Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 23:20

Une petite réaction rapide ce soir sur les propos de Jean Luc Mélenchon que vous pouvez retrouver ci-dessous.

 

 

Je ne vais pas discourir longuement. Mélenchon fait le choix du troisième tour, dans le sens où il choisit de ne pas choisir au second tour des élections présidentielles. Il pense pouvoir transformer l'essai du premier tour de la présidentielle pendant les prochaines législatives. La stratégie de Mélenchon est toujours la même, celle qui consiste à promettre des rapports de force sans savoir vraiment où il veut aller. Le blogueur Descartes a écrit dans son dernier texte que cette élection était le triomphe de l'égo-politique. À savoir la victoire des communicants sur les politiciens classiques qui eux s'appuient généralement sur des objectifs et des projets. Mélenchon démontre ici cette réalité qui le rapproche très largement du candidat d'En Marche dont il n'exclue pas de devenir le premier ministre si les conditions politiques le lui permettent. En disant cela, il fait semblant de faire croire qu'il n'y a aucune contradiction entre sa proposition et ses ambitions pseudo-alternatives sur les questions européennes. Car qui peut croire que si d'aventure, monsieur Mélenchon, devenait premier ministre, il remettrait en cause l'UE telle qu'elle est ? Il montre ici que sa course au pouvoir passe loin devant la question programmatique. Le Mélenchon transformerait rapidement son mouvement en nouveau PS.

 

Courage, ne choisissons pas, histoire de pouvoir gratter à tous les râteliers. Mélenchon n'est pas sans savoir qu'une partie importante de son électorat est lié à celui de Marine Le Pen. La seule différence tenant à la proportion de CSP+ plus importante chez les insoumis que chez MLP. Cependant si l'on regarde sur le plan des revenus les deux ont une part très faible chez les gens gagnant plus de 3500€ par mois. En caricaturant on dira qu'il attire les CSP+ déclassés, ceux qui ne sont pas des classes supérieures sur le plan économiques, mais qui le sont sur le plan de la formation. Mélenchon attire en fait les faux bourgeois, ceux s’identifient à la classe supérieure sur le plan idéologique, mais qui n'y appartient pas sur le plan économique. Sinon il s'agit des mêmes tranches d'âge et des cibles proches sur le pan social. Le fait que Mélenchon soit arrivé en bonne place à Marseille comme il le dit lui même montre cette porosité électorale qui semble pourtant l'énerver.

 

 

* Sondage BVA

 

Toute la contradiction de la gauche est résumée dans les propos qu'il a tenus ce soir. Il parle du second tour des élections présidentielles comme il parle de la sortie de l'euro. Vous allez voir, on va faire la révolution, on va lutter, etc.. Et il ne répond pas simplement à la seule question qui tienne. Vous préférez Macron ou Le Pen ? Il dit lui même qu'il va lutter pour avoir la majorité aux législatives. Et pourquoi alors n'a-t-il pas imaginé un scénario MLP présidente, Mélenchon premier ministre ? J'oubliais, c'est vrai qu'en face ce sont des nazis, manque de chance ce sont aussi ces nazis qui votent Mélenchon. Cette incapacité à répondre à cette question simple est l'apanage de toute la gauche qui a remplacé les frontières nationales par les frontières idéologiques. À titre personnel s'il y avait eu un second tour Mélenchon/Macron j'aurais voté Mélenchon. Au second tour tel qu'il est je vote MLP parce que j'ai un objectif qui est la sortie de l'UE et de l'euro. Mais quel est au final l'objectif de Mélenchon ? Sauver la France ou sauver ses idées et sa pureté idéologique. Là est bien la différence entre lui et moi.

