solidarité et les subventions pourtant très généreuses. L'exemple coréen montre qu'il est plus efficace d'avoir une monnaie indépendante et une politique commerciale propre, la Corée fut largement protectionniste pendant les années 80-90 contrairement à l'Espagne, que des subventions aussi fortes soient-elles. Il serait bon que nos nations regardent les choses en face en la matière. Il est vrai aussi que dire que l'on aide un pays en lui donnant de l'argent et des subventions fait plus de publicité et donne une meilleur image politique, sauf que cela n'aide absolument pas au développement.  Nos politiques feraient bien mieux de s'inspirer du vielle adage:"Si tu veux nourrir un homme un jour, donne-lui un poisson; si tu veux le nourrir tous les jours, apprends-lui à pêcher." 

 

2-Les subventions doivent êtres limités dans le temps

 

  Comme nous l'avons vue il ne faut pas que des politiques de subventions deviennent permanentes, il ne s'agit pas de prôner l'égoïsme, mais de prendre en compte le facteur temporel. Les aides doivent plutôt se faire sur de courtes périodes exactement comme le plan Marshall. Dans la crise des PIGS il y a donc beaucoup d'hypocrisie à faire porter toute les responsabilité sur les seuls pays qui ont bénéficié des aides car les créateurs de l'Europe la France et l'Allemagne sont tout aussi coupable. On ne peut qu'être d'accord avec l'économiste Norman Palma qui sur son blog dit que les responsabilités sont partagés.  Il s'agit de reconnaitre des erreurs collectives et non de chercher tel ou tel bouc émissaire, tel ou tel pays qui serait naturellement irresponsable. Il y a d'ailleurs des relents racistes et nauséabonds dans les propos que tiennent certains sur les économies grecques ou espagnoles, c'est d'ailleurs souvent les mêmes qui les adoraient hier qui les conspuent aujourd'hui.

 

Mais cet échec étatique souligne aussi les limites des politiques de subventions sous quelque forme que ce  soit. Nous savons en France par expérience qu'il ne ressort jamais rien de bon de subventions permanentes. Ainsi subventionnons nous le cinéma  en permanence ce qui a produit de vrais rentiers dans ce milieu sans produire de grands talents. On pourrait aussi parler des subventions permanentes dans les banlieues dont on cherche encore les résultats positifs. Ou encore ces artistes qui deviennent de véritables fonctionnaires puisqu'ils ne vivent que de l'argent publique, mais est-ce le rôle de l'état que de subventionner l'art? On peut se poser la question comme se l'était posé Malakine sur le sujet en 2008. L'argent publique n'a pas vocation à arroser tout les secteurs en difficulté sous n'importe quel condition. On ne devrait octroyer les aides que par compte goute et uniquement pour de courtes durées. Ce qui est valable pour les états vaut probablement aussi pour les secteurs industrielles et les entreprises. Je ne parle pas ici des secteurs publiques ces derniers découlant naturellement des monopoles, les secteurs naturellement monopolistique devant évidemment être nationalisé. Il est à noter d'ailleurs que les services publiques n'ont pas pour but le profit ce qui n'est pas le cas des secteurs subventionnés. Les politiques de subvention sont donc à mener avec précaution, il ne sert à rien d'arroser d'argent un secteur ou un pays, c'est au contraire dangereux pour lui comme viennent de s'en rendre compte les grecques et les espagnols. Les subventions permanentes peuvent créer du clientélisme de la corruption de  la dépendance étatique, la confusion entre l'esprit des entreprises privés qui cherche le profit et le système publique font un très mauvais mélange.

 

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