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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 23:13

  Luiqudation-copie-1.gifL'union européen vient de suivre les USA dans le suicide économique, les élites européennes ne comprenant rien au problème de fond, à savoir le creusement des déficits commerciaux, et les dégâts de plus en plus grands que les exportations chinoises et asiatiques produisent sur notre propre tissu industriel, elles ont décidé de continuer la perfusion par la dette. Une dépense totale de 750 milliards d'euro partagées entre le FMI et les états membres de l'UE. Est-ce pour financer la recherche et les alternatives au pétrole, ou pour développer des activités nouvelles susceptibles de permettre à l'Europe de rembourser cette nouvelle dette? Non c'est juste pour renflouer d'autres dettes.  Au  si seulement les européens dépensaient cette somme pour le développement humain, l'industrie et la recherche, il y aurait des retombées économiques réelles, mais pensez vous vraiment que nos élites y ont réfléchit? Non, toute dépense doit être fortement inutile et en plus si elle est inefficace et qu'elle creuse les inégalités c'est encore mieux.

 

    Donc pendant que l'on ressert une nouvelle fois de quoi gaver le marché financier et les banques, on va continuer à détruire l'économie réelle, celle qui permettrait justement de rembourser ces nouvelles dettes. Ainsi l'Europe toujours aussi chrétienne se contente de flagellation et de contrition et va prier le dieu marché de bien vouloir lui pardonner ses blasphèmes et son affreux système sociale. Promis on va détruire le système sociale et on va punir tout ces  méchants salariés européens qui sont tous d'affreux assistés surpayés. Sus au bolchévisme!

 

  Le plus drôle dans cette affaire c'est que nos pauvres politiciens pensent avoir sauvé l'euro en redressant sa valeur de façon artificielle. Or c'est exactement l'inverse qu'il eu fallu faire.  Car c'est la baisse de l'euro qui aurait permis à la monnaie unique de se maintenir car c'est bien à sa trop grande valeur depuis dix ans qui a conduit aux déficits commerciaux la majorité des états membre.  Et l'Allemagne ne fait pas exception car contrairement aux idées reçues cette dernière est tout autant plombée que les autres par l'euro, l'Allemagne est déficitaire face à la Chine elle ne compense qu'en plumant ses voisins.

 

 EuroDiv

Eurostat Graph tec00044

  Comme nous le voyons sur les graphiques précédents, qui concernent les échanges de marchandises, les divergences entre les états européens ne cessent de croitre. Et si l'on regarde la balance des marchandises de la zone euro elle n'est pas excédentaire, loin de là même, et ce, malgré la croissance la plus faible du monde sur les dix dernières années et une basse inflation. L'Europe est le grand perdant de la mondialisation et pour cause elle est la seule région à ne rien faire et à pratiquer le laisser-faire dont on voit jours après jour la grande efficacité. Les états européens ne sont pas encore dans l'état de délabrement des USA, ils ont encore des industries et des savoir-faire mais le temps les rattrapent et cette dernière fantaisie de gaspillage et de maintient d'une monnaie inefficace risque d'être fatale à notre continent.

 

L'Eurozone une nouveau japon?

 

  Un scénario à la japonaise semble en partie se dessiner pour le vieux continent avec une régression de la demande intérieure suite aux nombreux plans de rigueurs qui vont se mettre en œuvre, et une déflation des prix qui va résulter des choix monétaires. Je rappels que la déflation condamne toute possibilité de remboursement des dettes celle-ci croissant toujours plus vite que le PIB qui lui stagne ou régresse.  L'exemple japonais est parlant les dettes n'ont pas cesser d'enfler sans possibilité de retour à l'équilibre malgré le régime sec de l'état nippon et des salaire qui ont fait du surplace.

 

  Mais il y a une grosse différence entre le japon des années 1990-2000 et l'eurozone actuelle, le japon exportait et continu d'exporter, il a tiré sa croissance ou plutôt à la stabiliser et évité la récession permanente par le truchement des exportations. L'eurozone n'est pas dans cette situation, comme le montre notre graphique. Même lors du pic de croissance mondiale réalisé grâce à l'endettement américain, l'Eurozone n'arrivait déjà pas à avoir une balance positive susceptible de tirer sa croissance. Le marché mondial appartient maintenant à la Chine et personne ne pourra la concurrencer dans les dix ans qui viennent, la croissance européenne ne pourra donc pas être titré par l'exportation. Alors d'où viendra la croissance si d'un coté on est obligé de réduire le train de vie de la population et de l'état, et de l'autre si l'on ne peut compter sur l'export, et en qu'en plus les chinois font un massacre sur notre propre territoire. Contrairement aux japonais les européens vont être contraint de réfléchir sur la nature de leur modèle économique. Il pourront pas rester dans la situation actuelle consistant à ne rien faire et à engloutir des sommes publiques délirantes dans le système bancaire.

