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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 20:52

  ble.jpgLa question peut sembler étrange puisque l'on pense généralement que plus on exporte et plus l'on s'enrichie,  pourtant ce n'est pas toujours vrai. On peut trouver de nombreuses raisons à la limitation de ses propres exportations et l'on va essayer de voir dans quel cas ce type de politique peut-être nécessaire. Certains pays pratiquent d'ailleurs déjà cette limitation d'exportation, on peut penser au blé russe par exemple, dont les exportations ont été limité en 2010, ou à certains pays qui limitent leurs exportations de matières premières.  Je parle de cela parce que je viens d'apprendre que la France va être obligé  d'importer du blé cette année. En effet  son blé de qualité s'est exporté de façon trop importante en regard de nos propres besoins. C'est un paradoxe mais la France qui produit largement plus que ce qu'elle consomme en blé va devoir en importer, c'est un des effets magiques de la stupidité du libre-échange. A force d'éloigner de plus en plus les lieux de productions des lieux de consommation, on en arrive à des  aberrations de ce type. On pourrait citer aussi ces pays qui ne produisent que pour l'exportation et qui se retrouvent à devoir importer de quoi nourrir leur population alors qu'ils pourraient directement user de leurs terres pour faire des cultures vivrières.

 

  Quoiqu'il en soit il faut en premier se poser quelques questions sur les exportations et leurs effets. Si l'on connaît bien sur ce blog les effets des importations sur le chômage et les déficits commerciaux d'un pays, il ne faut pas croire pour autant que les pays qui exportent beaucoup et qui accumulent des excédents n'ont aucun problème. En réalité dans les deux cas, que vous soyez dépendant par les importations ou dépendant par les exportations, vous perdez des degrés de liberté comme on dit en mécanique. Cette perte de liberté causée par les exportations n'est pas de même nature, mais elle est tout aussi contraignante par certains aspects que celle de la dépendance aux importations. En premier lieu en exportant des denrées produites en surplus sur votre marché, vous devenez tributaire de la demande étrangère. Cela signifie que vous devenez dépendant de la politique économique menés par ces pays. Que leur demande se contracte et vous vous retrouver en surproduction à l'image de la Chine à l'heure actuelle dont les exportations vers les USA se sont contractée obligeant le gouvernement à compenser par diverses mesures. Mais à l'inverse que leur demande s'envole de façon excessive et vous pouvez vous retrouver à devoir choisir entre exporter vos produits ou alimenter votre propre population. Et c'est dans ce deuxième cas que la limitation des exportations prend tout son sens. Bien sûr la question de l'excès de demande ne se pose que dans les secteurs limités en terme d'augmentation de production c'est surtout le cas des matières premières et de l'agriculture. Secteurs où la production n'est pas extensible à l'infinie.    

 

Nourrir les miens ou nourrir les autres?

 

  Si j'ai parlé du blé en premier ce n'est pas un hasard, l'alimentation est probablement l'un des secteurs qui posera le plus de problèmes dans la décennie qui vient, et ce pour de multiples raisons. En premier la raréfaction du pétrole et la hausse des prix des hydrocarbures provoquera une inflation sur les pesticides, les engrais et le transport. On pourrait également parler de l'échec des monocultures et de l'épuisement progressif des sols qui connaissent des rendements décroissant extrêmement rapide que seul l'abus d'engrais compense, mais j'ai une liste de vidéos dans la média-thèque du blog qui en parle plus amplement.  Disons pour être rapide que la demande mondiale ne va faire qu'augmenter alors que la production dans le cadre du système de production agricole actuel aura beaucoup de mal à suivre le rythme. Il s'en suivra donc une inflation sur les produits alimentaires à l'échelle mondiale. Mais alors on peut se poser une question. Si la France produit largement plus qu'elle ne consomme de blé par exemple, pourquoi devrait-elle aligner ses prix sur ceux du marché mondiale par le biais des exportations? Car vendre sur le marché mondiale signifie vendre au plus offrant, auquel cas nos agriculteurs pourront vendre plus cher sur le marché mondiale une denrée moins abondante, s'ils avaient été limité au marché français leur prix eut été moins élevé. Mais dans ce cas cela signifierait que le blé français servirait surtout à nourrir le consommateur chinois ou le consommateur allemand. Le français lui verrait le prix de son blé augmenter simplement parce que d'autres contrés ont connu soit un démographie déraisonnable, soit une politique agricole absurde, mais pourquoi devraient-il en payer le prix?