Partager cet article
Repost0

commentaires

R
Je vous trouve un peu dur, oui il y a des ambiguïtés chez Melenchon, mais on retrouve les même chez la droite souverainiste ! Il faut donc dans ce cadre aider les souverainiste de droite comme de gauche à construire un programme économique de rupture crédible et pardonnez moi mais dans ce cadre je préfère encore celui avec des lacunes certes mais très construit et rationnel de la France insoumise que celui d'un FN qui navigue toujours entre un Phillipot et une Marion Marechal (ou un Alliot) très néoliberaux.<br /> <br /> Et quand vous dites "Macron, dont il n'exclue pas de devenir le premier ministre si les conditions politiques le lui permettent", Melenchon dit bien premier Ministre de cohabitation! Ce ne serait pas le 1er ministre de Macron mais celui d'une majorité de députés de la France insoumise !<br /> <br /> Il faut aussi voir le verre à moitié plein, il est à noté par exemple qu’apparaissent aujourd'hui dans le programme de la France insoumise, les mots "protectionnismes", "mesures anti-dumping", "libre-circulation des capitaux", "plan B" et "contrôle des capitaux et des marchandises aux frontières nationales", "sûreté et de l'intégrité de la Nation"... Toutes choses qui étaient auparavant absente de tout les programmes de gauche. C’est une vraie révolution et c’est cela dont Todd se félicite dans l’émission d’arrêt sur image. Que Mélenchon n’appelle pas avec le troupeau à voter Macron est aussi très significatif.<br /> <br /> Une grand merci en tout cas pour vos articles.
Répondre
Y
Je veux bien vous croire, mais je n'ai toujours pas confiance en Mélenchon. Et puis l'autre problème c'est comment va se structurer son mouvement quand il sera parti. Parce que Mélenchon est un homme assez âgé maintenant. Or son mouvement est très axé sur sa personne. Quid de l'après-Mélenchon?
L
@ Yann<br /> <br /> Merci pour ces derniers billets de grande forme. <br /> Fidèle à ma tactique d'urticant goguenard, je vous colle un lien sur le dernier pensum médiatique de votre Manu préféré (le Todd pas le Macron, ma méchanceté a des limites).<br /> <br /> https://www.les-crises.fr/abstention-ou-vote-macron-emmanuel-todd-et-olivier-tonneau-debattent/<br /> <br /> Rien.<br /> La routine médiatique pesante habituelle, Schneidermann étant aux médias main stream ce que Berruyer est aux médias alternatifs.<br /> Tout ça (une heure trente!) pour entendre le jeune petit bourgeois surclassé « spécialistes des lumières », nous dire que l'urgence pour les « insoumis » est de « virer les fachos comme on sort les poubelles » en parlant du camp de MLP, électorat confondu j'imagine.<br /> Il est clair que dans l'obscurité de notre local à poubelle, l'urgence sera surtout de nous passer des lumières de ce genre de sombre personnage, pour ne pas employer un adjectif plus adéquat.<br /> Sinon, Todd ira à la pêche dimanche prochain. Un plaisir de retraité qui prend du ventre.<br /> Souhaitons lui de ramener du poisson.<br /> <br /> PS : Dans votre avant-dernier billet vous auriez pu parler aussi du penseur communiste italien Domenico Losurdo, lequel a développé une critique très originale de la pensée libérale à travers les écrits fondateurs de tous ses penseurs, de Locke à Tocqueville (surtout dans « contre histoire du libéralisme »). La haine sociale en constitue pour lui un fil conducteur (il voit même dans le racisme exotique qui a marqué l'époque coloniale un simple reflet de cette haine originelle contre les « gueux »), aboutissant à un suprémacisme économique, une nouvelle « race des seigneurs » dominant le nouvel ordre social.<br /> <br /> @ Pierre « feuille ciseaux »<br /> <br /> C'est quoi un Tsipras d'extrême droite ? La même chose qu'un « Hitler d'extrême gauche » pour qualifier Tsipras ? <br /> Il y en a marre de ces expressions slogans qui ne méritent même pas le terme de caricature, puisqu'une caricature est au moins une déformation du réel.<br /> Pour l'instant Marine Le Pen est dans l'urgence purement politique, pas dans l'urgence monétaire, et dans un pays qui est majoritairement attaché à l'Euro, et où le mantra médiatique psalmodié depuis des années à son endroit a été qu'elle voulait rompre avec l'euro.