 

Le choix se protéger ou périr

 

  Les imbéciles qui veulent germaniser l'Europe en appliquant le modèle de ce pays au continent tout entier ne se rendent pas compte de l'absurdité de la chose. L'Allemagne équilibre sa balance des paiements en maltraitants les autres pays d'Europe par sa propre déflation salariale. Si les autres pays du continents se mettent à faire de même, tout ce qui se passera c'est une récession continentale, et l'expérience allemande montre que même en gelant les salaires sur dix ans on ne peut pas concurrencer l'ogre chinois.  Et pour cause qui conque à le sens du chiffre sait bien que les salaire en Chine ou en Inde sont bien trop faible pour que l'on puisse compenser par un simple gèle salariale ou par des baisse de charges ou d'impôt.

 

  Il ne reste donc que deux outils pour rendre la possibilité de croissance en Europe nous en avons déjà parlé sur ce blog. La dévaluation et le protectionnisme. Et vue les écarts avec le reste de la planète les deux seront nécessaires pour rendre à nouveau possible la croissance continentale. Si les élites européennes avaient un peu de cervelle, elles auraient accéléré la chute de l'euro et mis les 440 milliards dans l'investissement productif plutôt que dans les banques. Une dévaluation couplée à une politique de relance aurait d'ailleurs probablement rassuré les marchés car les perspectives de croissance auraient alors permis aux états les plus faible du continent de croitre et ainsi de pouvoir rembourser leurs fameuses dettes. Les états européens n'auront plus le choix maintenant il faudra rompre avec l'euro, les meilleurs ennemis de la monnaies uniques sont bien ceux qui paradoxalement se disent pro-euro c'est assez drôle finalement. Cela rejoint le vote de 2005 où finalement ce sont les pro-TCE qui ont fait le plus de mal à la construction européenne. Il est d'ailleurs à noter que les atlantistes comme Pierre Lellouche se réjouissent de la décision de la BCE tout comme Barack Obama, ne serait-ce pas parce qu'ils souhaitent ardemment un effondrement de la monnaie unique et une fuite de capitaux vers l'empire désœuvré d'Amérique? Les solution de monnaie commune ou de la dévaluation qui étaient les seules portes de sortie étant définitivement écartés par le stupidité dogmatique de nos élites, les européens, dans la panique du futur effondrement monétaire, irons se jeter dans les bras de la FED tout heureuse d'accueillir quantité de capitaux européens au moment où les chinois font défaut. Maintenant ainsi encore pour quelque temps l'illusion du roi dollars.

 

PS: Je tiens à signaler la sortie d'un texte conjoins d'Emmanuel Todd et d'Hakim El Karoui sur la crise actuelle. Il rejoint bien sure mes propos parlant du besoin de lutter contre la déflation salariale par le protectionnisme européen et la nécessité de faire des projets de relance pour l'Europe. Je suis par contre moins adepte de la théorie du bouc émissaire que ces deux intellectuels collent aux relations de la France avec ses minorités musulmanes. Que la tactique du bouc émissaire soit employé par nos élites ne signifie pas pour autant que le problème d'intégration soit marginale ou infinitésimal.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Joe Liqueur 18/05/2010 12:19



@ Xavier


D'accord avec Yann, l'échelle française est bien suffisante. Non seulement suffisante, mais démocratique… et immédiate.



yann 15/05/2010 21:32



@red2


Là le sujet c'est la dévaluation le protectionnisme j'en est déjà longuement parlé je ne voudrais pas me répété sur la question. Évidemment que la dévaluation seule n'est pas suffisante d'autant
qu'il serait préférable que l'on revienne à un politique de taux de change fixe à l'échelle internationale. Il vaut mieux réglementer les échanges par les quotas et les douanes que par les
dévaluations monétaires qui sont des outils extrêmement brutaux et peu précis. Seulement on est dans un monde ou les taux de changes sont flottant et où il est mal vue de faire du protectionnisme
même pour équilibrer ses échanges, alors mieux vaut une dévaluation que rien du tout.


 


@Xavier


 


Pour moi l'échelle française est suffisante des pays bien plus petit que nous comme la Corée du Sud la Malaisie Singapour ou la Norvège on leur propre politique macroéconomique. Si on pouvait le
faire de façon coordonné à l'échelle européenne se serait mieux mais comment faire ne pratique?  C'est tout le dilemme des pro-européens pendant des années ils ont dit à leurs ennemies les
affreux souverainistes que l'Europe permettrait de faire mieux ensemble, de faire des politiques plus efficaces qu'à l'échelle national et au finale c'est très exactement l'inverse qui s'est
produit. On peu dire qu'ensemble les européens sont plus faibles finalement que lorsqu'ils sont tous indépendants. Je constates les faits c'est tout.


Pour ce qui est du contrôle des capitaux çà peut être fait à n'importe qu'elle échelle  tout comme celui des marchandises. Encore une fois ce serait mieux à l'échelle européenne mais il vaut
mieux le faire à l'échelle nationale que pas du tout.



xavier 13/05/2010 15:29



Bravo pour votre article et pertinente analyse. En ce qui concerne les outils rendant une possibilité de croissance en Europe, on peut
se demander quel peut être le périmètre opportun pour la mise en œuvre d’une dévaluation monétaire et d’un protectionnisme. Peut on espérer peser suffisamment sur nos voisins  européens ? devons nous l’envisager dans un cadre strictement français ?