 

    Cette situation n'est pas que théorique, elle se produit déjà dans bon nombre de pays du tiers-monde qui exportent des denrées alimentaires spécialisées comme le cacao ou le soja mais qui ne sont pas capable de nourrir leur propre peuple,car ces productions monopolisent leur terres. Si la Russie a limité en 2010 les exportations de blé ce fut pour limiter la hausse des prix à l'intérieur du pays et pour ainsi éviter une inflation alimentaire que les russes les plus pauvres auraient eu du mal à supporter. Cette situation nous commençons à la connaître aussi en France puisque notre blé de qualité manque sur notre propre territoire, et cela grâce aux exportations excessives, comme l'indique l'article AFP que j'ai mis en lien au début de ce texte.  On voit là, une fois de plus, les effets nocifs d'un marché d'échelle mondiale. La formation des prix n'est plus le produit des rapports de forces locaux entre production et consommation, mais le fruit d'une moyenne mondiale de ces même rapports. On a vendu aux français depuis longtemps l'idée que la mondialisation faisait baisser les prix. Ce fut vrai jusqu'à aujourd'hui, mais avec l'épuisement des ressources et la concurrence mondiale féroce sur ce qu'il en reste, nous risquons rapidement de voir la mondialisation se transformer en une machine hyperinflationniste d'un nouveau type. Le consommateur français est désormais en concurrence avec le consommateur chinois qui a derrière lui une industrie florissante à l'inverse du français. Voilà pourquoi il faudra aussi parler d'un protectionnisme de limitation aux exportations, chose dont les partisans du protectionnisme dont je fais parti parlent rarement.

 

C'est une autre forme de protectionnisme de régulation, il ne s'agit pas là de protéger la production nationale, mais d'empêcher l'importation de l'inflation internationale. Alors comme dans le cas du protectionnisme commercial on parlera d'égoïsme, cependant c'est négliger le fait que nos concitoyens ne sont pour rien dans l'évolution globale de la production agricole. On peut également espérer que les différentes puissances du monde s'orienteront vers des changements de politiques agricoles. Si la planète manque de blé c'est parce que l'on réserve les surfaces à d'autres usages. Quant à l'agriculture pétrolière il faudra de toute manière en changer même si à court terme la France ne cours pas encore de danger en terme de production. Toutefois cela ne durera pas. En dehors de la question agricole on peut aussi parler de l'énergie. Un pays ayant des ressources pétrolières ou autre a-t-il ,réellement intérêt à les vendre ou vaut-il mieux qu'il les garde pour son propre développement à long terme?  Quoiqu'il en soit il faut bien prendre en compte que l'excédent commercial dans un domaine n'est pas plus une bonne chose que le déficit? Ce qui compte toujours au final c'est d'être capable de subvenir à ses propres besoins. La planète souffre d'une spécialisation locale excessive, la fin de la mondialisation entraînera de multiples problèmes dont des pénuries locale de grande ampleur autant nous y préparer.

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

clovis simard 13/03/2011 03:02



Bonjour,


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
      
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


La Page No-19: ÉCONOMIE !


THÉORÈME DE L'ÉCONOMIE ! C'EST QUOI LA CRISE ÉCONOMIQUE ?


Cordialement


Clovis Simard



samuel 12/03/2011 04:07



Amusant que revienne en 2011 la vieille question des restrictions de l'exportation de "grain" comme on disait à l'époque, et le vieil enjeu du "prix du pain", sur lesquels s'écharpaient déjà lors
de la révolution française, les Girondins fascinés par l'idéologie libérale, et les Montagnards plus terre à terre.