<br /> L'urgence pour elle n'est pas de faire plaisir aux bonzes du camp d'en face ni aux grapheurs de moustaches sur ses affiches électorales.<br /> Elle doit maintenant aussi tenir compte du seul allié qui a eu le courage de se rallier à elle et qui a clairement posé sa prudence sur la question de l'euro avant les élections. C'est qui au fait , lui, selon votre habileté graphique ? Un Von Papen gaulliste ?<br /> Si elle gagne, la réaction des marchés sera tellement violente que nous ne serons plus dans l'urgence politique mais bien dans l'urgence purement monétaire -cela quoiqu'ils en pensent, elle et son nouvel allié- et il n'y aura aucun compromis possible entre le maintien de la souveraineté nationale et celui de l'euro.<br /> A ce niveau, il n'y a aucune inexorabilité qui vaille, si ce n'est que la Grèce n'est pas la France, ni dans son histoire ni dans sa position économique, que le couple NDA/MLP n'est pas le couple Tsipras/Varoufakis (lequel au passage vient de se prononcer sans vergogne pour Macron), et que les forces politiques qui les portent ne sont pas les mêmes.<br /> Appelez cela un pari pascalien si cela vous chante, mais ici il n'est pas plus question de métaphysique que de caricature, même finement découpée au ciseau, et il arrive qu'en politique les paris réussissent.
Répondre
Y
Il faudra que je prenne le temps d'écouter la vidéo. Mais j'avoue que la gauche alternative ou pseudo-alternative à la Schneidermann me fatigue. Ils sont tellement accrochés à leurs frontières idéologiques qu'ont l'impression que discuter avec eux revient à expliquer à une moule pourquoi elle doit quitter son rocher. On peut avoir les meilleurs arguments qui soient, je doute que la moule quitte son rocher pour autant. <br /> <br /> Pour Domenico Losurdo j'aurai eu du mal à le citer, je ne l'ai pas lu. Excusez mon inculture en la matière. J’essaierai de rattraper mon ignorance en commandant le livre qui a effectivement l'air très intéressant. Je pense au passage prendre aussi le livre de David Graeber sur le l'histoire de la dette que je n'ai pas lue non plus. Pour ce qui est du comportement des libéraux, c'est quelque chose qui revient tout de même assez fréquemment. C'est un courant de pensée qui a toujours été extrêmement contradictoire entre ses actes et ses dires. Comme disait de Gaulle, les libéraux n'ont jamais libéré personne.
P
Mélenchon s'est entouré d'intellectuels nourris aux réflexions populistes de Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, il est dans une démarche de rupture avec la pensée liberale incarnée par Macron...ce qui est loin d'être suffisant je suis d'accord !<br /> Dans un sens il n’est pas assez matérialiste.<br /> Contrairement aux souverainistes qui ont une pensée beaucoup plus «institutionnaliste» , il refuse de s'opposer frontalement à un ordre administratif , monétaire et productif.<br /> Notre avantage est que nous avons compris que la pensée ne s’incarnait pas seulement chez un homme ou une femme mais dans des institutions politiques incarnées par l’UE ,l’euro ou les multinationales.<br /> Cela dit je pense pas qu'il soit simplement dans une logique purement politicienne pré législative ,il a fait beaucoup de travail dans son camp pour imposer des idées qui auraient été impensables il y a qqs années...il est aussi dans une démarche gramscienne.<br /> <br /> <br /> Je suis surpris que votre vote pour MLP soit maintenu après le revirement d’hier ...<br /> Votre suspicion à l’égard de Mélenchon concernant sa volonté réelle de rompre avec l’ordre neolibéral s’applique également pour elle...<br /> J’ai toujours pensé qu’elle serait plus une Tsipras d’extrême droite une fois au pouvoir qu'une Theresa May , et elle nous l’a prouvé encore une fois hier !
Répondre
Y
MLP est dans une stratégie de rassemblement au second tour. Elle sait que la sortie de l'euro n'est pas populaire. C'est tout. De plus je pense pas qu'elle croit une seule seconde à son élection, elle prépare déjà les législatives. Il faut vraiment faire comprendre à la population les enjeux des questions monétaires dans les années qui viennent.