Au delà de la dévaluation et du protectionnisme, l’encadrement strict de la finance pour la remettre au service de l’économie réelle
ainsi que la réappropriation publique des bénéfices de la création monétaire semblent des sujets majeurs.


Une seule réserve : votre PS concernant le texte de Todd et El Karaoui ; j’ai le sentiment qu’ils ne font que dénoncer la
réelle instrumentalisation de débats tels celui sur l’identité nationale. D’un point de vue économique, les difficultés posées par l’immigration ne sont à mon sens que des facteurs de second
ordre.



red2 12/05/2010 19:06




Bravo pour cet article qui décrit parfaitement la situation.


 


Pour tout dire j’ai parfois un peu de mal avec toute cette histoire sur l’euro. Je comprends bien le problème de compétitivité de la Grèce, l’Espagne ou même la France avec l’Allemagne qui avec
sa politique de compression de sa demande intérieure met toute l’Europe en difficulté. Mais le problème de l’Euro est a mon sens essentiellement intereuropéen et un peu dans nos échanges avec
« la zone Amérique du Nord». Donc c’est un problème pour un commerce réglementé entre pays développés.


 


Mais avec les Chinois ou d’autre pays asiatiques, même une dévaluation de l’euro pour revenir à parité avec le dollar ne sera pas suffisante. Comment lutter contre un pays qui fait un dumping
environnemental et social féroce et réprime implacablement toute rébellion de son peuple ?


 


Pour ne citer qu’un exemple  que beaucoup ont déjà du lire sur ce blog, voila comment sont fabriquées les souris de votre ordinateur et même si ce n’est surement pas complètement
représentatif je trouve ça très intéressant :


 


http://www.nlcnet.org/reports?id=0034


 


 Donc dans cette entreprise voici les principale condition de travail :


- 80h de travail par semaine
- cadence de 130 souris par heure (1000 par jour)
- promiscuité : dortoirs de 14 personnes
- nourriture immonde et prélevée sur le salaire
- heure de sorties de l’usine imposée


 


Pour 65 cent de l’heure et 52 après déduction du prix des repas donc moins de 200€ par mois et une productivité proche de celle des européens…


 


Même avec un euro à 1$ ou même 0.8$ la production ne se relocalisera jamais en Europe sauf en cas de remise en cause complète de tous nos modèles sociaux.


 


Et puis de toute façon le problème du manque de demande est mondial. Donc récupérer quelques part de marché a l’export en réduisant notre demande intérieure ne fait à long termes qu’accentuer le
problème.


 


J’aime bien Dupont Aignan et ses discours sur l’euro qui restent très vrais, de même que je suis d’accord avec les débats sur la lutte de pouvoir entre les marchés financiers et les Etats. Mais à
mon sens tout cela reste a coté du véritable problème qui reste encore et toujours la demande mondiale et en ce sens les analyse d’il y a quelques année de Todd, Greau ou Sapir n’ont pas pris une
ride.


 


Bref pour moi tant qu'on ne remet pas en cause le système actuel pour revenir sur le partage capital travail et permettre une augmentation de la consommation à l'échelle mondiale on n'aura pas
résolu le pb. Et ça va pas faire que des heureux parceque ça  passe nécessairement a mon sens par :


 


- un contrôle de la circulation des capitaux permettant une hausse des impôts sur le capital


 


un bon protectionnisme de derrière les fagots pour augmenter les salaires et les cotisations.




yann 12/05/2010 13:18



@RJ


Je parlais des régions industrialisée en parlant de grand perdant. L'Afrique n'a malheureusement jamais réussit à décoller. Mais le continent noir a eu jusqu'ici un gros problème d'évolution
démographique, sa croissance a été beaucoup trop rapide au 20ème siècle pour soutenir un développement économique. C'est une différence majeure avec l'Asie du sud est. Même s'il n'y avait pas eu
la mondialisation l'Afrique n'aurait pas pu se développer c'est d'ailleurs l'une des grandes thèses de Paul Bairoch dans son livre "le tiers-monde dans l'impasse". Mais il semble que du point de
vue démographique la situation s'arrange alors tout est possible. Qui sait dans trente ans les chinois s'inquièteront peut-être des délocalisations en Afrique.


 


Sur le texte de Todd il me semble aussi qu'il minimise un peut trop les problèmes de l'intégration et de l'islam. Il sait pourtant que cette culture est dans un moment historique difficile la
transition démographique et les changement induits par la modernisation et la hausse du niveau éducatif sont en train de déstabiliser le monde musulman comme cela le fit en Europe tout au long du
19ème et 20ème siècle.  Et il a tendance à surestimer la capacité d'assimilation française il me semble.